Elections législatives anticipées : quels sont les enjeux ?

Elections législatives anticipées : quels sont les enjeux ?

-Par le Pôle Presse des RDVC

La décision a pris tout le monde de court : à la suite du mauvais score obtenu par la majorité présidentielle lors des élections européennes du dimanche 9 juin, le Président de la République Emmanuel Macron a choisi de dissoudre l’Assemblée Nationale et de convoquer de nouvelles élections législatives, qui se tiendront les dimanches 30 juin et 7 juillet. Du fait du délai historiquement court entre les deux élections (3 semaines) et au vu des résultats des différentes forces politiques aux européennes, il est aisé de comprendre que ces législatives anticipées font partie des élections les plus attendues, et avec le plus d’enjeux de ce siècle. Mais encore faut-il saisir ces enjeux, et observer leurs différences selon les forces politiques. Petit tour d’horizons :

Une opportunité sans précédent pour le Rassemblement National

Ils ont été les grands vainqueurs de cette élection européenne. Le parti de Marine Le Pen, avec Jordan Bardella en tête de liste, a obtenu 31,30 % des suffrages et 30 sièges au Parlement Européen. Ce score est une véritable victoire fleuve : ils ont obtenu plus du double des votants de la deuxième liste la plus plébiscitée – celle de la majorité présidentielle – avec respectivement environ 7,7 millions de votants et 3,6 millions de votants. Ces chiffres illustrent la réussite de la stratégie du RN sur ces élections européennes : la nationalisation des enjeux. C’est l’idée de mettre en avant des thématiques propres à la France au cours de ces élections, notamment dans le but d’attirer aux urnes un électorat pas vraiment concerné par les thématiques européennes. Le parti a également profité du fait que les européennes soient la première élection au suffrage universel direct depuis la ‘’double élection’’ de 2022 (les présidentielles et les législatives) pour inciter à un réel vote de défiance de ceux qui sont critiques du gouvernement en place. En restant dans cet axe double de thématiques nationales et de critique du gouvernement, c’est donc en toute logique que le 9 juin au soir Jordan Bardella, arrivé en tête, a appelé à la dissolution de l’Assemblée nationale. Sauf que, contre toute attente, le Président a répondu favorablement à sa demande.

Pour la première fois de son existence, le Rassemblement National a donc une réelle chance d’accéder au pouvoir, ou en tout cas au pouvoir sur les politiques internes (les compétences du Premier Ministre). Cette opportunité est renforcée par le peu de temps entre les européennes et les législatives. En effet, il n’y a qu’une vingtaine de jours seulement pour investir des candidats puis pour faire campagne. De ce fait, il y a une réelle chance que l’opinion change peu et donc que les résultats ne soient pas si différents de ceux obtenus début juin. En partant en ballotage favorable, le RN a récupéré le soutien de Marion Maréchal et de certains élus Reconquête (dont la majorité des eurodéputés) ainsi que celui d’Eric Ciotti, actuel président de Les Républicains (en cours de destitution par les membres du bureau politique de son parti) et de ses proches. Si une union des droites paraît aujourd’hui impossible, un rapprochement des droites radicales s’est en tout cas amorcé.

A l’heure ou ces lignes sont écrites, le principal adversaire du RN semble être le Nouveau Front Populaire (NFP – l’union des gauches) et le parti a réadapté sa stratégie en conséquence, en critiquant notamment au sein de l’alliance le parti de La France Insoumise, dont Jean-Luc Mélenchon est le porte-étendard. Les questions liées au RN sont ainsi nombreuses : vont-ils maintenir leur avantage sur le NFP ? En cas de victoire, réussiront-ils à obtenir la majorité absolue, soit 289 sièges ? Sinon, quel parti serait prêt à gouverner avec eux ? Et quid du climat social en France en cas de victoire du parti d’extrême-droite (classifié comme tel par le Conseil d’Etat) ?

Les Républicains, entre survie parlementaire et guerre civile

Les Républicains ont longtemps été le parti dominant dans la politique française, sous différentes appellations, comme l’UMP, le RPR ou l’UDR. Cependant, l’incarnation actuelle du parti perd continuellement de l’influence depuis l’élection présidentielle de 2017 (liée notamment à l’affaire Fillion). L’élection européenne de cette année n’a pas prouvé le contraire : avec seulement 7,25 % des voix, la liste LR n’arrive qu’à la cinquième place. Coincés entre une majorité présidentielle qui a attirée nombre des élus de droite modérée ces sept dernières années et un RN toujours plus important, et portant une image de parti historique, les Républicains ont aujourd’hui du mal à se faire entendre et donc à subsister.

Suite à l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale et de la tenue d’élections anticipées, le parti n’a même pas eu le temps de se mettre en ordre de bataille et de définir une ligne claire que celui-ci a été devancé par son propre président, Éric Ciotti. Ce dernier a unilatéralement proclamé une alliance de son parti avec le Rassemblement National sous la bannière de Jordan Bardella. Les autres membres du bureau politique du parti ayant tous dénoncé cette décision prise sans leur aval, ils ont décidé de l’exclure du parti, provoquant de ce fait une scission au sein des élus et des adhérents entre les partisans d’une alliance avec les RN et ceux qui souhaitent maintenir une ligne indépendante.

Les conséquences de ce conflit interne au sein des Républicains peuvent être dramatique pour le parti et ses sympathisants : en effet, du fait de l’exposition médiatique de la scission, qui ne s’est pas faite en douceur, LR a pu perdre sa crédibilité auprès de l’opinion et n’a a priori pas convaincu d’éventuels abstentionnistes. De ce fait, ils ne risquent pas de briser ce plafond de verre qui s’abaisse à chaque élection. De plus, les sécessionnistes (les partisans de Ciotti, avec celui-ci) présentent des candidats, avec le soutien du RN contre LR, ce qui risque de diviser un vivier de votes déjà pauvre. Seul avantage pour le parti de droite : son implantation locale, qui pourrait aider des élus bien connus et appréciés dans leurs circonscriptions à se faire (ré)élire. Ainsi, il est légitime de se demander : combien de sièges le parti va-t-il réussir à garder sur les 64 de la précédente législature ?

