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Clap de fin


Publié le 22 janvier 2021

C’est avec une certaine émotion que je rédige mon dernier article pour le pôle Press’. Une année passée à décrypter l’actualité politique et à écrire des articles qui me tenaient à cœur avec des prises de positions assumées. C’est donc dans ce dernier article que je publierai une dernière fois mon humeur politique. 2020 se termine mais 2021 ne s’annonce pas mieux, clap de fin pour LREM ?

            Durant cette année passée, vous retrouverez dans différents articles mes analyses politiques notamment concernant Macron et LREM. Alors que 2020 se termine enfin, 2021 ne s’annonce pas joyeuse : fermeture totale des stations de ski, réouverture des restaurants pas avant Pâques, pas de réouverture prévue des universités et des écoles supérieures, fermeture des lieux de culture… la liste est longue et chacun la connait. Mais 2021 est également la dernière année du mandat Macron, 12 mois avant le début d’une campagne présidentielle qui s’annonce fracassante. Macron a-t-il ses chances, que restera-t-il de ces cinq années qui ont changé (ou dévasté) la France ?

La promesse du nouveau monde

C’était le grand mot de 2017 : « Macron incarne le nouveau monde », tellement nouveau qu’il ressemble à s’y méprendre avec la politique observée depuis les années 1970, en pire. Jamais présidence n’a connu autant de scandales politiques : fraude, emploi fictif, incompétence… Les démissions des ministères s’enchaînent par dizaines depuis trois ans. A cela ajoutons le 49.3, la réduction du temps de parole des oppositions, le refus d’utiliser le référendum, les éléments de langage plus qu’insupportables dans les médias. On retrouve tout ce qui fait la politique en France depuis 40 ans, en plus marquée, en plus assumée. Le début de gestion de la crise Covid est un sketch à lui seul : démission d’une ministre pour ambitions personnelles, propos contradictoires, infantilisation des Français, absence de masques et de médicaments. S’il fallait confirmer que la France a bien perdu son rang de 5/6e puissance mondiale, voilà l’exemple parlant qu’il fallait.

La République En Marche (Arrière ?)

Que pouvions-nous espérer d’un homme qui utilise ses initiales pour former un groupe politique et qui se compare à Jeanne d’Arc ou Napoléon ? Alors que la quasi-centaine d’unes de presse uniquement consacrées à Macron pendant la campagne de 2017 nous promettait le renouveau et l’avenir de la République, ces années nous ont montré que la réalité est bien loin de ce discours. Répression ultra violente des manifestations de gilets jaunes alors que les manifestations en période de confinement dans les banlieues étaient de « l’émotion » et que « l’émotion dépasse les règles juridiques ». Réduction des temps de parole des oppositions à l’Assemblée Nationale. Proposition de loi sur le fichage des opinions politiques sur les réseaux. Loi Avia. Combien de manœuvres et de lois passeront encore qui portent des atteintes sérieuses aux libertés fondamentales ? Sans même évoquer toutes les mesures prises durant cette crise sanitaire qui remettent en cause la notion de liberté et créent des cas juridiques sans précédent. Pourtant Macron nous avait assuré au débat présidentiel que, lui Président, il assurerait le maintien des libertés fondamentales contrairement à Marine Le Pen.

Et demain ?

            Le tableau du quinquennat ne sera pas beau. La dette explose, le chômage suivra ainsi que les dépôts de bilan. Le bilan sera certainement catastrophique et pourtant Macron est en position de cumuler un second mandat. Macron aura réussi son objectif, détruire les oppositions. La gauche partira plus que fragmentée en 2022 et la droite, qui pourrait largement l’emporter en cas d’union, préfère la guerre des egos. Ainsi l’on retrouvera candidats au premier tour : Marine Le Pen, Nicolas Dupont Aignan, Bruno Retailleau et peut-être un candidat souverainiste en plus. La différence fondamentale de ces trois candidats ? Quasiment rien si ce n’est l’ego. Marine Le Pen cherche une victoire personnelle, Nicolas Dupont Aignan ne veut pas subir l’humiliation de se rallier au RN et Bruno Retailleau, pris par l’ambition, semble mal percevoir que LR ne représente plus rien. D’ailleurs, le sénateur ne plait pas, en interne on cherche à le mettre sur la touche : trop conservateur, pas assez libéral ou proche de Macron. L’écart d’opinion semble d’ailleurs plus important entre Aurélien Pradié ou Christian Jacob et Bruno Retailleau, qu’entre Marine Le Pen et Bruno Retailleau. Voici que la course de LR semble se terminer…

Macron avait promis la Start-up Nation, la France de demain et du nouveau monde. On assistera au démantèlement de celle-ci, à la vente de tous ses secteurs stratégiques, à la perte d’importance internationale et à la déliquescence de la Nation pour la remplacer par la République (qui n’en porte plus que le nom). Demain, pour relever la France, il faudra braver les différences d’ego et réfléchir à ce qui compte vraiment. On assiste d’ailleurs à l’émergence de convictions communes autour de souverainisme notamment porté par la nouvelle revue Front Populaire.

Cinq années de macronisme auront affaibli la France, cinq années de plus l’achèveront.

Par ABD

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