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Dubaï : Paradis des riches et survie des travailleurs immigrés

Dubaï : Paradis des riches et survie des travailleurs immigrés

Ce hub touristique économique à la position stratégique déterminante s’est développé ces 30 dernières années grâce à des ressources pétrolières essentielles dans un contexte de mondialisation. Ville futuriste où la démesure n’a pas de prix, on lui reproche tout de même  son passé et sa culture loin des villes européennes qu’on connaît. Elle jouit cependant d’un climat ensoleillé sous des températures avoisinant les 45 degrés, avec des infrastructures modernes et des projets tous plus grandioses les uns que les autres. Dubaï fascine et attire l’attention, quitte à mépriser les défis écologiques mondiaux. Cette ville de la démesure où rien ne semble impossible attire les milliardaires des pays riches mais aussi des travailleurs des pays les plus pauvres.

 

En effet, depuis la découverte du pétrole, les pays du golfe ont toujours attiré les travailleurs du monde entier, la question des travailleurs immigrés revenant régulièrement dans la presse, d’autant plus avec la construction des infrastructures pour le mondial de football qui se déroulera en 2022 au Qatar. Les conditions de travail parfois douteuses font l’objet de rapports par les associations de défense des droits de l’homme, à l’instar d’Amnesty International ou de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), qui les qualifient d’« esclavage moderne ».

 

A Dubaï, seul 10% de la population est originaire des Emirats Arabes Unis tandis que les immigrés en représentent 84% (il y a plus de 9.4 millions de migrants à Dubaï (environ 6.7 millions d’hommes et 1.6 million de femmes)). En dehors des Emiratis ou de personnes aisées venues d’Europe, la plupart des immigrés viennent des pays avoisinants comme le Bangladesh, le Pakistan, les Philippines ou le Népal pour travailler dans cette ville offrant des salaires 3 à 4 fois supérieurs à ceux que leur offrirait leur pays natal. Ces migrants non qualifiés fuyant leur pays en guerre ou dans l’extrême pauvreté viennent travailler dans différents secteurs (la vente au détail 17%, les productions privées 14%, la construction 14% ou le transport 9%) et occupent des métiers souvent risqués sans protection sociale, et des conditions de vie déplorables diamétralement opposées à l’image que Dubaï veut donner au reste du monde : la ville de la démesure où tout est possible. Une main-d’œuvre peu chère, qui accepte pourtant de travailler dans ces conditions pour envoyer de l’argent au reste de la famille resté dans le pays d’origine afin de subvenir à leurs besoins. Les immigrés doivent parfois s‘endetter pour acheter leur contrat de travail pour avoir le droit de travailler. Ils vont pour la plupart gagner au maximum 120 dollars par mois, pour 50 heures de travail par semaine de jour comme de nuit sous des températures approchant les 45 degrés dans le but de construire des villas qui seront vendues des centaines de milliers de dollars. De plus, à leur arrivée les travailleurs venus d’autres pays doivent obligatoirement remettre leur papier d’identité à leur employeur. Mesure à priori théoriquement administrative mais qui se révèle comme un moyen de pression absolu pour cette main d’œuvre bon marché et prête à tout pour subvenir à ses besoins vitaux et à ceux de ses proches.

 

Cependant, depuis l’apparition du COVID-19, en 2020, les 15 millions de touristes attendus ne sont pas venus, et l’aéroport le plus fréquenté du monde est presque vide. Comme dans beaucoup d’autres pays, mais surtout à Dubaï où la ville des Emirats Arabes Unis se finance majoritairement par le tourisme, l’économie tourne au ralenti et les chantiers sont à l’arrêt. Les très riches monarchies du Golfe sont touchées de plein fouet par le virus et ses conséquences économiques avec notamment le prix du pétrole, ressource essentielle à Dubaï, en chute libre. Pour limiter leurs pertes, la majorité des entreprises de Dubaï licencie massivement sans préavis, sans indemnités et souvent sans payer le dernier mois travaillé. Ainsi, loin du centre-ville et de sa tour la plus haute du monde, dans les quartiers de Sonapur à 2h de bus, sont situés les camps de travailleurs. Des centaines de milliers d’hommes sont ici coincés vivant à 9 dans des chambres de 9m². Ouvriers, restaurateurs, laveurs de voiture se retrouvent sans emploi, donc sans revenus et peinent à trouver de l’argent pour continuer à dormir dans ces camps. Ils s’endettent auprès des vendeurs, pour aller vendre la nuit sur des marchés improvisés et illégaux de la marchandise. Mais une fois celle-ci remboursée, il ne leur reste que quelques centimes pour payer leur loyer et se nourrir, envoyer alors de l’argent à leur famille, pourtant dans l’attente, ne figure plus parmi les options.

 

Ces immigrés, désormais sans emploi, ont également perdu le droit de résidence. Ils vivent donc dans l’illégalité et doivent vivre cachés pour éviter d’être expulsés alors qu’aucun Emirati n’accepterait d’occuper leur travail bien qu’indispensable. Pourtant, le gouvernement des Émirats Arabes Unis veut se séparer des travailleurs pauvres devenus indésirables en temps de crise. Ainsi, il leur a donné un délai de quatre semaines pour quitter le pays sous peine d’une amende 2500 euros.  Ils n’ont cependant pas les moyens d’acheter un billet d’avion pour rentrer dans leur pays car ces derniers sont devenus rares ou leur prix a doublé. D’autant plus qu’il leur faut souvent de l’argent supplémentaire pour refaire un visa que leur employeur a gardé malgré leur licenciement. Ainsi, près d’un million d’immigrés à Dubaï seraient dans cette situation causée par la pandémie du Covid-19.

Ceux qui ne souhaitent pas rentrer pour tenter tant bien que mal de subvenir à leur besoin à Dubaï en trouvant du travail coûte que coûte, finissent par se faire expulser. Ainsi en 2020 la population des Emirats aurait baissé de plus d’un million d’habitants. Les quelques travailleurs immigrés qui ont eu la chance de conserver leur emploi ont subi, eux encore une diminution de leur salaire.

