Nouveau gouvernement américain : l’impossible défi ?

Nouveau gouvernement américain : l’impossible défi ?

Récemment ont eu lieu les élections américaines pour désigner le 46-ème président de la Première Puissance Mondiale. Un événement pour le moins  mouvementé avec un président sortant qui n’a cessé de contester les résultats, affirmant être victime de fraudes multiples de la part du camp adverse. L’affaire a été  portée en justice. Pour le moment, aucune preuve de fraude n’a pu être apportée bien  que quelques erreurs et oublis de voix aient été soulignés dans certains comtés de Géorgie après recomptage.  

Au-delà de toute l’agitation générée par ce nouvel épisode électoral, de nombreux  défis à relever attendent le nouveau gouvernement américain tant au niveau national  que sur la scène internationale. D’un point de vue national, l’enjeu est de taille. Le duo  démocrate Biden-Harris doit composer avec un pays plus que jamais divisé entre deux  camps portant une vision de la société radicalement différente. En effet, d’un côté une  Amérique traditionaliste, conservatrice sur le plan des valeurs sociétales et  protectionniste sur le plan économique et de l’autre une Amérique qui se veut  « progressiste », prônant une culture du pluralisme et de la diversité, souhaitant voir  émerger un nouveau modèle de société dans lequel les minorités auraient la possibilité  de s’émanciper et de jouer un rôle clé dans la vie citoyenne et politique du pays, en  accédant à des postes à responsabilité et en exerçant une influence grandissante dans  les tendances actuelles.  

Au-delà du personnage extravagant qu’incarne le président toujours en exercice,  ses idées n’en demeurent pas moins profondément ancrées au sein de cette Amérique  rurale et des classes populaires qui ont en grande majorité porté leur vote sur le  candidat républicain. En effet, contrairement à ce qu’ont pu affirmer de nombreux  médias, l’accession de Donald Trump au pouvoir il y a quatre ans n’était pas un  « accident de l’Histoire » mais bien une réelle volonté de changement de la part d’une  partie du peuple américain, une détermination à tourner le dos à l’« establishment » ainsi qu’à l’oligarchie d’une certaine élite politique qui était notamment représentée  par la candidate démocrate Hillary Clinton en 2016. Le candidat vainqueur à l’élection  présidentielle de 2016 a été élu sur un programme économique portant une vision  protectionniste et étatiste. L’électorat populaire et ouvrier a été séduit par son  engagement en faveur d’une réindustrialisation massive et d’une relocalisation de  nombreux emplois manufacturiers. Le candidat Trump s’est dressé en rempart contre  la désindustrialisation. Entre la fin des années 1960 et le début des années 2000, le  nombre d’emplois manufacturiers est resté stable aux Etats-Unis avec un chiffre avoisinant les 17 millions d’emplois. L’entrée de la Chine dans l’Organisation Mondiale  du Commerce (OMC) en décembre 2001 a changé la donne.  

De nombreux emplois ont été délocalisés, notamment dans l’Empire du Milieu où la  production est faite à moindre coût et où la main d’œuvre est bon marché.  Consécutivement à ces délocalisations de masse, l’emploi manufacturier aux Etats-Unis  a considérablement chuté entre 2000 et 2009 passant de 17 millions à 11,5 millions  d’emplois, ce qui représente une baisse de plus de 30%.  

Sur le plan des valeurs sociétales et culturelles, Donald Trump prône une politique  de préférence nationale, rendant à l’Amérique sa grandeur et remettant à l’ordre du  jour ses valeurs traditionnelles. Le président Donald Trump a axé sa campagne de 2016 sur le slogan « Make America Great Again » que l’on pourrait traduire par « Rendre  à l’Amérique sa grandeur ». Il avait également utilisé un autre slogan « America First »,  qui trouve son origine à la fin des années 1930 lorsque l’un des pionniers de l’aviation  américaine Charles Lindbergh voulait dissuader les Etats-Unis de se lancer en guerre  contre l’Allemagne nazie dont il aurait été un fervent admirateur. Les partisans de  l’idéologie isolationniste auraient remis en cause les projets de coopération  internationale envisagés par le président Wilson. Le 10 janvier 1920, le sénateur Warren  Harding alors candidat à l’élection présidentielle emploie à de multiples reprises  l’expression « L’Amérique d’abord » lors de son discours prononcé à New York. « Il faut  sauvegarder l’Amérique d’abord, stabiliser l’Amérique d’abord, faire prospérer  l’Amérique d’abord, penser à l’Amérique d’abord, exalter l’Amérique d’abord, faire vivre et vénérer l’Amérique d’abord. » Une allocution qui ressemble étrangement à celle  prononcée par le candidat à la maison blanche à la présidentielle de novembre 2016.  Ainsi, il avait déclaré « A partir d’aujourd’hui, ce sera l’Amérique d’abord. » en faisant  allusion à la protection des frontières et en mettant en avant sa politique de lutte contre l’immigration et en particulier l’immigration clandestine provenant de pays d’Amérique  Latine. Il avait également fait part de sa volonté de ne plus participer au financement  des armées étrangères alors que le budget de l’état américain alloué à ses force militaires diminuait encore et encore. Lors de sa première campagne présidentielle, le  président Trump annonçait déjà la couleur de son mandat en affirmant sa détermination à rejeter le multilatéralisme et à défendre une Amérique indépendante  agissant pour ces intérêts avant tout et passant outre certains engagements de  coopération internationale avec de nombreux états y compris ses plus anciens alliés  européens. 

 Après quatre années de mandat quelques peu inhabituelles, le nouveau président  démocrate élu Joe Biden et son bras droit Kamala Harris souhaitent tourner la page de  l’épisode Trump en redonnant au pays un nouveau visage et en lui rendant son statut  de Première Puissance Mondiale. La tâche ne sera pas des plus aisées avec un pays  fracturé et une société présentant des divergences profondes. D’un côté, une frange  conservatrice et protectionniste qui n’est pas prête à en démordre et qui continuera à  défendre sa vision et son idéologie avec ferveur et de l’autre une société se  revendiquant être progressiste réclamant plus d’égalité et de diversité ethnique, sociale  et culturelle. Cette frange là de la société pourrait bien être celle représentée par la  première femme à accéder au poste de vice-présidente Kamala Harris. Elle-même  incarne cette diversité réclamée par les partisans du progressisme. D’origine jamaïcaine par son père et indienne par sa mère, Kamala Harris a vécu une enfance marquée par  la contre-culture californienne. Dans les années 1960, alors que les Etats-Unis sont  marqués par une vague de mouvements contestataires, les parents de la jeune Kamala  qui sont des activistes convaincus, l’emmènent régulièrement à des marches en soutien  au Mouvement des Droits Civiques. De cette vague révolutionnaire, sont nés de  nouveaux courants politiques se revendiquant être de gauche et luttant contre le  capitalisme. Ces courants ont rassemblé différents groupes sociaux et communautés,  principalement des afro-américains et d’autres minorités ethniques, des femmes, des  homosexuels et des étudiants. Kamala Harris grandit et passe sa jeunesse à Berkeley,  ville proche d’Oakland, à l’époque en plein bouillonnement culturel et au cœur de  l’activisme américain. L’université de Berkeley constitue un terreau propice à la contre culture et à la gauche américaine. D’importantes manifestations y ont éclaté pour  protester contre la guerre du Vietnam en 1965 et de nombreux artistes et icônes,  également militants communistes comme le poète Beat Allen Ginsberg y venaient pour  donner des conférences aux étudiants. En 1966, le mouvement des Black Panthers,  dédié à la lutte contre les inégalités et les discriminations à l’encontre de la  communauté afro-américaine a vu le jour à Oakland. Par ses origines ethniques et la  jeunesse qu’a vécu Kamala Harris marquée par de nombreux courants protestataires,  la femme politique a construit son idéologie et ses valeurs qu’elle souhaite mettre en  œuvre au service de son pays. Par les idées qu’elle incarne, l’ancienne procureure de  San Francisco représente l’aile gauche du parti Démocrate en opposition au nouveau  président fraîchement élu qui lui défend la ligne plus traditionnelle du parti. Joe Biden  et Kamala Harris devront donc composer avec les divergences qui existent au sein  même de leur formation politique qui s’ajoutent à tous les autres différends qui divisent  le peuple américain dans sa globalité.  

