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Clap de fin

C’est avec une certaine émotion que je rédige mon dernier article pour le pôle Press’. Une année passée à décrypter l’actualité politique et à écrire des articles qui me tenaient à cœur avec des prises de positions assumées. C’est donc dans ce dernier article que je publierai une dernière fois mon humeur politique. 2020 se termine mais 2021 ne s’annonce pas mieux, clap de fin pour LREM ?

            Durant cette année passée, vous retrouverez dans différents articles mes analyses politiques notamment concernant Macron et LREM. Alors que 2020 se termine enfin, 2021 ne s’annonce pas joyeuse : fermeture totale des stations de ski, réouverture des restaurants pas avant Pâques, pas de réouverture prévue des universités et des écoles supérieures, fermeture des lieux de culture… la liste est longue et chacun la connait. Mais 2021 est également la dernière année du mandat Macron, 12 mois avant le début d’une campagne présidentielle qui s’annonce fracassante. Macron a-t-il ses chances, que restera-t-il de ces cinq années qui ont changé (ou dévasté) la France ?

La promesse du nouveau monde

C’était le grand mot de 2017 : « Macron incarne le nouveau monde », tellement nouveau qu’il ressemble à s’y méprendre avec la politique observée depuis les années 1970, en pire. Jamais présidence n’a connu autant de scandales politiques : fraude, emploi fictif, incompétence… Les démissions des ministères s’enchaînent par dizaines depuis trois ans. A cela ajoutons le 49.3, la réduction du temps de parole des oppositions, le refus d’utiliser le référendum, les éléments de langage plus qu’insupportables dans les médias. On retrouve tout ce qui fait la politique en France depuis 40 ans, en plus marquée, en plus assumée. Le début de gestion de la crise Covid est un sketch à lui seul : démission d’une ministre pour ambitions personnelles, propos contradictoires, infantilisation des Français, absence de masques et de médicaments. S’il fallait confirmer que la France a bien perdu son rang de 5/6e puissance mondiale, voilà l’exemple parlant qu’il fallait.

La République En Marche (Arrière ?)

Que pouvions-nous espérer d’un homme qui utilise ses initiales pour former un groupe politique et qui se compare à Jeanne d’Arc ou Napoléon ? Alors que la quasi-centaine d’unes de presse uniquement consacrées à Macron pendant la campagne de 2017 nous promettait le renouveau et l’avenir de la République, ces années nous ont montré que la réalité est bien loin de ce discours. Répression ultra violente des manifestations de gilets jaunes alors que les manifestations en période de confinement dans les banlieues étaient de « l’émotion » et que « l’émotion dépasse les règles juridiques ». Réduction des temps de parole des oppositions à l’Assemblée Nationale. Proposition de loi sur le fichage des opinions politiques sur les réseaux. Loi Avia. Combien de manœuvres et de lois passeront encore qui portent des atteintes sérieuses aux libertés fondamentales ? Sans même évoquer toutes les mesures prises durant cette crise sanitaire qui remettent en cause la notion de liberté et créent des cas juridiques sans précédent. Pourtant Macron nous avait assuré au débat présidentiel que, lui Président, il assurerait le maintien des libertés fondamentales contrairement à Marine Le Pen.

Et demain ?

            Le tableau du quinquennat ne sera pas beau. La dette explose, le chômage suivra ainsi que les dépôts de bilan. Le bilan sera certainement catastrophique et pourtant Macron est en position de cumuler un second mandat. Macron aura réussi son objectif, détruire les oppositions. La gauche partira plus que fragmentée en 2022 et la droite, qui pourrait largement l’emporter en cas d’union, préfère la guerre des egos. Ainsi l’on retrouvera candidats au premier tour : Marine Le Pen, Nicolas Dupont Aignan, Bruno Retailleau et peut-être un candidat souverainiste en plus. La différence fondamentale de ces trois candidats ? Quasiment rien si ce n’est l’ego. Marine Le Pen cherche une victoire personnelle, Nicolas Dupont Aignan ne veut pas subir l’humiliation de se rallier au RN et Bruno Retailleau, pris par l’ambition, semble mal percevoir que LR ne représente plus rien. D’ailleurs, le sénateur ne plait pas, en interne on cherche à le mettre sur la touche : trop conservateur, pas assez libéral ou proche de Macron. L’écart d’opinion semble d’ailleurs plus important entre Aurélien Pradié ou Christian Jacob et Bruno Retailleau, qu’entre Marine Le Pen et Bruno Retailleau. Voici que la course de LR semble se terminer…

Macron avait promis la Start-up Nation, la France de demain et du nouveau monde. On assistera au démantèlement de celle-ci, à la vente de tous ses secteurs stratégiques, à la perte d’importance internationale et à la déliquescence de la Nation pour la remplacer par la République (qui n’en porte plus que le nom). Demain, pour relever la France, il faudra braver les différences d’ego et réfléchir à ce qui compte vraiment. On assiste d’ailleurs à l’émergence de convictions communes autour de souverainisme notamment porté par la nouvelle revue Front Populaire.

Cinq années de macronisme auront affaibli la France, cinq années de plus l’achèveront.

Par ABD

La démocratie effective, un fantasme?

Depuis quelques années maintenant les démocraties occidentales comme la France, connaissent ce que bons nombres d’observateurs et d’observatrices appellent: «la crise de la démocratie». Cette crise se manifeste notamment par une remise en question profonde de l’idéal démocratique mais surtout, parla critique radicale de la possibilité qu’une démocratie effective puisse exister. Que ce soit parce qu’elle serait un système politique qui vise irrémédiablement vers la corruption du peuple, ou des élu.es ou parce que ce système politique est inefficace et que le risque de la dictature de la majorité, qui faisait si peur à Tocqueville, est trop fort et insoutenable pour les citoyen.nes les plus éclairé.es.

En quelque sorte la foi dans la démocratie comme moyen de libérer l’humain des chaînes dont il était prisonnier, semble s’être définitivement consumée. Beaucoup de critiques viennent aussi pointer du doigt le fait que nos démocraties sont factices, et au service du grand capital et des élites. Que les humains seraient trop «imparfaits» pour vivre dans une démocratie effective, et qu’elle ne serait qu’une utopie voire un fantasme qui ne nous servirait que de guide dans nos actions, comme une sorte de religion politique. D’autres penseront comme Platon dans La République, que la démocratie est inefficace et une honte de la raison car elle mettrait possiblement des incompétent.es en capacité de diriger. Ce que Platon n’avait sûrement pas imaginé c’est que les incompétent.es puissent être celleux qui sont désigné.es comme les plus à même d’être des dirigeant.es.

Cependant, il faut que nous nous posions la question sincèrement, qu’est-ce qu’une démocratie effective? Et est-elle un fantasme comme le pense certain.es?

Si nous posons la démocratie effective comme le système politique qui donne le pouvoir au peuple, pour le peuple et par le peuple. Nous avons une vision lointaine mais plutôt fidèle de ce que doit être une démocratie. C’est peut-être le système politique le plus simple à définir. Pour autant, sa mise en place effective semble être complexe. La démocratie effective est complexe essentiellement parce que dans son corpus philosophique elle pose chaque individu d’une société donnée comme l’égal de l’autre. Et ce malgré la tendance humaine universelle ethnocentrique, mais aussi de la structure hiérarchique des sociétés humaines depuis le néolithique. Une égalité non pas restrictive comme nous la connaissons. Ce n’est pas une égalité qui se comprend comme le fait d’avoir «la chance» de pouvoir toustes voter tous les 5 ans pour quelques personnes. Non, c’est l’égalité dans la prise de décision, et dans le rang. Chaque individu, dans une démocratie effective, possède une voix qu’iel peut faire entendre et à tout moment de sa vie sociale. La démocratie effective se comprend comme un système politique où chaque membre de la société participe à égalité avec son.sa voisin.eaux affaires des localités dans lequel iel vit.