 

Par Léa MENARD

Encore une crise dont la France ne saura pas se relever ?

Encore une crise dont la France ne saura pas se relever ?

Le but de cet article n’est en aucun cas de donner des conseils à qui que ce soit. L’objectif est simplement de tenter de comprendre comment la France s’enfonce depuis maintenant 50 ans et pourquoi une telle descente aux enfers ne semble pas encore prête de se terminer.

 

Rapide historique depuis 1970

Depuis 1970, le monde a enchaîné les crises économiques, chacune se voulant plus grave que la précédente : le premier choc pétrolier de 1973, le second de 1979, l’hyper financiarisation des années 1980, la crise de 2008 et maintenant la Covid. Citer l’évolution des chiffres du chômage sera sûrement plus révélateur : en 1973, la France avait 450 000 chômeurs, un nombre qui nous paraît presque miraculeux aujourd’hui. En 1980, après le second choc pétrolier, le nombre de chômeurs est passé à 1,9 millions. Une multiplication par 4 en sept ans : preuve que la France n’a pas su comment remettre au travail les chômeurs de 1973. En 2008, nous atteignons et dépassons le chiffre symbolique des 2 millions. Peu de temps après, la France perd son triple A et nous pensons tous avoir touché le fond. Que dire aujourd’hui alors ? Le premier trimestre de 2020 voit le nombre de chômeurs passer à 3,3 millions, pour atteindre les 4,4 millions au troisième semestre de 2020. Si nous résumons ces chiffres tous plus alarmants les uns que les autres, ce n’est pas tant le nombre de chômeurs par année qui doit nous inquiéter, mais le fait que la France a prouvé, durant ces 50 dernières années, qu’elle n’est pas capable de se relever d’une crise, et que chaque nouvelle crise ne fait que s’accumuler à la précédente. La plupart des autres pays avait réussi à se relever du 1er choc pétrolier lorsque le second a frappé. Lorsque la Covid a frappé en 2019, la crise de 2008 n’était qu’un lointain souvenir pour les Etats-Unis là où, en France, nous n’avions fait que nous enfoncer. Nous étions donc au plus bas lorsque la Covid est venue empirer les choses. Un petit zoom sur la crise actuelle est alors nécessaire.

 

 

La crise économique actuelle

La crise liée à la Covid n’est pas seulement économique, elle touche tous les secteurs d’activité mais, comme toute crise qui se respecte, le premier domaine touché est l’économie, afin d’affaiblir le pays et pouvoir ensuite mieux s’attaquer au reste de l’activité. La comparaison entre le virus Covid et la crise Covid est alors la bienvenue puisque les deux viennent affaiblir leur hôte pour pouvoir ensuite mieux le détruire. Citer les chiffres de la crise française (baisse des exportations, récession, déficit commercial…) ne serait pas pertinent puisqu’une telle crise est inédite et historique et entraîne nécessairement des baisses. Le gouvernement peut être à blâmer pour beaucoup de choses dans cette crise, mais il reste vrai qu’il n’existait pas de mode d’emploi sur la façon de faire face à la Covid. Cependant, un indicateur en dit long sur l’état de la France : au second semestre 2020, le PIB français a chuté de 13.8%, soit, le plus fort recul de l’activité depuis 1949. Il semble donc que notre activité soit comparable à celle de la France post-seconde guerre mondiale, encore victime de rationnement. Pourtant, nous sommes loin de nous sentir aussi faibles que pouvaient se sentir nos ancêtres en 1949. Comment expliquer cela ? La vérité est-elle que les chiffres ne sont pas concluants et que les deux situations sont bien différentes ou que la seule force de notre économie est de posséder un écran de fumée capable de cacher la véritable crise qui sévit ? La vérité est peut être à mi chemin entre ces deux propositions. Actuellement, beaucoup de personnes ont « bénéficié » pendant les confinements du chômage partiel. Pendant plusieurs mois, ils ont été payés à rester chez eux, à ne rien faire et à profiter de leur temps libre, autrement dit : une crise loin d’être critique. A l’inverse, lorsque nous allons commencer à revoir nos proches dans quelques semaines, nous allons vite réaliser que les personnes vivant seules ont changé, sont moins dynamiques, que les jeunes qui commençaient à travailler n’ont plus envie de se lever et de retrouver un rythme imposé, que les étudiants ne sont plus capables de rester concentrés pendant plusieurs heures sur un cours ou que les personnes actives ne veulent plus subir l’enfer des transports publics matin et soir… A ce moment-là, la crise risque de se révéler bien pire que nous ne l’avions envisagée : ce ne sera pas seulement une économie à relancer, mais toute une population.

Aujourd’hui la crise, demain la guerre ?

Le lien n’est pas toujours évident, mais il pourtant bien réel : crise économique et guerre se suivent toujours d’une façon ou d’une autre. Les exemples sont nombreux : la crise de 1929 a entraîné la Seconde Guerre Mondiale, la guerre du Kippour au Moyen-Orient a précédé le choc pétrolier de 1973… Doit-on alors s’attendre à une guerre post-Covid ? Nombreuses sont les questions qui surgissent : qui en seraient les combattants ? Qui déclencherait le conflit ? Pourquoi ? Pour le moment, personne n’a les réponses à ces questions. Aucun d’entre nous ne s’imagine aujourd’hui revenir en 1940, partir combattre sur le front, être réveillé au milieu de la nuit par des bombardements et courir s’enfermer dans un bunker. Et pour cause, une guerre aujourd’hui ne prendrait très probablement pas cette forme. L’Europe n’en serait plus son centre de commandement, mais un terrain d’affrontement, la Chine jusqu’alors absente des grandes guerres en serait probablement une des deux grandes parties et les Etats-Unis ne seraient plus nécessairement les grands sauveurs bienveillants et altruistes. Nous sommes donc face à un futur plus qu’incertain où, même la guerre traditionnelle que nous visualisons tous, ne semble plus être une option. Il semble que ce soit lorsque nous ne savons même plus comment imaginer le pire que celui-ci se rapproche.

