Le conflit entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie : mise en lumière sur la situation actuelle

Le conflit entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie : mise en lumière sur la situation actuelle

Le Samedi 10 Octobre, L’Azerbaïdjan et l’Arménie s’entendaient sur un cessez-le-feu à 12h00. Malheureusement, ce dernier n’a pas duré très longtemps suite à un renvoi d’accusations d’un camp à l’autre concernant sa violation à cause de tirs de missiles. Depuis le 27 Septembre 2020, la région azerbaidjanaise du Haut-Karabakh située à l’Est du pays, proche de la frontière avec l’Arménie et à velléités indépendantistes et séparatistes soutenue par Erevan, se livre à des affrontements meurtriers avec L’Azerbaïdjan. Ce conflit aurait déjà fait environ 400 morts et 70 000 personnes ont dû quitter prématurément la région depuis le 27 Septembre. L’appel au calme par la communauté internationale a été pour le moment partiellement entendu par les deux parties. De plus, beaucoup de puissances qui ont des intérêts dans le Caucase comme la Turquie et la Russie commencent à se positionner au sein de cet échiquier géopolitique complexe : la crainte d’un conflit à plus grand échelle est donc à prendre en compte. Cet article va mettre la lumière sur ce conflit et analyser le rapport de forces entre les diverses puissances impliquées. Négligée ces dernières semaines par les divers médias, il est tout de même important de s’intéresser et de comprendre les raisons de ce conflit.

Dans un premier temps, analysons de plus près l’Histoire de ces deux pays et intéressons-nous à leur situation actuelle.

L’Azerbaïdjan a été fondée en 1918 et a adopté un tout nouveau modèle politique à l’époque : la République parlementaire laïque musulmane. Pendant un temps en 1918, il fût question d’une fusion entre l’Arménie, la Géorgie et l’Azerbaïdjan, qui fût rapidement abandonnée compte tenu des disparités ethniques entre ces trois pays. 23 mois après la déclaration d’indépendance du pays, les blindés russes s’emparèrent de la capitale Bakou et l’Azerbaïdjan devenait une République à part entière de l’URSS jusqu’à sa chute en 1991. Aujourd’hui le pays compte plus de 10 millions d’habitants avec une superficie de 87000 km² et une ouverture maritime sur la Mer Caspienne. Le président Ilham Aliyev a succédé à son père en 2003 et a été réélu président en 2018 pour un quatrième mandat avec plus de 86% des voix. En 2019, son PIB – dont l’industrie participe à 52% de la croissance – avoisinait 48 milliards de dollars et le pays bénéficie de ressources pétrolières et gazières.

L’histoire de l’Arménie s’étale sur des siècles. De l’Empire perse en passant par les Byzantins puis les Turcs, le pays a traversé les siècles et les différents Empires. Au début du XXè siècle, la diaspora arménienne occupait une majeure partie de la Turquie actuelle mais dès 1915, les accusations de trahison à l’encontre de soldats arméniens et les violences démultipliées des Turcs envers les Arméniens donnèrent la mort à plus d’un million d’entre eux, soit la moitié de la population présente en Turquie :  ce fût l’un des premiers génocides de l’Histoire, toujours pas reconnu par la Turquie. Le traité de Sèvres signé en 1918 donna à l’Arménie un territoire, cependant, en 1920, les troupes emmenées par Mustapha Kemal et appuyées par les bolcheviks envahissaient le nouveau pays. Le traité de Sèvres ne fût jamais appliqué et remplacé par le traité de Lausanne signé en 1923 qui conçoit l’annexion par l’URSS de l’Arménie : elle devient une république fédérale. A la chute de l’URSS en 1991, le pays retrouva son indépendance. Aujourd’hui l’Arménie est une République Parlementaire dont Armen Sarkissan est le Président depuis 2018. En 2017, le PIB du pays est estimé à 11milliards de dollars dont 52% est issu de l’activité tertiaire. La population arménienne ne dépassait pas les 3 millions d’habitants en 2016 et elle est à majorité chrétienne.

Revenons 30 ans en arrière pour mieux comprendre les racines de cette discorde. Dés 1991 et la dissolution de l’URSS, la région du Haut-Karabakh rattachée à L’Azerbaïdjan, dont la majorité de la population est d’origine arménienne, demandait plus d’autonomie. Bakou a répliqué en supprimant son statut spécial d’autonomie. Un vent de révolte souffla dans la région, qui  s’autoproclama indépendante. Depuis 1988, les combats entre les séparatistes et les forces armées azerbaïdjanaises s’intensifièrent et en 1993, une partie de L’Azerbaïdjan fût occupée par les forces armées arméniennes. Un cessez-le-feu fût proclamé en 1994. Depuis 1988, plus de 15 000 personnes ont été tuées et 1 million de personnes ont été déplacées. D’une part, l’Azerbaïdjan considère l’Arménie comme un pays « agresseur » qui occupe militairement 20% de son territoire, mais d’autre part l’Arménie est le seul pays à reconnaître l’indépendance du Haut-Karabakh dont le budget est alimenté à plus de 40% par les subventions arméniennes. Plus de 150 000 personnes vivent à ce jour dans cette région.

Aujourd’hui, nous pouvons résumer le conflit à l’aide de cette infographie tirée du journal Le Monde: `

comprendre le conflit entre l'Arménie et l'Azerbaidjan

Depuis maintenant à peine moins d’un mois, le quotidien des habitants de la région du Haut-Karabakh est rythmé par de multiples bombardements et tirs de roquettes.  Les points stratégiques comme les centrales électriques deviennent des cibles afin de paralyser le pays. Le 2 Octobre, l’Azerbaïdjan a tiré 2 missiles balistiques en direction d’une centrale nucléaire arménienne mais ils ont été interceptés par des complexes anti-aériens russes. En réponse à cette agression, l’Arménie tente de détruire la plus grande centrale hydroélectrique du Caucase située en Azerbaïdjan, celle de Mingatchevir. La destruction de ces deux complexes pourrait amener à une montée des tensions et à des catastrophes écologiques sans précédent.