Mais qu’est-ce que suppose une telle nécessité? Elle impose nécessairement un découpage de la vie politique. Un découpage le plus fin possible et cohérent possible, par quartier par exemple. Imaginez une société où chaque quartier possède plusieurs assemblées, chaque assemblée traitant d’un sujet précis. Chaque sujet éclairé par des chiffres, des rapports et autres à la disposition du citoyen et de la citoyenne permettrait ainsi de débattre sur les décisions à adopter –de faire émerger ce que Rousseau appelait la volonté générale. Ensuite permettrait de prendre des décisions en accord avec les besoins du quartier. Imaginez un pays comme la France, où chaque localité ferait cela. Plus besoin de pouvoir central, ou de personnes élues qui géreront de loin les affaires de tous les jours. Les grandes affaires se feraient toutes seules comme dans un mécanisme dans lequel chaque rouage travaille unitairement pour faire tourner une horloge. Car la possible corruption du peuple comme celui des élu.es n’est possible que si ces deux rouages de la vie démocratique sont dissociés. L’un est soumis à la faiblesse de l’individu face aux pressions extérieures. Et l’autre aveuglé par manque de pratique de la démocratie, se laisse guider par des pseudos prophètes politiques qui ne flattent que leur intérêts de classe, sans penser à l’ensemble.

Cependant, une telle mise en place de la démocratie suppose une reconsidération totale de notre organisation sociale. Tout organe hiérarchique, et toute hiérarchie au sens large du terme doit disparaître. Car vous ne pouvez pas, dans une démocratie effective avoir des individus ayant un pouvoir que les autres n’auraient pas. Imaginez le même système précédemment décrit et ajoutez-lui une police. Un organe hiérarchique du fait que quelques individus seraient en mesure de contraindre les libertés d’autrui. Qu’est-ce qui empêcherait ces personnes de prendre le pouvoir? ou de faire dévier la volonté générale de telle ou telle assemblée? Rien. Pour qu’une société démocratique puisse être effective il est nécessaire, que toutes les individualités soient égales devant la loi, dans l’administration de la société. La force il me semble d’une démocratie effective, réside dans le fait d’adjoindre chaque individu dans le processus de décision et de construction de la société. Et étant donné cette intégration, elle responsabilise chaque individu sur sa tâche au sein de la société. Chaque individu ne verrait pas dans un abribus une chose étrangère à ellui même, mais y verrait le prolongement de son engagement démocratique et le respecterait comme il respecterait les lois dont iel a participé à l’élaboration. Pourquoi vouloir détruire son propre ouvrage ? La menuisière ne va pas détruire l’ouvrage qu’elle a mis tant de temps à réaliser. L’humain d’une démocratie effective aurait le même comportement face à son environnement.

Est-ce possible? Oui, et plus que jamais aux vues des impératifs écologiques qui vont nous pousser à devoir repenser nos modèles économiques et donc sociaux. Il me semble que la gestion démocratique de la vie sociale s’accorde parfaitement avec les défis écologiques qui nous font face. Notamment avec la nécessité de retourner à une vie économique de proximité.

Nouveau gouvernement américain : l’impossible défi ?

Nouveau gouvernement américain : l’impossible défi ?

Récemment ont eu lieu les élections américaines pour désigner le 46-ème président de la Première Puissance Mondiale. Un événement pour le moins  mouvementé avec un président sortant qui n’a cessé de contester les résultats, affirmant être victime de fraudes multiples de la part du camp adverse. L’affaire a été  portée en justice. Pour le moment, aucune preuve de fraude n’a pu être apportée bien  que quelques erreurs et oublis de voix aient été soulignés dans certains comtés de Géorgie après recomptage.  

Au-delà de toute l’agitation générée par ce nouvel épisode électoral, de nombreux  défis à relever attendent le nouveau gouvernement américain tant au niveau national  que sur la scène internationale. D’un point de vue national, l’enjeu est de taille. Le duo  démocrate Biden-Harris doit composer avec un pays plus que jamais divisé entre deux  camps portant une vision de la société radicalement différente. En effet, d’un côté une  Amérique traditionaliste, conservatrice sur le plan des valeurs sociétales et  protectionniste sur le plan économique et de l’autre une Amérique qui se veut  « progressiste », prônant une culture du pluralisme et de la diversité, souhaitant voir  émerger un nouveau modèle de société dans lequel les minorités auraient la possibilité  de s’émanciper et de jouer un rôle clé dans la vie citoyenne et politique du pays, en  accédant à des postes à responsabilité et en exerçant une influence grandissante dans  les tendances actuelles.  

Au-delà du personnage extravagant qu’incarne le président toujours en exercice,  ses idées n’en demeurent pas moins profondément ancrées au sein de cette Amérique  rurale et des classes populaires qui ont en grande majorité porté leur vote sur le  candidat républicain. En effet, contrairement à ce qu’ont pu affirmer de nombreux  médias, l’accession de Donald Trump au pouvoir il y a quatre ans n’était pas un  « accident de l’Histoire » mais bien une réelle volonté de changement de la part d’une  partie du peuple américain, une détermination à tourner le dos à l’« establishment » ainsi qu’à l’oligarchie d’une certaine élite politique qui était notamment représentée  par la candidate démocrate Hillary Clinton en 2016. Le candidat vainqueur à l’élection  présidentielle de 2016 a été élu sur un programme économique portant une vision  protectionniste et étatiste. L’électorat populaire et ouvrier a été séduit par son  engagement en faveur d’une réindustrialisation massive et d’une relocalisation de  nombreux emplois manufacturiers. Le candidat Trump s’est dressé en rempart contre  la désindustrialisation. Entre la fin des années 1960 et le début des années 2000, le  nombre d’emplois manufacturiers est resté stable aux Etats-Unis avec un chiffre avoisinant les 17 millions d’emplois. L’entrée de la Chine dans l’Organisation Mondiale  du Commerce (OMC) en décembre 2001 a changé la donne.  

De nombreux emplois ont été délocalisés, notamment dans l’Empire du Milieu où la  production est faite à moindre coût et où la main d’œuvre est bon marché.  Consécutivement à ces délocalisations de masse, l’emploi manufacturier aux Etats-Unis  a considérablement chuté entre 2000 et 2009 passant de 17 millions à 11,5 millions  d’emplois, ce qui représente une baisse de plus de 30%.  

