Une semaine pour faire vivre la géopolitique

Une semaine pour faire vivre la géopolitique

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Epidémie de coronavirus, leadership sur la 5G, déséquilibre dans l’alimentation mondiale, interférences culturelles, économies globalisées et pourtant désormais astreintes à une relocalisation forcée, les variables commerciales, géographiques, politiques et ethniques n’ont jamais autant complexifié le monde qu’aujourd’hui et permis de mettre en lumière l’importance de la discipline qui relie, observe et détermine leurs effets : la géopolitique. De ce monde-là, qu’en tirer ? Qu’en attendre ? Comment s’y préparer ? Comment y évoluer au quotidien lorsque les antipodes se mêlent au commun et l’inespéré à l’ordinaire ? L’actualité de ces derniers mois et de ces dernières semaines, nationale comme internationale, notons-le, ne pouvait mieux introduire l’événement unique que nous sommes fiers de vous présenter et de vous partager ce lundi 26 octobre 2020 et au cours duquel ces questions seront débattues, n’en doutons pas : une semaine entièrement dédiée à la géopolitique !

Geopolitics league, quezaco ?

En vocable français « semaine de la géopolitique », la geopolitics league est née d’un partenariat inédit en 2020 entre Mister Prépa, site spécialiste dans la préparation des concours d’entrée aux grandes écoles de commerce et de management, et huit associations de géopolitique soucieuses de faire partager leur passion et leur engagement en la matière. En l’espace d’une semaine, plus d’une dizaine d’événements, animés par des membres passionnés issus de ces huit associations selon un roulement bien précis, se tiendront chaque après-midi. Ainsi, dès aujourd’hui et jusqu’au 30 octobre, viens apprécier l’intervention de conférenciers prestigieux, te mesurer à d’autres invités dans des jeux et des quizz testant tes capacités d’analyse géopolitique. Chaque jour, deux activités seront mises à l’honneur et n’auront pour seul objectif que de t’informer, te faire réagir ou te laisser te confronter aux autres dans l’univers de la géopolitique.

A quoi dois-je m’attendre ?

Amoureux.se de la géopolitique, candidat.e aux grandes écoles ou simple curieux.se, peu importe ton statut car la semaine de la géopolitique s’adresse à tout le monde. En effet, si les enjeux géopolitiques ne ciblent personne individuellement, ils touchent néanmoins chacun d’entre nous à son niveau, à commencer par le monde de l’entreprise. A cet égard, le monde des affaires n’échappe pas plus à la règle qu’un autre secteur en particulier et constitue ainsi l’un des centres d’attention majeur des géopolitologues. C’est pourquoi deux conférences croiseront et révélerons sous des angles différents les contingences du monde professionnel avec les risques et opportunités géopolitiques. A savoir que la semaine de la géopolitique, c’est aussi une actualité décryptée, passée au peigne fin par des participants volontaires et des experts afin de mieux appréhender l’envergure de certains enjeux géopolitiques, une simulation onusienne riche de diversité d’expression et un exercice unique.

En un mot …

C’est bien simple, la semaine de la géopolitique, c’est un événement exceptionnel pensé par des personnes captivées. Sur tous les plans, elle satisfera les attentes : curiosité, réussite ou appétence. Enfin, la semaine de la géopolitique, c’est une logistique incroyable malgré la période âpre que nous traversons, dans le but d’organiser des débats fascinants. Alors, à toi de faire vivre cette semaine et de l’éclabousser de ton talent !

 

Raphaël Delagnes

Le conflit entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie : mise en lumière sur la situation actuelle

Le conflit entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie : mise en lumière sur la situation actuelle

Le Samedi 10 Octobre, L’Azerbaïdjan et l’Arménie s’entendaient sur un cessez-le-feu à 12h00. Malheureusement, ce dernier n’a pas duré très longtemps suite à un renvoi d’accusations d’un camp à l’autre concernant sa violation à cause de tirs de missiles. Depuis le 27 Septembre 2020, la région azerbaidjanaise du Haut-Karabakh située à l’Est du pays, proche de la frontière avec l’Arménie et à velléités indépendantistes et séparatistes soutenue par Erevan, se livre à des affrontements meurtriers avec L’Azerbaïdjan. Ce conflit aurait déjà fait environ 400 morts et 70 000 personnes ont dû quitter prématurément la région depuis le 27 Septembre. L’appel au calme par la communauté internationale a été pour le moment partiellement entendu par les deux parties. De plus, beaucoup de puissances qui ont des intérêts dans le Caucase comme la Turquie et la Russie commencent à se positionner au sein de cet échiquier géopolitique complexe : la crainte d’un conflit à plus grand échelle est donc à prendre en compte. Cet article va mettre la lumière sur ce conflit et analyser le rapport de forces entre les diverses puissances impliquées. Négligée ces dernières semaines par les divers médias, il est tout de même important de s’intéresser et de comprendre les raisons de ce conflit.

Dans un premier temps, analysons de plus près l’Histoire de ces deux pays et intéressons-nous à leur situation actuelle.

L’Azerbaïdjan a été fondée en 1918 et a adopté un tout nouveau modèle politique à l’époque : la République parlementaire laïque musulmane. Pendant un temps en 1918, il fût question d’une fusion entre l’Arménie, la Géorgie et l’Azerbaïdjan, qui fût rapidement abandonnée compte tenu des disparités ethniques entre ces trois pays. 23 mois après la déclaration d’indépendance du pays, les blindés russes s’emparèrent de la capitale Bakou et l’Azerbaïdjan devenait une République à part entière de l’URSS jusqu’à sa chute en 1991. Aujourd’hui le pays compte plus de 10 millions d’habitants avec une superficie de 87000 km² et une ouverture maritime sur la Mer Caspienne. Le président Ilham Aliyev a succédé à son père en 2003 et a été réélu président en 2018 pour un quatrième mandat avec plus de 86% des voix. En 2019, son PIB – dont l’industrie participe à 52% de la croissance – avoisinait 48 milliards de dollars et le pays bénéficie de ressources pétrolières et gazières.

L’histoire de l’Arménie s’étale sur des siècles. De l’Empire perse en passant par les Byzantins puis les Turcs, le pays a traversé les siècles et les différents Empires. Au début du XXè siècle, la diaspora arménienne occupait une majeure partie de la Turquie actuelle mais dès 1915, les accusations de trahison à l’encontre de soldats arméniens et les violences démultipliées des Turcs envers les Arméniens donnèrent la mort à plus d’un million d’entre eux, soit la moitié de la population présente en Turquie :  ce fût l’un des premiers génocides de l’Histoire, toujours pas reconnu par la Turquie. Le traité de Sèvres signé en 1918 donna à l’Arménie un territoire, cependant, en 1920, les troupes emmenées par Mustapha Kemal et appuyées par les bolcheviks envahissaient le nouveau pays. Le traité de Sèvres ne fût jamais appliqué et remplacé par le traité de Lausanne signé en 1923 qui conçoit l’annexion par l’URSS de l’Arménie : elle devient une république fédérale. A la chute de l’URSS en 1991, le pays retrouva son indépendance. Aujourd’hui l’Arménie est une République Parlementaire dont Armen Sarkissan est le Président depuis 2018. En 2017, le PIB du pays est estimé à 11milliards de dollars dont 52% est issu de l’activité tertiaire. La population arménienne ne dépassait pas les 3 millions d’habitants en 2016 et elle est à majorité chrétienne.