Une gauche (ré)unie et en embuscade

La gauche française a eu une histoire récente pour le moins intense. Au pouvoir entre 2012 et 2017 sous le quinquennat de François Hollande, le Parti Socialiste, alors l’un des deux grands partis politiques français (avec LR – ex-UMP) a connu depuis une véritable décente aux enfers, notamment lors des élections législatives de 2017 où le groupe socialiste à l’Assemblée est passé de 295 députés à seulement 31. La chute du PS a alors laissé un vide à gauche et d’autres partis ont pu en profiter pour prendre de l’influence, comme Europe Ecologie les Verts en 2019 lors des Européennes (avec un score de 13,5 %) ou encore La France Insoumise, parti fondé par Jean-Luc Mélenchon sur la gauche du PS, en 2022 lors des présidentielles (avec un score de presque de 22 % au premier tour). C’est d’ailleurs à la suite de cette élection que LFI a un temps pris la primauté sur les autres partis de gauche, notamment au sein de la NUPES – Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale -, union des partis de gauche pour les élections législatives de 2022 (notamment au niveau de la proportion des candidats investis). Si cette alliance a enduré la majorité de la législature, elle a été suspendue (du moins pour le PS) à la suite de divergences liées aux attaques du 7 Octobre en Israël et aux évènements qui ont suivi. Les partis de gauche ont donc présenté des listes individuelles aux élections européennes, obtenant des résultats variant de la bonne surprise (PS – Place Publique) au raisonnable (LFI) et à la déception (EELV).

Mais le facteur commun qui a fait réagir la gauche française n’est aucun de leurs propres résultats, mais celui du RN, qui, à la suite de l’annonce d’élections anticipées, a une réelle chance d’accéder à Matignon. De ce fait, des appels à l’union ont été lancés, notamment par François Ruffin, élu apparenté LFI, mais qui a cependant pris ses distances avec la direction du parti. Cette union a été concrétisée dans la semaine suivante, et le Nouveau Front Populaire est ainsi né. Comparée à son itération précédente, le NFP parait plus équilibré : au vu des résultats des élections européennes, le PS et l’aile socio-démocrate de la gauche a obtenu une centaine d’investitures de plus qu’en 2022, aux dépends de LFI, qui a ainsi fait des concessions. De plus, des figures importantes à gauche de tous bords comme Carole Delga, François Hollande ou Philippe Poutou soutiennent le NFP alors qu’ils étaient les plus éloignés de la NUPES ; du fait du score du RN, perçu par ces élus comme un danger.

A 10 jours du premier tour des élections législatives, le Nouveau Front Populaire paraît indéniablement être la deuxième force politique du pays, entre le RN et la majorité présidentielle. Malgré la prouesse qu’a été la formation de cette alliance, des nombreuses questions subsistent, pour l’élection et pour le front. Le NFP réussira-t-il à dépasser le RN pour obtenir une majorité (relative voire absolue) ? Et en cas de score décevant, le front, fait de valeurs communes mais d’opinions souvent contradictoires parviendrait-t-il à survivre ? Quel parti prendrait l’avantage ? Quelle personnalité pourrait être nommée Premier Ministre en cas de victoire ?

Une majorité présidentielle en plein doute

Le parti du Président de la République Emmanuel Macron est le parti au centre de la vie politique française de ces dernières années. Très populaire à ses débuts car représentant un vent de fraicheur dans une arène politique dominée par une alternance entre le PS et LR, le président et son parti ont rencontré par la suite une baisse notable de popularité, dus à un véritable ensemble de facteurs comme des réformes impopulaires à l’instar de la réforme des retraites, des scandales comme l’affaire A. Benalla ou encore des évènements externes qui ont déséquilibré le monde et notamment la conjecture économique du moment (crise du Covid-19 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie). Le président sortant à malgré cela remporté l’élection de 2022, mais son parti a perdu la majorité absolue à l’Assemblée, le bloc ‘’Ensemble’’ ne récoltant que 250 sièges, compliquant la tâche des gouvernements de ce second mandat, car les projets de lois devaient être votés par au moins une quarantaine de députés d’opposition pour être adoptés. Mais avec des mouvements sociaux comme celui des agriculteurs, ou encore le passage de la réforme des retraites à l’aide de l’article 49.3 de la Constitution, le parti présidentiel est arrivé en disgrâce sur les territoires lors de la campagne des européennes. De plus, Renaissance a adapté un ton très européen, certes en phase avec l’élection en cours, mais à l’opposé des principaux partis d’opposition comme le RN ou LFI.

Malgré une campagne mal engagée, un sursaut a longtemps été espéré par les cadres de la majorité. Il n’en a rien été. Seulement 14,60 % des votants se sont exprimés en faveur de Renaissance et de ses alliés, qui finissent juste devant la liste commune Parti Socialiste – Place Publique, menée par Raphaël Glucksmann. Devant ce score très décevant et avec une majorité relative sans alliés, car impopulaire, le Président (et le gouvernement) ne peut mener les réformes promises en 2022, lui donnant ainsi une image d’immobilisme, le rendant de ce fait encore plus impopulaire. Aujourd’hui, la majorité présidentielle n’est potentiellement que le troisième bloc en termes de popularité, derrière le RN et le NFP, et pourrait se retrouver dans l’opposition : la France pourrait vivre sa première cohabitation depuis Lionel Jospin sous le septennat de Jacques Chirac, entre 1997 et 2002.

Le pari du chef de l’Etat

Ainsi, comment expliquer cette décision de dissoudre l’Assemblée nationale ? Sans être dans les hautes sphères du pouvoir, on peut essayer d’appréhender une telle décision. Celle-ci semble être inscrite dans une stratégie à moyen terme. Le chef de l’Etat est sans aucun doute conscient de son impopularité et de celle de son parti à l’heure actuelle et il sait que regagner une majorité, même relative, relèverait du miracle – il essaye néanmoins en se présentant comme le vote raisonnable entre les extrêmes (le RN à droite et LFI dans le Nouveau Front Populaire à gauche).

Il parie entre autres sur la mauvaise conjecture actuelle (Ukraine, Moyen-Orient, incertitude liée aux élections américaines en fin d’année : tous ces facteurs créent une incertitude, notamment économique), qui pourrait restreindre la marge de manœuvre du futur gouvernement et ainsi le rendre rapidement impopulaire avec une rapide dissipation de l’effet de nouveauté pour rendre son parti de nouveau attractif pour les élections présidentielles de 2027. Il mise également sur d’autres facteurs, internes cette fois-ci.