Sur le plan des valeurs sociétales et culturelles, Donald Trump prône une politique  de préférence nationale, rendant à l’Amérique sa grandeur et remettant à l’ordre du  jour ses valeurs traditionnelles. Le président Donald Trump a axé sa campagne de 2016 sur le slogan « Make America Great Again » que l’on pourrait traduire par « Rendre  à l’Amérique sa grandeur ». Il avait également utilisé un autre slogan « America First »,  qui trouve son origine à la fin des années 1930 lorsque l’un des pionniers de l’aviation  américaine Charles Lindbergh voulait dissuader les Etats-Unis de se lancer en guerre  contre l’Allemagne nazie dont il aurait été un fervent admirateur. Les partisans de  l’idéologie isolationniste auraient remis en cause les projets de coopération  internationale envisagés par le président Wilson. Le 10 janvier 1920, le sénateur Warren  Harding alors candidat à l’élection présidentielle emploie à de multiples reprises  l’expression « L’Amérique d’abord » lors de son discours prononcé à New York. « Il faut  sauvegarder l’Amérique d’abord, stabiliser l’Amérique d’abord, faire prospérer  l’Amérique d’abord, penser à l’Amérique d’abord, exalter l’Amérique d’abord, faire vivre et vénérer l’Amérique d’abord. » Une allocution qui ressemble étrangement à celle  prononcée par le candidat à la maison blanche à la présidentielle de novembre 2016.  Ainsi, il avait déclaré « A partir d’aujourd’hui, ce sera l’Amérique d’abord. » en faisant  allusion à la protection des frontières et en mettant en avant sa politique de lutte contre l’immigration et en particulier l’immigration clandestine provenant de pays d’Amérique  Latine. Il avait également fait part de sa volonté de ne plus participer au financement  des armées étrangères alors que le budget de l’état américain alloué à ses force militaires diminuait encore et encore. Lors de sa première campagne présidentielle, le  président Trump annonçait déjà la couleur de son mandat en affirmant sa détermination à rejeter le multilatéralisme et à défendre une Amérique indépendante  agissant pour ces intérêts avant tout et passant outre certains engagements de  coopération internationale avec de nombreux états y compris ses plus anciens alliés  européens. 

 Après quatre années de mandat quelques peu inhabituelles, le nouveau président  démocrate élu Joe Biden et son bras droit Kamala Harris souhaitent tourner la page de  l’épisode Trump en redonnant au pays un nouveau visage et en lui rendant son statut  de Première Puissance Mondiale. La tâche ne sera pas des plus aisées avec un pays  fracturé et une société présentant des divergences profondes. D’un côté, une frange  conservatrice et protectionniste qui n’est pas prête à en démordre et qui continuera à  défendre sa vision et son idéologie avec ferveur et de l’autre une société se  revendiquant être progressiste réclamant plus d’égalité et de diversité ethnique, sociale  et culturelle. Cette frange là de la société pourrait bien être celle représentée par la  première femme à accéder au poste de vice-présidente Kamala Harris. Elle-même  incarne cette diversité réclamée par les partisans du progressisme. D’origine jamaïcaine par son père et indienne par sa mère, Kamala Harris a vécu une enfance marquée par  la contre-culture californienne. Dans les années 1960, alors que les Etats-Unis sont  marqués par une vague de mouvements contestataires, les parents de la jeune Kamala  qui sont des activistes convaincus, l’emmènent régulièrement à des marches en soutien  au Mouvement des Droits Civiques. De cette vague révolutionnaire, sont nés de  nouveaux courants politiques se revendiquant être de gauche et luttant contre le  capitalisme. Ces courants ont rassemblé différents groupes sociaux et communautés,  principalement des afro-américains et d’autres minorités ethniques, des femmes, des  homosexuels et des étudiants. Kamala Harris grandit et passe sa jeunesse à Berkeley,  ville proche d’Oakland, à l’époque en plein bouillonnement culturel et au cœur de  l’activisme américain. L’université de Berkeley constitue un terreau propice à la contre culture et à la gauche américaine. D’importantes manifestations y ont éclaté pour  protester contre la guerre du Vietnam en 1965 et de nombreux artistes et icônes,  également militants communistes comme le poète Beat Allen Ginsberg y venaient pour  donner des conférences aux étudiants. En 1966, le mouvement des Black Panthers,  dédié à la lutte contre les inégalités et les discriminations à l’encontre de la  communauté afro-américaine a vu le jour à Oakland. Par ses origines ethniques et la  jeunesse qu’a vécu Kamala Harris marquée par de nombreux courants protestataires,  la femme politique a construit son idéologie et ses valeurs qu’elle souhaite mettre en  œuvre au service de son pays. Par les idées qu’elle incarne, l’ancienne procureure de  San Francisco représente l’aile gauche du parti Démocrate en opposition au nouveau  président fraîchement élu qui lui défend la ligne plus traditionnelle du parti. Joe Biden  et Kamala Harris devront donc composer avec les divergences qui existent au sein  même de leur formation politique qui s’ajoutent à tous les autres différends qui divisent  le peuple américain dans sa globalité.  

 C’est aussi et surtout sur la scène internationale que le duo Biden-Harris est attendu  au tournant. Après le mandat Trump qui n’a pas été sans conséquences sur le plan de  la diplomatie et de la coopération internationale, Joe Biden promet que « l’Amérique  est de retour » et qu’il ne s’agit pas d’une Amérique solitaire et isolationniste comme  a pu en donner l’impression son prédécesseur. Comment l’Europe et le reste du monde  analysent-ils la victoire de Joe Biden ? Une grande majorité de dirigeants européens et  internationaux ont félicité Joe Biden pour sa victoire dès la journée du 7 novembre, peu  de temps après que les premiers résultats de l’élection ont été diffusés. De son côté, le  nouveau dirigeant américain fraîchement élu a annoncé de grandes mesures et de  grands engagements sur le plan international. Il a notamment fait part de son souhait  de réintégrer l’Accord de Paris sur le climat d’ici quelques semaines, rappelant sa  volonté de prendre part aux objectifs de neutralité carbone à l’horizon 2050, de  remettre l’Amérique « au vert » et mettre en place un financement ainsi qu’un plan de  relance verte d’une valeur de plus 2 Milliards d’Euros sur 4 ans.  

L’Europe attend un engagement sans failles de la part des Etats-Unis sur la transition  énergétique et les nombreux enjeux que cette dernière représente.  

L’Europe attend également Biden au sujet de la défense, celle-ci s’étant habituée ces  dernières années au concept de l’autonomie stratégique défendue par le  gouvernement Trump. Il y a quelques mois, Emmanuel Macron avait parlé de l’OTAN  en affirmant qu’elle était « en état de mort cérébrale ». L’OTAN va-t-elle trouver une  seconde genèse avec Biden ? Un renouvellement de sa doctrine est au programme tout  comme son financement. Biden pourrait revenir sur les engagements qu’avait pris son  prédécesseur, concernant le retrait des troupes américaines en Allemagne. Des projets  sont à l’étude avec Berlin qui est plus « atlantiste » que Paris afin de développer des  partenariats entre l’Europe et l’Amérique. L’objectif étant d’unir les nouvelles  générations d’allemands et d’américains et plus largement d’européens et d’allemands.  Si Biden se dit prêt à coopérer avec l’Europe sur de nombreux sujets y compris celui de  la défense, il a toutefois annoncé qu’il attendait des européens qu’ils prennent leur  sécurité en main sans pour autant les abandonner et les laisser seuls faire face à des  enjeux sécuritaires de taille.  

 Enfin, en matière commerciale, l’Amérique défendra toujours ses intérêts. Depuis  plus d’un an, Washington passe à l’offensive avec l’Europe en taxant ses produits  (Airbus, le vin, l’huile d’olive, etc…). La réaction de Bruxelles ne s’est pas fait attendre et  celle-ci prévoit de taxer à son tour les produits américains (Boeing, le blé, le jus de  fruits) pour un montant avoisinant les 4 Milliards de dollars. L’UE souhaite garder sa  part de souveraineté et protéger son commerce. 