La France saura-t-elle relever ce nouveau défi ?

Face à ce nouveau défi qui se profile, la France sera-t-elle en mesure de s’adapter et de répondre convenablement à la situation actuelle ? C’est la question qui est sur toutes les lèvres. Pour l’instant, la France ne s’est pas distinguée dans sa gestion de la crise et ne propose pas de plan de relance convaincant. Elle semble se contenter de suivre, avec quelques semaines de retard, ce qu’ont appliqué ses pays voisins. Le gouvernement se contredit, le Président nous annonce que nous sommes « en guerre », le Premier Ministre est renvoyé mais qu’est-il mis en place, concrètement, pour prévoir la relance de notre économie ? Rien. Exactement la même chose qu’en 1973, 1979 ou 2008. Il semble donc que, même après 50 ans à faire face à des crises, la France n’a toujours pas appris à réagir convenablement, et encore moins à se relever. Nous ne savons toujours pas comment utiliser une crise pour innover, pour développer de nouveaux secteurs ou, tout simplement, inventer de nouvelles solutions. Face à la crise de 1929, les Etats-Unis ont lancé des « New Deal ». Lorsque le second choc pétrolier a frappé, le Royaume-Uni a développé l’hyper-financiarisation de son économie. Et qu’a fait la France ? Elle a attendu que les Etats-Unis viennent la sauver dans le premier cas et guetté la signature de l’Union européenne dans le second. Concrètement ? Elle n’a rien fait. Comment, et même pourquoi, espérer que la situation soit différente cette fois-ci ? Rien ne nous permet d’affirmer que la France ait appris de ses erreurs. Que dire pour notre futur ? Je vous laisse tirer votre propre conclusion, après tout, cet article n’a pas pour objectif de donner des conseils à qui que ce soit…

 

Par Elise CASADO

RDVC EN PARLE N°1

RDVC EN PARLE N°1

Enfin. Voilà le mot qui décrit le mieux le processus qu’a été la création et publication d’un magazine au sein de RDVC. Après des mois de planification, de rédaction, de mise en page, de démarchage, de négociations, de relecture et de recherches, RDVC a ENFIN publié son tout premier magazine. Le processus a été long, voilà un fait indéniable, mais il a aussi été enrichissant, fédérateur et professionnalisant pour les membres de l’association qui s’y sont investis. Le journal que vous tenez actuellement dans les mains (ou que vous allez vouloir tenir dans vos mains après avoir lu cet article) est l’aboutissement d’un projet qui tient tout particulièrement à coeur du pôle Press de RDVC. Ce magazine, ce n’est pas seulement le magazine d’actualité de la tribune étudiante de TBS. Ce journal, c’est le magazine de TBS, de ses associations, pour ses étudiants.

Commençons par le commencement et revisitons la création de ce journal. Né de la volonté du pôle Press de créer un projet concret et solide, tous ses membres ont travaillé d’arrache pied pour, non seulement vous préparer des articles soignés et qualitatifs, mais aussi débusquer des partenaires qui soutiendraient notre beau projet. N’oublions pas que de nombreux partenariats ont été signés pendant la rédaction de ce premier journal. Pour n’en citer qu’un, celui avec Mister Prépa – Planète Grandes Ecoles est très certainement celui dont nous sommes le plus fiers ! Profitons de ce moment pour remercier encore une fois toute l’équipe de Mister Prépa pour nous avoir soutenus et aidés dans le lancement de ce projet. Dans ce contexte, il nous semble primordial de rappeler que le bureau de RDVC a fait preuve d’un soutien indéfectible et a très probablement harcelé la FD bien plus que la bienséance ne l’autorisait pour s’assurer son aide. La FD a, elle aussi, montré et prouvé qu’elle nous soutenait entièrement tant par l’aspect financier que moral.

Rappelons ensuite que ce qui fait la richesse de notre magazine, c’est aussi et surtout la qualité de ses articles. Un grand merci à toutes les associations qui nous ont suivis dans le lancement de ce journal ! C’est vous qui faites la force de ce journal, qui ne serait rien d’autre qu’une succession d’articles, certes de qualité, mais à seuls titre informatifs sans votre participation. En effet, nous sommes tout particulièrement fiers de notre rubrique « L’actualité des assos » qui fait toute la singularité et personnalité de ce journal. C’est grâce à cette rubrique que nous pouvons légitimement nous déclarer être « le journal de TBS » . Enfin, pour ajouter une petite touche journalistique et/ou qualitative à notre magazine, nous vous proposons l’interview de quelques personnalités que nous jugeons être les plus adaptées à notre contenu. C’est ainsi que nous avons interviewé Benjamin Hautin, fondateur de Mister Prépa et Planète Grandes Ecoles, pour vous présenter son parcours et ses conseils pour réussir dans la fondation de votre entreprise.

Comme vous pouvez vous en douter, en cette période difficile, nous avons du adapter la publication de notre magazine en ajoutant un format virtuel à ce dernier. C’est dans ce contexte que nous avons entièrement refait le site internet de RDVC afin de le mettre à jour et de le rendre plus accessible à tous. Cependant, n’hésitez pas à venir réclamer votre exemplaire ! Nous avons tout de même pu imprimer notre magazine en grosse quantité et, après une après-midi très productive de distribution au foyer, nous avons le plaisir de vous annoncer qu’il nous reste des exemplaires ! Contactez-nous pour que l’on vous garde un exemplaire de côté ! Nous comptons sur vous pour manier avec le respect et la délicatesse qui s’imposent le fruit de notre travail.

Sur ces quelques mots, nous vous laissons aller vous précipiter sur notre magazine afin que vous puissiez enfin le découvrir par vous-même… Enfin.

Par Elise CASADO

Les drones ont-ils révolutionné les airs ?

Les drones ont-ils révolutionné les airs ?