Si le NFP venait à être majoritaire, la possibilité que l’union explose au cours des 3 ans est véritablement réelle selon les évènements (la NUPES peut être prise comme référence) et ainsi Renaissance pourrait se placer comme le parti à la fois ordonné (non-chaotique, à la différence de la gauche) mais « républicain » contre le RN.

Si le RN venait à être majoritaire, un réel clivage pourrait éventuellement être observé dans le pays (pour donner un exemple : après les européennes, l’extrême-droite est arrivée confortablement en tête mais de nombreuses manifestations contre cette même extrême-droite se sont tenues par la suite), qui pourrait créer une polarisation du climat social qui pourrait être défavorable au RN. Dans ce scénario, en 2027, Renaissance pourrait se présenter comme un parti rassembleur et moins clivant (à la différence du RN) mais plus libéral contre un candidat de gauche (unie ou non).

Cependant, dans les deux scénarios, le pari est audacieux mais pourrait tout à fait se retourner contre le Président et son parti, car il part du principe que du fait de nombreux critères, les changements apportés au pays seront forcément limités et donc impopulaires. Si le contraire venait à se produire, le bloc au gouvernement pourrait y rester en 2027 et le pari du chef de l’Etat pour son parti se transformerait alors en suicide assisté.

Dans tous les cas, cette élection législative très particulière représente pour la plupart des forces politique de notre pays un réel carrefour, entre union et scission, entre gloire et déchéance, entre gouvernement et opposition.

-Par le Pôle Presse des RDVC

 

Crise politique majeure en France

Crise politique majeure en France

-Par le Pôle Presse des RDVC

En 2024, la France est ébranlée par une crise politique profonde, catalysée par les résultats des élections européennes et la dissolution de l’Assemblée nationale par le président Emmanuel Macron. Cette situation a exacerbé les tensions sociales et politiques préexistantes, révélant un mécontentement généralisé envers les institutions et les dirigeants du pays.

La France a une longue histoire de bouleversements politiques, de la Révolution française de 1789 à Mai 1968. La Cinquième République, instaurée en 1958, a apporté une relative stabilité, mais les tensions sociales et politiques n’ont jamais totalement disparu. Les récentes crises économiques, sociales et politiques ont ravivé ces tensions, conduisant à une situation de crise majeure.

Aux origines de la crise politique

Les inégalités économiques croissantes et la précarité grandissante sont des facteurs clés de la crise actuelle. Selon de nombreux rapports de l’INSEE, la richesse est de plus en plus concentrée entre les mains d’une petite élite, tandis que la classe moyenne et les travailleurs précaires peinent à joindre les deux bouts. Cette situation a engendré un sentiment de frustration et de trahison parmi une grande partie de la population, exacerbé par un contexte inflationniste qui a mis en difficulté économique de nombreuses familles. Le Secours populaire indiquait, dans un rapport de 2023, : « Du fait de la baisse de leur pouvoir d’achat, plus d’un tiers des Européens se restreint régulièrement sur les quantités de nourriture qu’il consomme ». En France, par exemple, « 38 % des sondés ne font pas trois repas par jour, 39 % renoncent à acheter de la viande et 10 % font appel à des associations pour se nourrir ».

Ces inégalités grandissantes contrastent avec les scandales politiques, qui ont également joué un rôle majeur dans la crise actuelle. L’affaire Fillon en 2017, où François Fillon a été accusé d’emploi fictif, et les multiples affaires judiciaires impliquant Nicolas Sarkozy, comme l’affaire Bygmalion, ont gravement entamé la confiance du public dans les institutions et les dirigeants politiques.

Les acteurs clés de la crise

Le déclin de l’influence du macronisme a ouvert la voie à la montée du Rassemblement National (RN). Ce dernier cherche à redonner confiance à tous les délaissés du macronisme en exacerbant les divisions sociales entre les plus démunis (souvent les immigrés) et les autres. De plus, la macronie a décidé de légitimer les discours du Rassemblement National, en votant, par exemple, la ‘’préférence nationale’’ dans le texte de loi asile et immigration. Marine Le Pen avait qualifié cette évolution de « victoire idéologique ».

D’autres partis, comme Les Républicains, ont également contribué à cette dynamique. Leur président, Éric Ciotti, a décidé de s’allier avec Marine Le Pen pendant ces élections législatives.
Il n’est d’ailleurs pas rare d’entendre les Républicains, comme les macronistes, d’utiliser des termes de l’extrême droite, comme le wokisme, le grand remplacement, et l’islamo-gauchisme. Cela participe ainsi à la dédiabolisation du RN et renforce son image de marque.

Les manifestations de la crise

Les élections européennes de 2024 ont été marquées par une montée significative de l’extrême droite en France. Le RN a capitalisé sur le mécontentement général, se positionnant comme une alternative aux partis traditionnels. En effet, au niveau régional, le RN arrive en tête presque partout, avec des records dans les Hauts-de-France et en Corse, où la liste de Jordan Bardella a dépassé les 40 %. Même des régions historiquement marquées à gauche, comme la Bretagne, basculent.

Ces élections sont le reflet d’un désaveu massif pour les politiques traditionnelles. Le faible taux de participation et les votes de protestation montrent une désillusion profonde envers le système politique et la macronie, au pouvoir depuis déjà sept ans. E. Macron, qui déclarait le soir de sa victoire présidentielle « ce vote m’oblige », n’a fait que pousser la population dans les bras de l’extrême droite. Beaucoup souhaitent aujourd’hui un changement de politique. En effet, de nombreux électeurs du RN déclarent souvent, « on a tout essayé, rien n’a bougé », ou encore « pourquoi pas essayer » afin de justifier leur position et leur vote. Cela est finalement le résultat d’une punition des partis traditionnels qui n’ont pas su améliorer leurs conditions de vie des Françaises et des Français.