Néanmoins, celle-ci appelle à une coopération avec la Première Puissance Mondiale  pour conclure de nouveaux partenariats transatlantiques (traités de libre-échange,  etc…). 

Le nouveau gouvernement américain sera-t-il en capacité de relever les nombreux  défis qui l’attendent tant au niveau national que sur la scène internationale ? Saura-t-il redorer l’image de la Première Puissance mondiale ? Seul l’avenir nous le dira. 

Nolwenn Dallay

Quand Macron s’en va-t-en guerre

Quand Macron s’en va-t-en guerre

« Nous sommes en guerre ». Voici les mots prononcés par le président Emmanuel Macron lors de son allocution du 16 mars 2020. Toutefois, comparer la gestion de la pandémie à une guerre paraît excessif à bien des égards. Le 11 novembre, nous fêtons en France l’armistice de la Première Guerre mondiale et nous rendons hommage aux Poilus tombés sur le champ d’honneur.

 « Nous sommes en guerre, en guerre sanitaire, certes : nous ne luttons ni contre une armée, ni contre une autre Nation. Mais l’ennemi est là, invisible, insaisissable, qui progresse. Et cela requiert notre mobilisation générale. » Lors de son allocution du 16 mars dernier, le président Macron a commis bien plus qu’une erreur de communication, il a commis une faute grave.
Le président demande aux Français de « garder le calme dans ce contexte » tout en martelant à six reprises l’anaphore « nous sommes en guerre ». Sans grande surprise, le lendemain, les rayons étaient pris d’assaut et l’on assistait à un exode parisien (qui rappellerait presque les heures les plus sombres de notre histoire).  Les communicants travaillant pour l’Elysée sont payés à prix d’or avec l’argent du contribuable pour élaborer ce genre de discours d’une rare cohérence. A cela s’ajoute l’indécence de comparer la crise sanitaire à une guerre. Certes, la pandémie sévit toujours et encore. Bon nombre de décès sont à déplorer en France. Néanmoins, nous sommes bien loin des listes interminables des Poilus décimés lors de la Grande Guerre qui chagrinent nos cœurs. D’autre part, sur le plan qualitatif, une guerre et une pandémie diffèrent radicalement : la guerre est marquée par la haine, la destruction parfois même par les génocides. Rien de tel pour cette pandémie et les autres (dont la Peste Noire, la grippe espagnole pour ne citer que quelques exemples) qui ne sont que le pur produit de la nature.

Toutefois, que ce soit pour gérer une crise sanitaire ou une guerre, un acteur demeure : l’Etat. En septembre 1914 , la bataille de la Marne a lieu : l’offensive allemande met l’armée française en déroute et l’oblige à reculer. Le fonctionnement de l’armée française se révèle obsolète. Cependant, le haut commandement français réagit rapidement : les tactiques changent et 40 % des commandants de grandes unités sont limogés dans les semaines qui suivent. Grâce à cette modernisation, l’armée française parvient à repousser l’ennemi. Qu’a fait l’Etat face à la crise sanitaire actuelle ? Il s’est rendu compte que pour répondre efficacement, il fallait s’affranchir du carcan bureaucratique dans lequel il s’est enfermé seul. Fini le principe de précaution, les tests sont autorisés tout comme les soins et ce sans passer par des protocoles obligatoires. Besoin d’un hôpital de campagne construit en quelques jours ? Finies les dizaines d’autorisations, de tracasseries administratives, de possibilités de recours des riverains, que demanderait en temps normal l’établissement d’un tel projet. Décidément, il faut soit une guerre soit une crise pour que l’Etat revoit son fonctionnement et agisse en vue du Bien Commun.

Et encore, que ce soit en 1914 ou en 2020, l’Etat a demandé de tels sacrifices au nom du Bien Commun que le Français moyen en vient presque à douter de sa bienveillance. Rappelons qu’en août 1914, 3,8 millions d’hommes âgés de 20 à 28 ans rejoignent les 800 000 soldats déjà en service actif. Ces conscrits ont mis leur vie civile entre parenthèses pour une période qu’ils croyaient courte : ils espéraient être de retour dans leur foyer à Noël. A la fin du premier mois du conflit, des dizaines de milliers de jeunes Français ont déjà trouvé la mort. A l’arrière, la colère monte. Certes, si la mobilisation a eu le mérite de grossir les rangs de l’armée, elle a privé les champs et les usines d’une main d’œuvre précieuse. Sous la pression des familles, quelques rares permissions sont accordées. Dès juin 1915, le général Joffre annonce la création des permissions qui sont assimilées à une gratification. Les soldats peuvent partir 8 jours mais les officiers réduisent ces permissions à 4 jours. Une inégalité de traitement subsiste entre les officiers et les soldats subordonnés. C’est pourquoi une « Charte des permissionnaires » entre en vigueur le 1er octobre 1916 : désormais, les permissions ne sont plus une récompense, mais bien un repos nécessaire. Nous nous retrouvons presque dans le même état d’esprit que les Poilus : le président Macron a annoncé un premier confinement en mars qui devait durer 15 jours mais qu’il a prolongé par la suite. Puis il annoncé le déconfinement en juin. Les Français pensaient que le confinement avait suffi pour freiner l’épidémie. Quelle ne fut leur surprise lorsque le 28 octobre, le président Macron annonce un deuxième confinement. Au même titre qu’à l’usure, les Poilus attendaient leur permission avec plus d’enthousiasme que la fin de la guerre, les Français attendent la fin du confinement plus que la fin de la pandémie. L’attitude du gouvernement actuel ressemble étrangement à l’attitude de l’état-major en 14-18 : passer les fêtes de fin d’année avec sa famille relève plus d’une récompense consentie que d’un droit. « Enfin, il nous faut protéger notre économie » telles ont été les paroles du président qui ne croit pas à « l’opposition entre santé et économie que certains voudraient instaurer ». Et pourtant, les petits commerces, les restaurants ou les bars qui ont agonisé lors du premier confinement et du couvre-feu doivent à présent faire face à un deuxième confinement. Le gouvernement distingue bien les commerces non essentiels des commerces essentiels. Alors que dans cette « guerre sanitaire », il y a des soldats dont on peut bien se passer, lors de la Grande Guerre, toute la société civile est mobilisée. Pour l’anecdote, à la fin de la Première Guerre mondiale, le maréchal Joffre rend ainsi hommage au « Général pinard qui a soutenu le moral des troupes ». Au rythme actuel des mesures prises qui conduit quantité d’établissements à mettre la clé sous la porte, le président Macron n’aura pas grand monde à remercier à la fin de la pandémie (et sûrement pas les patrons des débits de boissons).

Enfin, rappelons une partie presque oubliée de la Première Guerre mondiale : la trêve du Noël 1914. Le 25 novembre 1914, les « Tommies » (soldats anglais) et les « Herr Morjen » (soldats allemands) célèbrent Noël ensemble. Du côté des Français, les actes de fraternisation sont moins nombreux, mais existent, comme dans la Somme avec la 28e division d’infanterie, la 70e division d’infanterie dans l’Artois ou encore la 5e division d’infanterie dans la région de Reims. Même si ces actes de fraternisation ne se sont pas reproduits les années suivantes, les autorités militaires des deux camps se sont montrées tolérantes en 1914. Cette période a été abrégée par les autorités militaires qui craignaient que le pacifisme ne s’installe. Alors que nous approchons la période des fêtes de fin d’année et que le président Jupiter a déclaré que nous sommes en guerre, espérons qu’il se souviendra de cet épisode et qu’il accordera – ou du moins tolèrera – une trêve de Noël. Rien ne sert de « créer de nouvelles formes de solidarité » si l’on ne peut reproduire les anciennes.