 C’est aussi et surtout sur la scène internationale que le duo Biden-Harris est attendu  au tournant. Après le mandat Trump qui n’a pas été sans conséquences sur le plan de  la diplomatie et de la coopération internationale, Joe Biden promet que « l’Amérique  est de retour » et qu’il ne s’agit pas d’une Amérique solitaire et isolationniste comme  a pu en donner l’impression son prédécesseur. Comment l’Europe et le reste du monde  analysent-ils la victoire de Joe Biden ? Une grande majorité de dirigeants européens et  internationaux ont félicité Joe Biden pour sa victoire dès la journée du 7 novembre, peu  de temps après que les premiers résultats de l’élection ont été diffusés. De son côté, le  nouveau dirigeant américain fraîchement élu a annoncé de grandes mesures et de  grands engagements sur le plan international. Il a notamment fait part de son souhait  de réintégrer l’Accord de Paris sur le climat d’ici quelques semaines, rappelant sa  volonté de prendre part aux objectifs de neutralité carbone à l’horizon 2050, de  remettre l’Amérique « au vert » et mettre en place un financement ainsi qu’un plan de  relance verte d’une valeur de plus 2 Milliards d’Euros sur 4 ans.  

L’Europe attend un engagement sans failles de la part des Etats-Unis sur la transition  énergétique et les nombreux enjeux que cette dernière représente.  

L’Europe attend également Biden au sujet de la défense, celle-ci s’étant habituée ces  dernières années au concept de l’autonomie stratégique défendue par le  gouvernement Trump. Il y a quelques mois, Emmanuel Macron avait parlé de l’OTAN  en affirmant qu’elle était « en état de mort cérébrale ». L’OTAN va-t-elle trouver une  seconde genèse avec Biden ? Un renouvellement de sa doctrine est au programme tout  comme son financement. Biden pourrait revenir sur les engagements qu’avait pris son  prédécesseur, concernant le retrait des troupes américaines en Allemagne. Des projets  sont à l’étude avec Berlin qui est plus « atlantiste » que Paris afin de développer des  partenariats entre l’Europe et l’Amérique. L’objectif étant d’unir les nouvelles  générations d’allemands et d’américains et plus largement d’européens et d’allemands.  Si Biden se dit prêt à coopérer avec l’Europe sur de nombreux sujets y compris celui de  la défense, il a toutefois annoncé qu’il attendait des européens qu’ils prennent leur  sécurité en main sans pour autant les abandonner et les laisser seuls faire face à des  enjeux sécuritaires de taille.  

 Enfin, en matière commerciale, l’Amérique défendra toujours ses intérêts. Depuis  plus d’un an, Washington passe à l’offensive avec l’Europe en taxant ses produits  (Airbus, le vin, l’huile d’olive, etc…). La réaction de Bruxelles ne s’est pas fait attendre et  celle-ci prévoit de taxer à son tour les produits américains (Boeing, le blé, le jus de  fruits) pour un montant avoisinant les 4 Milliards de dollars. L’UE souhaite garder sa  part de souveraineté et protéger son commerce. 

Néanmoins, celle-ci appelle à une coopération avec la Première Puissance Mondiale  pour conclure de nouveaux partenariats transatlantiques (traités de libre-échange,  etc…). 

Le nouveau gouvernement américain sera-t-il en capacité de relever les nombreux  défis qui l’attendent tant au niveau national que sur la scène internationale ? Saura-t-il redorer l’image de la Première Puissance mondiale ? Seul l’avenir nous le dira. 

Nolwenn Dallay

Quand Macron s’en va-t-en guerre

Quand Macron s’en va-t-en guerre

« Nous sommes en guerre ». Voici les mots prononcés par le président Emmanuel Macron lors de son allocution du 16 mars 2020. Toutefois, comparer la gestion de la pandémie à une guerre paraît excessif à bien des égards. Le 11 novembre, nous fêtons en France l’armistice de la Première Guerre mondiale et nous rendons hommage aux Poilus tombés sur le champ d’honneur.

 « Nous sommes en guerre, en guerre sanitaire, certes : nous ne luttons ni contre une armée, ni contre une autre Nation. Mais l’ennemi est là, invisible, insaisissable, qui progresse. Et cela requiert notre mobilisation générale. » Lors de son allocution du 16 mars dernier, le président Macron a commis bien plus qu’une erreur de communication, il a commis une faute grave.
Le président demande aux Français de « garder le calme dans ce contexte » tout en martelant à six reprises l’anaphore « nous sommes en guerre ». Sans grande surprise, le lendemain, les rayons étaient pris d’assaut et l’on assistait à un exode parisien (qui rappellerait presque les heures les plus sombres de notre histoire).  Les communicants travaillant pour l’Elysée sont payés à prix d’or avec l’argent du contribuable pour élaborer ce genre de discours d’une rare cohérence. A cela s’ajoute l’indécence de comparer la crise sanitaire à une guerre. Certes, la pandémie sévit toujours et encore. Bon nombre de décès sont à déplorer en France. Néanmoins, nous sommes bien loin des listes interminables des Poilus décimés lors de la Grande Guerre qui chagrinent nos cœurs. D’autre part, sur le plan qualitatif, une guerre et une pandémie diffèrent radicalement : la guerre est marquée par la haine, la destruction parfois même par les génocides. Rien de tel pour cette pandémie et les autres (dont la Peste Noire, la grippe espagnole pour ne citer que quelques exemples) qui ne sont que le pur produit de la nature.

Toutefois, que ce soit pour gérer une crise sanitaire ou une guerre, un acteur demeure : l’Etat. En septembre 1914 , la bataille de la Marne a lieu : l’offensive allemande met l’armée française en déroute et l’oblige à reculer. Le fonctionnement de l’armée française se révèle obsolète. Cependant, le haut commandement français réagit rapidement : les tactiques changent et 40 % des commandants de grandes unités sont limogés dans les semaines qui suivent. Grâce à cette modernisation, l’armée française parvient à repousser l’ennemi. Qu’a fait l’Etat face à la crise sanitaire actuelle ? Il s’est rendu compte que pour répondre efficacement, il fallait s’affranchir du carcan bureaucratique dans lequel il s’est enfermé seul. Fini le principe de précaution, les tests sont autorisés tout comme les soins et ce sans passer par des protocoles obligatoires. Besoin d’un hôpital de campagne construit en quelques jours ? Finies les dizaines d’autorisations, de tracasseries administratives, de possibilités de recours des riverains, que demanderait en temps normal l’établissement d’un tel projet. Décidément, il faut soit une guerre soit une crise pour que l’Etat revoit son fonctionnement et agisse en vue du Bien Commun.