Malgré un cessez-le-feu assez fragile obtenu Samedi dernier, chacun des deux pays se vante et contredit les données de l’autre concernant le nombre de soldats ennemis tués. La situation est tellement tendue qu’un couvre-feu et la loi martiale ont été décrétés dans plusieurs grandes villes azerbaidjanaises. Ce conflit nous montre aussi le poids des réseaux sociaux qui sont utilisés par les séparatistes pour glorifier leurs victoires et pour diffuser leur message à la communauté internationale soit l’indépendance du Haut-Karabagh. Selon eux, déclarer l’indépendance de la région est le seul moyen d’arriver sur le long terme à une paix durable. Quant à l’Azerbaïdjan, il gonfle ses rangs militaires avec plus de 100 000 soldats mobilisés dont certains sont des mercenaires syriens à la solde de la Turquie. Le pays déclarait réfléchir éventuellement à un cessez-le-feu à la seule condition de retrouver ses territoires occupés par les forces arméniennes.

Plusieurs pays annexes sont aussi impliqués indirectement dans ce conflit. En effet, les pays médiateurs comme la Russie, Les Etats-Unis et la France ont demandé un cessez-le-feu immédiat obtenu après plus de dix heures de négociation. La France soutient l’Arménie car les 2 pays sont membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie et peut faire pression sur l’Azerbaïdjan par des moyens économiques. Soutenue par l’Union Européenne, la France peut demander le gel des avoirs de la famille Aliyev qui proviennent avant tout de l’argent du pétrole. La Russie quant à elle n’intervient guère dans ce conflit car elle est liée par un traité militaire à l’Arménie et ne veut pas perdre le peu d’influence qui lui reste en Azerbaidjan. La Turquie soutient de manière claire et avérée l’Azerbaidjan de par leur proximité culturelle, mais elle reste encore à l’écart compte tenu de nombreuses tensions déjà existantes avec les pays voisins comme la Grèce, et l’arrivée imminente de nouvelles élections en 2023. Erdogan pousse clairement Ilham Aliyev à faire la guerre. D’autres pays proches du conflit surveillent la situation comme l’Iran qui a menacé de répliquer en cas de violation de sa frontière ou encore la politique israélienne qui reste quant à elle floue car le pays est accusé par les rebelles séparatistes d’avoir vendu des drones militaires à l’Azerbaïdjan.

Ce conflit qui dure maintenant depuis plus de 30 ans reste difficile à comprendre et l’issue est incertaine. Bien que les capacités militaires de l’Azerbaïdjan restent nettement au-dessus de celles de l’Arménie, le conflit s’enlise compte tenu du terrain montagneux et difficile. La Turquie pourrait sortir vainqueur de ce conflit si l’Azerbaïdjan ne gagne pas rapidement la guerre car elle pourrait renforcer son influence dans ce pays.

Gui 2 c’est carré

 

SOURCES

https://www.lemonde.fr/international/article/2020/10/10/haut-karabakh-azerbaidjan-et-armenie-s-accordent-sur-un-cessez-le-feu-a-partir-de-midi_6055515_3210.html

https://www.notre-planete.info/actualites/4700-centrale-nucleaire-Metsamor-Armenie-guerre-Azerbaidjan

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/tout-comprendre-au-conflit-entre-l-armenie-et-l-azerbaidjan-dans-le-haut-karabakh_2135653.html

https://www.francetvinfo.fr/monde/armenie/le-conflit-entre-l-armenie-et-l-azerbaidjan-est-une-question-de-vie-ou-de-mort-pour-les-habitants-du-haut-karabakh_4123755.html

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/azerbaidjan/presentation-de-l-azerbaidjan/

https://www.revueconflits.com/azerbaidjan-caucase-urss-gil-mihaely/

https://www.axl.cefan.ulaval.ca/asie/armenie2-HST.htm

https://www.i24news.tv/fr/actu/israel/diplomatie-defense/1602416379-un-leader-armenien-accuse-israel-d-etre-complice-de-la-guerre-genocidaire-menee-par-l-azerbaidjan

 

 

 

Présidentielles 2022 : faites vos jeux !

Présidentielles 2022 : faites vos jeux !

« Et rien ne va plus ! » La sentence, traditionnellement prononcée par les croupiers de casinos, n’aurait pu mieux qualifier ce numéro si spécial. Se mettre dans la peau d’un pronostiqueur puis dans celle d’un bookmaker, c’est le choix que nous avons fait au pôle Press d’RDVC. En prévision des élections présidentielles de 2022, si lointaines à l’échelle humaine et pourtant si proches à l’échelle politique, la rédaction d’RDVC s’est prêtée au jeu des paris. Pour vous faire jaser peut-être, vous faire débattre sûrement mais pour vous faire réagir surtout, la plupart de nos chroniqueurs ont décidé de vous faire partager leur avis. Nous rappellerons avant toutes manifestations déplaisantes et/ou critiques acerbes déplacées, qu’il ne s’agit là que d’un concours d’idées, destiné à alimenter les discussions et nourrir le dialogue. En aucun cas un avis n’aura force de loi et n’est résolument le reflet de l’exacte personnalité du chroniqueur qui aura émis l’avis en question. Cet avis, en effet, ne peut être motivé, par exemple, que par le souci du contexte politique actuel ou des circonstances qui selon le chroniqueur amèneront tel ou telle candidat.e à accéder à la magistrature suprême. Eux-mêmes l’expliqueront avec leurs propres mots. De même, il est important de vous préciser aussi que le succès ou l’échec que rencontrera ce numéro conditionneront la mise en place future ou l’abandon prématuré de formats similaires. Rappelons enfin qu’il est impossible de prêter une attention précise à tous les candidats et que par conséquent, n’ont été analysées que les grandes tendances du monde politique français à partir des différentes candidatures qui ont été déposées et recensées sur le site http://france-presidentielle.fr/candidats.php. Aussi, après ces quelques détails récapitulatifs d’usage, il est maintenant temps de vous dévoiler comment sera conduite cette édition si particulière. Se succéderont ainsi en bon ordre : un bref résumé du cadre politique général à l’approche de cette échéance critique, les prévisions de nos chroniqueurs et en guise de résumé, les cotes objectives de la rédaction. Décryptage.