Revenons 30 ans en arrière pour mieux comprendre les racines de cette discorde. Dés 1991 et la dissolution de l’URSS, la région du Haut-Karabakh rattachée à L’Azerbaïdjan, dont la majorité de la population est d’origine arménienne, demandait plus d’autonomie. Bakou a répliqué en supprimant son statut spécial d’autonomie. Un vent de révolte souffla dans la région, qui  s’autoproclama indépendante. Depuis 1988, les combats entre les séparatistes et les forces armées azerbaïdjanaises s’intensifièrent et en 1993, une partie de L’Azerbaïdjan fût occupée par les forces armées arméniennes. Un cessez-le-feu fût proclamé en 1994. Depuis 1988, plus de 15 000 personnes ont été tuées et 1 million de personnes ont été déplacées. D’une part, l’Azerbaïdjan considère l’Arménie comme un pays « agresseur » qui occupe militairement 20% de son territoire, mais d’autre part l’Arménie est le seul pays à reconnaître l’indépendance du Haut-Karabakh dont le budget est alimenté à plus de 40% par les subventions arméniennes. Plus de 150 000 personnes vivent à ce jour dans cette région.

Aujourd’hui, nous pouvons résumer le conflit à l’aide de cette infographie tirée du journal Le Monde: `

comprendre le conflit entre l'Arménie et l'Azerbaidjan

Depuis maintenant à peine moins d’un mois, le quotidien des habitants de la région du Haut-Karabakh est rythmé par de multiples bombardements et tirs de roquettes.  Les points stratégiques comme les centrales électriques deviennent des cibles afin de paralyser le pays. Le 2 Octobre, l’Azerbaïdjan a tiré 2 missiles balistiques en direction d’une centrale nucléaire arménienne mais ils ont été interceptés par des complexes anti-aériens russes. En réponse à cette agression, l’Arménie tente de détruire la plus grande centrale hydroélectrique du Caucase située en Azerbaïdjan, celle de Mingatchevir. La destruction de ces deux complexes pourrait amener à une montée des tensions et à des catastrophes écologiques sans précédent.

Malgré un cessez-le-feu assez fragile obtenu Samedi dernier, chacun des deux pays se vante et contredit les données de l’autre concernant le nombre de soldats ennemis tués. La situation est tellement tendue qu’un couvre-feu et la loi martiale ont été décrétés dans plusieurs grandes villes azerbaidjanaises. Ce conflit nous montre aussi le poids des réseaux sociaux qui sont utilisés par les séparatistes pour glorifier leurs victoires et pour diffuser leur message à la communauté internationale soit l’indépendance du Haut-Karabagh. Selon eux, déclarer l’indépendance de la région est le seul moyen d’arriver sur le long terme à une paix durable. Quant à l’Azerbaïdjan, il gonfle ses rangs militaires avec plus de 100 000 soldats mobilisés dont certains sont des mercenaires syriens à la solde de la Turquie. Le pays déclarait réfléchir éventuellement à un cessez-le-feu à la seule condition de retrouver ses territoires occupés par les forces arméniennes.

Plusieurs pays annexes sont aussi impliqués indirectement dans ce conflit. En effet, les pays médiateurs comme la Russie, Les Etats-Unis et la France ont demandé un cessez-le-feu immédiat obtenu après plus de dix heures de négociation. La France soutient l’Arménie car les 2 pays sont membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie et peut faire pression sur l’Azerbaïdjan par des moyens économiques. Soutenue par l’Union Européenne, la France peut demander le gel des avoirs de la famille Aliyev qui proviennent avant tout de l’argent du pétrole. La Russie quant à elle n’intervient guère dans ce conflit car elle est liée par un traité militaire à l’Arménie et ne veut pas perdre le peu d’influence qui lui reste en Azerbaidjan. La Turquie soutient de manière claire et avérée l’Azerbaidjan de par leur proximité culturelle, mais elle reste encore à l’écart compte tenu de nombreuses tensions déjà existantes avec les pays voisins comme la Grèce, et l’arrivée imminente de nouvelles élections en 2023. Erdogan pousse clairement Ilham Aliyev à faire la guerre. D’autres pays proches du conflit surveillent la situation comme l’Iran qui a menacé de répliquer en cas de violation de sa frontière ou encore la politique israélienne qui reste quant à elle floue car le pays est accusé par les rebelles séparatistes d’avoir vendu des drones militaires à l’Azerbaïdjan.

Ce conflit qui dure maintenant depuis plus de 30 ans reste difficile à comprendre et l’issue est incertaine. Bien que les capacités militaires de l’Azerbaïdjan restent nettement au-dessus de celles de l’Arménie, le conflit s’enlise compte tenu du terrain montagneux et difficile. La Turquie pourrait sortir vainqueur de ce conflit si l’Azerbaïdjan ne gagne pas rapidement la guerre car elle pourrait renforcer son influence dans ce pays.

Gui 2 c’est carré

 

SOURCES

https://www.lemonde.fr/international/article/2020/10/10/haut-karabakh-azerbaidjan-et-armenie-s-accordent-sur-un-cessez-le-feu-a-partir-de-midi_6055515_3210.html

https://www.notre-planete.info/actualites/4700-centrale-nucleaire-Metsamor-Armenie-guerre-Azerbaidjan

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/tout-comprendre-au-conflit-entre-l-armenie-et-l-azerbaidjan-dans-le-haut-karabakh_2135653.html

https://www.francetvinfo.fr/monde/armenie/le-conflit-entre-l-armenie-et-l-azerbaidjan-est-une-question-de-vie-ou-de-mort-pour-les-habitants-du-haut-karabakh_4123755.html

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/azerbaidjan/presentation-de-l-azerbaidjan/

https://www.revueconflits.com/azerbaidjan-caucase-urss-gil-mihaely/

https://www.axl.cefan.ulaval.ca/asie/armenie2-HST.htm

https://www.i24news.tv/fr/actu/israel/diplomatie-defense/1602416379-un-leader-armenien-accuse-israel-d-etre-complice-de-la-guerre-genocidaire-menee-par-l-azerbaidjan

 

 

 

Il s’est passé quoi en mars ?