Et encore, que ce soit en 1914 ou en 2020, l’Etat a demandé de tels sacrifices au nom du Bien Commun que le Français moyen en vient presque à douter de sa bienveillance. Rappelons qu’en août 1914, 3,8 millions d’hommes âgés de 20 à 28 ans rejoignent les 800 000 soldats déjà en service actif. Ces conscrits ont mis leur vie civile entre parenthèses pour une période qu’ils croyaient courte : ils espéraient être de retour dans leur foyer à Noël. A la fin du premier mois du conflit, des dizaines de milliers de jeunes Français ont déjà trouvé la mort. A l’arrière, la colère monte. Certes, si la mobilisation a eu le mérite de grossir les rangs de l’armée, elle a privé les champs et les usines d’une main d’œuvre précieuse. Sous la pression des familles, quelques rares permissions sont accordées. Dès juin 1915, le général Joffre annonce la création des permissions qui sont assimilées à une gratification. Les soldats peuvent partir 8 jours mais les officiers réduisent ces permissions à 4 jours. Une inégalité de traitement subsiste entre les officiers et les soldats subordonnés. C’est pourquoi une « Charte des permissionnaires » entre en vigueur le 1er octobre 1916 : désormais, les permissions ne sont plus une récompense, mais bien un repos nécessaire. Nous nous retrouvons presque dans le même état d’esprit que les Poilus : le président Macron a annoncé un premier confinement en mars qui devait durer 15 jours mais qu’il a prolongé par la suite. Puis il annoncé le déconfinement en juin. Les Français pensaient que le confinement avait suffi pour freiner l’épidémie. Quelle ne fut leur surprise lorsque le 28 octobre, le président Macron annonce un deuxième confinement. Au même titre qu’à l’usure, les Poilus attendaient leur permission avec plus d’enthousiasme que la fin de la guerre, les Français attendent la fin du confinement plus que la fin de la pandémie. L’attitude du gouvernement actuel ressemble étrangement à l’attitude de l’état-major en 14-18 : passer les fêtes de fin d’année avec sa famille relève plus d’une récompense consentie que d’un droit. « Enfin, il nous faut protéger notre économie » telles ont été les paroles du président qui ne croit pas à « l’opposition entre santé et économie que certains voudraient instaurer ». Et pourtant, les petits commerces, les restaurants ou les bars qui ont agonisé lors du premier confinement et du couvre-feu doivent à présent faire face à un deuxième confinement. Le gouvernement distingue bien les commerces non essentiels des commerces essentiels. Alors que dans cette « guerre sanitaire », il y a des soldats dont on peut bien se passer, lors de la Grande Guerre, toute la société civile est mobilisée. Pour l’anecdote, à la fin de la Première Guerre mondiale, le maréchal Joffre rend ainsi hommage au « Général pinard qui a soutenu le moral des troupes ». Au rythme actuel des mesures prises qui conduit quantité d’établissements à mettre la clé sous la porte, le président Macron n’aura pas grand monde à remercier à la fin de la pandémie (et sûrement pas les patrons des débits de boissons).

Enfin, rappelons une partie presque oubliée de la Première Guerre mondiale : la trêve du Noël 1914. Le 25 novembre 1914, les « Tommies » (soldats anglais) et les « Herr Morjen » (soldats allemands) célèbrent Noël ensemble. Du côté des Français, les actes de fraternisation sont moins nombreux, mais existent, comme dans la Somme avec la 28e division d’infanterie, la 70e division d’infanterie dans l’Artois ou encore la 5e division d’infanterie dans la région de Reims. Même si ces actes de fraternisation ne se sont pas reproduits les années suivantes, les autorités militaires des deux camps se sont montrées tolérantes en 1914. Cette période a été abrégée par les autorités militaires qui craignaient que le pacifisme ne s’installe. Alors que nous approchons la période des fêtes de fin d’année et que le président Jupiter a déclaré que nous sommes en guerre, espérons qu’il se souviendra de cet épisode et qu’il accordera – ou du moins tolèrera – une trêve de Noël. Rien ne sert de « créer de nouvelles formes de solidarité » si l’on ne peut reproduire les anciennes.

Jean-Philippe Castorix

Liberté, liberté, liberté !

Liberté, liberté, liberté !

Nation aux 2000 ans d’Histoire, la France a fait de la liberté son fondement le plus précieux. Pays qui a connu le plus grand nombre de conflits, pays ayant remporté le plus de batailles (1115…). La France est le pays qui a connu de tout temps la guerre, la guerre pour sa liberté !

Pourtant, la France glorieuse, la France fière, la France éternelle connaît depuis 2019 les plus grandes pertes de libertés depuis la Seconde Guerre. Tous les médias nous répètent tous les jours les chiffres catastrophiques, la panique, le peu d’avenir nous confortant ainsi dans l’idée que les Français ne vivent pas une perte de leurs libertés fondamentales mais qu’ils font partie de quelque chose de « plus grand » pour le bien des intérêts supérieurs de la Nation.

En 2017 Macron promettait à son électorat que voter Le Pen c’était perdre ses libertés fondamentales. Et pourtant : couvre-feu, restriction de déplacements, confinement, différentes lois liberticides (je vous renvoie à mes articles précédents), contrôle d’élection, monopolisation des moyens de communication, Assemblée Nationale faisant bloc d’un seul sens sans se préoccuper de l’avis des Français, non utilisation du référendum, déblayage violent des manifestations de la France qui souffre… La liste est encore longue. Même au cœur d’une forte crise, le gouvernement préfère l’idéologie au pragmatisme. Enfermer les Français chez eux, mais conserver les frontières ouvertes pour coller à leur idéologie Maastrichtienne, qu’ils ne quitteront jamais, quitte à détruire l’économie française.
L’étude des éléments de langage employés par le gouvernement ne fait que renforcer cette idée. Le mot « France » a disparu de leurs bouches laissant place à un concept plus start-up et Maastrichtien : « République ». « La République souffre », « l’esprit républicain », « la force républicaine », « le combat de la République ». De 1914 à 1918, ce sont 1 400 000 personnes qui sont tombées au champ d’honneur pour défendre le drapeau, la Patrie, la France. Aujourd’hui ce souvenir a quasiment disparu, la France n’est rien, la République est tout. On assiste à la lente éducation psychologique faite aux Français pour les convaincre que la Grande Europe fédérale vaut bien mieux que la petite France réfractaire et réac ! Nous pourrions nous attacher ici à l’étude des pertes de liberté liées à Maastricht mais il faudrait un développement beaucoup plus long que ces quelques lignes.

L’immondice va plus loin encore. Alors que la crise est à son comble, le gouvernement en profite pour faire passer en toute discrétion des centaines de textes à l’Assemblée Nationale qui aurait certainement fait débat dans un moment de calme. L’idéologie avant le Bien Commun. Un faux remaniement pour expliquer aux Français qu’ils (une fois de plus) ne comprennent rien à la politique. Un ministre de la justice qui a un logiciel adapté à 1981 et qui ne voit pas l’insécurité grandissante en France. Début septembre il annonce même que « la France n’est pas un coupe-gorge » – faisant fi des 50 000 agressions annuelles au couteau – et c’est ici qu’intervient l’horreur.