Jean-Philippe Castorix

Liberté, liberté, liberté !

Liberté, liberté, liberté !

Nation aux 2000 ans d’Histoire, la France a fait de la liberté son fondement le plus précieux. Pays qui a connu le plus grand nombre de conflits, pays ayant remporté le plus de batailles (1115…). La France est le pays qui a connu de tout temps la guerre, la guerre pour sa liberté !

Pourtant, la France glorieuse, la France fière, la France éternelle connaît depuis 2019 les plus grandes pertes de libertés depuis la Seconde Guerre. Tous les médias nous répètent tous les jours les chiffres catastrophiques, la panique, le peu d’avenir nous confortant ainsi dans l’idée que les Français ne vivent pas une perte de leurs libertés fondamentales mais qu’ils font partie de quelque chose de « plus grand » pour le bien des intérêts supérieurs de la Nation.

En 2017 Macron promettait à son électorat que voter Le Pen c’était perdre ses libertés fondamentales. Et pourtant : couvre-feu, restriction de déplacements, confinement, différentes lois liberticides (je vous renvoie à mes articles précédents), contrôle d’élection, monopolisation des moyens de communication, Assemblée Nationale faisant bloc d’un seul sens sans se préoccuper de l’avis des Français, non utilisation du référendum, déblayage violent des manifestations de la France qui souffre… La liste est encore longue. Même au cœur d’une forte crise, le gouvernement préfère l’idéologie au pragmatisme. Enfermer les Français chez eux, mais conserver les frontières ouvertes pour coller à leur idéologie Maastrichtienne, qu’ils ne quitteront jamais, quitte à détruire l’économie française.
L’étude des éléments de langage employés par le gouvernement ne fait que renforcer cette idée. Le mot « France » a disparu de leurs bouches laissant place à un concept plus start-up et Maastrichtien : « République ». « La République souffre », « l’esprit républicain », « la force républicaine », « le combat de la République ». De 1914 à 1918, ce sont 1 400 000 personnes qui sont tombées au champ d’honneur pour défendre le drapeau, la Patrie, la France. Aujourd’hui ce souvenir a quasiment disparu, la France n’est rien, la République est tout. On assiste à la lente éducation psychologique faite aux Français pour les convaincre que la Grande Europe fédérale vaut bien mieux que la petite France réfractaire et réac ! Nous pourrions nous attacher ici à l’étude des pertes de liberté liées à Maastricht mais il faudrait un développement beaucoup plus long que ces quelques lignes.

L’immondice va plus loin encore. Alors que la crise est à son comble, le gouvernement en profite pour faire passer en toute discrétion des centaines de textes à l’Assemblée Nationale qui aurait certainement fait débat dans un moment de calme. L’idéologie avant le Bien Commun. Un faux remaniement pour expliquer aux Français qu’ils (une fois de plus) ne comprennent rien à la politique. Un ministre de la justice qui a un logiciel adapté à 1981 et qui ne voit pas l’insécurité grandissante en France. Début septembre il annonce même que « la France n’est pas un coupe-gorge » – faisant fi des 50 000 agressions annuelles au couteau – et c’est ici qu’intervient l’horreur.

16 octobre 2020.

La date qui restera marquante, comme toutes les autres, est celle de la mort d’une 267e victime de l’islamisme en France. La décapitation d’un professeur marque. Contrairement à ce que répète le gouvernement, c’est la France qui est attaquée et non la République. Les islamistes s’attaquent à la France, ses libertés, sa culture, son héritage. Ils veulent imposer la loi de la charia et sont prêts à tuer quiconque se mettra sur leur route. Comme une déflagration, cet événement laisse paraître une révolte. En effet, personne ne semble en sécurité en France, l’enseignement a peur (40% des enseignants se censurent par peur), la liberté de pensée et d’expression sont menacées.
En grande pompe, le gouvernement et les différents ministres enchaînent les plateaux, on assiste à un concours de celui qui sera le plus à droite. Cela en devient ridicule quand le ministre de l’intérieur ne comprend pas le principe du rayon halal. D’autant plus risible quand l’on comprend que c’est simplement de la communication. En effet, le Sénat vient de passer une série de lois dites de droite pour lutter contre l’islamisme, pourtant le gouvernement a déposé son avis : CONTRE. Il en est de même dans les textes travaillés avant l’attaque sur le « séparatisme ». Sous la pression des associations, qui sont les mêmes que celles visées actuellement par le gouvernement, le titre de la loi est changé. On ne parle plus de séparatisme mais d’atteinte à la laïcité. Le gouvernement veut combattre l’islamisme mais n’a aucun courage politique. Il est affligeant de voir qu’en France l’Etat est intransigeant concernant les impôts ou les amendes sur la petite grand-mère qui a malheureusement oublié son attestation, mais laisse ses citoyens se faire décapiter, agresser, tuer…
Cet attentat nous rappelle aussi que la liberté d’expression en France n’est pas une certitude. Ironie du sort, au même moment Canal + et certains départements dénoncent Zemmour sur Cnews… De la même façon France Culture illustre un sujet sur le droit au blasphème avec une photo de catholiques et la gauche nous rappelle que le danger n’est pas l’islamisme mais l’extrême droite.

Chacun se fera son propre avis sur la situation. Mais il est une notion fondamentale à défendre : la liberté ! Je ne citerai pas ici le poème connu de Paul Eluard dont vous avez connaissance mais je reprendrai les paroles de notre hymne national.

Allons enfants de la Patrie
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie
L’étendard sanglant est levé
Entendez-vous dans nos campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras.
Égorger vos fils, vos compagnes !

Aux armes citoyens
Formez vos bataillons
Marchons, marchons
Qu’un sang impur
Abreuve nos sillons

Amour sacré de la Patrie
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie
Combats avec tes défenseurs !
Sous nos drapeaux, que la victoire
Accoure à tes mâles accents
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !

Chant qui rappelle aux Français de combattre ceux qui « viennent […] égorger vos fils, vos compagnes » et rappelle qu’à l’amour sacré de la Patrie s’ajoute la « liberté chérie ». La France s’est toujours battue pour la liberté, pour que flotte le drapeau et que ses enfants vivent dans un pays libre. Il est de notre devoir de conserver nos libertés pour lesquelles 2000 ans d’histoire ont fait tomber tant d’hommes et de femmes. Notre devoir parce que nous ne sommes qu’un maillon dans l’histoire de la Nation et que nous devons transmettre aux futures générations cette culture française et la défense de nos valeurs !

Vive la liberté !
Vive la France !

ABD

Présidentielles 2022 : faites vos jeux !

Présidentielles 2022 : faites vos jeux !