« Le covid19 ne cesse de progresser », « le covid a aujourd’hui tué… », « Entretien avec un survivant du covid… ». Vous voyez où je veux en venir. Dès lors qu’on allume la télé, qu’on ouvre un journal sur une application ou alors qu’on en lit un, c’est toujours la même chanson. Un rebut. Alors certes le covid a causé des dégâts sociaux, psychologiques et économiques non négligeables pour toutes les grandes puissances mondiales : il y a un avant, un présent et il y aura un après covid19. Bien qu’aujourd’hui le monde tourne au ralenti et les puissances se crispent face à cette menace, à noter que Bill Gates en 2015 lors d’un TedX show avait déjà prédit tout ça, le mois de mars a été riche en informations souvent cachées par le covid. Oui j’aurai pu parler du « Alixday », des propos de Karim Benzema sur Olivier Giroud (entre nous, il n’a pas tort mais bon on ne retient que le moment où il le compare à Mario Kart…) Ou encore de l’anniversaire de Ninho, mais on va rester RDVcorpo et on va faire une synthèse de l’actualité géopolitique de ce mois de mars SANS mentionner une seule fois le coronavirus. 

Voici les principales actualités dans les différentes parties du monde : 

Europe 

▪ L’ancien président de l’Olympique de Marseille Pape Diouf est décédé au Sénégal. C’est un homme respecté dans le milieu du football français qui nous quitte. Il a largement contribué à la renaissance de l’Olympique de Marseille lors de son investiture. Le monde du football lui rend hommage. 

▪ L’entreprise chinoise spécialisée dans les nouvelles technologies (smartphones, tablettes, …) Huawei implantera une usine en France. Cette implantation est une réponse aux pressions exercées par les Etats-Unis. De plus, Huawei espère démocratiser le passage à la 5G partout en France. D’un point de vue économique et social, c’est une opportunité car cela permettrait la création d’emplois et le passage à la 5G. En revanche, certains pays européens voient l’implantation de Huawei comme une menace car la Chine pourrait infiltrer le libre marché européen, si ce n’est pas déjà le cas… 

▪ En Russie, Vladimir Poutine pourrait être élu de nouveau en 2024 et se représenter en 2030. En effet, l’ancienne cosmonaute Valentina Terechkova qui est aujourd’hui députée, a proposé cette possibilité. D’un point de vue législatif, cette motion pourrait passer sans problèmes. Il ne reste plus que l’accréditation du peuple russe. Poutine pourrait donc rester au pouvoir jusqu’en 2036 voire même plus si un nouveau stratagème pour une éventuelle nouvelle élection est trouvé. Cette nouvelle est passée inaperçue pourtant elle est essentielle d’un point de vue géopolitique. En effet, Poutine souhaite rebâtir un « Empire » russe. Il assoit sa puissance aux travers de démonstrations de force en Syrie, en Ukraine, … Les européens se crispent face à cette nouvelle menace. Les relations entre l’UE et la Russie sont très tendues. Moscou voit d’un mauvais œil l’élargissement de l’Union souvent accompagnée par un élargissement de l’OTAN. Moscou fait pression sur l’UE grâce aux minorités russophones présentes dans la majorité des pays de l’Europe de l’Est et grâce au gaz. 20% du gaz importé par l’UE provient de la Russie. Ainsi, Poutine pourrait continuer à faire pression sur l’UE à l’avenir pour réaffirmer la puissance russe. 

▪ Face aux arrivées de migrants en Europe, la Turquie fait chanter l’Union européenne. En effet, la Convention de Dublin signée entre tous les membres de l’Union doit « répartir » l’accueil des migrants entre les divers pays membres en fonction de leurs moyens. La Turquie bénéficiait d’un accord avec l’UE : en échange de l’accueil de la majorité des migrants, l’UE versait 5 milliards d’euros à la Turquie. Mais voilà, la Turquie a décidé d’ouvrir ses frontières avec la Grèce qui avait déjà du mal à gérer la crise migratoire de 2014. Pour la Turquie, cet accord avec l’UE peut lui permettre d’exercer de l’influence sur l’UE en la menaçant. En effet, la crise migratoire a déchiré l’UE à cause des variances de position concernant l’accueil ou non des migrants. La Turquie espère donc déstabiliser l’Union à travers cet acte. 

Amérique 

– L’Argentine traverse une période très difficile. En effet, le pays souffre d’une grave crise économique causée par une inflation record : plus de 50% du PIB. Le peuple argentin montre son mécontentement et sa colère envers son ancien président, Mauricio Macri, en manifestant. En effet, la population a dû se priver de certains achats alimentaires comme la viande, les légumes, … Mauricio Macri souffrait déjà d’une mauvaise image, il était comparé à un « gosse de riche ». Par ailleurs, cette inflation vient du fait que l’Argentine sous Macri s’est engagée à rembourser ses créanciers alors que Christina Kichner, l’ex-présidente, avait constamment refusé de le faire. Le nouveau président Alberto Fernández a annoncé ne pas encaisser la dernière partie du prêt du FMI, soit 11 milliards de dollar, pour éviter d’aggraver la situation. Asie – Aux Philippines, le gouvernement a annoncé un cessez-le-feu. En effet depuis l’arrivée au pouvoir du premier ministre philippin, Rodrigo Duterte, le pays est en guerre contre les narcotrafiquants. Le premier ministre en a fait un de ses axes dans sa politique interne. Cette guerre interne est comparable à celle menée par le Mexique depuis 2012. 

Afrique 

o En Tunisie, il y a eu des élections qui ont porté au pouvoir un nouveau gouvernement plutôt de centre-gauche. Ces élections se sont déroulées dans un contexte difficile. o Les conflits restent très intenses et se poursuivent dans des régions à risque, c’est-à-dire en Centrafrique et en Libye o Un cessez-le-feu a été trouvé au Cameroun. Un conflit se perpétuait au sein du pays car la partie anglophone porté par un groupe séparatiste souhaiterait se détacher du pays. o Le 23 mars 2020, une centaine de soldat tchadiens sont morts après des combats contre le groupe terroriste implanté dans cette région et affilié à Daech, Boko Haram. Cette attaque est une représailles car le chef du groupe terroriste rattaché à cette région a été tué lors d’une précédente attaque. Pour lutter contre ce groupe terroriste, les pays africains commencent à s’organiser. L’Union Africaine qui est une organisation qui réunit aujourd’hui tous les pays africains, demande l’envoi de 3000 hommes sur place. Par ailleurs, d’autres puissances étrangères sont présentes sur place pour lutter contre cette menace comme la France, les Etats-Unis, … 