16 octobre 2020.

La date qui restera marquante, comme toutes les autres, est celle de la mort d’une 267e victime de l’islamisme en France. La décapitation d’un professeur marque. Contrairement à ce que répète le gouvernement, c’est la France qui est attaquée et non la République. Les islamistes s’attaquent à la France, ses libertés, sa culture, son héritage. Ils veulent imposer la loi de la charia et sont prêts à tuer quiconque se mettra sur leur route. Comme une déflagration, cet événement laisse paraître une révolte. En effet, personne ne semble en sécurité en France, l’enseignement a peur (40% des enseignants se censurent par peur), la liberté de pensée et d’expression sont menacées.
En grande pompe, le gouvernement et les différents ministres enchaînent les plateaux, on assiste à un concours de celui qui sera le plus à droite. Cela en devient ridicule quand le ministre de l’intérieur ne comprend pas le principe du rayon halal. D’autant plus risible quand l’on comprend que c’est simplement de la communication. En effet, le Sénat vient de passer une série de lois dites de droite pour lutter contre l’islamisme, pourtant le gouvernement a déposé son avis : CONTRE. Il en est de même dans les textes travaillés avant l’attaque sur le « séparatisme ». Sous la pression des associations, qui sont les mêmes que celles visées actuellement par le gouvernement, le titre de la loi est changé. On ne parle plus de séparatisme mais d’atteinte à la laïcité. Le gouvernement veut combattre l’islamisme mais n’a aucun courage politique. Il est affligeant de voir qu’en France l’Etat est intransigeant concernant les impôts ou les amendes sur la petite grand-mère qui a malheureusement oublié son attestation, mais laisse ses citoyens se faire décapiter, agresser, tuer…
Cet attentat nous rappelle aussi que la liberté d’expression en France n’est pas une certitude. Ironie du sort, au même moment Canal + et certains départements dénoncent Zemmour sur Cnews… De la même façon France Culture illustre un sujet sur le droit au blasphème avec une photo de catholiques et la gauche nous rappelle que le danger n’est pas l’islamisme mais l’extrême droite.

Chacun se fera son propre avis sur la situation. Mais il est une notion fondamentale à défendre : la liberté ! Je ne citerai pas ici le poème connu de Paul Eluard dont vous avez connaissance mais je reprendrai les paroles de notre hymne national.

Allons enfants de la Patrie
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie
L’étendard sanglant est levé
Entendez-vous dans nos campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras.
Égorger vos fils, vos compagnes !

Aux armes citoyens
Formez vos bataillons
Marchons, marchons
Qu’un sang impur
Abreuve nos sillons

Amour sacré de la Patrie
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie
Combats avec tes défenseurs !
Sous nos drapeaux, que la victoire
Accoure à tes mâles accents
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !

Chant qui rappelle aux Français de combattre ceux qui « viennent […] égorger vos fils, vos compagnes » et rappelle qu’à l’amour sacré de la Patrie s’ajoute la « liberté chérie ». La France s’est toujours battue pour la liberté, pour que flotte le drapeau et que ses enfants vivent dans un pays libre. Il est de notre devoir de conserver nos libertés pour lesquelles 2000 ans d’histoire ont fait tomber tant d’hommes et de femmes. Notre devoir parce que nous ne sommes qu’un maillon dans l’histoire de la Nation et que nous devons transmettre aux futures générations cette culture française et la défense de nos valeurs !

Vive la liberté !
Vive la France !

ABD

Présidentielles 2022 : faites vos jeux !

Présidentielles 2022 : faites vos jeux !

« Et rien ne va plus ! » La sentence, traditionnellement prononcée par les croupiers de casinos, n’aurait pu mieux qualifier ce numéro si spécial. Se mettre dans la peau d’un pronostiqueur puis dans celle d’un bookmaker, c’est le choix que nous avons fait au pôle Press d’RDVC. En prévision des élections présidentielles de 2022, si lointaines à l’échelle humaine et pourtant si proches à l’échelle politique, la rédaction d’RDVC s’est prêtée au jeu des paris. Pour vous faire jaser peut-être, vous faire débattre sûrement mais pour vous faire réagir surtout, la plupart de nos chroniqueurs ont décidé de vous faire partager leur avis. Nous rappellerons avant toutes manifestations déplaisantes et/ou critiques acerbes déplacées, qu’il ne s’agit là que d’un concours d’idées, destiné à alimenter les discussions et nourrir le dialogue. En aucun cas un avis n’aura force de loi et n’est résolument le reflet de l’exacte personnalité du chroniqueur qui aura émis l’avis en question. Cet avis, en effet, ne peut être motivé, par exemple, que par le souci du contexte politique actuel ou des circonstances qui selon le chroniqueur amèneront tel ou telle candidat.e à accéder à la magistrature suprême. Eux-mêmes l’expliqueront avec leurs propres mots. De même, il est important de vous préciser aussi que le succès ou l’échec que rencontrera ce numéro conditionneront la mise en place future ou l’abandon prématuré de formats similaires. Rappelons enfin qu’il est impossible de prêter une attention précise à tous les candidats et que par conséquent, n’ont été analysées que les grandes tendances du monde politique français à partir des différentes candidatures qui ont été déposées et recensées sur le site http://france-presidentielle.fr/candidats.php. Aussi, après ces quelques détails récapitulatifs d’usage, il est maintenant temps de vous dévoiler comment sera conduite cette édition si particulière. Se succéderont ainsi en bon ordre : un bref résumé du cadre politique général à l’approche de cette échéance critique, les prévisions de nos chroniqueurs et en guise de résumé, les cotes objectives de la rédaction. Décryptage.

Léger tour de table du panorama politique

Au centre, un Macron décidément bien seul

Candidats déclarés ou potentiels : Emmanuel Macron, Edouard Philippe, Jean Castex, François Bayrou

Depuis 2017, il faut le dire, les choses ont bien changé. Elu à une nette majorité face à Marine Le Pen au second tour, Emmanuel Macron entame une deuxième partie de mandat houleuse et piégeuse à de nombreux égards. Gilets jaunes, défi écologique, alerte terroriste ou encore crise épidémique du Covid-19, les débuts de l’ère Macron n’auront pas été de tout repos. Le président de l’« en même temps » s’est heurté de plein fouet à une foule d’aléas qui, avouons-le, n’ont ni soigné son image ni sauvé en juillet dernier son digne subordonné de Matignon. A la place, le constat de mi-mandat interpelle : gouffre social élargi, perspective de transition écologique floue, promesse d’un nouveau monde aux contours difficilement observables… Néanmoins, le chef de l’Etat peut se targuer, exemples parmi d’autres, d’avoir notamment relancé la croissance française et ramené les investisseurs sur le territoire ; ce que la lente remontée de sa côte de popularité récente semble suggérer (38% d’opinions positives au 20 septembre 2020). Emmanuel Macron continue effectivement de profiter d’un spectre politique en ruines qu’il a lui-même participé à éclater en formant une majorité centriste globalisante. Ni la droite ni la gauche ne paraissent avoir survécu au coup de théâtre de LREM et même certains sympathisants des extrêmes, seuls bords politiques susceptibles en apparence de tenir tête au parti du président, voient maintenant en lui un fédérateur – à comprendre ici comme le formateur d’un gouvernement d’« union nationale » – de telle sorte que la voie royale vers l’Elysée semble toute tracée pour l’ex-ministre de l’Economie. Le favori pour 2022 ?