I. Qu’est-ce qu’un drone ?

Le terme « drone » est connu du grand public et son utilisation se démocratise de plus en plus dans notre société contemporaine. Mais qu’en-est-il de cet objet révolutionnaire qui alimente notre curiosité mais suscite aussi notre méfiance ? Tout d’abord, commençons par définir ce qu’est un drone et rappeler dans quel contexte ce dernier a été inventé. Le mot drone est d’origine anglo-saxonne, il signifie « faux-bourdon » dans la langue de Shakespeare mais aussi « bourdonnement », « ronronnement », « vrombissement ». Le nom commun « drone » a été choisi en référence au bourdonnement, au bruit engendré par ces machines volantes qui fait directement penser au son que génèrent les insectes. Un autre nom plus parlant a été choisi par la suite, définissant exactement ce à quoi correspond ce type de machines volantes. C’est ainsi que l’on entend plus régulièrement parler d’UAV dans la terminologie anglo-saxonne qui signifie littéralement « Unmanned Aerial Vehicles » que l’on peut traduire en français par « véhicules aériens non habités ». Ce sont des aéronefs, sans passagers ni pilotes à bord qui sont dirigés et guidés à distance. Le terme UAS « Unmanned Aerial System » est également employé prenant en compte le fait que plusieurs sous-ensembles sont nécessaires pour faire voler cette catégorie d’engins. En effet, c’est un ensemble de dispositifs qui rend possible le vol des drones. Il y a tout d’abord ce que l’on appelle le vecteur aérien, la partie qui vole, équipée de capteurs de détection et d’un système de caméra embarquée. Ensuite, sont positionnées au sol, des stations qui assurent les commandes en vol, le recueil d’informations ainsi que les liaisons radioélectriques de données transmises par le vecteur aérien (la partie volante) via des relais de communication tels que les satellites.

Maintenant que nous avons défini précisément et expliqué en détail ce qu’était un drone, intéressons-nous au contexte dans lequel il « a vu le jour » et les raisons pour lesquelles il a été inventé.

 

II. Contexte et raisons de l’invention du drone

L’existence du drone remonte en réalité à la Première Guerre Mondiale. Il a été inventé pour répondre à des besoins militaires. Archibald Low, un ingénieur-conseil mais aussi un physicien de recherche et un inventeur met au point et développe dès 1916, l’Aerial Target, un projet d’avion-cible sans pilote à bord, commandé à distance par le biais des ondes TSF, système d’ondes électromagnétiques. En 1917, les ingénieurs américains Elmer Ambrose Sperry, Lawrence Sperry et Peter Cooper conçoivent un avion radiocommandé, le Hewitt-Sperry Automatic Airplane. Il s’agit d’une « torpille aérienne », « bombe volante », d’un « avion sans pilote » capable d’embarquer une charge explosive pour la diriger sur une cible. De l’autre côté de l’Atlantique, en France, le capitaine Boucher est parvenu le 2 juillet de la même année, à faire voler sans pilote présent à bord de l’appareil, un avion Voisin, drone militaire sur une distance d’un kilomètre. Cet essai a été possible grâce aux travaux menés depuis 1894 par un certain Octave Détable, passionné d’aviation qui s’est intéressé au vol des oiseaux et qui s’est par la suite lancé dans l’élaboration de cerfs-volants. Les études menées par Détable et reprises par la suite par le capitaine Boucher, ont permis de mettre au point une voilure dotée de cônes divergents qui ont apporté une stabilité automatique aux planeurs dédiés à une utilisation militaire.

Envoûté par l’exploit du vol du drone militaire effectué par le capitaine Boucher en juillet 1917, Georges Clémenceau alors président de la Commission sénatoriale de l’armée, lance un concours d’avions sans pilotes l’année qui suit, en 1918. En effet, les avantages de pouvoir utiliser des aéronefs sans pilotes à bord sont nombreux et non négligeables. Les formations de pilotes de l’armée sont longues et onéreuses pour l’Etat. De plus, les avions dirigés à distance permettent d’éviter les pertes humaines en période de guerres meurtrières. Le 14 septembre 1918, après avoir perfectionné son système de vol, Max Boucher est parvenu à faire voler un avion Voisin BN3 pendant 51 minutes sur un parcours de 100km. Quelques années plus tard le 17 avril 1923, il a réussi à faire voler un véritable drone radiocommandé en compagnie de l’ingénieur Maurice Percheron. L’avion équipé d’un système radiocommandé voit enfin le jour. La Première Guerre Mondiale, achevée depuis déjà plusieurs années, l’armée se désintéresse du drone radiocommandé. Le drone s’est développé et déployé au rythme des grands conflits du XXème siècle : Première Guerre Mondiale (1914-1918), Seconde Guerre Mondiale (1939- 1945), guerre de Corée (1950-1953), guerre du Vietnam (1955-1975), Guerre Froide (1947-1991), tensions et conflits au Moyen-Orient, guerre d’Irak (2003-2011), guerre d’ex-Yougoslavie ou encore la guerre d’Afghanistan (depuis le début des années 2000). Le drone est plus économique que les autres engins aériens, il évite de mettre en jeu des vies humaines et constitue une alternative au déploiement des troupes terrestres en ce qui concerne les missions de reconnaissance, de surveillance et les attaques ciblées. Le drone permet d’observer des zones qui sont non accessibles pour l’humain et il offre une vue d’ensemble d’un lieu ou d’un espace. Il rend ainsi l’inspection des zones beaucoup plus efficace. L’utilisation du drone occupe une place de plus en plus importante au sein des armées et des forces de police.

Maintenant que nous avons expliqué le contexte dans lequel le drone a été développé et les raisons de son déploiement, nous allons nous pencher sur son utilisation contemporaine.

III. L’utilisation du drone aujourd’hui

Le drone s’est démocratisé dans le milieu professionnel et de nombreux secteurs d’activité l’utilisent aujourd’hui pour les nombreux avantages qu’il offre. Il s’est aussi largement développé dans le domaine du loisir où de nombreux particuliers s’en sont procuré.