Moyen Orient 

  • En Afghanistan, la situation géopolitique et sociale reste très délicate. Les meurtres et les combats continuent dans cette zone. 
  • Plusieurs cessez-le-feu ont été prononcés dans la région : au Yémen où une guerre confronte les rebelles chiites centrés au Nord du pays et le gouvernement actuel. Le conflit s’est internationalisé depuis l’intervention de l’Arabie Saoudite dans ce pays en 2015. Un cessez-le-feu a été également trouvé en Syrie. 
  • En Afghanistan, les Etats-Unis et les talibans ont trouvé un accord. Ce n’est pas un accord de paix mais cet accord prévoit le retrait progressif des forces armées américaines postées sur place. Plus de 13 000 soldats sont déployés. Cet accord suit l’annonce de Trump quelques mois auparavant qui voulait retirer la présence de ses soldats au Moyen-Orient et plus particulièrement en Syrie. De plus, cette décision a été motivée par la perte de soldats américains tués en Irak après un raid irakien sur une base américaine. En représailles, les Américains ont répondu par l’utilisation de drones. 
  • Le Liban, pays qui se situe sur la rive méditerranéenne, considéré comme la « Suisse du Moyen-Orient » s’est déclaré en cessation de paiement, c’est-à-dire que le Liban n’est plus capable de rembourser ses créanciers et la dette frôle l’équivalent de 170% du PIB. Les principales causes de cette banqueroute sont la situation économique du pays qui est très délicate, le détournement de fonds par l’élite libanaise et la concurrence entre la monnaie locale et le dollar. 
  • Les combats au nord de la Syrie s’intensifient. La situation géopolitique reste très compliquée et difficile à comprendre car plusieurs acteurs interviennent dans la région. Les forces turques ont décidé d’intervenir en Syrie afin d’obtenir depuis ses frontières une zone tampon de 30km pour protéger ses principaux axes de communication de tout type (oléoducs, …) vitaux pour le pays. Cependant, la mort de 30 soldats turcs sur le front aurait pu envenimer la situation. Les relations entre la Russie et le pays se tendent car la Russie soutient ouvertement le gouvernement syrien en place. Une rencontre s’est déroulée entre les deux chefs d’Etat afin de trouver un accord pour une trêve. En revanche, l’intervention turque pose plusieurs questions. En effet, la Turquie est membre de l’OTAN. Si, elle se sent menacée ou attaquée, le principe de solidarité incite les Etats membres à aider le pays s’il en a besoin. De ce fait, le conflit pourrait s’internationaliser et de nouveaux acteurs pourraient intervenir. 

Comme vous le voyez, le monde vit une période très difficile… Et le coronavirus ne facilite pas les choses. Il est tout aussi important de respecter les gestes barrières et les consignes imposées par le gouvernement. Oui vous pouvez dire que ce n’est qu’une grippe après tout, que ce n’est pas grave, … Pas grave pour vous, mais grave pour des patients à risque. Les hôpitaux sont désormais débordés et pour soutenir les soignants aux premières loges de cette lutte quotidienne, le meilleur moyen d’agir est de rester chez nous. La Fédé a aussi lancé un appel aux dons pour l’hôpital de Toulouse. Ces dons pourraient permettre d’améliorer le quotidien du personnel soignant. Alors n’hésitez-pas à donner. Le lien se trouvera à la fin de cet article. 

Mais ne broyons pas que du noir, il y a aussi eu des bonnes nouvelles ce mois-ci : 

  1. Des cessez-le-feu trouvés dans la majorité des zones à risque
  2. Le retour des « boys », soldats américains, à la maison
  3. L’Ecosse a annoncé le remboursement intégral pour tout achat de serviettes hygiéniques
  4. Il y a 2 semaines, la Thaïlande a ouvert un dialogue concernant la légalisation de l’IVG 

Il est parfois important de ne plus penser à ce covid et de voir ce qu’il se passe ailleurs. 

Prenez soin de vous et de vos proches 

Gui2 

La prochaine pandémie nous sera-t-elle fatale ?

La prochaine pandémie nous sera-t-elle fatale ?

Comme pour la plupart des grandes tragédies du monde, on explique généralement l’arrivée des principales maladies sur Terre par la mythologie. La curieuse Pandore, envoyée par Zeus sur notre belle planète comme un cadeau empoisonné des dieux olympiens, en ouvrant la boîte éponyme, aurait ainsi, au moins de manière fictive, libéré avec elle les maux les plus terribles qui y étaient sordidement renfermés. Qu’on y accorde du crédit ou non, dans tous les cas, la maladie a toujours été indissociable du genre humain. Parmi toutes les populations du monde, au cours de toutes les périodes de l’histoire, la maladie a fait l’objet d’une lutte parfois quotidienne, souvent dramatique. Comment, en effet, combattre une source de danger invisible à l’œil nu, tenant davantage du paranormal que du réel ? Certes, les progrès de la médecine ont permis de jeter les bases d’une prévision plus optimiste pour l’avenir, tendant à dépeindre de plus en plus la maladie comme une menace propre à des temps anciens, immémoriaux et à des sociétés profondément archaïques. Et pourtant, alors même que certaines pathologies demeurent encore incurables, une menace plus grave semble peser sur la survie humaine. Ces maladies ne sont pas individualisées et individualisables, elles sont capables de se propager, d’infecter des êtres humains par centaines et qui sait, si elles le peuvent pour quelques centaines de personnes, pourquoi ne le seraient-elles pas pour quelques milliers, quelques millions voire quelques milliards ?

La maladie fait peur, angoisse, mais la pandémie – l’extension géographique d’une épidémie – constitue un des grands cauchemars de la pensée humaine. Et quoi de plus logique, lorsqu’on sait qu’une maladie, extrêmement virulente, est capable de se propager sans un minimum de précautions hygiéniques ou de mesures d’isolement. L’homme du XXIème siècle regarde avec un léger sourire, un mépris et une indifférence condamnable les grandes pandémies qui ont jalonné les siècles précédents, médisant sur les solutions adoptées pour contrer ces divers cataclysmes génétiques. Mais notre siècle n’est pas celui de la curabilité automatique, celui des solutions forcément pertinentes, et à la différence de ces siècles antérieurs, notre démographie planétaire paraît être l’épicentre de notre propre faiblesse. Notre interdépendance économique et notre mondialisation effrénée, mettant en mouvement des ressources et des hommes en quantité considérable à l’échelle internationale, traversant à une vitesse foudroyante les frontières, plus que jamais poreuses, risque de représenter la source de notre propre annihilation. D’ailleurs, les cas épidémiques récents ne viennent pas infirmer cette inquiétante perspective. Le SRAS a causé à lui seul 132 morts dans le monde selon les statistiques et pas moins de 5 300 personnes contaminées et Ebola peut atteindre un taux de létalité de 90% des personnes infectées. Du reste, que penser du coronavirus chinois ? Surnommé pour le moment 2019-nCoV, il a déjà tué 470 Chinois et contaminé près de 24 000 personnes à travers le monde (chiffres officiels au mercredi 5 février 2020), suscitant des angoisses fondées, suffisantes pour nous demander si nous sommes bien prêts à faire face à une pandémie globale.