Tout à droite, Marine Le Pen, seule contre tous

Candidats déclarés ou potentiels : Marine Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen, Louis Aliot, Nicolas Dupont-Aignan, Jordan Bardella, Florian Philippot, François Asselineau

« On prend les mêmes et on recommence », cette citation a elle-seule aurait suffi à traduire ce que la grande partie des observateurs politiques s’accordent à dire : pour 2022, un remake Macron face à Le Pen au second tour. Pourtant, Marine Le Pen a fort à faire pour prétendre à l’Elysée dans deux ans. Certes, de la même manière qu’Emmanuel Macron subit les dérives mondialistes dont il s’est fait le chantre à force de soutien à l’ubérisation dérégulée, Marine Le Pen gagne des adeptes de l’altermondialisme et de la relocalisation. L’affaire semble entendue entre deux visions de la société totalement opposées dont on connaîtra l’issue au soir du 23 avril. Pour la digne représentante de l’extrême-droite française, la question n’est donc pas celle de savoir si le Rassemblement National l’emportera/passera au second tour mais plutôt de savoir qui, au sein du Rassemblement National, représentera le parti pour la douzième élection présidentielle de la Cinquième République. Car Marine Le Pen, il faut l’admettre, ne fédère plus autant l’extrême-droite que par le passé. La faute à des échecs répétés ? A un débat d’entre-deux-tours raté en 2017 ? La cause n’est pas évidente à discerner mais désormais, c’est sûr, d’autres figures semblent aussi bien capables de reprendre le flambeau du RN que l’ex-avocate. Parmi les candidats, sa propre nièce, après une courte sortie du milieu politique, s’impose naturellement. Enfin, d’autres spectres du passé peuvent également faire leur retour sur le devant de la scène, comme Florian Philippot, parti fonder son propre mouvement (NDLR : Les Patriotes), Nicolas Dupont-Aignan, sempiternel relais entre droite et extrême-droite ou même le nouveau maire de Perpignan et ex-époux de Marine Le Pen : Louis Aliot. L’alternative ?    

Tout à gauche, rien de nouveau

Candidats déclarés ou potentiels : Jean-Luc Mélenchon, Adrien Quatennens, François Ruffin, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, Fabien Roussel

L’adaptation de la célèbre formule d’Erich Maria Remarque ne pouvait mieux coller à la situation de l’extrême-gauche en cette fin 2020. Pourquoi ? Probablement parce que le même leadership qui n’est pas figé à l’extrême-droite, l’est totalement à l’extrême-gauche. En s’excusant de résumer celle-ci au seul parti des Insoumis, qui ne nous leurrons pas, rassemble la quasi-intégralité du panorama politique de gauche, le candidat pour 2022 paraît déjà connu de tous. Alors que les autres forces politiques, à un moment de l’histoire où le dégagisme est en vogue, n’ont de cesse de faire confiance à des personnalités de plus en plus jeunes, de moins en moins expérimentées, mais de plus en plus nouvelles sur la scène politique, l’extrême-gauche semble tenir son porte-drapeau indéboulonnable en la personne de Jean-Luc Mélenchon. Si d’autres individus tels que son poulain Adrien Quatennens ou la révélation François Ruffin, ne désespèrent pas de porter un jour la voix de la gauche, le natif de Tanger est toujours aussi actif au sein de son parti et prêt à enchaîner une troisième tentative d’élection. Et pourquoi s’en priverait-il lorsque ses pourcentages de vote ont doublé en l’espace de cinq ans et que l’extrême-gauche a incarné, au plus fort du mandat, la principale source d’opposition ? L’actuel député de la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône a d’ailleurs dévoilé ses intentions pour l’échéance à venir et nul doute que la proposition de Sixième République qu’il a formulé en 2017 trotte encore dans l’esprit d’une bonne partie de l’opinion publique. Jamais deux sans trois ?

A gauche, reconstruire sur les cendres de 2017

Candidats déclarés ou potentiels : Olivier Faure, Stéphane Le Foll, Benoit Hamon, Bernard Cazeneuve, Arnaud Montebourg, Anne Hidalgo

Dur de ne pas se voiler la face mais comment ne pas admettre que la gauche traditionnelle est aujourd’hui moribonde ? Emmanuel Macron a dépoussiéré l’ancien système binaire et a causé, au passage, la dépréciation d’une frange du panorama politique qui juste avant lui venait de remporter sa plus belle victoire depuis François Mitterrand. François Hollande a tendu une perche que ce même Macron a saisi à pleines dents, lui qui avait grandi parmi la gauche avant de la frapper mortellement dans le dos au son d’un « vous allez nous faire gagner » qui résonne encore cruellement dans les têtes gauchistes. Que reste-il du monde socialiste ? Voilà la question qui agite la gauche, où plutôt ce qu’il en reste lorsque l’on voit le nombre d’adhérents du PS aujourd’hui et la faible médiatisation de ce parti. Olivier Faure ? Le secrétaire du PS paraît mal engagé dans la course à l’Elysée quand Jean-Luc Mélenchon rogne sur sa gauche et Macron sur sa droite. Anne Hidalgo ? La maire de Paris, sort d’un mandat réussi à la tête de la capitale, il est vrai, qui lui permet de se détacher et d’entrevoir une potentielle candidature couronnée de succès (37% de « potentiel électoral » selon l’institut Ipsos) mais le désire-t-elle seulement ? Rien n’est moins sûr. Ce qui est sûr en revanche, c’est que le PS n’est ni entré par la grande porte à l’Assemblée Nationale, ni au Sénat ; alors qu’espérer pour 2022 ? Envisager un remaniement total pour faire bonne figure ? Peut-être est-il déjà trop tard. Toutefois, certaines personnalités ont la vie dure et pourrait insuffler l’énergie manquante à une gauche essoufflée. Bernard Cazeneuve, Benoit Hamon ou encore Arnaud Montebourg, trois noms attachés à des expressions distinctes de la gauche, pourraient ainsi avoir leur rôle à jouer. Une revanche à prendre ?

A droite, vers un nouveau modèle ?