Léger tour de table du panorama politique

Au centre, un Macron décidément bien seul

Candidats déclarés ou potentiels : Emmanuel Macron, Edouard Philippe, Jean Castex, François Bayrou

Depuis 2017, il faut le dire, les choses ont bien changé. Elu à une nette majorité face à Marine Le Pen au second tour, Emmanuel Macron entame une deuxième partie de mandat houleuse et piégeuse à de nombreux égards. Gilets jaunes, défi écologique, alerte terroriste ou encore crise épidémique du Covid-19, les débuts de l’ère Macron n’auront pas été de tout repos. Le président de l’« en même temps » s’est heurté de plein fouet à une foule d’aléas qui, avouons-le, n’ont ni soigné son image ni sauvé en juillet dernier son digne subordonné de Matignon. A la place, le constat de mi-mandat interpelle : gouffre social élargi, perspective de transition écologique floue, promesse d’un nouveau monde aux contours difficilement observables… Néanmoins, le chef de l’Etat peut se targuer, exemples parmi d’autres, d’avoir notamment relancé la croissance française et ramené les investisseurs sur le territoire ; ce que la lente remontée de sa côte de popularité récente semble suggérer (38% d’opinions positives au 20 septembre 2020). Emmanuel Macron continue effectivement de profiter d’un spectre politique en ruines qu’il a lui-même participé à éclater en formant une majorité centriste globalisante. Ni la droite ni la gauche ne paraissent avoir survécu au coup de théâtre de LREM et même certains sympathisants des extrêmes, seuls bords politiques susceptibles en apparence de tenir tête au parti du président, voient maintenant en lui un fédérateur – à comprendre ici comme le formateur d’un gouvernement d’« union nationale » – de telle sorte que la voie royale vers l’Elysée semble toute tracée pour l’ex-ministre de l’Economie. Le favori pour 2022 ?

Tout à droite, Marine Le Pen, seule contre tous

Candidats déclarés ou potentiels : Marine Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen, Louis Aliot, Nicolas Dupont-Aignan, Jordan Bardella, Florian Philippot, François Asselineau

« On prend les mêmes et on recommence », cette citation a elle-seule aurait suffi à traduire ce que la grande partie des observateurs politiques s’accordent à dire : pour 2022, un remake Macron face à Le Pen au second tour. Pourtant, Marine Le Pen a fort à faire pour prétendre à l’Elysée dans deux ans. Certes, de la même manière qu’Emmanuel Macron subit les dérives mondialistes dont il s’est fait le chantre à force de soutien à l’ubérisation dérégulée, Marine Le Pen gagne des adeptes de l’altermondialisme et de la relocalisation. L’affaire semble entendue entre deux visions de la société totalement opposées dont on connaîtra l’issue au soir du 23 avril. Pour la digne représentante de l’extrême-droite française, la question n’est donc pas celle de savoir si le Rassemblement National l’emportera/passera au second tour mais plutôt de savoir qui, au sein du Rassemblement National, représentera le parti pour la douzième élection présidentielle de la Cinquième République. Car Marine Le Pen, il faut l’admettre, ne fédère plus autant l’extrême-droite que par le passé. La faute à des échecs répétés ? A un débat d’entre-deux-tours raté en 2017 ? La cause n’est pas évidente à discerner mais désormais, c’est sûr, d’autres figures semblent aussi bien capables de reprendre le flambeau du RN que l’ex-avocate. Parmi les candidats, sa propre nièce, après une courte sortie du milieu politique, s’impose naturellement. Enfin, d’autres spectres du passé peuvent également faire leur retour sur le devant de la scène, comme Florian Philippot, parti fonder son propre mouvement (NDLR : Les Patriotes), Nicolas Dupont-Aignan, sempiternel relais entre droite et extrême-droite ou même le nouveau maire de Perpignan et ex-époux de Marine Le Pen : Louis Aliot. L’alternative ?    

Tout à gauche, rien de nouveau

Candidats déclarés ou potentiels : Jean-Luc Mélenchon, Adrien Quatennens, François Ruffin, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, Fabien Roussel

L’adaptation de la célèbre formule d’Erich Maria Remarque ne pouvait mieux coller à la situation de l’extrême-gauche en cette fin 2020. Pourquoi ? Probablement parce que le même leadership qui n’est pas figé à l’extrême-droite, l’est totalement à l’extrême-gauche. En s’excusant de résumer celle-ci au seul parti des Insoumis, qui ne nous leurrons pas, rassemble la quasi-intégralité du panorama politique de gauche, le candidat pour 2022 paraît déjà connu de tous. Alors que les autres forces politiques, à un moment de l’histoire où le dégagisme est en vogue, n’ont de cesse de faire confiance à des personnalités de plus en plus jeunes, de moins en moins expérimentées, mais de plus en plus nouvelles sur la scène politique, l’extrême-gauche semble tenir son porte-drapeau indéboulonnable en la personne de Jean-Luc Mélenchon. Si d’autres individus tels que son poulain Adrien Quatennens ou la révélation François Ruffin, ne désespèrent pas de porter un jour la voix de la gauche, le natif de Tanger est toujours aussi actif au sein de son parti et prêt à enchaîner une troisième tentative d’élection. Et pourquoi s’en priverait-il lorsque ses pourcentages de vote ont doublé en l’espace de cinq ans et que l’extrême-gauche a incarné, au plus fort du mandat, la principale source d’opposition ? L’actuel député de la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône a d’ailleurs dévoilé ses intentions pour l’échéance à venir et nul doute que la proposition de Sixième République qu’il a formulé en 2017 trotte encore dans l’esprit d’une bonne partie de l’opinion publique. Jamais deux sans trois ?