Une brève radiographie historique des pandémies et de leurs conséquences : état des lieux

L’Histoire regorge de cas de pandémies qui se sont révélés désastreux pour l’évolution de l’humanité. Du choléra, qui a sévi à sept reprises dans des proportions effroyables, jusqu’à la peste noire ayant causé l’extinction de 30 millions d’individus – soit de 30 à 50% de la population européenne au XIVème siècle – en passant par la variole et le VIH, les pandémies ont connu une ampleur indescriptible. Mais ce qui est le plus à craindre, c’est que la plupart de ces pathologies ne doivent pas être considérées comme éradiquées ; bien au contraire, certaines d’entre elles reviennent, parfois même avec une mutation qui renforce leur létalité. C’est ce qui a caractérisé la grippe espagnole de 1918-1919, dont la sévérité était due à un renforcement de la grippe saisonnière H1. Dans la majorité des cas, la mise en quarantaine a été la mesure phare instaurée pour lutter contre la transmission de la maladie à tel point que l’on considère généralement la lèpre comme l’une des situations les plus liées à ce mode de défense. En outre, certaines maladies, potentiellement guérissables, développent des résistances multiformes et persistent malgré leur ancienneté. C’est le cas de la tuberculose, une des 10 premières causes de mortalité dans le monde, qui touchait encore en 2018 jusqu’à 10 millions de personnes et en tuait 1,5 million.

Alors que faire ? Evidemment, si vaccinations, traitements et précautions sont de rigueur pour des maladies notoires, sommes-nous capables de gérer une nouvelle épidémie inconnue et extrêmement violente en même temps qu’extrêmement contagieuse ? Hélas pour nous, nombreux sont les éléments qui poussent au pessimisme. Ainsi, depuis les moyens employés pour contrer Ebola en 2014, les investissements engagés pour lutter contre une maladie n’ont cessé de baisser pour atteindre désormais leur niveau le plus bas, c’est-à-dire une diminution de 50% des budgets alloués à la sécurité sanitaire. Les financements reculent aux Etats-Unis notamment, eux qui représentent pourtant le centre névralgique de la coopération internationale pour la lutte contre les pandémies mondiales. Or, cette dégradation survient à un moment où la potentialité d’apparitions de maladies zoonotiques est au plus haut. Ebola vient effectivement de se déclarer de nouveau en Afrique, cette fois-ci en République Démocratique du Congo et la Chine semble constituer un nid à pathologies entre le nouveau coronavirus et le renouvellement des épidémies de H7N9. Sachant que la Chine dispose de son propre Centre de détection et de préservation des maladies, ce qui n’a pas empêché le virus de s’étendre et de s’exporter, à quoi devons-nous nous attendre lorsque 30 000 individus traversent quotidiennement le Pacifique et que le surpeuplement guette ? La crainte est fondée, surtout lorsque de nombreuses études estiment que les outils de santé publique de base perçus comme indispensables pour affronter une pandémie sont à 90% insuffisamment développés afin de répondre à la prochaine grande maladie infectieuse.

Ebola et le coronavirus chinois, des cas isolés ou des exemples concluants et annonciateurs ?

Xi Jinping, l’actuel président chinois, a affiché une fermeté claire face au 2019-nCoV, déclarant lors d’une rencontre avec le directeur général de l’OMS à Pékin : « L’épidémie est un démon. Nous ne permettrons pas au démon de rester caché. » Aujourd’hui, malgré les performances et les avancées de la science, il est impossible de déterminer toutes les maladies. Néanmoins, leur quantification reste possible et certaines estimations évalueraient le nombre de virus capables de contaminer des mammifères à plus de 320 000. Malheureusement, comme toute recherche scientifique, leur détermination coûterait 6 milliards de dollars. A la place, les incertitudes pleuvent. Quelle sera la prochaine pandémie, son ampleur, ses dommages ? Nous n’en savons rien. Sa prédiction relève encore de l’irréaliste bien que la piste du virus transmis par un animal reste la plus vraisemblable, elle qui est à l’origine des deux dernières pandémies globales. En un siècle, un peu plus de 330 maladies infectieuses se sont déclarées parmi lesquelles 60% étaient induites de pathogènes zoonotiques. Trois facteurs doivent en fait être réunis pour favoriser un développement infectieux : une population dense, une biodiversité pléthorique et un changement d’emploi des terres. La Chine, au même titre que l’Afrique de l’Ouest, constitue une zone géographique particulièrement exposée à ce mélange mortel. L’épidémie de SRAS, qui est apparue à Hong-Kong en 2002, dans un des territoires les plus densément peuplés du monde – 6 350 habitants au km2 en 2000 – a posé les bases d’un modèle qui risque de se reproduire à l’avenir. Le surpeuplement et le réchauffement climatique rendront ainsi de nouvelles populations aptes à contracter des maladies, par souci d’accroissement de la promiscuité et des animaux vivants dans des zones géographiques chaudes comme les moustiques.

La pandémie, notre apocalypse ?

Une des rares satisfactions vis-à-vis de la menace pandémique concerne sans aucun doute le taux de couverture vaccinale. La plupart des pays ont en effet établi des stocks de vaccins conséquents afin de mener une lutte sans merci contre les principales maladies. Même dans les régions les plus reculées, le taux de couverture s’est accru, constituant une réelle prouesse et une belle promesse pour l’avenir de l’humanité. Mais les résultats probants obtenus face aux dernières maladies et les rêves d’une nette amélioration sont venus se briser face à la dure réalité économique. Stephen Hawking n’avait-il pas lui-même accordé un de ses chapitres aux pandémies globales dans ses théories sur l’extinction de l’humanité ? Et comment ne pas lui donner raison lorsque le spectre de l’insécurité sanitaire plane ? Le monde n’est pas prêt pour combattre sa prochaine pandémie. Les exemples de virus génétiquement modifiés viennent accentuer chaque jour davantage cette conclusion funeste quand ce n’est pas l’ombre d’une guerre biologique mondiale.

Raphaël DELAGNES

Au Liban, entre protestations politiques, crise économique et fracture sociale : l’étau se resserre

Depuis l’éclatement de la guerre civile en 1975 qui avait traumatisé le pays jusqu’en 1990, exception faite de la guerre israélo- libanaise de 2006, le pays du cèdre n’avait plus connu de crise aussi flagrante que celle qui semble endolorir le pays aujourd’hui. Jusque-là perçu, et ce de manière plus ou moins judicieuse, comme le seul havre de paix dans une région du monde accablée par les conflits et les luttes religieuses, le Liban ne semble plus désormais constituer une exception en termes de niveau de vie et de sécurité au Moyen- Orient. De « Suisse du Moyen-Orient », le Liban paraît s’être mué en « Grèce du Moyen- Orient ». En dépit de la stabilité de son système politique, assurée par un confessionnalisme d’Etat, et de sa prospérité économique, bâtie sur un empire diasporique et une classe entrepreneuriale notoire, le Liban ne connaît plus qu’une progressive dégénérescence de ses forces vives. Le pays est même à l’arrêt, presque paralysé alors que l’endettement public explose. Or, avec une dette qui vient de culminer à plus de 150% du P.I.B. et un déficit qui avoisine les 11% – faisant du Liban l’un des pays les plus endettés du monde -, le pays se positionne désormais aux portes de l’effondrement financier. Aussi, bien que les prévisions initiales du F.M.I. aient pu être optimistes pour l’année 2018, visant de 1,5 à 2,2% de croissance du P.I.B., ce dernier n’a plus dépassé les 0,2% depuis deux ans. Et surtout, le peuple libanais ne se reconnaît plus dans ses élites.