Impacts de la crise

La dissolution de l’Assemblée nationale avant les Jeux Olympiques de 2024 à Paris pourrait entraîner un changement de gouvernement ; ce qui pourrait créer une instabilité politique qui complique la mise en œuvre des politiques et des réformes nécessaires. La crise politique en France a suscité un regard méfiant de la part de la communauté internationale. La BBC du 9 juin 2024 titrait, « Europe’s night of election drama capped by Macron bombshell”. Du côté des investisseurs, il existe aussi une méfiance sur les prochaines élections. La Bourse de Paris a connu une baisse significative, reflétant les inquiétudes quant à la stabilité économique et politique du pays. La Tribune du 14 juin 2024, parlait « La Bourse de Paris a clôturé en forte baisse de 2,66% vendredi et chute de 6,23% sur la semaine. »

Perspectives

Plusieurs scénarios sont envisageables pour l’avenir de la France :

Victoire du Front Populaire : L’instauration de politiques de justice sociale pourrait apaiser les tensions et restaurer la confiance publique. A l’instar des nombreuses réformes qu’ils veulent mettre en place comme le rétablissement de ISF, le blocage des prix des biens de première nécessité, l’augmentation des salaires, création d’un pôle public du médicament, conditionner les aides aux entreprises au respect de critères environnementaux. Reste à savoir s’ils pourront réellement financer toutes leurs promesses sans faire fuir les investisseurs et moteurs de l’économie alors que la dette française dépasse déjà largement les 3 000 milliards d’euros.

Victoire de l’extrême droite : Entre politique en faveur du pouvoir d’achat et crise dans nos relations possibles avec l’international et notamment l’Union européenne, une victoire du RN aux élections législatives plonge la France dans l’inconnue bien que le parti soit pour le moment le favori des sondages.

Victoire du bloc central : Alors que le monde connaît des bousculements géopolitiques majeurs et que la France s’apprête à accueillir le monde à l’occasion des Jeux Olympiques, le maintient de la majorité présidentielle permettrait une forme de continuité jusqu’à la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron. Cependant, en cas de majorité relative, un tel scénario pourrait conduire à un pouvoir de plus en plus détaché des aspirations populaires à l’instar des nombreuses réformes passées à cout de 49.3.

La jeunesse française, comme en 2002, joue un rôle crucial dans les mouvements de protestation et les campagnes électorales. Les jeunes se mobilisent pour les questions de société et poussent pour la constitution d’un front uni de la gauche, espérant ainsi un changement significatif. Cela s’est vue dans la nuit de lundi 10 et Mardi 11, quand les parties de gauche se sont rassemblé, la jeunesse qui scandé « Front Unie, nous sommes là ».

La Jeunesse sera levier pour les prochaines élections alors même que « 3 jeunes sur 10 ont voté (soit 34 % des 18-25 ans) » selon France 3. Mais cette jeunesse, symbole de la population, est caractérisé par les deux extrêmes. Selon une étude de Science Po, « D’un côté, La France Insoumise capte 19 % des intentions de vote chez les 18-24 ans et 17 % des intentions de vote des 25-34 ans. C’est nettement plus que dans l’ensemble de l’électorat où LFI et la liste de Manon Aubry n’ont obtenu que 9 %. A l’autre bout du spectre, leurs intentions de vote s’alignent sur la population générale. Un tiers des Français (33 %) envisagent de voter pour la liste du Rassemblement national. Ils sont 30 % parmi les 18-24 ans et à 28 % parmi les 25-34 ans. ». Cette intention de vote chez la jeunesse est le résultat, d’une part d’une communication très millimétrée avec les réseaux sociaux et en particulier sur Ticktok qui montre un jeune, Jordan Bardella, parler à la jeunesse. Et d’autre part, d’un reciblage de la population. L’enquête disait : « La popularité de Jordan Bardella déborde les frontières de la jeunesse la plus démunie, la moins diplômée, la moins dotée économiquement, culturellement et socialement pour toucher d’autres segments : les étudiants, les jeunes de classes moyennes. Ce n’était le cas auparavant. ». La jeunesse sera le véritable tournant de ces élections et devra selon les sondages trancher entre le bloc de gauche et le bloc de droite. Deux politiques très différentes qui dans tous les cas marqueront des changements impactants pour les années avenirs.

En conclusion, la crise politique majeure en France appelle à une refonte profonde des institutions et des pratiques politiques. Il est crucial d’engager un dialogue sincère avec les citoyens et d’adopter des politiques qui répondent réellement à leurs besoins. La participation active de la jeunesse et des mouvements sociaux est essentielle pour construire une société plus juste et démocratique. Le rétablissement de la confiance publique passera par des réformes transparentes, inclusives et efficaces, visant à réduire les inégalités et à renforcer la représentativité politique.

– Par le Pôle Presse des RDVC

Toutes les conséquences de la dissolution de l’Assemblée nationale par le Président de la République

Toutes les conséquences de la dissolution de l’Assemblée nationale par le Président de la République

Le 9 juin 2024, a eu lieu les élections européennes permettant d’élire les eurodéputés. La majorité présidentielle de son côté a connu un revers majeurs inédit depuis 2017 et alors qu’E. Macron affirmait depuis le début sa détermination à faire « barrage à l’extrême droite », la liste du Rassemblement National, conduite par Jordan Bardella est arrivée largement en tête des suffrages exprimés avec environ 31% des voix contre 14,6% pour le bloc centriste. En début de soirée, après de nombreuses consultations, E. Macron a ainsi annoncé qu’il prendrait la parole à la télévision pour s’exprimer sur ces élections. Durant cette allocution, il a notamment affirmé ne pas pouvoir « faire comme si de rien n’était ». Mais ce qui a le plus marqué les Français et la classe politique, c’est cette phrase : « Après avoir procédé aux consultations prévues à l’article 12 de notre constitution, j’ai décidé de vous redonner le choix de notre avenir parlementaire par le vote. Je dissous donc ce soir l’Assemblée nationale ».

La dernière dissolution fut en avril 1997, il y a 25 ans…

Le 21 avril 1997, Jacques Chirac, alors Président de la République a activé de la même manière qu’E. Macron l’article 12 de la constitution pour dissoudre l’Assemblée nationale. A cette époque, Jaques Chirac, élu depuis 1995 dispose pourtant d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale mais Allain Juppé, Premier ministre de 1995 à 1997 voit sa popularité chutée brusquement en raison de son projet de réformer les retraites et sa lutte contre le chômage qui ne produit aucun résultat concluant. Pour continuer ses réformes et prendre un nouveau tournant dans son mandat, Jacques Chirac prend ainsi la décision de dissoudre l’Assemblée nationale. Pourtant, les élections législatives anticipées de 1997 sont un échec pour le Président de la République et sa majorité présidentielle alors de droite. La gauche obtient la majorité absolue. Jaques Chirac qui ne voulait pas changer de Premier ministre se voit forcer de nommer Lionel Jospin (PS), ce qui fait naître une longue cohabitation.