« Et rien ne va plus ! » La sentence, traditionnellement prononcée par les croupiers de casinos, n’aurait pu mieux qualifier ce numéro si spécial. Se mettre dans la peau d’un pronostiqueur puis dans celle d’un bookmaker, c’est le choix que nous avons fait au pôle Press d’RDVC. En prévision des élections présidentielles de 2022, si lointaines à l’échelle humaine et pourtant si proches à l’échelle politique, la rédaction d’RDVC s’est prêtée au jeu des paris. Pour vous faire jaser peut-être, vous faire débattre sûrement mais pour vous faire réagir surtout, la plupart de nos chroniqueurs ont décidé de vous faire partager leur avis. Nous rappellerons avant toutes manifestations déplaisantes et/ou critiques acerbes déplacées, qu’il ne s’agit là que d’un concours d’idées, destiné à alimenter les discussions et nourrir le dialogue. En aucun cas un avis n’aura force de loi et n’est résolument le reflet de l’exacte personnalité du chroniqueur qui aura émis l’avis en question. Cet avis, en effet, ne peut être motivé, par exemple, que par le souci du contexte politique actuel ou des circonstances qui selon le chroniqueur amèneront tel ou telle candidat.e à accéder à la magistrature suprême. Eux-mêmes l’expliqueront avec leurs propres mots. De même, il est important de vous préciser aussi que le succès ou l’échec que rencontrera ce numéro conditionneront la mise en place future ou l’abandon prématuré de formats similaires. Rappelons enfin qu’il est impossible de prêter une attention précise à tous les candidats et que par conséquent, n’ont été analysées que les grandes tendances du monde politique français à partir des différentes candidatures qui ont été déposées et recensées sur le site http://france-presidentielle.fr/candidats.php. Aussi, après ces quelques détails récapitulatifs d’usage, il est maintenant temps de vous dévoiler comment sera conduite cette édition si particulière. Se succéderont ainsi en bon ordre : un bref résumé du cadre politique général à l’approche de cette échéance critique, les prévisions de nos chroniqueurs et en guise de résumé, les cotes objectives de la rédaction. Décryptage.

Léger tour de table du panorama politique

Au centre, un Macron décidément bien seul

Candidats déclarés ou potentiels : Emmanuel Macron, Edouard Philippe, Jean Castex, François Bayrou

Depuis 2017, il faut le dire, les choses ont bien changé. Elu à une nette majorité face à Marine Le Pen au second tour, Emmanuel Macron entame une deuxième partie de mandat houleuse et piégeuse à de nombreux égards. Gilets jaunes, défi écologique, alerte terroriste ou encore crise épidémique du Covid-19, les débuts de l’ère Macron n’auront pas été de tout repos. Le président de l’« en même temps » s’est heurté de plein fouet à une foule d’aléas qui, avouons-le, n’ont ni soigné son image ni sauvé en juillet dernier son digne subordonné de Matignon. A la place, le constat de mi-mandat interpelle : gouffre social élargi, perspective de transition écologique floue, promesse d’un nouveau monde aux contours difficilement observables… Néanmoins, le chef de l’Etat peut se targuer, exemples parmi d’autres, d’avoir notamment relancé la croissance française et ramené les investisseurs sur le territoire ; ce que la lente remontée de sa côte de popularité récente semble suggérer (38% d’opinions positives au 20 septembre 2020). Emmanuel Macron continue effectivement de profiter d’un spectre politique en ruines qu’il a lui-même participé à éclater en formant une majorité centriste globalisante. Ni la droite ni la gauche ne paraissent avoir survécu au coup de théâtre de LREM et même certains sympathisants des extrêmes, seuls bords politiques susceptibles en apparence de tenir tête au parti du président, voient maintenant en lui un fédérateur – à comprendre ici comme le formateur d’un gouvernement d’« union nationale » – de telle sorte que la voie royale vers l’Elysée semble toute tracée pour l’ex-ministre de l’Economie. Le favori pour 2022 ?

Tout à droite, Marine Le Pen, seule contre tous

Candidats déclarés ou potentiels : Marine Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen, Louis Aliot, Nicolas Dupont-Aignan, Jordan Bardella, Florian Philippot, François Asselineau

« On prend les mêmes et on recommence », cette citation a elle-seule aurait suffi à traduire ce que la grande partie des observateurs politiques s’accordent à dire : pour 2022, un remake Macron face à Le Pen au second tour. Pourtant, Marine Le Pen a fort à faire pour prétendre à l’Elysée dans deux ans. Certes, de la même manière qu’Emmanuel Macron subit les dérives mondialistes dont il s’est fait le chantre à force de soutien à l’ubérisation dérégulée, Marine Le Pen gagne des adeptes de l’altermondialisme et de la relocalisation. L’affaire semble entendue entre deux visions de la société totalement opposées dont on connaîtra l’issue au soir du 23 avril. Pour la digne représentante de l’extrême-droite française, la question n’est donc pas celle de savoir si le Rassemblement National l’emportera/passera au second tour mais plutôt de savoir qui, au sein du Rassemblement National, représentera le parti pour la douzième élection présidentielle de la Cinquième République. Car Marine Le Pen, il faut l’admettre, ne fédère plus autant l’extrême-droite que par le passé. La faute à des échecs répétés ? A un débat d’entre-deux-tours raté en 2017 ? La cause n’est pas évidente à discerner mais désormais, c’est sûr, d’autres figures semblent aussi bien capables de reprendre le flambeau du RN que l’ex-avocate. Parmi les candidats, sa propre nièce, après une courte sortie du milieu politique, s’impose naturellement. Enfin, d’autres spectres du passé peuvent également faire leur retour sur le devant de la scène, comme Florian Philippot, parti fonder son propre mouvement (NDLR : Les Patriotes), Nicolas Dupont-Aignan, sempiternel relais entre droite et extrême-droite ou même le nouveau maire de Perpignan et ex-époux de Marine Le Pen : Louis Aliot. L’alternative ?    

Tout à gauche, rien de nouveau

Candidats déclarés ou potentiels : Jean-Luc Mélenchon, Adrien Quatennens, François Ruffin, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, Fabien Roussel

L’adaptation de la célèbre formule d’Erich Maria Remarque ne pouvait mieux coller à la situation de l’extrême-gauche en cette fin 2020. Pourquoi ? Probablement parce que le même leadership qui n’est pas figé à l’extrême-droite, l’est totalement à l’extrême-gauche. En s’excusant de résumer celle-ci au seul parti des Insoumis, qui ne nous leurrons pas, rassemble la quasi-intégralité du panorama politique de gauche, le candidat pour 2022 paraît déjà connu de tous. Alors que les autres forces politiques, à un moment de l’histoire où le dégagisme est en vogue, n’ont de cesse de faire confiance à des personnalités de plus en plus jeunes, de moins en moins expérimentées, mais de plus en plus nouvelles sur la scène politique, l’extrême-gauche semble tenir son porte-drapeau indéboulonnable en la personne de Jean-Luc Mélenchon. Si d’autres individus tels que son poulain Adrien Quatennens ou la révélation François Ruffin, ne désespèrent pas de porter un jour la voix de la gauche, le natif de Tanger est toujours aussi actif au sein de son parti et prêt à enchaîner une troisième tentative d’élection. Et pourquoi s’en priverait-il lorsque ses pourcentages de vote ont doublé en l’espace de cinq ans et que l’extrême-gauche a incarné, au plus fort du mandat, la principale source d’opposition ? L’actuel député de la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône a d’ailleurs dévoilé ses intentions pour l’échéance à venir et nul doute que la proposition de Sixième République qu’il a formulé en 2017 trotte encore dans l’esprit d’une bonne partie de l’opinion publique. Jamais deux sans trois ?