La rupture du lien entre représentants politiques et société civile semble être consommée, symbolisée à plus d’un titre par l’éviction du premier ministre Saïd Hariri 13 jours après le début des manifestations. A tous les niveaux donc, le Liban est dans l’impasse. Et pourtant, la résolution de cette polycrise serait sans aucun doute le meilleur moyen d’installer un véritable Etat laïc dans le pays. Du reste, si la communauté internationale avait déjà anticipé le probable déclenchement d’une telle situation par le passé, inquiétude personnifiée par la tenue de la conférence du Cèdre à Paris en 2018, on peut sans aucun doute lui reprocher son inactivité depuis. Or, sans structure supranationale pour pallier le problème comme l’U.E. vis-à- vis de la Grèce, autant dire que le Liban s’apprête à entrer dans une phase ô combien dramatique pour un pays d’à peine plus de 6 millions d’habitants et près de quatre fois moins riche que la péninsule grecque.

Aux fondements du ras-le-bol libanais 

Si Jean-Paul Sartre avait déploré la dépolitisation de la jeunesse française avant les événements de mai 1968, côté libanais, précisons que le début des manifestations ce 17 octobre a d’abord été l’apanage de la jeunesse. Aux fondements des protestations du peuple libanais se trouve donc l’annonce par le gouvernement d’une taxe sur les appels WhatsApp. Or, au Liban, où les coûts relatifs aux télécommunications sont déjà parmi les plus chers de la région, cette application est fortement utilisée par la population. Autant dire qu’à l’annonce d’une taxation des appels à hauteur de 20 centimes de dollars – soit 18 centimes d’euros ou 300 livres libanaises -, la société, en grande partie jeune, s’est précipitée dans la rue pour réclamer la « chute du régime » au son de l’hymne national. Devant l’ampleur des manifestations, à Beyrouth certes mais dans plusieurs autres localités régionales aussi, le gouvernement s’est hâté de rendre la loi caduque, sans succès pour retarder ou diminuer le mécontentement social, déjà exprimé par des blocages routiers et des brulements de pneus.

Du cynisme d’Etat vers une néo-crise grecque ? La colère sociale ne se limite toutefois pas aux affaires sociales. C’est aussi le résultat d’années de détérioration économique. Effectivement, le Liban connaît depuis l’amorce de la guerre civile syrienne en 2011 une véritable aggravation de sa santé économique. Sa balance des paiements courants est ainsi la pire du monde après celle du Mozambique. La pénurie de dollars est également d’actualité et les angoisses de dévaluation guettent. De plus, au même titre que la plupart des pays du monde, viennent s’ajouter à ce marasme total, l’accroissement du déséquilibre des services publics et l’augmentation des inégalités. On estime ainsi qu’au Liban les 1% plus riches détiendraient 40% des richesses du pays. Mais plus que tout, les Libanais ne supportent plus l’état de corruption dans lequel ils vivent. Placé au 42ème rang des pays les plus corrompus du monde selon l’ONG Transparency International, l’Etat libanais n’est plus en mesure d’assurer à chacun les besoins vitaux auxquels ses ressortissants aspirent, ne serait- ce que l’eau ou l’électricité. Ainsi, si la lutte contre la corruption devrait constituer un cheval de bataille pour l’administration libanaise, à contrecourant de toute logique, l’Etat libanais s’est plutôt décidé à proposer une loi visant l’amnistie pour les individus passibles de crimes de corruption. Un comble à bien des égards pour la population libanaise qui s’est dit scandalisée, réunie sur tout le territoire dans un gigantesque élan de mobilisation. De tous les coins du Liban, les manifestants se sont insurgés allant jusqu’à créer une chaîne humaine sur près de 170 kilomètres de long, un exemple unique d’unité nationale.

De manière générale, chez le peuple libanais, c’est un dégraissement entier de la classe politique qui est exigé, elle qui n’a plus été renouvelée depuis l’épisode tragique de la fin du dernier siècle. De fait, au-delà de l’assombrissement économique, c’est avant tout l’indignation politique qui est à l’œuvre au Liban. Dans un pays multiconfessionnel, où chacun des postes-clé de l’Etat a été attribué par la Constitution à un individu de religion différente – le poste de Premier Ministre étant exclusivement réservé à un sunnite, celui de Président de l’Assemblée dévolu obligatoirement à un chiite et celui de Président accordé expressément à un chrétien maronite -, cette immobilisation avait d’ailleurs permis la persistance des dynasties à de telles positions régaliennes. Pour le peuple libanais, c’est le dégagisme intégral qui est réclamé. Les slogans à ce sujet se multiplient, de l’explicite « Tous, ça veut dire tous » au plus acerbe « Nous avons commencé avec Hariri et nous allons continuer avec Aoun et Berri » (NDLR : Aoun (Michel), actuel Président de l’Etat libanais depuis octobre 2016 et Berri (Nabih), à la fois Président du Parlement libanais depuis 1992 et leader du mouvement Amal). Il va sans dire que la mort d’un manifestant et le suicide de cinq personnes pour des motifs de précarité économique sont venus exacerber la rancœur du peuple vis-à-vis de la classe dirigeante, de plus en plus esseulée.

La fragilisation ou le renouveau ? 

Alors que la démission d’Hariri a été vécue comme un premier pas vers l’établissement d’un nouveau régime plus transparent et plus représentatif pour les Libanais, la communauté internationale a elle émis à l’encontre de l’éviction du Premier ministre davantage de réserves. Les Etats-Unis comme la France se sont dit alarmés par la situation à venir dans l’ancien mandat de l’Hexagone, prétextant que l’évincement de la classe politique actuelle n’aurait que pour conséquence une recrudescence de l’état d’urgence et recommandant un remplacement rapide des magistratures principales afin que le pays ne connaisse pas une déstabilisation encore plus grande. Le Hezbollah s’est, lui aussi, inséré dans les débats. Membre de la coalition gouvernementale formée par Hariri, il s’est dit ulcéré par les attaques verbales lancées à l’encontre de ce primus inter pares. Et là se situe sans aucun doute le nœud du problème. Le sommet hiérarchique de l’Etat reste soutenu de près par les mouvements chiites pro-iranien comme le Hezbollah et Amal qui freinent toute réforme dans le pays. Reste à savoir si, à défaut de soutien autre que moral de la part des puissances étrangères, la société civile va se montrer suffisamment solide pour tenir tête à ces groupements qui organisent la corruption et le clientélisme au plus haut niveau de l’Etat. Espérons en tout cas que le Liban parvienne à surmonter cette épreuve au plus vite et sans recourir à la violence, écueils qui caractérisent encore à ce jour son voisin le plus proche (la Syrie). Enfin, certains semblent profiter de la déstabilisation qui règne actuellement sur les bords de l’ancien mandat français comme l’ex-PDG de Renault-Nissan Carlos Ghosn désormais en fuite. Le Liban, en somme, à force de se faire le creuset des différentes tensions géopolitiques, qu’elles soient nationales ou internationales, risque de boire le calice jusqu’à la lie.