A gauche, reconstruire sur les cendres de 2017

Candidats déclarés ou potentiels : Olivier Faure, Stéphane Le Foll, Benoit Hamon, Bernard Cazeneuve, Arnaud Montebourg, Anne Hidalgo

Dur de ne pas se voiler la face mais comment ne pas admettre que la gauche traditionnelle est aujourd’hui moribonde ? Emmanuel Macron a dépoussiéré l’ancien système binaire et a causé, au passage, la dépréciation d’une frange du panorama politique qui juste avant lui venait de remporter sa plus belle victoire depuis François Mitterrand. François Hollande a tendu une perche que ce même Macron a saisi à pleines dents, lui qui avait grandi parmi la gauche avant de la frapper mortellement dans le dos au son d’un « vous allez nous faire gagner » qui résonne encore cruellement dans les têtes gauchistes. Que reste-il du monde socialiste ? Voilà la question qui agite la gauche, où plutôt ce qu’il en reste lorsque l’on voit le nombre d’adhérents du PS aujourd’hui et la faible médiatisation de ce parti. Olivier Faure ? Le secrétaire du PS paraît mal engagé dans la course à l’Elysée quand Jean-Luc Mélenchon rogne sur sa gauche et Macron sur sa droite. Anne Hidalgo ? La maire de Paris, sort d’un mandat réussi à la tête de la capitale, il est vrai, qui lui permet de se détacher et d’entrevoir une potentielle candidature couronnée de succès (37% de « potentiel électoral » selon l’institut Ipsos) mais le désire-t-elle seulement ? Rien n’est moins sûr. Ce qui est sûr en revanche, c’est que le PS n’est ni entré par la grande porte à l’Assemblée Nationale, ni au Sénat ; alors qu’espérer pour 2022 ? Envisager un remaniement total pour faire bonne figure ? Peut-être est-il déjà trop tard. Toutefois, certaines personnalités ont la vie dure et pourrait insuffler l’énergie manquante à une gauche essoufflée. Bernard Cazeneuve, Benoit Hamon ou encore Arnaud Montebourg, trois noms attachés à des expressions distinctes de la gauche, pourraient ainsi avoir leur rôle à jouer. Une revanche à prendre ?

A droite, vers un nouveau modèle ?

Candidats déclarés ou potentiels : Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, François Baroin, Bruno Retailleau, Rachida Dati, Laurent Wauquiez, Jean-Christophe Lagarde, Christian Estrosi

Soyons juste, la droite a pris la même claque que la gauche et le titre donné plus haut aurait aussi bien pu correspondre ici. Peut-être plus encore ? Personne ne peut le dire mais la droite a finalement perdu plus encore que n’a perdu la gauche. Pourquoi ? Parce que Macron a doucement pris contrôle d’une bonne partie des idées qui faisaient l’essence de la droite française. Qui a parlé de président de droite ? Pour prouver cette affirmation, outre la politique elle-même, il suffit de se concentrer sur les figures du centre-droit qui ont rapidement changer leur fusil d’épaule pour rejoindre les rangs de LREM dont les pensées politiques étaient convergentes avec les leurs. Peut-être par ambition politique aussi … En tous cas, une seule option s’est manifestée pour la droite, opérer un virage ultra-conservateur avec une droite dure. Cette droite dure, Laurent Wauquiez a paru l’incarner lorsqu’il a été adoubé par les militants LR. Puis ? Plus rien, des obstacles, des avaries, des fiascos électoraux et une destitution pour la forme. François Fillon, pour battre un Macron opportuniste, avait justement misé sur un programme de campagne très conservateur qui semblait fonctionner avant les graves révélations qui ont entraîné sa chute. Une droite vidée de sa substance ? C’est ce qui se profile, surtout lorsque l’on remarque, progressivement, que la déliquescence de LR contraste outrageusement avec la création de partis plus petits comme Libres, fondé par Valérie Pécresse ou Agir dont la vocation était précisément de fédérer des militants LR qui ne se reconnaissaient pas dans la politique de Laurent Wauquiez. La droite attend son messie mais ce messie viendra-t-il ? Xavier Bertrand le nordiste, François Baroin le troyen ou encore Bruno Retailleau le vendéen, complètent enfin ce tableau. L’heure du retour en grâce ?

Les Verts, nouvelle tête de gondole ?

Candidats déclarés ou potentiels : Yannick Jadot, Eric Piolle

Certains auront grincé des dents au moment de voir que la partie consacrée à la gauche ne comprenait aucun point sur EELV alors même que l’historique politique récent plaide en leur faveur. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous avons décidé de consacrer une partie exclusive aux Verts. Les récents résultats politiques sont effectivement assez clairs quant à la progression prodigieuse du parti écologiste qui est devenu en l’espace de quelques mois : le parti politique n°1 en France. Partout les Verts ont forcé la tenue d’une bataille rangée inhabituelle entre les principales forces politiques du pays afin de proposer un véritable changement. D’ailleurs, alors que traditionnellement c’était aux Verts de s’allier au PS, c’est au phénomène inverse que nous avons assisté lors de ces derniers temps forts politiques. Les perspectives du réchauffement climatique et la croissance des catastrophes écologiques ont recentré les Français sur l’impératif écologique et propulsé les Verts dans la plupart des mairies de France. Après la vague consommatrice, la vague écologique ? D’effet de mode, la famille écologique s’est muée en effet de société et les Verts peuvent s’appuyer sur un électorat jeune particulièrement dense. La seule problématique aujourd’hui, hormis l’éventuelle désillusion que pourraient connaître les acteurs écologiques de premier plan en vue des élections présidentielles, c’est celle du candidat. Aucune réelle personnalité écologiste ne s’est proprement dégagée pour agréger autour d’elle. Un duel Yannick Jadot et Eric Piolle est à prévoir. Mais sur quoi débouchera-t-il ? Les Verts en 2022 : espérance ou énième (dés)illusion ? 

Qui d’autre ?