Dans de nombreuses activités professionnelles, le drone a progressivement remplacé les déplacements en hélicoptère qui sont bien plus onéreux. Ce dernier offre un bien meilleur champ de vision grâce aux caméra embarquées offrant des vues à 360°, il permet d’effectuer des vols à basse altitude ne mettant pas à contribution l’humain dans l’espace aérien. Parmi les principaux secteurs d’activité qui utilisent le drone comme outil professionnel, on retrouve :

  • Le secteur agricole : Le drone constitue un excellent moyen de surveillance et de contrôle des cultures. Il délivre des images de haute qualité permettant aux agriculteurs d’être informés sur l’état de leurs cultures sans avoir à se rendre sur place. Grâce à des capteurs spécifiques intégrés, les agriculteurs peuvent ainsi détecter quand et à quel endroit une augmentation d’eau ou d’engrais peut être nécessaire. Des drones dédiés à l’épandage commencent à faire peu à peu leur apparition sur le marché mais les technologies sont encore à développer et à perfectionner.
  • Le cinéma : Le drone est quasiment devenu un outil de tournage incontournable. Il permet aux cinéastes de capturer des images de très bonne qualité, originales, dans des zones difficilement accessibles. La radiocommande permet de stabiliser le drone au moment de capturer des images, ce qui les rend nettes. Le drone offre de nombreux autres avantages au monde du cinéma. En effet, il constitue un moyen abordable pour les prises de vue aériennes alors qu’auparavant il fallait utiliser des hélicoptères, ce qui représentait un coût beaucoup plus important. Enfin, la taille du drone lui offre une liberté de manœuvre que n’ont pas les hélicoptères.
  • Le secteur de la construction et du BTP : Le drone est devenu un outil d’assistance majeur dans le secteur de la construction et du BTP. Lorsque le drone a commencé à être utilisé par les professionnels du BTP, géomètres, chefs de chantier et autres, il n’était pas encore suffisamment sophistiqué d’un point de vue technologique. En effet, il n’avait pas de logiciel intégré. Or, sans logiciel, les données enregistrées par le drone ne sont pas exploitables et ne peuvent donc pas être analysées. Les professionnels du secteur de la construction se sont donc formés auprès de professionnels du monde de l’aéronautique afin d’acquérir les compétences nécessaires à l’utilisation du drone et de pouvoir profiter de tous les avantages qu’offre celui-ci. Une formation au télé pilotage de drone est nécessaire pour tous les professionnels qui sont amenés à l’utiliser, comme les géomètres par exemple.

Dans le secteur de la construction, le drone est un outil-multi fonctions qui représente de nombreux atouts. Il permet notamment de réaliser des mesures et de relever des données avec une grande précision. Les mesures prises et les données collectées sont indispensables pour superviser l’avancée des travaux et assurer le suivi du chantier. Le drone constitue un excellent moyen de détection de problèmes de fuite et grâce aux données collectées, les professionnels peuvent déterminer si une maintenance est nécessaire. Il permet d’éviter de mettre en danger le personnel pour réaliser des relevés de données dans des zones dangereuses et/ou accidentées. Enfin, le drone est source d’optimisation et de gain de temps. Il y a quelques années, il fallait plusieurs jours pour effectuer des relevés de données sur une zone d’un hectare. Aujourd’hui, avec un drone de dernière génération, ce dernier s’effectue en seulement dix minutes. Les drones sont également utiles dans la réalisation de l’état des lieux des monuments historiques afin d’évaluer quels sont les travaux de rénovation à effectuer. Ils permettent d’inspecter la toiture des bâtiments et autres endroits non accessibles et non visibles à l’œil nu.

  • Le secteur touristique : Le drone est devenu un outil marketing indispensable pour les industries du tourisme qui sont soumises à une concurrence de plus en plus rude. Le drone offre aux clients potentiels, aux internautes, une véritable expérience de voyage virtuel. Les industries du tourisme peuvent facilement mettre en valeur les activités et services qu’elles proposent, à un coût tout à fait abordable. Le drone est un moyen permettant d’offrir aux spectateurs une vue d’ensemble des sites touristiques, de leur donner une première impression, de les projeter dans leur lieu de vacances en leur donnant envie de s’y rendre. Les différentes prises de vue offertes par les drones, et la qualité des images délivrées par ces derniers, sont un véritable atout marketing quand on sait qu’une majorité de consommateurs, 96% d’entre eux, considèrent que la vidéo est une aide importante dans le processus de décision d’achat. Les consommateurs sont beaucoup plus réceptifs à la promotion d’un produit ou d’un service lorsque celle-ci est effectuée par le biais de contenus visuels types vidéos et photos que lorsque la promotion d’un produit ou d’un service est faite dans un article de presse ou par le biais d’informations écrites.
  • Les drones sont également très utilisés dans l’aide à la recherche et au sauvetage de personnes en détresse. Les équipes de secours et de sauvetage utilisent des drones équipés d’une caméra infra-rouge qui les aide à géolocaliser les personnes ayant besoin d’assistance. La plupart du temps, ce sont des drones avec une longue portée de vol car ils ont la capacité de voler sur des longues distances. Lorsque des catastrophes naturelles surviennent (feux de forêt, inondations ou encore avalanches), les drones permettent aux services de secours de sauver la vie de beaucoup de personnes grâce à une identification précise du lieu où elles se trouvent.
  • Une autre activité pour laquelle l’utilisation du drone est de plus en plus fréquente est la livraison aérienne de colis et de matériel de secours. Dans le cas où une catastrophe naturelle se produit, le drone est un moyen de transport ultra-rapide pour apporter aux équipes de secours le matériel dont elles ont besoin pour porter assistance aux personnes en situation de détresse. Le drone est de loin le mode de transport le plus rapide et il est beaucoup moins onéreux que les hélicoptères. De plus, en cas d’inondation par exemple, les véhicules terrestres sont dans l’incapacité d’accéder aux zones sinistrées car les accès permettant d’atteindre ces zones sont le plus souvent impraticables. Concernant la livraison de colis, de nombreuses barrières juridiques contraignent l’utilisation du drone. Il faudra attendre encore quelques années afin ces barrières soient levées et qu’une réglementation adaptée soit mise en place pour permettre le déploiement des drones dans la livraison de colis et de marchandises.