La dissolution, une arme démocratique et constitutionnelle pour le Président de la République

La constitution de la Ve République voulue par le Général de Gaulle et qui doit permettre d’instaurer un régime politique stable et une République unitaire semi-présidentielle est taillée pour accorder un maximum de pouvoir au Président de la République, parfois au détriment des parlementaires. Ce n’est pas pour rien que depuis la révision constitutionnelle du 6 novembre 1962, le Président de la République est élu au suffrage universel direct. Car outre son droit de dissoudre l’Assemblée nationale, le chef de l’État est également chef des armées, le maître de la dissuasion nucléaire, peut déclarer la guerre sans l’accord de principe du Parlement ou encore nommer le Premier ministre en cas de majorité.

Dimanche 9 juin 2024, Emmanuel Macron a annoncé déclencher par décret l’article 12 de la constitution après les consultations imposées du Président du Sénat, Gérard Larcher, de celle qui était depuis 2022 Présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet et du Premier ministre, Gabriel Attal. Mais consultation ne signifie pas pour autant devoir bénéficier de leur accord. Par ailleurs, selon l’entourage du chef de l’État, Gabriel Attal se serait opposé à cette décision et aurait tenté de convaincre Emmanuel Macron de trouver une alternative à la dissolution.

Quelles conséquences directes de la dissolution faite par Emmanuel Macron ?

Cette dissolution de l’Assemblée nationale créée une très forte incertitude quant à la situation politique du pays pour les mois avenirs. Qui gouvernera la France en juillet prochain alors que le bloc centriste ne serait selon des récents sondages qu’en troisième position après le Rassemblement National et le bloc de gauche qui vient de former le Front Populaire. Le RN a été aux élections européennes majoritaire dans une écrasante majorité de circonscriptions. Mais, il faut nuancer ces affirmations. Contrairement aux élections européennes à un seul tour, les élections législatives comprennent deux tours… et par expérience des scrutins, nous savons que le RN a des difficultés pour être élu au second tour comme cela a été le cas en 2017 et en 2022. Reste à noter que le RN a très largement progressé dans les sondages et est désormais en mesure de disposer d’une majorité relative voire absolue à l’Assemblée nationale. Pour autant, l’incertitude règne avec un Front Populaire à gauche qui souhaiterait également de son côté placer un Premier ministre à Matignon. Seuls les résultats du 7 juillet pourraient nous donner plus de visibilité sur l’avenir politique du pays.

Effectivement, si le RN obtient la majorité absolue, le Président de la République devrait en principe nommer un Premier ministre issu du bloc d’extrême droite et ce dernier pourrait se soumettre à un vote de confiance pour être approuvé par l’Assemblée nationale. Si le Front Populaire remporte les législatives, un scénario similaire se mettrait en œuvre. Nous rentrerions donc dans une phase de cohabitation où le Président de la République et le majorité gouvernementale et parlementaire ne sont pas de la même couleur politique. Le gouvernement mènerait alors sa propre politique et le Président de la République mènerait essentiellement la politique étrangère et militaire de la France.

Mais pourquoi Emmanuel Macron a dissous l’Assemblée nationale alors qu’il sait pourtant très bien qu’il risque de perdre sa propre majorité à l’Assemblée ?

Selon des sources proches de l’Élysée et de la majorité présidentielle, Emmanuel Macron préparerait déjà la suite… et il préfèrerait faire passer l’extrême droit au gouvernement dès maintenant plutôt que de donner les clés de l’Élysée à Marine Le Pen en 2027. Il souhaiterait démontrer que le RN n’est pas en mesure de gouverner la France et que sa politique, notamment étrangère et économique serait chaotique pour le pays. Selon le média Blast, Emmanuel Macron pourrait préparer le terrain en vue d’un troisième mandat en démissionnant avant que celui-ci prenne fin bien que le chef de l’État dément pour l’heure cette affirmation comme il l’a fait pour la dissolution qui a finalement bien eu lieu. Gérard Larcher, Président du Sénat deviendrait alors Président de la République par intérim et Emmanuel Macron négocierait avec le Conseil Constitutionnel pour que celui-ci lui accorde le droit de se représenter au motif que la France courrait le risque d’un très grand danger si l’extrême droite resterait au pouvoir en 2027. Bien évidemment, ce paragraphe ne synthétise que les thèses de journalistes et de politiciens et ne reste qu’hypothétiques.

Outre cet aspect, des conséquences flagrantes pourraient avoir lieu selon les résultats du 7 juillet 2024 sur la législation française ou encore la place et l’influence de la France au sein de l’Union européenne. Quant-à-elles, les agences de notation menacent de baisser la note de la France en raison d’un risque réel de situation politique instable pour les prochains mois.

Sur le cours terme, des élections législatives en plein Jeux Olympiques peut poser des questions d’organisation alors qu’il y a encore des problèmes logistiques, organisationnels et sécuritaires à gérer jusqu’au dernier moment. Est-il acceptable de changer de ministre de l’Intérieur ou de ministre des Sports alors que les JO de Paris 2024 ont lieu ? La question pourrait se poser dans les couloirs du pouvoir. Autrement, ce sont aussi des textes législatifs qui sont mis à l’arrêt ou encore des enquêtes parlementaires. Sont notamment mis en pause la réforme sur l’audiovisuel public, sur la fin de vie, plusieurs textes sur l’écologie et la biodiversité, la commission d’enquête sur l’Aide Sociale à l’Enfance ou encore la commission d’enquête sur l’accroissement de la dette entre 2016 et 2023.

-Par le Pôle Presse des RDVC

Expansion : Quel destin pour l’Union Européenne ?

Expansion : Quel destin pour l’Union Européenne ?