Candidats déclarés ou potentiels : Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, François Baroin, Bruno Retailleau, Rachida Dati, Laurent Wauquiez, Jean-Christophe Lagarde, Christian Estrosi

Soyons juste, la droite a pris la même claque que la gauche et le titre donné plus haut aurait aussi bien pu correspondre ici. Peut-être plus encore ? Personne ne peut le dire mais la droite a finalement perdu plus encore que n’a perdu la gauche. Pourquoi ? Parce que Macron a doucement pris contrôle d’une bonne partie des idées qui faisaient l’essence de la droite française. Qui a parlé de président de droite ? Pour prouver cette affirmation, outre la politique elle-même, il suffit de se concentrer sur les figures du centre-droit qui ont rapidement changer leur fusil d’épaule pour rejoindre les rangs de LREM dont les pensées politiques étaient convergentes avec les leurs. Peut-être par ambition politique aussi … En tous cas, une seule option s’est manifestée pour la droite, opérer un virage ultra-conservateur avec une droite dure. Cette droite dure, Laurent Wauquiez a paru l’incarner lorsqu’il a été adoubé par les militants LR. Puis ? Plus rien, des obstacles, des avaries, des fiascos électoraux et une destitution pour la forme. François Fillon, pour battre un Macron opportuniste, avait justement misé sur un programme de campagne très conservateur qui semblait fonctionner avant les graves révélations qui ont entraîné sa chute. Une droite vidée de sa substance ? C’est ce qui se profile, surtout lorsque l’on remarque, progressivement, que la déliquescence de LR contraste outrageusement avec la création de partis plus petits comme Libres, fondé par Valérie Pécresse ou Agir dont la vocation était précisément de fédérer des militants LR qui ne se reconnaissaient pas dans la politique de Laurent Wauquiez. La droite attend son messie mais ce messie viendra-t-il ? Xavier Bertrand le nordiste, François Baroin le troyen ou encore Bruno Retailleau le vendéen, complètent enfin ce tableau. L’heure du retour en grâce ?

Les Verts, nouvelle tête de gondole ?

Candidats déclarés ou potentiels : Yannick Jadot, Eric Piolle

Certains auront grincé des dents au moment de voir que la partie consacrée à la gauche ne comprenait aucun point sur EELV alors même que l’historique politique récent plaide en leur faveur. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous avons décidé de consacrer une partie exclusive aux Verts. Les récents résultats politiques sont effectivement assez clairs quant à la progression prodigieuse du parti écologiste qui est devenu en l’espace de quelques mois : le parti politique n°1 en France. Partout les Verts ont forcé la tenue d’une bataille rangée inhabituelle entre les principales forces politiques du pays afin de proposer un véritable changement. D’ailleurs, alors que traditionnellement c’était aux Verts de s’allier au PS, c’est au phénomène inverse que nous avons assisté lors de ces derniers temps forts politiques. Les perspectives du réchauffement climatique et la croissance des catastrophes écologiques ont recentré les Français sur l’impératif écologique et propulsé les Verts dans la plupart des mairies de France. Après la vague consommatrice, la vague écologique ? D’effet de mode, la famille écologique s’est muée en effet de société et les Verts peuvent s’appuyer sur un électorat jeune particulièrement dense. La seule problématique aujourd’hui, hormis l’éventuelle désillusion que pourraient connaître les acteurs écologiques de premier plan en vue des élections présidentielles, c’est celle du candidat. Aucune réelle personnalité écologiste ne s’est proprement dégagée pour agréger autour d’elle. Un duel Yannick Jadot et Eric Piolle est à prévoir. Mais sur quoi débouchera-t-il ? Les Verts en 2022 : espérance ou énième (dés)illusion ? 

Qui d’autre ?

Candidats déclarés ou potentiels : Jacques Cheminade, Jean Lassalle, Eric Zemmour, Joachim Son Forget, Didier Raoult …

Evidemment, ce rapide tour d’horizon politique nous fait passer à côté d’une multitude d’autres acteurs potentiels sans étiquettes ou dont les familles politiques n’ont pas été mentionnées plus tôt. Le premier de ces acteurs, c’est l’outsider que l’on qualifiera d’improbable. Un outsider tel que l’a été Emmanuel Macron en 2017 et dont lui-même se méfie. Jean-Marie Bigard, Cyril Hanouna, Didier Raoult, les noms d’humoristes et de scientifiques ont fusé ces derniers temps, parfois avant de renoncer totalement, dans la mesure où chacun espérait par sa candidature proposer un choix différent aux Français dans le sillage du dégagisme des années 2010. Du reste, difficile d’omettre certaines personnalités que l’ambition pourrait amener à voir postuler tels que l’éternel Jacques Cheminade ou le député Joachim Son Forget. Enfin, certains chroniqueurs politiques connus du grand public envisagent aussi de déposer leur candidature au détour d’un tour de force inattendu comme le très polémique Eric Zemmour. La surprise de ces élections ?

L’avis de nos trois chroniqueurs

Ambroise BONNASSIEUX-DUCKERT – Bruno RETAILLEAU – : « Parce que la gauche ne fera que 20 à 30% cumulé tous partis confondus »

Raphaël DELAGNES – Edouard PHILIPPE – : « Le facteur X »

Marie-Esther DURON – Yannick JADOT – : « Les Verts, cette fois c’est la bonne ! »

Les cotes de la rédaction

Afin d’éviter des pavés et donner une grille de lecture assez généraliste, la rédaction a décidé de ne s’attarder que sur les candidats dépassant les 1% d’intention de votes dans au moins deux instituts de sondage publiés en 2020 parmi les trois suivants : Harris Interactive, Elabe et Efop-Fiducial. Il vous suffira ensuite d’extrapoler pour connaître les cotes des autres candidats pour lesquels la rédaction n’aura pas pu exprimer d’avis. Sachez enfin que la méthode de cotation utilisé par la rédaction est la même pour tous les candidats sous-mentionnés, qu’elle demeurera au secret de ses seuls utilisateurs et que ces candidats ont été rangé par ordre croissant de cote.

Emmanuel MACRON – 3,5

Mettons-les choses au clair. A moins d’un concours de circonstances incroyable, Emmanuel Macron effectuera un deuxième mandat de Président de la République. Certes l’écart qui le séparait de Marine Le Pen en 2017 s’est nettement réduit mais l’actuel locataire de l’Elysée tient toujours la corde et les premiers sondages ne s’y trompent pas, eux qui l’annoncent en tête au second tour avec 55% des votes. Sans vague, il deviendrait ainsi le premier Président de la République française réélu depuis François Mitterrand en 1988.

Marine LE PEN – 3,8

Au demeurant, Marine Le Pen sort de plusieurs élections présidentielles perdues qui ont entaché son image. La principale interrogation sera donc de savoir si l’extrême-droite compte encore lui faire confiance pour 2022. Dans tous les cas, elle reste la première source d’opposition en France et les sondages lui promettent un nouveau second tour pour 2022. La chance aurait-elle enfin tournée ?

François BAROIN – 8,2

François Baroin, homme de l’ombre et Président des maires de France. Deux facettes d’une personnalité que l’on n’aurait pu mieux introduire, tellement il navigue dans le clair-obscur. Et c’est pourtant là la question que se pose tout l’électorat de droite au moment où, questionné sur son intention de concourir pour la présidentielle, le troyen s’est contenté de botter en touche. Beaucoup lui prédisent un destin présidentiable mais l’homme lui-même n’a jamais plaidé pour prendre les rênes du pays à l’heure où la droite cherche désespérément son candidat et que les sondages le donnent avec les meilleures intentions de votes au premier tour parmi les candidats de la droite.

Jean-Luc MELENCHON – 8,25

Le président de la France Insoumise plie mais ne se rend pas. Le charisme et l’expérience du vétéran de l’extrême-gauche autant que la place considérable qu’il a pris sur l’échiquier politique aux dépens de la gauche socialiste sont des arguments de poids qui pourraient enfin lui permettre d’accéder à une place qu’il a manqué à deux reprises par le passé. Seront-ils suffisants ?