Raphaël DELAGNES 

 

Pour M. Trump, un accord « historique » entre les Etats-Unis et la Chine. Mais qu’en dit l’histoire ?

Pour M. Trump, un accord « historique » entre les Etats-Unis et la Chine. Mais qu’en dit l’histoire ?

Le 14 février dernier, soit 30 jours après sa signature, le premier traité visant à mettre fin à la guerre commerciale sino-américaine lancée par l’administration Trump en 2018, accord dit de phase 1, est entré en vigueur. Depuis deux ans en effet, les relations sino-américaines n’ont cessé de se distendre, à tel point que les deux nations se sont opposées ouvertement à de multiples reprises par des mesures de répression et de contingentement sur les produits vendus et exportés par le concurrent. L’argument principal de la politique protectionniste mise en place par Donald Trump a été celui de faire diminuer l’exorbitant déficit commercial que les Etats-Unis entretenaient et entretiennent encore à l’égard de la Chine puisque celle-ci représente près de 17% de la dette souveraine des Etats-Unis. Deuxième créancier du pays derrière la Réserve Fédérale Américaine, la Chine constitue effectivement une menace réelle à l’hégémonie et aux ambitions américaines dans le monde. On estime d’ailleurs son déficit en termes d’échanges commerciaux à 375 milliards de dollars ce qui mine drastiquement la compétitivité américaine. Aussi, Donald Trump n’a donc pas caché sa satisfaction à l’annonce de la ratification de cet accord, le qualifiant à la fois d’« historique » et d’« incroyable ».

En revanche, côté chinois, les médias sont restés plus mesurés, eux qui sont d’habitude fortement enclins à l’exagération, reléguant au mieux l’accord au rang d’« important ». Il est vrai que la Chine est actuellement prise entre plusieurs feux (montée du mouvement démocratique à Hong-Kong, élection d’un candidat réfractaire à la RPC à Taïwan et surtout lutte contre l’épidémie et la contagion du coronavirus) et doit lutter sur plusieurs fronts simultanément, ce qui fragilise sa position géopolitique d’autant qu’à défaut d’apparaître comme la perdante de l’accord, il faut admettre que depuis le début des hostilités, la Chine subit davantage de pressions qu’elle n’en exerce. Du reste, cette opposition, qui en arrive ainsi à un tournant majeur de son déroulement, n’a pourtant rien de bien surprenant lorsqu’on la projette dans une perspective historique.

La guerre commerciale sino-américaine, explications et radiographie

Les Etats-Unis, puissance dominante par excellence depuis 1990, semblent avoir perdu il y a quelques années maintenant leur rôle de gendarme du monde mais surtout leur image de parangon du libéralisme, que le pays symbolisait à juste titre depuis l’implosion de son dernier grand rival historique : l’U.R.S.S. Effectivement, l’apparition sur le devant de la scène internationale de nouvelles puissances corrobore l’idée d’un monde devenu multipolaire ou plus justement polycentrique auquel se rattachent précisément diverses crises polycentriques entres autres micro-affrontements ou conflits de basse intensité. Or, certaines puissances viennent désormais contredire la domination sans conteste qu’exerçaient les Etats-Unis depuis le début des années 1990. Ces puissances, dites révisionnistes, s’attaquent progressivement au leadership américain. Pour les Etats-Unis, ces rogues states – Corée du Nord, Iran et donc Chine – tels qu’ils furent définis sous le mandat de Bush fils, sont autant de menaces qu’il s’agit de contrer. La Chine, donc, depuis l’effort de modernisation et de mondialisation amorcée par Deng Xiaoping dans les années 1980, est devenue un modèle d’économie sociale de marché et tente, grâce à la formidable sous-évaluation du yuan et par conséquent à la force de ses exportations, de s’imposer comme le nouveau chantre du libéralisme.

Première puissance exportatrice mondiale depuis 2009 et première puissance économique du monde tout court depuis 2014, la Chine s’est donc présentée comme le principal adversaire du « Make America great again » de Donald Trump. Pour le milliardaire américain, qui s’est mis en tête que tous les maux de l’Amérique étaient dus aux puissances étrangères, Canada et Mexique billets en tête, ce qui a conduit irrémédiablement à la révision de l’ancien ALENA, la Chine demeure l’ennemi n°1. Paul Ricœur, qui parle de mémoire empêchée, mémoire manipulée et mémoire abusée dans son œuvre La Mémoire, l’Histoire, l’Oubli, a ici quelque chose d’intéressant à nous apporter, car Trump semble nouer avec sa base électorale une relation de manipulation jouant de l’histoire pour légitimer ses actions sur le plan commercial. Et les théories de François Hartog et Jacques Revel permettent de mettre en relief l’idée d’une manipulation du passé. Donald Trump se place comme le nouveau défenseur de la « destinée manifeste » des Etats-Unis. De fait, la Chine, il est vrai, a une balance commerciale extrêmement excédentaire vis-à-vis des Etats-Unis, ce que l’ancien présentateur TV perçoit comme de la concurrence déloyale.

En réalité, le point sensible de la relation sino-américaine est simple bien que plus subtil. La Chine, en effet, met en pratique une économie excessivement désavantageuse pour ses partenaires qu’elle tire de son passé communiste. En fait, l’Empire du milieu pratique le dumping à outrance, c’est-à-dire une tarification des prix plus faible à l’étranger que sur son propre territoire et pose des conditions à l’entrée d’entreprises étrangères sur son marché intérieur attractif d’un milliard de consommateurs potentiels comme le legs de la technologie associée. C’est ce chantage que les Etats-Unis ont cherché désespérément à dénoncer auprès de l’OMC mais ne voyant pas de solution en sortir, ont décidé de contraindre la Chine selon d’autres dispositions unilatérales. Celles-ci ont été la hausse des droits de douanes sur de nombreux produits chinois (25% sur l’acier ; 10% sur l’aluminium), ce que la Chine n’a pas tardé à faire en retour également sur certains produits américains allant même jusqu’à arrêter temporairement ses importations agricoles venues de l’Oncle Sam.

Une Chine en pleine ascension qui vient contester la suprématie américaine : assistons-nous à une nouvelle guerre froide ?