 

IV. Réglementation liée à l’utilisation professionnelle du drone

La formation à l’utilisation d’un drone dans le cadre professionnel est obligatoire depuis juillet 2008. Au départ, les pilotes de drone pouvaient passer le certificat d’aptitude théorique ULM mais on s’est rendu compte ensuite qu’il n’était finalement pas adapté au pilotage des drones. La Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) a par la suite mis en place un certificat d’aptitude théorique spécifique à l’utilisation des drones, complété par une formation pratique. Le nombre de centres de formation s’est multiplié et les prérequis pour être certifié comme centre habilité à délivrer une formation théorique et pratique manquaient de clarté. En juillet 2020, la réglementation a changé et une nouvelle a été mise en place au niveau européen. « Elle a pour objectif de durcir la formation » a affirmé le délégué général de la Fédération Professionnelle du Drone Civil (FPDC). La nouvelle réglementation favorise le déploiement de la formation continue et prévoit une mise à niveau des télépilotes de drone tous les cinq ans. Jusqu’à présent, les télépilotes de drone obtenaient une certification pour une durée illimitée et n’avaient pas besoin de mise à niveau. La multiplication de l’utilisation du drone dans le milieu professionnel a changé la donne et nécessite donc une réglementation plus stricte.

 

Par Nolwenn DALLAY

Quand les femmes prennent les armes

Quand les femmes prennent les armes

« L’homme doit être élevé pour la guerre et la femme pour le délassement du guerrier : tout le reste est folie. » Voilà ce que fait dire Nietzsche à Zarathoustra. Depuis la nuit des temps, les hommes expriment leur courage, leur vertu et leur virilité sur le champ de bataille, en mourant dignement pour défendre les siens. Nous pouvons aisément citer des hommes ayant brillé par leur génie militaire : Alexandre le Grand, Jules César, Napoléon, Charles de Gaulle… Pourtant, quand il s’agit de citer des femmes ayant brillé par leurs prouesses militaires, c’est un peu plus compliqué. En effet, bien que les femmes aient brillé dans divers domaines (artistique, littéraire, scientifique), les exploits des hommes sur le front ombragent ceux de leurs homologues féminines dans des conflits. C’est pourquoi, je me propose humblement de mettre à l’honneur trois femmes. N’en déplaise à Nietzsche, les femmes ne sont pas uniquement destinées au « délassement du guerrier ».

Laskarina Bouboulina, l’héroïne grecque

Née le 11 mai 1771 à Constantinople, Laskarina se marie une première fois à 17 ans. Veuve en 1797, elle se remarie en 1801 avec D. Bouboulis, un homme fortuné. Ce dernier prend part à la guerre russo-turque (1806-1812) mais meurt lors d’un assaut de pirates. Elle hérite alors d’une somme. Elle aurait pu alors couler des jours heureux dans l’insouciance, à élever ses six enfants. Elle décide pourtant de rejoindre la révolution grecque afin de libérer le pays du joug ottoman. Elle finance la construction de quatre navires dont l’Agamemnon, un imposant navire de guerre achevé en 1820. Elle organise également ses troupes et leur procure matériel et armement. Le 13 mars 1821, douze jours avant le début officiel de la guerre d’indépendance, elle hisse le premier drapeau révolutionnaire sur son mât. Le 3 avril, elle joint ses forces à une flotte coalisée de 300 navires. Bien qu’elle ait alors déjà plus de 50 ans, elle participe aux batailles. Voilà ce que l’historien Ioannis Filimon relate à son propos : « À côté d’elle, les indécis devenaient forts, et les courageux se retiraient devant elle. Inspirés par la bravoure de Bouboulina, les troupes sous son commandement libèrent plusieurs villes et à prennent la forteresse solidement fortifiée de Palamidi à Nauplie, ville qui sera temporairement la capitale de la Grèce. Bouboulina est tuée le 22 mai 1825, lors d’une vendetta familiale. Ses efforts n’ont pas été vains car la Grèce obtient son indépendance 5 ans plus tard. A titre posthume, le titre honorifique d’amiral de la marine russe ainsi que le grade de contre-amiral de la marine de guerre hellénique lui son décernés pour son génie militaire.

Maria Oktiabrskaïa et la petite amie combattante

Pendant la Seconde Guerre mondiale, environ 800 000 femmes ont servi dans l’Armée rouge. Certaines étaient reléguées aux fonctions d’appui en seconde ligne, d’autres se retrouvaient au cœur de l’action. Maria Oktiabrskaïa faisait partie de ce deuxième groupe. Née en 1905 dans une famille modeste de la Crimée, elle se marie en 1925 avec un officier soviétique. Elle s’intéresse alors à la vie militaire : elle reçoit une formation d’infirmière, apprend à utiliser des armes et à des véhicules. Sa vie bascule en août 1941 : son mari meurt au champ d’honneur à Kiev lors de l’invasion de la Wehrmacht. Les communications étant assez irrégulières à cette époque, elle apprend la triste nouvelle deux mois après. Elle n’a dès lors qu’une obsession : venger son mari. Elle vend tous ses biens afin d’acheter un char T-34 pour 50 000 roubles. Ce n’est pas inhabituel pour l’époque, mais Maria fait ce don à deux conditions : elle veut baptiser et conduire son char. Elle formule cette demande à Staline en personne, qui accepte. Chose rare pour l’époque, Maria bénéficie d’un entraînement complet pendant cinq mois, alors que la plupart des tankistes étaient envoyés directement au front. Elle devient ainsi pilote et mécanicienne. Son char, baptisée « la petite amie combattante » a été envoyé à Smolensk pour anéantir la résistance allemande. Lors de l’assaut, le char est endommagé et contrevenant aux ordres de ses supérieurs, Maria sort du char et le répare sous le feu ennemi. Cet exploit force l’admiration de ses camarades masculins et lui vaut l’obtention du grade de sergent. Un mois plus tard, à Vitebsk, l’épisode se répète : elle parvient à réparer son char endommagé sous le feu ennemi. Pas mal, non ? Mais l’offensive de Leningrad-Novgorod marque la fin de sa (brillante !) carrière. Maria et son équipage balaient alors les tranchées et détruisent des positions allemandes. Mais son T-34 est touchée pour la troisième fois. Ses chenilles ont un problème et Maria sort alors du char pour les réparer. Cette fois-ci, elle est touchée. Elle perd connaissance et reste dans le coma pendant deux mois. Elle succombe à ses blessures le 15 mars 1944. Néanmoins, son T-34 lui survit : dans le chaos de la bataille, Maria avait réussi à réparer ses chenilles. Qui a dit que la guerre et la mécanique n’étaient qu’une affaire d’hommes ?