Si la nouvelle est relativement récente, il n’en demeure pas moins que celle-ci est historique : le 14 décembre 2023, à la suite d’un sommet de l’Union Européenne à Bruxelles, les 27 Etats membres ont décidé d’ouvrir les négociations d’adhésion avec l’Ukraine et la Moldavie, deux Etats seulement officiellement candidats depuis l’année précédente. Si la décision, surprenante de par sa rapidité (la Hongrie de Viktor Orban s’étant abstenue pour le vote), réjouit la majeure partie des Européens ainsi que les gouvernements des Etats candidats, elle a en revanche un goût amer dans certains pays candidats à l’entrée de l’UE, avec qui cette dernière n’a pas encore ouvert les négociations, alors qu’ils se sont pourtant portés candidats antérieurement à l’Ukraine et à la Moldavie.

Ces sentiments contrastés mettent en avant un véritable carrefour auquel fait face l’Union Européenne : entre diverses possibilités d’expansion, qui ont cependant chacune leurs opportunités, leurs risques et leurs menaces, tant internes qu’externes, qui pourraient enliser l’Union voire la faire vaciller.

Des nouveaux candidats enthousiastes

Les deux candidatures les plus récentes qui ont été acceptées par l’UE sont donc celles de l’Ukraine et de la Moldavie, candidats depuis 2023 avec un dépôt de candidature effectué en 2022. Ces deux pays se situent à l’est des frontières actuelles de l’Union, et sont actuellement membres du Partenariat Oriental qu’entretient celui-ci avec des Etats d’Europe Orientale et du Caucase, qui souhaitent se rapprocher de l’UE, tant pour des raisons économiques, politiques (comme par exemple en Géorgie avec la victoire d’un parti pro-européen lors des élections présidentielles) ou sociétales.

Pour l’Ukraine, si le processus de candidature est dans les faits récent, l’idée d’un rapprochement avec l’UE a germé dans les esprits de certains ukrainiens depuis des décennies déjà, bien que le pays ait été fortement divisé sur le sujet entre partisans de l’Est (la Russie) et de l’Ouest (l’UE). Cette polarisation est l’un des facteurs des nombreux troubles politiques qu’a connu le pays, qu’il s’agisse de la révolution orange en 2004 ou des manifestations de la place Maïdan en 2013. Cependant, avec le déclenchement d’un conflit avec la Russie, d’abord en 2014 avec l’annexion de la Crimée puis en 2022, les partisans d’un rapprochement avec l’UE se sont ancrés sur le devant de la scène politique locale. De surcroît, du fait de la guerre désormais ouverte entre Ukraine et Russie, la volonté de pivoter vers l’Ouest est d’autant plus puissante aujourd’hui car elle pourrait être une garantie supplémentaire de sécurité et d’aide pour le pays, actuellement enlisé dans un conflit qui tend vers la guerre d’attrition.

L’Union Européenne a avec ces deux candidatures la possibilité d’étendre son influence vers l’Est et d’ainsi réduire celle de la Russie en s’immisçant davantage au sein de son ancien glacis protecteur de l’époque soviétique, tout en s’affirmant comme un ensemble cohérant possédant une véritable dynamique sur la scène internationale. Malgré ces avantages, le processus d’intégration d’un Etat à l’Union Européenne est long et surtout très exigent. En effet, pour qu’un Etat puisse intégrer l’Union Européenne, il doit respecter un certain cahier des charges imposé par l’UE, ce qui amène donc le candidat à faire de nombreuses réformes, plus ou moins difficiles, et ces réformes peuvent prendre du temps. La volonté européenne derrière la main tendue à l’Ukraine et à la Moldavie est en partie politique : au cours d’un agenda ‘normal’, ces Etats n’auraient pas déposés leurs candidatures avant au moins quelques années voire décennies. De ce fait, les deux Etats ne sont pas aujourd’hui en capacité de respecter le cahier des charges européen : l’Ukraine est un pays en guerre et la Moldavie est un pays en lutte contre la corruption, les trafics en tous genres (le pays étant une voie de passages de ressources illégales vers l’Europe), et des séparatistes russophiles dans la région de Transnistrie (dans l’Est du pays).

D’autres candidatures de longue dates, mais qui n’aboutissent pas

Mais ces deux Etats ne sont pas les seuls à vouloir intégrer l’Union Européenne, car 5 Etats de la région des Balkans ont également une candidature acceptée (le Kosovo a déposé sa candidature, elle n’a pas été encore acceptée à ce jour). Ces candidatures ont entre 8 et 20 ans, et pourtant elles sont au même stade que les candidatures ukrainiennes et moldaves, qui n’ont que 2 ans. En effet, les gouvernements de ces pays sont en négociation d’adhésion avec l’Union Européenne, et essayent de faire respecter dans leur Etat le cahier des charges que leur impose celle-ci pour pouvoir faire partie de cette dernière.

De plus, il existe une difficulté supplémentaire : l’intégration des Balkans à l’UE n’a pas le même écho sur le plan politique que celle des pays orientaux, et il existe de plus des inimitiés entre certains candidats et certains membres de l’Union. Prenons l’exemple de la Macédoine du Nord, dont la candidature a été acceptée en 2005. Les négociations d’adhésion traînent en longueur et ont même eu du mal à débuter du fait des conflictualités entre Macédoine du Nord et Grèce sur le nom du pays (car pour les grecs, la Macédoine est une de leurs provinces), car celui-ci porte un certain héritage – celui d’Alexandre le Grand notamment. Le pays a également un litige avec la Bulgarie, autre membre de l’UE, au sujet de la minorité bulgare dans le pays. Ainsi, des années durant, la Grèce et la Bulgarie ont fait pression à Bruxelles pour ralentir et retarder les négociations, à travers des vetos lors de votes. De ce fait, le cœur des négociations (l’ouverture des chapitres du cahier des charges) n’a réellement débuté qu’en 2023, 18 ans après la validation européenne de la candidature macédonienne.

Entre les différentes candidatures des pays des Balkans, c’est le Monténégro qui se trouve être le plus avancé, ayant déjà commencé à valider certains chapitres du cahier des charges. Mais dans les faits, les Etats font face à des rivalités politiques internes et externes, des difficultés économiques et ont du mal à se débarrasser de leurs fléaux (la corruption principalement), compliquant une adhésion rapide.

Les conséquences éventuelles d’une expansion de l’UE

Pour les Etats membres de l’Union Européenne, la possibilité d’une future expansion amène de nombreuses questions à faire surface, notamment sur la viabilité d’un tel projet. En effet, pour pouvoir comprendre les dilemmes, il faut analyser la situation à travers différents prismes.

