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Il est inutile de douter de cela, les municipales permettent d’éclairer la situation politique du pays à 2 ans de l’élection présidentielle. Les détracteurs diront qu’il s’agit d’une élection locale et que les résultats ne représenteront pas les tendances politiques… pas sûr. En effet, cette élection qui est certes locale revêt aussi un habit national. Tout d’abord il s’agira de mesurer les forces en présence, mais au-delà de cela, ce sera le test de survie de LREM ; s’inscrire localement ou connaître une dure défaite en province (mais aussi dans les grandes villes). Cette élection comporte de nombreux autres enjeux. 

Se rassurer pour l’avenir 

C’est l’idée principale pour LR et le PS. Après 3 années difficiles, un bon résultat aux élections municipales pour rappeler l’ancrage local peut redonner un peu d’air à ces parties. Qui plus est pour LR qui reste le premier parti au niveau local et qui a besoin de cet ancrage pour pouvoir assurer à nouveau le Sénat en 2021. 

Les deux partis devraient conserver leurs grandes villes clés : Bordeaux, Toulouse, Marseille pour LR. Lille, Nantes pour le PS. De quoi montrer que ces villes n’ont pas cédé face à LREM. La province est encore plus facilement acquise à ces partis historiques : rejet de Macron et LREM, ainsi qu’un fort attachement aux élus locaux. 

Du côté de Paris il y a là aussi un enjeu. Alors que Griveaux, soutenu par les médias, était annoncé maire-élu de Paris, la campagne s’est compliquée pour lui. La candidature dissidente de Villani et les petites phrases ont écorché sa campagne, à tel point que Rachida Dati, l’oubliée de Paris – l’exemple de l’édito de Ghislaine Ottenheimer dans le Challenges du 16-22 janvier 2020 qui parle du retournement de campagne pour Griveaux et où ni le nom, ni le parti, ni le score de la candidate ne sont mentionnés – pourrait créer la surprise au soir du 1er tour. Quoiqu’il en soit, la mairie de Paris ne sera certainement pas LREM. *Note post-rédaction: Nous apprenons d’ailleurs ce matin le retrait de Griveaux de la campagne.* 

EELV, confirmer 2019 ? 

L’an passé, le parti avait doublé LR aux élections européennes. Yannick Jadot avait promis un avenir national pour le parti. Il s’agit pour le parti de se montrer. Les sondages donnent de bons scores dans certaines villes pour EELV (certaines étant déjà vertes) : Grenoble, Strasbourg, Montpellier. Les Français sont de plus en plus nombreux à considérer les questions environnementales comme importantes. Cependant un potentiel succès en mars est à relativiser. Profitant de l’explosion des partis à gauche, EELV décroche de nombreuses alliances et listes communes de gauche pour ces élections. Une stratégie qui permet d’éviter à LREM, LR ou RN de gagner au 1er tour. A noter que certains sondages annoncent EELV en tête pour la mairie de Lyon. 

RN le déblocage local ? 

L’autre parti à suivre est le RN. Malgré les scores importants réalisés aux élections nationales, le parti n’a jamais confirmé localement. Ayant encore une certaine défiance par endroit et devant faire face au « front républicain » le parti ne comptait qu’une quinzaine de villes de plus de 9000 habitants. 

Cette année le parti compte faire beaucoup mieux. En plus de ces quelques bastions, le parti entend bien étendre son aire d’influence et il se retrouve ainsi en position de force dans quelques villes. Un sondage à Marseille donne le candidat RN à 1 point derrière la candidate LR. A Perpignan, le ténor Louis Aliot devance largement le candidat LR (26 contre 18). 

Le parti conservera la plupart des bastions déjà acquis, notamment la ville de Béziers, où Ménard l’avait emporté en 2014 marquant un des coups les plus suivis. En 2014 la presse demandait à voir les bilans; 6 ans plus tard le fondateur de reporters sans frontières semble roi en sa ville, il pourrait être réélu maire dès le 1er tour avec 61% des voix. 

Il sera aussi intéressant de voir localement les stratégies d’entre-deux tours. Il se pourrait que LR brise le « front républicain » dans plusieurs communes en acceptant l’alliance avec le RN. Un tout petit pas vers l’union des droites de plus en plus défendue par les militants des deux partis. 

LREM, larguée ? 

C’est un crash test important pour le gouvernement. En cas d’échec un remaniement est même envisageable. Les sondages récents (24% d’opinions favorables pour le président) ne donnent pas le sourire au parti. De plus la fronde de certains députés, les petites phrases, le vote scandaleux sur le congé pour deuil d’un enfant, ne facilitent pas les choses. 

Pour essayer de minimiser la chose, Castaner a tenté de faire passer une circulaire, retoquée par le Conseil d’Etat, pour ne pas prendre en compte dans le décompte national les résultats des villes de moins de 9000 habitants, une stratégie visant à rehausser le score de LREM qui compte la plupart de ses électeurs dans les grandes agglomérations. 

Toutefois le parti devrait gagner la métropole (à ne pas confondre avec la mairie) de Lyon et la ville de Nancy. Cependant la mairie de Lyon, elle, connaît plus d’incertitude. Un récent sondage donne EELV et LR devant LREM, une autre élection à suivre de près. 

Le combat sera aussi intéressant à Périgueux, où les 4 premiers candidats ont des scores compris entre 14 et 15 points. 

Les municipales ne joueront certainement pas en faveur de LREM. Les Français sont attachés à leurs maires et seulement 9% d’entres eux veulent soutenir le gouvernement lors de cette élection. Il ne faut toutefois pas tirer de conclusions trop rapides quant à l’élection de 2022. Chaque parti a ses enjeux pour cette échéance et cette élection locale à caractère nationale promet bien des surprises, des batailles et des révélations intéressantes pour les années qui viennent. 

N’oubliez donc pas d’aller voter, car l’élection est importante pour la localité et les communes ! Même dans sa ville de moins de 9000 habitants, il ne faut pas hésiter à encourager la démocratie locale et ses acteurs quotidiens. 

Ambroise Bonnassieux-Duckert.