Candidats déclarés ou potentiels : Jacques Cheminade, Jean Lassalle, Eric Zemmour, Joachim Son Forget, Didier Raoult …

Evidemment, ce rapide tour d’horizon politique nous fait passer à côté d’une multitude d’autres acteurs potentiels sans étiquettes ou dont les familles politiques n’ont pas été mentionnées plus tôt. Le premier de ces acteurs, c’est l’outsider que l’on qualifiera d’improbable. Un outsider tel que l’a été Emmanuel Macron en 2017 et dont lui-même se méfie. Jean-Marie Bigard, Cyril Hanouna, Didier Raoult, les noms d’humoristes et de scientifiques ont fusé ces derniers temps, parfois avant de renoncer totalement, dans la mesure où chacun espérait par sa candidature proposer un choix différent aux Français dans le sillage du dégagisme des années 2010. Du reste, difficile d’omettre certaines personnalités que l’ambition pourrait amener à voir postuler tels que l’éternel Jacques Cheminade ou le député Joachim Son Forget. Enfin, certains chroniqueurs politiques connus du grand public envisagent aussi de déposer leur candidature au détour d’un tour de force inattendu comme le très polémique Eric Zemmour. La surprise de ces élections ?

L’avis de nos trois chroniqueurs

Ambroise BONNASSIEUX-DUCKERT – Bruno RETAILLEAU – : « Parce que la gauche ne fera que 20 à 30% cumulé tous partis confondus »

Raphaël DELAGNES – Edouard PHILIPPE – : « Le facteur X »

Marie-Esther DURON – Yannick JADOT – : « Les Verts, cette fois c’est la bonne ! »

Les cotes de la rédaction

Afin d’éviter des pavés et donner une grille de lecture assez généraliste, la rédaction a décidé de ne s’attarder que sur les candidats dépassant les 1% d’intention de votes dans au moins deux instituts de sondage publiés en 2020 parmi les trois suivants : Harris Interactive, Elabe et Efop-Fiducial. Il vous suffira ensuite d’extrapoler pour connaître les cotes des autres candidats pour lesquels la rédaction n’aura pas pu exprimer d’avis. Sachez enfin que la méthode de cotation utilisé par la rédaction est la même pour tous les candidats sous-mentionnés, qu’elle demeurera au secret de ses seuls utilisateurs et que ces candidats ont été rangé par ordre croissant de cote.

Emmanuel MACRON – 3,5

Mettons-les choses au clair. A moins d’un concours de circonstances incroyable, Emmanuel Macron effectuera un deuxième mandat de Président de la République. Certes l’écart qui le séparait de Marine Le Pen en 2017 s’est nettement réduit mais l’actuel locataire de l’Elysée tient toujours la corde et les premiers sondages ne s’y trompent pas, eux qui l’annoncent en tête au second tour avec 55% des votes. Sans vague, il deviendrait ainsi le premier Président de la République française réélu depuis François Mitterrand en 1988.

Marine LE PEN – 3,8

Au demeurant, Marine Le Pen sort de plusieurs élections présidentielles perdues qui ont entaché son image. La principale interrogation sera donc de savoir si l’extrême-droite compte encore lui faire confiance pour 2022. Dans tous les cas, elle reste la première source d’opposition en France et les sondages lui promettent un nouveau second tour pour 2022. La chance aurait-elle enfin tournée ?

François BAROIN – 8,2

François Baroin, homme de l’ombre et Président des maires de France. Deux facettes d’une personnalité que l’on n’aurait pu mieux introduire, tellement il navigue dans le clair-obscur. Et c’est pourtant là la question que se pose tout l’électorat de droite au moment où, questionné sur son intention de concourir pour la présidentielle, le troyen s’est contenté de botter en touche. Beaucoup lui prédisent un destin présidentiable mais l’homme lui-même n’a jamais plaidé pour prendre les rênes du pays à l’heure où la droite cherche désespérément son candidat et que les sondages le donnent avec les meilleures intentions de votes au premier tour parmi les candidats de la droite.

Jean-Luc MELENCHON – 8,25

Le président de la France Insoumise plie mais ne se rend pas. Le charisme et l’expérience du vétéran de l’extrême-gauche autant que la place considérable qu’il a pris sur l’échiquier politique aux dépens de la gauche socialiste sont des arguments de poids qui pourraient enfin lui permettre d’accéder à une place qu’il a manqué à deux reprises par le passé. Seront-ils suffisants ?

Xavier BERTRAND – 8,3

Il s’est déclaré candidat de la droite alors même qu’il avait rejeté l’étiquette LR en 2017 lors de l’investiture de Laurent Wauquiez. Xavier Bertrand connaît les hautes sphères du pouvoir mais saura-t-il manier l’électorat de droite pour l’exhorter à soutenir sa candidature ? Une tâche décidément bien complexe lorsqu’on sait qu’il a lui-même quitté sa famille politique au moment où la droite choisissait une orientation plus conservatrice.

Yannick JADOT – 11,6

S’il a été marginalisé en 2017, il paraît compliqué de ne pas prêter une attention particulière au potentiel représentant des Verts aujourd’hui tant l’agitation écologique est devenu un impératif pour le public français. La progression des Verts est nette à tous les niveaux et Yannick Jadot constitue de plus en plus le facteur X de ses prochaines élections présidentielles. A voir s’il est maintenant capable de rassembler pour 2022 et capable d’incarner un programme dans lequel se retrouve l’ensemble des partisans du monde écologique.

Nicolas DUPONT-AIGNAN – 18,9

Au lendemain des élections législatives de 2017, Nicolas Dupont-Aignan a annoncé ne vouloir faire alliance qu’« avec une partie du FN, sans les défauts et les excès du FN ». Voilà sans doute, la perpétuelle épée de Damoclès qui trône au-dessus de la tête du leader de Debout la France : une position précaire, à mi-distance entre LR et RN qui le contraint à des alliances voilées sans grand lendemain.

Olivier FAURE – 36,4

La cote d’Olivier Faure ne semble pas usurpée. Effectivement, l’actuel secrétaire du Parti Socialiste manque de visibilité auprès des Français et travaille plus à la refondation de son parti qu’à ses propres volontés électoralistes. Toutefois, cette refondation a justement pour objectif de réaffirmer une « identité socialiste » devenue trop désuète et conduire un rassemblement pour l’investiture d’un candidat à la présidentielle. Sera-t-il ce candidat providentiel ? Rien ne nous permet de le dire mais pour l’instant, l’élu de Seine-et Marne semble plus enclin à replonger à la tête de son propre parti qu’à se lancer à la conquête de l’Elysée.