Mariam al-Mansouri, la terreur des djihadistes

Nous sommes en septembre 2014. Mariam al-Mansouri alors âgée de 35 ans est pilote de l’armée de l’air des Émirats arabes unis. Elle participe aux premières frappes aériennes menées en Syrie par la coalition internationale contre l’organisation de l’État islamique (EI). Les autorités du pays ne démentent ni ne confirment sa participation aux raids anti-EI du 23 septembre. Une source émiratie indique néanmoins que Mariam al-Mansouri a “non seulement piloté un avion, mais a commandé une escadrille” lors de ces opérations. Coup dur pour les djihadistes : selon les croyances répandues au sein de l’EI, le fait d’être tué par une femme leur fermerait les portes du paradis où – rappelons-le – 72 vierges les attendent. (Certains affirment que l’EI n’accorde que peu d’importance au sexe de leur ennemi.) Quoiqu’il en soit, Mariam représente tout ce que l’EI abhorre. En effet, la pilote émiratie est intervenue plusieurs fois à la télévision pour plaider en faveur de ses compatriotes de sexe féminin à servir leur pays, y compris dans l’armée. Des propos qui n’ont pas manqué de susciter la haine des sympathisants de l’EI. Voici le portrait de trois femmes qui, à leur manière et à leur échelle, ont marqué l’Histoire. Les femmes sont-elles peu nombreuses dans l’armée ? Peut-être. Sont-elles valorisées ? Pas assez. Mais nul doute : quand elles prennent les armes, elles savent se montrer à la hauteur !     Lien de la photo : https://fr.wikipedia.org/wiki/Valkyrie#/media/Fichier:Valkyrie_(Peter_Nicolai_Arbo)_-_Nationalmuseum_-_18255.tif Par J.P Castorix

Rencontre avec Valérie Trierweiler,  femme d’aujourd’hui

Rencontre avec Valérie Trierweiler, femme d’aujourd’hui

Dans le cadre du mois de la femme, Élea, Narjes et Marion ont eu l’honneur et le plaisir d’échanger avec Valérie Trierweiler, journaliste et femme engagée.

 

Le parcours de Valérie Trierweiler

Née à Angers dans une famille modeste, elle quitte sa ville natale pour une licence d’histoire à Nanterre. Elle développe sa passion pour l’histoire en Terminale avec son extraordinaire professeur Madame Boussard. Très curieuse, Valérie Trierweiler s’intéresse aussi à la littérature et voit la lecture comme une échappatoire. Parmi ses rendez-vous culturels immanquables, elle cite les émissions politiques L’heure de vérité et Apostrophe.

Dans son parcours scolaire, elle bifurque vers une maîtrise en information et communication puis effectue un master 2 en communication politique. A l’issue de ses études, elle réalise un stage en 1988, année d’élection présidentielle, dans une agence de communication de crise qui lui permet de rencontrer des personnes du milieu. A 23 ans elle intègre le journal Profession politique et rejoint Paris Match deux ans plus tard.

 

Quelle est la place de la femme dans le monde journalistique et surtout dans le journalisme politique ?

Une carrière journalistique en politique est plus simple pour une femme au démarrage mais son évolution est beaucoup plus complexe lorsqu’elle atteint le plafond de verre. On trouve beaucoup plus de femmes sur le terrain pour récolter des informations auprès des hommes interviewés que dans les postes de direction. La place des femmes dans le journalisme mériterait d’être davantage ouverte aux postes de direction.

Valérie Trierweiler entre d’abord reporter puis grand reporter chez Paris Match. Or ses articles politiques se sont avérés incompatibles avec sa relation avec François Hollande. Paris Match prend la décision de l’écarter de sa rubrique politique en toute logique pour qu’elle se consacre à des chroniques littéraires.  Elle savait que ce choix allait s’imposer à elle et se trouvait tout aussi intéressée par le monde de la littérature.

En parallèle, elle travaille chez Direct 8 et anime des émissions politiques comme Le Grand 8, Politiquement parlant et Portrait de campagne. Pourquoi a-t-elle pu continuer ses activités politiques chez Direct 8 mais pas chez Paris Match ? L’animation d’émissions et la rédaction de chroniques sont deux choses différentes. L’écriture demande plus d’investissement personnel que l’animation. Une sorte d’écran se glisse entre l’animatrice et l’interviewé et impose plus de neutralité que la rédaction, les opinions politiques sont moins saillantes. L’écriture d’un article politique suppose d’y mettre une partie de soi.

 

Pourquoi a-t-elle conservé son activité professionnelle pendant qu’elle était à l’Élysée ? Cette particularité lui a-t-elle desservie ?

Elle a grandi avec l’idée qu’une femme devait être indépendante financièrement ; idée inculquée par sa mère qui la poussa à faire des études dans cette optique.