Il faut voir dans cette guerre commerciale, une nouvelle guerre froide, cette fois-ci surtout de nature économique avec ses hauts et ses bas, ses phases de tensions et ses phases de réconciliation. Cette guerre commerciale apparaît donc au regard de l’histoire contemporaine – l’histoire agissant donc comme un miroir comparatif – comme un support où l’on voit que le capitalisme libre-échangiste tel que le concevait Francis Fukuyama n’est plus immuable et que s’il a triomphé d’un autre modèle d’économie, cela n’empêche pas d’autres acteurs de pouvoir maintenant en revendiquer la représentation parfois plus que les Etats-Unis eux-mêmes. Et ce conflit est même de nature technologique. Effectivement, la Chine cherche à se moderniser continûment dans la perspective de son plan d’innovation : le MIC25 (à comprendre comme « Made in China 2025 »). C’est d’ailleurs l’axe principal de sa politique de façon à se placer comme le leader des prochains secteurs-clés de l’économie. On peut voir par-là, un retour de la « course aux armements » et de la course aux technologies qui avait caractérisé la guerre froide américano-soviétique. En l’occurrence, si du point de vue militaire, la Chine ne peut pas encore rivaliser avec les Etats-Unis, elle est toutefois en mesure de le faire sur le plan des cyberattaques.

Cet accord ne semble ainsi apparaître que comme un remake des périodes de cohabitation qui avaient plusieurs fois marqué le conflit entre les Etats-Unis et l’U.R.S.S. Pour aller plus loin dans l’analyse historiographique, ce conflit paraît réactualiser les vieux contentieux internationaux qui avaient animé les sociétés des années 1930 durant lesquelles les Etats avaient exacerbé le protectionnisme et s’étaient tournés vers davantage d’autarcie. A travers cette guerre commerciale, Trump espère en effet relancer le commerce de proximité, stimuler la compétitivité américaine et relocaliser. The Guardian émettait lui-même un avertissement sur la portée et l’avancement de cette guerre commerciale : « Il va de soi que nous n’avons pas connu de semaines aussi décisives pour le commerce mondial depuis les années 1930. » A l’image de ce qui s’était produit ces années-là, le commerce international pâtit de cette guerre commerciale et connaît un profond ralentissement. Chacun opère un repli sur soi, ce qui n’arrange rien au niveau des marchés financiers déstabilisés à chaque annonce du président américain ou de dévaluation chinoise. Cette relation est plus généralement une illustration parfaite de ce que Graham Allison appelait le « piège de Thucydide », c’est-à-dire l’émergence d’une puissance venue contester l’hégémonie d’une puissance déjà établie.

De néo-guerre froide à néo-crise de surproduction ?

Cet accord, bien qu’il ne constitue qu’une sorte de trêve temporaire entre les deux nations, semble donc faire un pied de nez à l’histoire. Face aux ébranlements passés des marchés financiers qui s’étaient produit le fameux mardi noir d’octobre 1929 et le 9 août 2007, cet apaisement relatif permet d’entrevoir une issue positive pour le monde. Les concessions faites par le régime chinois sont donc une belle promesse face à la possible menace de l’implosion des marchés et l’explosion de la bulle spéculative. Ce qui est intéressant, c’est que Trump utilise des arguments historiques pour mener son entreprise. Il utilise l’histoire à son avantage afin de raconter une histoire, de poursuivre l’histoire, son histoire. L’histoire est ici instrumentalisée. Robert Schiller, prix Nobel d’Economie en 2013, soutient cette thèse. Le terme de guerre est prononcé pour attirer l’attention publique et en faire un acteur de premier plan, en l’occurrence le défenseur des intérêts américains. Il n’est donc pas surprenant que le 45ème président des Etats-Unis ait vécu cet accord comme une victoire. Les mots sont donc aussi importants que les faits. L’histoire devient une arme au service de son support électoral.

En outre, la guerre commerciale sino-américaine n’est pas nouvelle, un cas unique dans l’histoire. Cette querelle commerciale n’est qu’une nouvelle dispute pour les Etats-Unis qui ont déjà eu droit à un tel affrontement avec le Japon et la RFA dans les années 1970 et qui avaient abouti à des RVE (Restrictions Volontaires d’Exportation) sur des produits aussi différents que l’électroménager ou l’automobile. Trump s’appuie donc sur des méthodes qui ont fait leur preuve puisque son prédécesseur Ronald Reagan n’avait pas hésité à taxer certains produits électroniques nippons à hauteur de 100%. Cependant, l’histoire permet aussi de faire des comparaisons passé/présent. Ainsi, nous pouvons remarquer que la guerre commerciale qui anime aujourd’hui le monde n’est pas entièrement la même que celle des années 1980 ou des années 1930 qui s’étaient soldées par les conséquences désastreuses du tarif Hawley-Smoot. Effectivement, le monde est désormais interconnecté et interdépendant. Pour concevoir un produit, les importations sont devenues cruciales car la chaîne de production est mondialisée. A l’heure actuelle, ce n’est plus de 20% mais de 40 à 60% de composants étrangers importés dont sont formés les produits semi-finis. L’affrontement commercial est donc bien une tare pour tous les acteurs libéraux du monde.

Et le coronavirus dans tout ça ?

La question est pertinente d’autant que la réponse pourrait en surprendre plus d’un. Non contents de se trouver dans une situation équivalente qui semblerait jouer en faveur de l’apaisement, Chine et Etats-Unis continuent au contraire de se livrer bataille à distance dans un jeu de dupes à grande échelle. Alors que jadis les crises pandémiques (SRAS, Ebola) avaient participé à l’essor d’un mouvement de solidarité entre les Etats-nations, les deux pays jouent désormais la carte de l’isolement. S’il est vrai que la distanciation entre les deux États a permis aux Etats-Unis de retarder la crise – baisse du nombre d’entrées de ressortissants chinois sur le territoire américain en raison de la guerre commerciale –, nul doute qu’aujourd’hui les Etats-Unis, nouveaux cluster principal de l’épidémie, ont renforcé leur haine par rapport à l’« oppresseur » chinois. Et là n’est pas le seul motif qui attise les foudres de M. Trump, furieux par ailleurs que la Chine puisse prétendre que le coronavirus ait été implanté dans la province du Wuhan par l’armée américaine. Les théories complotistes à ce sujet continuent d’émailler la toile, elles qui voient dans cette crise un nouveau moyen de coercition inventé par l’Occident afin de nuire à l’affirmation chinoise. Dans tous les cas, manipulation ou pas, les dispositions lancées par les deux États ont été claires : éviction des journalistes issus du pays adverse. Ces mesures qui traduisent une absence totale de dialogue entre les deux États combinées à la plus grave récession jamais connue depuis 1945, soyez-en sûrs, pèseront lourd dans la balance mondiale.

En bref …

En somme, l’histoire peut avoir de quoi s’insurger quant aux déclarations de M. Trump. Evidemment que le côté inédit de l’accord est à souligner mais cela en fait-il un accord « historique » ? Tout au plus l’histoire nous permet-elle d’apporter un éclairage évident sur la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis pour en contester la nouveauté. Donald Trump a employé l’histoire à ses propres fins politiques et s’en est accommodé de manière à en tirer parti au niveau électoral. Enfin, comme nous regardons le passé avec les yeux du présent, tel qu’ont pu le dire en leur temps Hegel et Croce, cet accord nous permet de revoir en conséquence notre appréciation des guerres commerciales du passé lesquelles auraient donc pu connaître aussi des phases de désescalade comme nous en vivons certaines aujourd’hui.

Raphaël DELAGNES