Philippe POUTOU – 52,6

La progression se poursuit pour Philippe Poutou mais jusqu’où ira-t-il ? Crédité d’un peu plus d’1% de votes lors des présidentielles de 2017, l’ouvrier de Ford a explosé les prévisions lors des municipales en juin dernier lorsqu’il est arrivé en quatrième place à la mairie de Bordeaux avec 10% des votes. Les réflexions anticapitalistes et les critiques qu’il a soulevé auprès des autres candidats lors du premier tour des présidentielles de 2017 ont permis au nouveau conseiller municipal de se faire une place dans le débat public français. Néanmoins, ses perspectives d’évolution, surtout lorsque le NPA est noyé par LFI à l’extrême-gauche, semblent bouchées.

Nathalie ARTHAUD – 114,3

La trajectoire suivie par Nathalie Arthaud colle en grande partie à celle de son homologue réparateur mécanique. Solidaire comme lui des manifestations ouvrières conduites par les Gilets Jaunes en 2019 dans lesquelles elle voit une réponse à la mondialisation capitaliste exacerbée par le gouvernement Macron, elle continue son combat politique pour Lutte Ouvrière. Malheureusement, les échecs concédés au niveau local en 2020 ne semblent pas faire nourrir de grands espoirs pour 2022.

Nous regrettons d’avoir pu fournir une analyse plus détaillée que ne nous l’ont permis les statistiques référencés au 30 septembre 2020 mais espérons que cette édition vous aura fait réagir. Politiquement vôtre.

Raphaël DELAGNES

Sources annexes :

https://www.nouvelobs.com/politique/20200920.OBS33582/la-popularite-de-macron-remonte-legerement-a-38-d-opinions-positives-selon-un-sondage.html

https://www.ipsos.com/fr-fr/quelle-candidature-gauche-pour-lelection-presidentielle-de-2022

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/isere/grenoble/presidentielle-2022-ecologistes-duel-annonce-entre-eric-piolle-yannick-jadot-1878704.html

https://www.rtl.fr/actu/politique/presidentielle-2022-edouard-philippe-un-allie-pour-emmanuel-macron-7800845129

https://www.leparisien.fr/politique/presidentielle-2022-jean-marie-bigard-annonce-le-retrait-de-sa-candidature-29-09-2020-8394024.php

BBT et Prism : les petites dernières de TBS

BBT et Prism : les petites dernières de TBS

Avec une trentaine d’associations, TBS nous offre la possibilité de nous épanouir au sein d’un environnement festif, jovial, engagé et professionnalisant. Pour en savoir plus sur les deux plus jeunes associations de TBS, créées l’année dernière, nous avons rencontrés certaines de leurs membres…

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

– Je m’appelle Juliane, j’habite un petit village entre Marseille et Aix en provence “La bouilladisse”. Dans l’asso je suis la présidente, avant j’étais secrétaire.

– Je suis Maëva, j’habite dans un village à 30min de Marseille “Nans les Pins”. Dans l’asso je suis la nouvelle trésorière, auparavant j’étais la respo communication.

Quel est le concept de BBT ?

– L’asso a été créée en septembre dernier. Le but est de faire découvrir tous les secrets des produits du sud de la France à travers des dégustations de bières et de produits de terroir comme le fromage et la charcuterie par exemple. Bien évidemment la pétanque fait partie des secrets à découvrir.

Que veut dire BBT ?

– Boules, bières & terroir

Quels sont les différents pôles ?

– Il existe le bureau composé d’un président, vice-président, trésorier et secrétaire.

– 4 pôles composent l’association : biérologie, démarchage, evenenement et communication

Comment est venue l’idée ?

– L’idée est apparu au WEI de septembre 2019, par 5 étudiants. Selon eux, ils manquaient à leur école une association tournée vers la découverte de la culture du sud et de la France. Personnellement j’ai rencontré deux membres au retour du WEI et c’est de là que j’ai été intégrée dans l’association.

– Quand à moi (Maëva) on m’a proposé l’idée par le biais d’un ami et j’ai de suite accroché avec le concept.

Quel a été le parcours du projet avant de devenir officiellement une asso ?

– Ca a été dur au début de se faire accepter, on a commencé par des recrutements entre amis, et au fur et à mesure l’association a pris de l’importance et a fini par être validé.

Quelle est l’ambiance au sein de l’asso ?

– On va dire que dans le travail et l’organisation, l’association est assez carré. Mais à côté de ça l’ambiance présente est assez chill et très sympa. L’avantage de cette association c’est qu’elle a été créée par un groupe d’amis donc forcément l’ambiance est bonne et en même temps chacun veut apporter quelque chose et s’y investir.

La devise de BBT ?

– Un de nos anciens membres avait écrit une chanson, et même si il a vraiment bien défendu pour qu’on la chante, on a décidé de ne pas la divulguer….

Qu’attendez-vous des recrutements ?

– Les recrutements sont très importants car notre asso était composé de beaucoup de M1, donc là nous sommes en sous effectif. Même si nous devons recruter quelques étudiants, nous privilégions quelqu’un qui fera perdurer la bonne ambiance au sein de notre association. Nous voulons que cette asso continue sur la bonne lancée et soit avant tout un plaisir pour chacun de ses membres.

Vous accepterez certains nordistes lors des recrutements ?

– À voir s’il sait bien jouer de la pétanque…..

L’asso en 3 mots :

– Rigolade, amis, découverte

Quelles sont vos réalisations ?

– Création de la bière TBS, développer la pétanque au sein de l’école, création de dégustation pour découvrir le terroir : bière, charcuterie, fromage

Des projets pour l’année à venir ?

– Organiser le fameux tournois de pétanque qui n’a pas pu avoir lieu en mars, de nouvelles dégustations…

Ta bière préférée :

– Si je dis Corona ça marche même en ce moment ?