En premier lieu, il fait sens d’étendre l’UE d’un point de vue paneuropéen (membre de l’UE ici), car une expansion permettrait d’étendre sa sphère d’influence – vers l’Est ou vers le Sud (les Balkans), pour éviter qu’une puissance extracontinentale puisse s’installer sur le continent, sous les yeux de l’UE –  et pourrait témoigner de la bonne santé de l’Union, car l’intégration de nouveaux Etats montrerait que l’Union Européenne serait capable de les ‘absorber’. De plus, cela rapprocherait cette dernière d’un statut qui pourrait devenir éponyme : celui d’une Union Européenne – de tout les Etats d’Europe (ou presque).

Cependant, à une heure où les sociétés occidentales se polarisent, certains voient d’un mauvais œil une extension de l’UE. Ainsi, vu d’une perspective plus nationale, plus d’Etats au sein de l’Union signifie moins de ressources pour chaque Etat – à court terme en tout cas -, du fait du principe d’une répartition des richesses basée sur l’équité. De surcroît, certains mettent en avant la faiblesse du système politique européen, basé en partie sur des votes à l’unanimité, et ils dénoncent le fait que l’ajout de nouveaux Etats ne va que compliquer la prise de futures décisions, à un âge où celles-ci seront capitales pour l’Union et les membres. Les décisions de l’Union étant déjà complexes aujourd’hui, du fait des blocages et de la volonté de certains membres de faire pression sur Bruxelles, les futurs accords risquent d’être obtenus après des négociations fleuves (et pas forcément paisibles). Enfin vient le risque qu’avec une Union trop grande et qui risque de devenir impopulaire du fait de sa lenteur et de sa rigidité, certains prennent l’option de quitter l’Union, ou de se rapprocher d’autres membres pour une coopération plus directe.

Ainsi, si la perspective d’adhérer à l’Union Européenne fait encore rêver de nombreux citoyens et gouvernements de pays candidats, malgré des difficultés d’adaptation politique aux normes de l’UE. Mais c’est au sein même de l’Union que les instances et les Etats balancent sur le fait de faire grandir celle-ci, bien que les candidatures soient toutes examinées, en vertu des principes européens. En somme, entre velléités politiques internes et externes et perspectives politiques incertaines au niveau national (avec la montée d’un populisme eurosceptique dans certains Etats), l’Union et ses membres vont devoir trouver une ‘’unité dans la diversité’’, pour pouvoir adapter le modèle européen et ainsi prospérer sans risquer d’imploser.

Par Maël FERTIL

La fameuse réforme des retraites

La fameuse réforme des retraites

Ces derniers jours, nous entendons réforme des retraites par ci 49.3 par là mais que se passe-t-il vraiment ? En quoi consiste cette réforme ? Pourquoi le chef de l’état veut à tout prix mettre en place cette réforme ? Et grève par ci et grève par-là ! Allons-nous en finir un jour ? Cela fait plus de 2 mois que cela dure.

 

La réforme des retraites c’est quoi ?

 

La réforme des retraites est intégrée à un futur projet de loi de financement rectificative de la Sécurité sociale (PLFRSS), comme annoncé par la Première Ministre Elisabeth Borne, jeudi 16 mars au beau milieu d’une Assemblée Nationale extrêmement excitée. La numéro 2 du gouvernement annonçait alors l’usage du fameux 49.3 pour tenter de faire passer le texte de la réforme des retraites sans avoir recours à un vote de l’Assemblée nationale. Mission accomplie puisque les deux motions de censure déposées dans la foulée ont échoué le lundi 20 mars, et le projet de loi de la réforme des retraites a été adopté. Pour tenter d’y voir plus clair, voici les 9 points clés à retenir concernant le projet de réforme des retraites :

 

  • Recul de l’âge légal de départ de 62 à 64 ans
  • Création d’une retraite minimum à 85% du Smic
  • Nouveau dispositif sur les carrières longues (départ plus tôt)
  • Meilleure prise en compte de la pénibilité (élargissement du C2P)
  • Vers une suppression de certains régimes spéciaux (RATP, IEG)
  • Création d’un « ​​index des séniors » avec sanctions en cas de non-respect
  • Création d’un CDI sénior
  • L’âge d’annulation de la décote reste à 67 ans
  • Durée de cotisation maximale à 43 annuités

 

Pourquoi le gouvernement a mis en place cette réforme ?

 

Afin d’assurer la survie du système de retraite par répartition cher à la France, le gouvernement a souhaité revoir le système de départ à la retraite. L’exécutif se base tout d’abord sur l’augmentation de l’espérance de vie. Nous vivons plus longtemps, donc nous pouvons travailler quelques années supplémentaires. Le nombre de retraités, lui, croît plus rapidement que le nombre d’actifs. Et ce chiffre devrait connaître une constante augmentation dans les années à venir. 16,8 millions de retraités en 2020, et jusqu’à 23 millions en 2070. Une grosse accélération devrait se faire ressentir autour de 2040 avec l’arrivée à la retraite des générations du baby-boom. Problème, ce sont bien les actifs qui cotisent pour payer les pensions des retraités. D’où le souhait pour le gouvernement de « rééquilibrer » ce système de retraites qui réclame un financement plus important.

 

En analysant le contenu de la réforme des retraites, nous comprenons pourquoi toutes ces manifestions. Qui voit travailler jusqu’à pas d’âge ? Mais le chef d’état avait-il vraiment le choix ?

Selon moi, cette réforme des retraites est mise en place pour le système, pour l’état et non pour le peuple. Seul l’Etat en tire des avantages et non le peuple ? Mais il faut savoir que sans le peuple, tous cela n’existe plus, sans le peuple le système s’effondre. Toutes ces lois qui sont promulguées s’adresse au peuple. Alors pourquoi la voix du peuple a si peu d’importance. D’un point de vue extérieur, c’est inédit tous ce qui passe en Métropole actuellement. Comme on dirait c’est le bordel complet !

 

Alors que le gouvernement a eu recours au 49.3, le projet de loi pour la réforme des retraites a été définitivement adopté par l’Assemblée Nationale le 20 mars après que les deux motions de censure ont été rejetées. Emmanuel Macron affirme ce mercredi 22 mars 2023 au JT de 13h sur TF1 qu’il souhaite que la réforme des retraites entre en vigueur « d’ici la fin de l’année ».