A gauche, reconstruire sur les cendres de 2017

Candidats déclarés ou potentiels : Olivier Faure, Stéphane Le Foll, Benoit Hamon, Bernard Cazeneuve, Arnaud Montebourg, Anne Hidalgo

Dur de ne pas se voiler la face mais comment ne pas admettre que la gauche traditionnelle est aujourd’hui moribonde ? Emmanuel Macron a dépoussiéré l’ancien système binaire et a causé, au passage, la dépréciation d’une frange du panorama politique qui juste avant lui venait de remporter sa plus belle victoire depuis François Mitterrand. François Hollande a tendu une perche que ce même Macron a saisi à pleines dents, lui qui avait grandi parmi la gauche avant de la frapper mortellement dans le dos au son d’un « vous allez nous faire gagner » qui résonne encore cruellement dans les têtes gauchistes. Que reste-il du monde socialiste ? Voilà la question qui agite la gauche, où plutôt ce qu’il en reste lorsque l’on voit le nombre d’adhérents du PS aujourd’hui et la faible médiatisation de ce parti. Olivier Faure ? Le secrétaire du PS paraît mal engagé dans la course à l’Elysée quand Jean-Luc Mélenchon rogne sur sa gauche et Macron sur sa droite. Anne Hidalgo ? La maire de Paris, sort d’un mandat réussi à la tête de la capitale, il est vrai, qui lui permet de se détacher et d’entrevoir une potentielle candidature couronnée de succès (37% de « potentiel électoral » selon l’institut Ipsos) mais le désire-t-elle seulement ? Rien n’est moins sûr. Ce qui est sûr en revanche, c’est que le PS n’est ni entré par la grande porte à l’Assemblée Nationale, ni au Sénat ; alors qu’espérer pour 2022 ? Envisager un remaniement total pour faire bonne figure ? Peut-être est-il déjà trop tard. Toutefois, certaines personnalités ont la vie dure et pourrait insuffler l’énergie manquante à une gauche essoufflée. Bernard Cazeneuve, Benoit Hamon ou encore Arnaud Montebourg, trois noms attachés à des expressions distinctes de la gauche, pourraient ainsi avoir leur rôle à jouer. Une revanche à prendre ?

A droite, vers un nouveau modèle ?

Candidats déclarés ou potentiels : Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, François Baroin, Bruno Retailleau, Rachida Dati, Laurent Wauquiez, Jean-Christophe Lagarde, Christian Estrosi

Soyons juste, la droite a pris la même claque que la gauche et le titre donné plus haut aurait aussi bien pu correspondre ici. Peut-être plus encore ? Personne ne peut le dire mais la droite a finalement perdu plus encore que n’a perdu la gauche. Pourquoi ? Parce que Macron a doucement pris contrôle d’une bonne partie des idées qui faisaient l’essence de la droite française. Qui a parlé de président de droite ? Pour prouver cette affirmation, outre la politique elle-même, il suffit de se concentrer sur les figures du centre-droit qui ont rapidement changer leur fusil d’épaule pour rejoindre les rangs de LREM dont les pensées politiques étaient convergentes avec les leurs. Peut-être par ambition politique aussi … En tous cas, une seule option s’est manifestée pour la droite, opérer un virage ultra-conservateur avec une droite dure. Cette droite dure, Laurent Wauquiez a paru l’incarner lorsqu’il a été adoubé par les militants LR. Puis ? Plus rien, des obstacles, des avaries, des fiascos électoraux et une destitution pour la forme. François Fillon, pour battre un Macron opportuniste, avait justement misé sur un programme de campagne très conservateur qui semblait fonctionner avant les graves révélations qui ont entraîné sa chute. Une droite vidée de sa substance ? C’est ce qui se profile, surtout lorsque l’on remarque, progressivement, que la déliquescence de LR contraste outrageusement avec la création de partis plus petits comme Libres, fondé par Valérie Pécresse ou Agir dont la vocation était précisément de fédérer des militants LR qui ne se reconnaissaient pas dans la politique de Laurent Wauquiez. La droite attend son messie mais ce messie viendra-t-il ? Xavier Bertrand le nordiste, François Baroin le troyen ou encore Bruno Retailleau le vendéen, complètent enfin ce tableau. L’heure du retour en grâce ?

Les Verts, nouvelle tête de gondole ?

Candidats déclarés ou potentiels : Yannick Jadot, Eric Piolle

Certains auront grincé des dents au moment de voir que la partie consacrée à la gauche ne comprenait aucun point sur EELV alors même que l’historique politique récent plaide en leur faveur. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous avons décidé de consacrer une partie exclusive aux Verts. Les récents résultats politiques sont effectivement assez clairs quant à la progression prodigieuse du parti écologiste qui est devenu en l’espace de quelques mois : le parti politique n°1 en France. Partout les Verts ont forcé la tenue d’une bataille rangée inhabituelle entre les principales forces politiques du pays afin de proposer un véritable changement. D’ailleurs, alors que traditionnellement c’était aux Verts de s’allier au PS, c’est au phénomène inverse que nous avons assisté lors de ces derniers temps forts politiques. Les perspectives du réchauffement climatique et la croissance des catastrophes écologiques ont recentré les Français sur l’impératif écologique et propulsé les Verts dans la plupart des mairies de France. Après la vague consommatrice, la vague écologique ? D’effet de mode, la famille écologique s’est muée en effet de société et les Verts peuvent s’appuyer sur un électorat jeune particulièrement dense. La seule problématique aujourd’hui, hormis l’éventuelle désillusion que pourraient connaître les acteurs écologiques de premier plan en vue des élections présidentielles, c’est celle du candidat. Aucune réelle personnalité écologiste ne s’est proprement dégagée pour agréger autour d’elle. Un duel Yannick Jadot et Eric Piolle est à prévoir. Mais sur quoi débouchera-t-il ? Les Verts en 2022 : espérance ou énième (dés)illusion ? 

Qui d’autre ?

Candidats déclarés ou potentiels : Jacques Cheminade, Jean Lassalle, Eric Zemmour, Joachim Son Forget, Didier Raoult …

Evidemment, ce rapide tour d’horizon politique nous fait passer à côté d’une multitude d’autres acteurs potentiels sans étiquettes ou dont les familles politiques n’ont pas été mentionnées plus tôt. Le premier de ces acteurs, c’est l’outsider que l’on qualifiera d’improbable. Un outsider tel que l’a été Emmanuel Macron en 2017 et dont lui-même se méfie. Jean-Marie Bigard, Cyril Hanouna, Didier Raoult, les noms d’humoristes et de scientifiques ont fusé ces derniers temps, parfois avant de renoncer totalement, dans la mesure où chacun espérait par sa candidature proposer un choix différent aux Français dans le sillage du dégagisme des années 2010. Du reste, difficile d’omettre certaines personnalités que l’ambition pourrait amener à voir postuler tels que l’éternel Jacques Cheminade ou le député Joachim Son Forget. Enfin, certains chroniqueurs politiques connus du grand public envisagent aussi de déposer leur candidature au détour d’un tour de force inattendu comme le très polémique Eric Zemmour. La surprise de ces élections ?