Ton mets préféré de la région :

– Étant du Sud est, je dirai la soupe de poisson

– Je dirais les Panisses, très appréciable à l’Estaque (quartier de Marseille)

Quel est le sport national : la pétanque ou le football ?

– À Marseille c’est le foot toute l’année et la pétanque quand il fait beau

On a souvent entendu que BBT était l’asso de beaufs, qu’est-ce que vous répondez?

– être un beauf c’est pas être un bon vivant ?

Le membre le plus…

  • Drôle : Idris, j’espère que vous pourrez passer une soirée avec lui une fois
  • Casse-Couilles : Lucas avec ces nudes
  • Stylé : Marc, pour lui faire plaisir parce qu’il adore faire attention à lui
  • Impliqué : Marin, ancien président au top du top

Le mot de la fin ?

– La bise ensoleillé de Patrick !

 

Peux-tu te présenter ? Qu’est-ce que tu fais dans l’association ?
– Moi c’est Lucille, je suis arrivée à TBS en L3 en septembre 2019. Depuis je suis membre du TDA et de Cheer-UP. Et je suis donc la présidente de Prism.

Quel est le but de l’association ?
– Le but premier de l’association est de réduire les discriminations et les stéréotypes pour créer un climat safe à TBS et ce à travers la pédagogie. On n’est pas là pour taper sur les doigts mais pour partager, apprendre ce que sont le sexisme et la LGBT phobie, apprendre comment y remédier et changer les comportements, ouvrir les esprits à l’échelle de l’école.

Comment vous est venue l’idée de créer cette association ?
– On a décidé de créer l’asso parce qu’on a malheureusement remarqué qu’il y avait encore des comportements sexistes et LGBTphobes à TBS. Ce sont des comportements qui sont parfois inconscients, qui sont souvent dûs à un manque de connaissances et de compréhension sur le sujet. On s’est dit que c’était le genre d’asso qui existait dans d’autres écoles et qui manquait à TBS.

L’association en trois mots ?
– Alors c’est un peu dur de la réduire à trois mots mais je dirai surement la bienveillance, le partage et la conscientisation. C’est pour moi les mots qui caractérisent le mieux l’asso et ses objectifs.

Des événements que vous comptez mettre en place ?
– Alors petit scoop, on aide cette année le B3D sur une partie de l’organisation des ANEDD. On voudrait aussi créer un évènement pendant les campagnes et des journées de sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles et aux discriminations LGBTphobes. Mais pour le reste je vais pas vous spoiler tout tout de suite. Donc je vous laisse découvrir ça au fur et à mesure de l’année.

Quels messages voulez-vous faire passer aux étudiants de TBS ?
– On a envie de leur parler de plein de sujets. Je dirais que le message premier c’est simplement le fait que s’intéresser à la question féministe et LGBTQ+ c’est nécessaire aujourd’hui, c’est pas une corvée. Le principal c’est juste d’être curieux, à l’écoute et respectueux.

Pensez-vous que les étudiants seront réceptifs ?
– Sincèrement oui. En tout cas j’espère. Mais j’ai remarqué quand même qu’il y avait beaucoup de curiosité sur le sujet à TBS, beaucoup de volonté de s’améliorer. Evidemment pour une minorité ce sera plus compliqué. Mais je crois quand même que beaucoup d’étudiants sont ouverts à apprendre et de toute manière ça fait aussi parti de notre rôle de faire en sorte que les gens soient de plus en plus réceptifs.

Quels profils recherchez-vous pour les recrutements de cette nouvelle année ?
– On ne recherche aucun profil en particulier. Evidemment, on ne va pas choisir les gens en fonction de s’ils font partis ou non de la communauté LGBTQ+ par exemple ou pas. En fait, on cherche tout simplement des personnes qui s’intéressent au sujet, qui veulent s’investir pour faire changer les choses à TBS.

On s’en souvient, votre création a été annoncé lors de la finale au SEMIS, et juste après Isabelle Assassi a annoncé le projet gagnant de la catégorie Audace. Que pensez-vous de ce projet ?
– Alors sur le SEMIS, on a des articles en préparation dessus. Enfin on a prévu un retour dessus, donc ce sera beaucoup plus détaillé que ce que je pourrais dire là. Donc je vous laisserai aller voir les articles qu’on a préparé dessus.

Est-ce que vous avez une dédicace ou bien des remerciements à faire ?
– Déjà j’aimerai remercier tous les membres de l’asso de s’impliquer autant pour la création de l’asso et pour la faire marcher tous les jours, et puis l’administration qui nous a accompagné pour la création.

Et pour bien finir, un petit Fast and Curious ? Allez go !

 BDE ou BDX ? Je dirai… BDE mais j’adore aussi les HAWA fallait faire un choix. Désolée…
 Macdo ou BK ? Je dirai Macdo à choisir mais idéalement faudrait que j’arrête les deux
 Beyonce ou Rihanna ? Rihanna pour la nostalgie
 MST ou Chasteté ? Alors protection ! Et on va en parler d’ailleurs avec l’asso donc suivez ça, ça va être très intéressant.
 Hip-hop ou RNB ? RNB … pour Rihanna “ rire”
 Coquine ou câline ? je me demande si vous poseriez la même question à un homme.
 Pain au chocolat ou chocolatine ? Moi je dis pain au chocolat ! Désolée je viens de Paris !
 Tadammm ou toutoummmm (son Netflix) ? Alors pour moi c’est Toudoumm. Du coup en plus tout le monde est content !
 Etats-Unis ou Chine ? ça dépend de la perspective, c‘est très relatif.
 Booba ou La Fouine ? Pour moi c’est vraiment Eddy de Preto, c’est tout.
 Insta ou snap ? Alors Insta ! Même s’il y a des dérives à Insta, je pense que ça peut aussi être utilisé pour des choses très très cools. Et il y a des comptes, d’ailleurs, qu’on vous partage avec l’asso. Donc n’hésitez pas à aller tchecker ça !

 TDA ou WEI ? Et bas TDA évidemment le meilleur évènement de l’année désolée le
BDE mais vraiment le TDA …N’hésitez pas à aller prendre vos places pour le TDA dès
qu’il y a aura le SG pour tous les L3. Ne loupez pas ça !