Xavier BERTRAND – 8,3

Il s’est déclaré candidat de la droite alors même qu’il avait rejeté l’étiquette LR en 2017 lors de l’investiture de Laurent Wauquiez. Xavier Bertrand connaît les hautes sphères du pouvoir mais saura-t-il manier l’électorat de droite pour l’exhorter à soutenir sa candidature ? Une tâche décidément bien complexe lorsqu’on sait qu’il a lui-même quitté sa famille politique au moment où la droite choisissait une orientation plus conservatrice.

Yannick JADOT – 11,6

S’il a été marginalisé en 2017, il paraît compliqué de ne pas prêter une attention particulière au potentiel représentant des Verts aujourd’hui tant l’agitation écologique est devenu un impératif pour le public français. La progression des Verts est nette à tous les niveaux et Yannick Jadot constitue de plus en plus le facteur X de ses prochaines élections présidentielles. A voir s’il est maintenant capable de rassembler pour 2022 et capable d’incarner un programme dans lequel se retrouve l’ensemble des partisans du monde écologique.

Nicolas DUPONT-AIGNAN – 18,9

Au lendemain des élections législatives de 2017, Nicolas Dupont-Aignan a annoncé ne vouloir faire alliance qu’« avec une partie du FN, sans les défauts et les excès du FN ». Voilà sans doute, la perpétuelle épée de Damoclès qui trône au-dessus de la tête du leader de Debout la France : une position précaire, à mi-distance entre LR et RN qui le contraint à des alliances voilées sans grand lendemain.

Olivier FAURE – 36,4

La cote d’Olivier Faure ne semble pas usurpée. Effectivement, l’actuel secrétaire du Parti Socialiste manque de visibilité auprès des Français et travaille plus à la refondation de son parti qu’à ses propres volontés électoralistes. Toutefois, cette refondation a justement pour objectif de réaffirmer une « identité socialiste » devenue trop désuète et conduire un rassemblement pour l’investiture d’un candidat à la présidentielle. Sera-t-il ce candidat providentiel ? Rien ne nous permet de le dire mais pour l’instant, l’élu de Seine-et Marne semble plus enclin à replonger à la tête de son propre parti qu’à se lancer à la conquête de l’Elysée.

Philippe POUTOU – 52,6

La progression se poursuit pour Philippe Poutou mais jusqu’où ira-t-il ? Crédité d’un peu plus d’1% de votes lors des présidentielles de 2017, l’ouvrier de Ford a explosé les prévisions lors des municipales en juin dernier lorsqu’il est arrivé en quatrième place à la mairie de Bordeaux avec 10% des votes. Les réflexions anticapitalistes et les critiques qu’il a soulevé auprès des autres candidats lors du premier tour des présidentielles de 2017 ont permis au nouveau conseiller municipal de se faire une place dans le débat public français. Néanmoins, ses perspectives d’évolution, surtout lorsque le NPA est noyé par LFI à l’extrême-gauche, semblent bouchées.

Nathalie ARTHAUD – 114,3

La trajectoire suivie par Nathalie Arthaud colle en grande partie à celle de son homologue réparateur mécanique. Solidaire comme lui des manifestations ouvrières conduites par les Gilets Jaunes en 2019 dans lesquelles elle voit une réponse à la mondialisation capitaliste exacerbée par le gouvernement Macron, elle continue son combat politique pour Lutte Ouvrière. Malheureusement, les échecs concédés au niveau local en 2020 ne semblent pas faire nourrir de grands espoirs pour 2022.

Nous regrettons d’avoir pu fournir une analyse plus détaillée que ne nous l’ont permis les statistiques référencés au 30 septembre 2020 mais espérons que cette édition vous aura fait réagir. Politiquement vôtre.

Raphaël DELAGNES

Sources annexes :

https://www.nouvelobs.com/politique/20200920.OBS33582/la-popularite-de-macron-remonte-legerement-a-38-d-opinions-positives-selon-un-sondage.html

https://www.ipsos.com/fr-fr/quelle-candidature-gauche-pour-lelection-presidentielle-de-2022

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/isere/grenoble/presidentielle-2022-ecologistes-duel-annonce-entre-eric-piolle-yannick-jadot-1878704.html

https://www.rtl.fr/actu/politique/presidentielle-2022-edouard-philippe-un-allie-pour-emmanuel-macron-7800845129

https://www.leparisien.fr/politique/presidentielle-2022-jean-marie-bigard-annonce-le-retrait-de-sa-candidature-29-09-2020-8394024.php

Les Municipales before de 2022 ?

Il est inutile de douter de cela, les municipales permettent d’éclairer la situation politique du pays à 2 ans de l’élection présidentielle. Les détracteurs diront qu’il s’agit d’une élection locale et que les résultats ne représenteront pas les tendances politiques… pas sûr. En effet, cette élection qui est certes locale revêt aussi un habit national. Tout d’abord il s’agira de mesurer les forces en présence, mais au-delà de cela, ce sera le test de survie de LREM ; s’inscrire localement ou connaître une dure défaite en province (mais aussi dans les grandes villes). Cette élection comporte de nombreux autres enjeux. 

Se rassurer pour l’avenir 

C’est l’idée principale pour LR et le PS. Après 3 années difficiles, un bon résultat aux élections municipales pour rappeler l’ancrage local peut redonner un peu d’air à ces parties. Qui plus est pour LR qui reste le premier parti au niveau local et qui a besoin de cet ancrage pour pouvoir assurer à nouveau le Sénat en 2021. 

Les deux partis devraient conserver leurs grandes villes clés : Bordeaux, Toulouse, Marseille pour LR. Lille, Nantes pour le PS. De quoi montrer que ces villes n’ont pas cédé face à LREM. La province est encore plus facilement acquise à ces partis historiques : rejet de Macron et LREM, ainsi qu’un fort attachement aux élus locaux. 

Du côté de Paris il y a là aussi un enjeu. Alors que Griveaux, soutenu par les médias, était annoncé maire-élu de Paris, la campagne s’est compliquée pour lui. La candidature dissidente de Villani et les petites phrases ont écorché sa campagne, à tel point que Rachida Dati, l’oubliée de Paris – l’exemple de l’édito de Ghislaine Ottenheimer dans le Challenges du 16-22 janvier 2020 qui parle du retournement de campagne pour Griveaux et où ni le nom, ni le parti, ni le score de la candidate ne sont mentionnés – pourrait créer la surprise au soir du 1er tour. Quoiqu’il en soit, la mairie de Paris ne sera certainement pas LREM. *Note post-rédaction: Nous apprenons d’ailleurs ce matin le retrait de Griveaux de la campagne.* 

EELV, confirmer 2019 ? 

L’an passé, le parti avait doublé LR aux élections européennes. Yannick Jadot avait promis un avenir national pour le parti. Il s’agit pour le parti de se montrer. Les sondages donnent de bons scores dans certaines villes pour EELV (certaines étant déjà vertes) : Grenoble, Strasbourg, Montpellier. Les Français sont de plus en plus nombreux à considérer les questions environnementales comme importantes. Cependant un potentiel succès en mars est à relativiser. Profitant de l’explosion des partis à gauche, EELV décroche de nombreuses alliances et listes communes de gauche pour ces élections. Une stratégie qui permet d’éviter à LREM, LR ou RN de gagner au 1er tour. A noter que certains sondages annoncent EELV en tête pour la mairie de Lyon. 