Mettons en avant les dates phares de cette réforme des retraites.

 

  • 16 mars 2023 : la première ministre a eu recours au 49.3 pour faire adopter le texte de la réforme des retraites.
  • 17 mars 2023 : deux motions de censure ont été déposées.
  • 20 mars 2023 : les deux motions de censure sont rejetées et le projet de réforme des retraites a été définitivement adopté par l’Assemblée nationale.
  • 21 mars 2023 : la Première ministre Elisabeth Borne a saisi le Conseil constitutionnel pour un examen du texte de la réforme des retraites.
  • Les membres du Conseil constitutionnel (les Sages) vont désormais analyser et contrôler chaque article du projet pour voir s’il est bien conforme à la Constitution.
  • L’entrée en vigueur du projet de loi est envisagée d’ici la fin d’année 2023.

 

Malgré les 2 motions de censure qui ont montré la désapprobation de certains envers la politique du gouvernement, le président a tout de même décidé d’adopter cette réforme.

Les Français continuent de manifester dans l’espoir que cela change. Mais est-ce possible ? Après un 49.3, il est difficile de retourner en arrière.

 

Par Chloé CARMASOL

Clap de fin

C’est avec une certaine émotion que je rédige mon dernier article pour le pôle Press’. Une année passée à décrypter l’actualité politique et à écrire des articles qui me tenaient à cœur avec des prises de positions assumées. C’est donc dans ce dernier article que je publierai une dernière fois mon humeur politique. 2020 se termine mais 2021 ne s’annonce pas mieux, clap de fin pour LREM ?

            Durant cette année passée, vous retrouverez dans différents articles mes analyses politiques notamment concernant Macron et LREM. Alors que 2020 se termine enfin, 2021 ne s’annonce pas joyeuse : fermeture totale des stations de ski, réouverture des restaurants pas avant Pâques, pas de réouverture prévue des universités et des écoles supérieures, fermeture des lieux de culture… la liste est longue et chacun la connait. Mais 2021 est également la dernière année du mandat Macron, 12 mois avant le début d’une campagne présidentielle qui s’annonce fracassante. Macron a-t-il ses chances, que restera-t-il de ces cinq années qui ont changé (ou dévasté) la France ?

La promesse du nouveau monde

C’était le grand mot de 2017 : « Macron incarne le nouveau monde », tellement nouveau qu’il ressemble à s’y méprendre avec la politique observée depuis les années 1970, en pire. Jamais présidence n’a connu autant de scandales politiques : fraude, emploi fictif, incompétence… Les démissions des ministères s’enchaînent par dizaines depuis trois ans. A cela ajoutons le 49.3, la réduction du temps de parole des oppositions, le refus d’utiliser le référendum, les éléments de langage plus qu’insupportables dans les médias. On retrouve tout ce qui fait la politique en France depuis 40 ans, en plus marquée, en plus assumée. Le début de gestion de la crise Covid est un sketch à lui seul : démission d’une ministre pour ambitions personnelles, propos contradictoires, infantilisation des Français, absence de masques et de médicaments. S’il fallait confirmer que la France a bien perdu son rang de 5/6e puissance mondiale, voilà l’exemple parlant qu’il fallait.

La République En Marche (Arrière ?)

Que pouvions-nous espérer d’un homme qui utilise ses initiales pour former un groupe politique et qui se compare à Jeanne d’Arc ou Napoléon ? Alors que la quasi-centaine d’unes de presse uniquement consacrées à Macron pendant la campagne de 2017 nous promettait le renouveau et l’avenir de la République, ces années nous ont montré que la réalité est bien loin de ce discours. Répression ultra violente des manifestations de gilets jaunes alors que les manifestations en période de confinement dans les banlieues étaient de « l’émotion » et que « l’émotion dépasse les règles juridiques ». Réduction des temps de parole des oppositions à l’Assemblée Nationale. Proposition de loi sur le fichage des opinions politiques sur les réseaux. Loi Avia. Combien de manœuvres et de lois passeront encore qui portent des atteintes sérieuses aux libertés fondamentales ? Sans même évoquer toutes les mesures prises durant cette crise sanitaire qui remettent en cause la notion de liberté et créent des cas juridiques sans précédent. Pourtant Macron nous avait assuré au débat présidentiel que, lui Président, il assurerait le maintien des libertés fondamentales contrairement à Marine Le Pen.

Et demain ?

            Le tableau du quinquennat ne sera pas beau. La dette explose, le chômage suivra ainsi que les dépôts de bilan. Le bilan sera certainement catastrophique et pourtant Macron est en position de cumuler un second mandat. Macron aura réussi son objectif, détruire les oppositions. La gauche partira plus que fragmentée en 2022 et la droite, qui pourrait largement l’emporter en cas d’union, préfère la guerre des egos. Ainsi l’on retrouvera candidats au premier tour : Marine Le Pen, Nicolas Dupont Aignan, Bruno Retailleau et peut-être un candidat souverainiste en plus. La différence fondamentale de ces trois candidats ? Quasiment rien si ce n’est l’ego. Marine Le Pen cherche une victoire personnelle, Nicolas Dupont Aignan ne veut pas subir l’humiliation de se rallier au RN et Bruno Retailleau, pris par l’ambition, semble mal percevoir que LR ne représente plus rien. D’ailleurs, le sénateur ne plait pas, en interne on cherche à le mettre sur la touche : trop conservateur, pas assez libéral ou proche de Macron. L’écart d’opinion semble d’ailleurs plus important entre Aurélien Pradié ou Christian Jacob et Bruno Retailleau, qu’entre Marine Le Pen et Bruno Retailleau. Voici que la course de LR semble se terminer…

Macron avait promis la Start-up Nation, la France de demain et du nouveau monde. On assistera au démantèlement de celle-ci, à la vente de tous ses secteurs stratégiques, à la perte d’importance internationale et à la déliquescence de la Nation pour la remplacer par la République (qui n’en porte plus que le nom). Demain, pour relever la France, il faudra braver les différences d’ego et réfléchir à ce qui compte vraiment. On assiste d’ailleurs à l’émergence de convictions communes autour de souverainisme notamment porté par la nouvelle revue Front Populaire.

Cinq années de macronisme auront affaibli la France, cinq années de plus l’achèveront.

Par ABD