Elle garde son activité professionnelle lorsqu’elle intègre l’Élysée pour rester indépendante et pouvoir subvenir elle-même aux besoins de ses trois fils. Ce choix surprend et la place comme une première dame moderne. En effet, elle détonne parmi les premières dames puisqu’elle vient d’un milieu moins aisé et poursuit ainsi son activité professionnelle. Ce choix lui a-t-il porté préjudice ? En effet, l’élection de François Hollande a fermé les portes de la présentation d’émissions politiques à Valérie Trierweiler. Or elle a pu continuer d’animer des émissions documentaires ainsi qu’à rédiger ses chroniques littéraires pour Paris Match. Sa chronique a d’ailleurs été davantage mise en avant.

Elle nous raconte d’ailleurs une anecdote en rapport avec sa situation de première dame moderne. Alors qu’elle était première dame, elle se rend dans un magasin avec son fils pour lui acheter des baskets. Au moment de passer en caisse, le vendeur lui demande : “Allez-vous continuer de travailler ?”. Elle lui tend sa carte bancaire et lui dit : “Si je ne travaille pas, qui vous payera ces baskets ?”.

 

Pourquoi ne s’est-elle pas engagée en politique ?

Cette idée lui a parfois effleuré l’esprit or elle admet que le monde de la politique est cruel. Le politicien est sous le feu des critiques car le monde politique est devenu très difficile. Le moindre faux pas devient un énorme buzz et il ne reste plus que cela : il faut aujourd’hui énormément de courage pour s’engager.

Valérie Trierweiler est très engagée dans des associations. Pourquoi ces causes ?

Valérie Trierweiler a vécu une enfance modeste, elle a été aidée par de nombreuses personnes et souhaite aujourd’hui le rendre à ceux qui ont besoin d’être aidés même si elle confie avoir mis beaucoup de temps avant de s’engager.

Elle s’engage auprès de l’association “Secours populaire français” lorsqu’elle arrive à l’Élysée. Cette association agit en France et dans de nombreux pays étrangers. Il est important que la solidarité ne s’arrête pas aux frontières de la France. Elle est aussi marraine de l’association de raids sportifs luttant contre le cancer du sein “Les Fidèles”, tandis que du Refuge, une association soutenant les jeunes homosexuels chassés de leur foyer. Ses engagements suivent une logique femme/enfant. L’idée qu’un enfant naisse avec l’étiquette “0 chance” sur le front lui est insupportable. Pour elle, il est important d’aider un jeune à réussir sa vie et vivre ses rêves. Or certains enfants ne parviennent même pas à avoir des rêves. Elle raconte être allée à la mer avec des enfants qui ne l’avaient encore jamais vue dans le cadre d’une mission du Secours Populaire. Elle fut attendrie par les enfants qui se réjouissaient de la beauté du lieu. Cette association a ainsi permis de donner un peu de rêve à des enfants qui n’avaient encore jamais connu la beauté du littoral.

 

Que reste-t-il à faire pour l’égalité des chances ?

Beaucoup de choses ont été faites. Cela n’est cependant pas suffisant. Il est important de donner de son temps, de parrainer des enfants ou par exemple de donner des cours comme le propose le Secours Populaire. La transmission est un mot qui lui tient à cœur. Selon Valérie Trierweiler, il faut tendre la main aux enfants en leur proposant de découvrir la culture. Le but est d’ouvrir la voie aux nouvelles générations, de donner confiance aux parents et de montrer la beauté aux enfants. Elle encourage tous les jeunes à transmettre et à redonner à ceux qui en ont besoin comme elle a pu être aidée quand elle était jeune.

Enfin, il est important de casser les ghettos en donnant le même enseignement à tous, tout cela en répartissant mieux les différents enseignants.

 

Le conseil de Valérie Trierweiler pour les jeunes qui souhaitent s’engager dans des actions humanitaires / caritatives ?

« Aller vers là où on a envie d’aller, le faire au moment où on le sent et ne pas le faire parce que l’on se sent forcé de le faire » tel est le conseil que Valérie Trierweiler nous a donné. Elle considère n’avoir jamais vraiment fait d’humanitaire sur le terrain mais elle admire les jeunes gens qui se dévouent pour ces causes. Elle nous a notamment rappelé une anecdote d’une rencontre avec une jeune fille en mission humanitaire au Vietnam, qui avait pour but de soigner des enfants victimes de malformations à cause du napalm.

L’humanitaire est une richesse qui permet de découvrir le monde, car il est important de voir de quoi et comment vivent les autres. C’est à travers cette découverte que l’on s’enrichit.

 

Les femmes ont-elles quelque chose à jouer aujourd’hui ?

« Votre génération doit dépasser la culpabilité et le plafond de verre, ce que ma génération n’a pas su faire. »

La première chose à noter est le fait que la question du féminisme aujourd’hui ne devrait plus se poser. Les femmes doivent dépasser la culpabilité, le plafond de verre, la question de la gestion de leur temps et des priorités en tant que femme. Les femmes ne doivent pas agir et se comporter dans une logique de revanche envers les hommes, elles doivent agir en tant qu’égales. Les femmes « n’ont pas le temps de perdre du temps ». Elles vont donc à l’essentiel et ne font pas les choses de la même façon que les hommes, elles agissent de manière plus humaine. S’il y a une chose qu’il faut retenir c’est qu’ « aucun métier ne mérite que l’on sacrifie sa vie privée, ne pas oublier de vivre sa vie et sa vie de femme ». Il ne faut pas oublier l’amour ni la maternité, la vie passe vite.

La vie d’une femme est très concentrée sur une dizaine d’années puisque tout arrive en même temps comme la maternité, la vie amoureuse et professionnelle mais il ne faut pas se laisser submerger et privilégier une direction. La vie de femme n’est pas simple puisque tout se joue au même moment alors vivons pleinement notre vie de femme.

 

« Aller vers là où on a envie d’aller, le faire au moment où on le sent et ne pas le faire parce que l’on se sent forcé de le faire »

« Aucun métier ne mérite que l’on sacrifie sa vie privée, ne pas oublier de vivre sa vie et sa vie de femme »