RN le déblocage local ? 

L’autre parti à suivre est le RN. Malgré les scores importants réalisés aux élections nationales, le parti n’a jamais confirmé localement. Ayant encore une certaine défiance par endroit et devant faire face au « front républicain » le parti ne comptait qu’une quinzaine de villes de plus de 9000 habitants. 

Cette année le parti compte faire beaucoup mieux. En plus de ces quelques bastions, le parti entend bien étendre son aire d’influence et il se retrouve ainsi en position de force dans quelques villes. Un sondage à Marseille donne le candidat RN à 1 point derrière la candidate LR. A Perpignan, le ténor Louis Aliot devance largement le candidat LR (26 contre 18). 

Le parti conservera la plupart des bastions déjà acquis, notamment la ville de Béziers, où Ménard l’avait emporté en 2014 marquant un des coups les plus suivis. En 2014 la presse demandait à voir les bilans; 6 ans plus tard le fondateur de reporters sans frontières semble roi en sa ville, il pourrait être réélu maire dès le 1er tour avec 61% des voix. 

Il sera aussi intéressant de voir localement les stratégies d’entre-deux tours. Il se pourrait que LR brise le « front républicain » dans plusieurs communes en acceptant l’alliance avec le RN. Un tout petit pas vers l’union des droites de plus en plus défendue par les militants des deux partis. 

LREM, larguée ? 

C’est un crash test important pour le gouvernement. En cas d’échec un remaniement est même envisageable. Les sondages récents (24% d’opinions favorables pour le président) ne donnent pas le sourire au parti. De plus la fronde de certains députés, les petites phrases, le vote scandaleux sur le congé pour deuil d’un enfant, ne facilitent pas les choses. 

Pour essayer de minimiser la chose, Castaner a tenté de faire passer une circulaire, retoquée par le Conseil d’Etat, pour ne pas prendre en compte dans le décompte national les résultats des villes de moins de 9000 habitants, une stratégie visant à rehausser le score de LREM qui compte la plupart de ses électeurs dans les grandes agglomérations. 

Toutefois le parti devrait gagner la métropole (à ne pas confondre avec la mairie) de Lyon et la ville de Nancy. Cependant la mairie de Lyon, elle, connaît plus d’incertitude. Un récent sondage donne EELV et LR devant LREM, une autre élection à suivre de près. 

Le combat sera aussi intéressant à Périgueux, où les 4 premiers candidats ont des scores compris entre 14 et 15 points. 

Les municipales ne joueront certainement pas en faveur de LREM. Les Français sont attachés à leurs maires et seulement 9% d’entres eux veulent soutenir le gouvernement lors de cette élection. Il ne faut toutefois pas tirer de conclusions trop rapides quant à l’élection de 2022. Chaque parti a ses enjeux pour cette échéance et cette élection locale à caractère nationale promet bien des surprises, des batailles et des révélations intéressantes pour les années qui viennent. 

N’oubliez donc pas d’aller voter, car l’élection est importante pour la localité et les communes ! Même dans sa ville de moins de 9000 habitants, il ne faut pas hésiter à encourager la démocratie locale et ses acteurs quotidiens. 

A. B.

L’Impeachment : Donald Trump doit-il être inquiet ?

Depuis son élection en 2016, Donald Trump a multiplié les actes pouvant amener à la procédure d’Impeachment notamment l’affaire Russiagate. L’an dernier, une procédure a été lancé contre le 45ème Président des Etats-Unis après les révélations d’éventuelles pressions exercées sur son homologue ukrainien Zelensky pour lancer une enquête contre le fils de Joe Biden, candidat démocrate à la primaire.

Qu’est-ce qu’une procédure d’Impeachment ?

L’Impeachment est une procédure surtout utilisée aux Etats-Unis grâce à l’utilisation de l’Article II de la Constitution. Elle peut entraîner la destitution de hauts fonctionnaires de l’Etat tel que le Président, le Vice-président et les fonctionnaires civils. Si le Président est évincé, il est immédiatement remplacé par le Vice-président. La procédure peut être lancée si les chefs d’accusations sont les suivants : trahison, corruption ou autres crimes. L’Impeachment se déroule en deux temps : le premier est le vote de la procédure d’accusation comme une loi ordinaire à majorité relative par la Chambre des Représentants. Le second est le démarrage du procès au Sénat. La destitution est adoptée si 2/3 des sénateurs jugent l’accusé comme coupable.

Donald Trump est-il le premier président à subir l’Impeachment ?

La première procédure a été lancée en 1868 contre Andrew Johnson. L’ancien Vice- président avait été accusé de trahison après avoir soutenu l’Union lors de la Guerre de Sécession. Donald Trump est le quatrième Président à être inculpé dans une procédure d’Impeachment. Après Andrew Johnson, Richard Nixon a été le deuxième président à être assis sur le banc des accusés suivi par Bill Clinton. Dans les trois derniers cas, le premier temps de l’Impeachment est passé, soit la Chambre des représentants a voté pour son lancement. En revanche, les trois derniers présidents ont échappé à l’éviction car le Sénat n’a pas adopté la destitution. Seule exception, le cas de Nixon qui a démissionné avant la fin de la procédure. Quant à Bill Clinton, 2 chefs d’accusation avaient été retenu contre lui : la parure car il a menti dans l’affaire Lewinsky et l’obstruction à la justice.

Où en est-on aujourd’hui ?

Le 24 septembre 2019, la présidente de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi, lance le vote de l’Impeachment. Elle est depuis la cible de Donald Trump sur son compte Twitter. Le 10 décembre, la loi est adoptée parce que les Démocrates sont majoritaires dans la Chambre des Représentants. 2 chefs d’accusation sont retenus : abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès. Le procès a démarré le 21 janvier dernier. Pour l’avancement du procès, il faut que les sénateurs votent pour ou contre l’apport de nouvelles preuves, de nouveaux témoins, … A chaque fois, les Républicains ont voté contre. Le 27 janvier, le second tour du procès a été lancé. Une preuve de taille peut sûrement modifier le cours des choses : le livre de John Bolton, l’ex-conseiller à la Sécurité Nationale. En effet, c’était une aubaine pour les Démocrates car dans son livre, John Bolton assure que Donald Trump a abusé de son pouvoir. Ces extraits ont fait pencher la balance car les Républicains ont perdu le nombre de voix nécessaires, soit 51, pour empêcher la nouvelle convocation de témoins. Les Démocrates souhaitent faire venir à la barre des proches du Président.

Trump pourrait-il vraiment être destitué ?

Bien que les derniers jours aient fait pencher la balance, Trump semble être épargné de la destitution. En effet, les Républicains sont majoritaires au Sénat. Certes, les sénateurs républicains plus modérés peuvent apporter leurs voix aux démocrates mais ce sera insuffisant. Sauf retournement de situation exceptionnel, Trump ne sera pas destitué. Les Républicains appellent à finir ce procès le plus tôt possible. Le président est en campagne pour les futures élections. Ces dernières actions politiques peuvent être expliquées par la motivation de préserver ses fidèles. Il ne sera pas destitué mais ce procès ne sera pas sans conséquences pour la suite et pour la campagne du 45ème Président des Etats-Unis.

Bernardini Guillaume