L’avis de nos trois chroniqueurs

Ambroise BONNASSIEUX-DUCKERT – Bruno RETAILLEAU – : « Parce que la gauche ne fera que 20 à 30% cumulé tous partis confondus »

Raphaël DELAGNES – Edouard PHILIPPE – : « Le facteur X »

Marie-Esther DURON – Yannick JADOT – : « Les Verts, cette fois c’est la bonne ! »

Les cotes de la rédaction

Afin d’éviter des pavés et donner une grille de lecture assez généraliste, la rédaction a décidé de ne s’attarder que sur les candidats dépassant les 1% d’intention de votes dans au moins deux instituts de sondage publiés en 2020 parmi les trois suivants : Harris Interactive, Elabe et Efop-Fiducial. Il vous suffira ensuite d’extrapoler pour connaître les cotes des autres candidats pour lesquels la rédaction n’aura pas pu exprimer d’avis. Sachez enfin que la méthode de cotation utilisé par la rédaction est la même pour tous les candidats sous-mentionnés, qu’elle demeurera au secret de ses seuls utilisateurs et que ces candidats ont été rangé par ordre croissant de cote.

Emmanuel MACRON – 3,5

Mettons-les choses au clair. A moins d’un concours de circonstances incroyable, Emmanuel Macron effectuera un deuxième mandat de Président de la République. Certes l’écart qui le séparait de Marine Le Pen en 2017 s’est nettement réduit mais l’actuel locataire de l’Elysée tient toujours la corde et les premiers sondages ne s’y trompent pas, eux qui l’annoncent en tête au second tour avec 55% des votes. Sans vague, il deviendrait ainsi le premier Président de la République française réélu depuis François Mitterrand en 1988.

Marine LE PEN – 3,8

Au demeurant, Marine Le Pen sort de plusieurs élections présidentielles perdues qui ont entaché son image. La principale interrogation sera donc de savoir si l’extrême-droite compte encore lui faire confiance pour 2022. Dans tous les cas, elle reste la première source d’opposition en France et les sondages lui promettent un nouveau second tour pour 2022. La chance aurait-elle enfin tournée ?

François BAROIN – 8,2

François Baroin, homme de l’ombre et Président des maires de France. Deux facettes d’une personnalité que l’on n’aurait pu mieux introduire, tellement il navigue dans le clair-obscur. Et c’est pourtant là la question que se pose tout l’électorat de droite au moment où, questionné sur son intention de concourir pour la présidentielle, le troyen s’est contenté de botter en touche. Beaucoup lui prédisent un destin présidentiable mais l’homme lui-même n’a jamais plaidé pour prendre les rênes du pays à l’heure où la droite cherche désespérément son candidat et que les sondages le donnent avec les meilleures intentions de votes au premier tour parmi les candidats de la droite.

Jean-Luc MELENCHON – 8,25

Le président de la France Insoumise plie mais ne se rend pas. Le charisme et l’expérience du vétéran de l’extrême-gauche autant que la place considérable qu’il a pris sur l’échiquier politique aux dépens de la gauche socialiste sont des arguments de poids qui pourraient enfin lui permettre d’accéder à une place qu’il a manqué à deux reprises par le passé. Seront-ils suffisants ?

Xavier BERTRAND – 8,3

Il s’est déclaré candidat de la droite alors même qu’il avait rejeté l’étiquette LR en 2017 lors de l’investiture de Laurent Wauquiez. Xavier Bertrand connaît les hautes sphères du pouvoir mais saura-t-il manier l’électorat de droite pour l’exhorter à soutenir sa candidature ? Une tâche décidément bien complexe lorsqu’on sait qu’il a lui-même quitté sa famille politique au moment où la droite choisissait une orientation plus conservatrice.

Yannick JADOT – 11,6

S’il a été marginalisé en 2017, il paraît compliqué de ne pas prêter une attention particulière au potentiel représentant des Verts aujourd’hui tant l’agitation écologique est devenu un impératif pour le public français. La progression des Verts est nette à tous les niveaux et Yannick Jadot constitue de plus en plus le facteur X de ses prochaines élections présidentielles. A voir s’il est maintenant capable de rassembler pour 2022 et capable d’incarner un programme dans lequel se retrouve l’ensemble des partisans du monde écologique.

Nicolas DUPONT-AIGNAN – 18,9

Au lendemain des élections législatives de 2017, Nicolas Dupont-Aignan a annoncé ne vouloir faire alliance qu’« avec une partie du FN, sans les défauts et les excès du FN ». Voilà sans doute, la perpétuelle épée de Damoclès qui trône au-dessus de la tête du leader de Debout la France : une position précaire, à mi-distance entre LR et RN qui le contraint à des alliances voilées sans grand lendemain.

Olivier FAURE – 36,4

La cote d’Olivier Faure ne semble pas usurpée. Effectivement, l’actuel secrétaire du Parti Socialiste manque de visibilité auprès des Français et travaille plus à la refondation de son parti qu’à ses propres volontés électoralistes. Toutefois, cette refondation a justement pour objectif de réaffirmer une « identité socialiste » devenue trop désuète et conduire un rassemblement pour l’investiture d’un candidat à la présidentielle. Sera-t-il ce candidat providentiel ? Rien ne nous permet de le dire mais pour l’instant, l’élu de Seine-et Marne semble plus enclin à replonger à la tête de son propre parti qu’à se lancer à la conquête de l’Elysée.

Philippe POUTOU – 52,6

La progression se poursuit pour Philippe Poutou mais jusqu’où ira-t-il ? Crédité d’un peu plus d’1% de votes lors des présidentielles de 2017, l’ouvrier de Ford a explosé les prévisions lors des municipales en juin dernier lorsqu’il est arrivé en quatrième place à la mairie de Bordeaux avec 10% des votes. Les réflexions anticapitalistes et les critiques qu’il a soulevé auprès des autres candidats lors du premier tour des présidentielles de 2017 ont permis au nouveau conseiller municipal de se faire une place dans le débat public français. Néanmoins, ses perspectives d’évolution, surtout lorsque le NPA est noyé par LFI à l’extrême-gauche, semblent bouchées.

Nathalie ARTHAUD – 114,3

La trajectoire suivie par Nathalie Arthaud colle en grande partie à celle de son homologue réparateur mécanique. Solidaire comme lui des manifestations ouvrières conduites par les Gilets Jaunes en 2019 dans lesquelles elle voit une réponse à la mondialisation capitaliste exacerbée par le gouvernement Macron, elle continue son combat politique pour Lutte Ouvrière. Malheureusement, les échecs concédés au niveau local en 2020 ne semblent pas faire nourrir de grands espoirs pour 2022.

Nous regrettons d’avoir pu fournir une analyse plus détaillée que ne nous l’ont permis les statistiques référencés au 30 septembre 2020 mais espérons que cette édition vous aura fait réagir. Politiquement vôtre.

Raphaël DELAGNES

Sources annexes :

https://www.nouvelobs.com/politique/20200920.OBS33582/la-popularite-de-macron-remonte-legerement-a-38-d-opinions-positives-selon-un-sondage.html

https://www.ipsos.com/fr-fr/quelle-candidature-gauche-pour-lelection-presidentielle-de-2022

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/isere/grenoble/presidentielle-2022-ecologistes-duel-annonce-entre-eric-piolle-yannick-jadot-1878704.html

https://www.rtl.fr/actu/politique/presidentielle-2022-edouard-philippe-un-allie-pour-emmanuel-macron-7800845129

https://www.leparisien.fr/politique/presidentielle-2022-jean-marie-bigard-annonce-le-retrait-de-sa-candidature-29-09-2020-8394024.php