 

Meredith Valgaire et Marie-Esther Duron

C’était un 24 avril.

C’était un 24 avril.

Il y a 7 ans jour pour jour, le Bengladesh était en deuil. Le Rana Plaza s’effondrait sur des ouvriers de l’industrie textile, faisant plus de 1000 morts et de nombreux blessés. 

Retour sur une tragédie qui a (légèrement ?) changé l’industrie de la mode. 

Le 23 avril 2013, des inspecteurs sont mandatés pour vérifier l’état du Rana Plaza, immeuble de 8 étages du faubourg ouest de Dacca. Ce bâtiment, propriété d’un homme politique local, était composé d’une banque et de commerces aux étages inférieurs, et de plusieurs ateliers de confection textile. Ces derniers employaient environ 5000 ouvriers, principalement des femmes, et fournissaient des géants de la mode comme Primark, Mango ou Benetton. Les inspecteurs constatent de nombreuses fissures suspectes sur les murs et conseillent d’évacuer l’immeuble. Immédiatement, les commerces, la banque et les ateliers ferment. Cependant, les ouvriers sont sommés de revenir travailler dès le lendemain. 

Le 24 avril au matin, les ouvriers se présentent face à l’immeuble mais refusent d’entrer, craignant pour leur vie. Mais la menace de la perte d’emploi est trop grande, ils décident pour la plupart de prendre leur poste. Vers 9h, une panne de courant inquiète les employés, et quelques minutes plus tard, le bâtiment tremble et s’effondre sur les milliers d’ouvriers présents ce jour-là. 

Alors, qui incriminer pour cette hécatombe ? Les dirigeants de l’usine ayant fait construire les 4 étages supérieurs sans permis ? Les autorités locales corrompues fermant les yeux sur les manquements aux règles sécuritaires ? Les grandes entreprises occidentales faisant produire leurs collections dans des conditions de travail déplorables ? J’ose à peine le dire, les consommateurs qui continuaient à acheter des vêtements « Made in ailleurs » sans se poser la moindre question ? 

Après la catastrophe, les rescapés ont certes reçu des compensations financières, mais la législation laborale du Bengladesh n’a que très peu changé. C’est en occident que le choc a été fort. Pour la première fois, la population des pays dits du Nord ont pris conscience des conditions dans lesquelles leurs vêtements étaient fabriqués. Cela n’a pas réellement fait évoluer leur manière d’acheter, mais les consommateurs ont pris l’habitude de mieux se renseigner, et une telle prise de conscience a obligé les grandes marques à se remettre en question. 

C’est ainsi que Zara lance une campagne de communication sur la RSE, H&M produit une collection « Conscious » et s’associe à une entreprise spécialisée dans le recyclage textile… Des efforts notables selon certains, de la poudre aux yeux selon d’autres. Les produits de ces 

marques sont toujours fabriqués pour la grande majorité dans les pays pauvres d’Asie et se vendent à des prix ridiculement bas. En bref, peu de réels changements sont à espérer de ces géants de la mode, construits justement sur un modèle incompatible avec une consommation durable, la fast fashion. 

Cependant, la tragédie du Rana Plaza reste l’évènement qui a mis en lumière les comportements des grandes marques, et le consommateur n’est plus dupe. Il achète en conscience ces produits et a le pouvoir de faire évoluer la mode. D’une part, de plus en plus de consommateurs sont adeptes de la slow fashion, une mode plus douce, plus durable et plus lente : ces dernières années, un nombre impressionnant de marques de vêtements, d’accessoires et de maroquinerie durable ont vu le jour. Textiles bio, recyclés, Made in France… Une variété de combinaisons est possible pour produire une mode plus responsable à des prix raisonnables. Sans parler du boom de la seconde main… Le choix est plus grand que jamais pour une consommation raisonnée. 

De plus, l’effondrement du Rana Plaza a été largement relayée à l’heure des réseaux sociaux, et les militants pour les droits humains en ont profité pour lancer un mouvement : tous les ans, le 24 avril, a lieu le Fashion Revolution Day, pour commémorer cette catastrophe et en faire un symbole de la toxicité de la fast fashion en l’état. Depuis 2016, la Fashion Revolution se tient sur une semaine avec des conférences, interviews et débats sur le thème des évolutions de la mode et de sa production, mais surtout un hashtag : #whomademyclothes, avec des millions d’internautes postant des selfies en brandissant les étiquettes de leurs vêtements. Repris sur tous les réseaux sociaux, il a servi à inonder les comptes des marques de fast fashion pour les interpeller sur leurs modes de production : où sont faits mes vêtements ? Par qui ? Dans quelles conditions ? 

Aujourd’hui, avec cette prise de conscience, un autre paradigme est possible. Le consommateur est maître de ses choix et de ses achats. Si les discours moralisateurs sont contreproductifs, le souvenir du désastre du Rana Plaza doit perdurer comme un symbole du danger de la surproduction et des alternatives que existent à notre mode de consommation actuel. 

Marie-Esther Duron 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Effondrement_du_Rana_Plaza 

https://www.lemonde.fr/economie/article/2013/05/26/rana-plaza-la-mort-de-l- industrie_3417734_3234.html 

https://www.fashionrevolution.org/ 

Interview d’une artiste à TBS : Dirtsa

Dirtsa ? Mais qui est-elle ? Allez, faites marcher vos méninges ! Elle a fait partie des artistes qui se sont produits durant le WEI… Une jeune femme pleine d’assurance, un flow particulier, … Toujours pas ? Allez un dernier indice ! Elle a sorti son premier single et son clip le 27 janvier 2020 et, à ce jour, il compte plus de 60 000 vues. Le nom de la chanson : Straight out of France. C’est bon ? Vous voyez qui elle est ? Eh bien, TBSPress est allé à la rencontre de cette jeune artiste bourrée de talent ! Nous vous souhaitons une bonne lecture. Nous vous laissons apprécier la joie de vivre de notre chère Dirtsa.

Apprenons à mieux te connaître

Bonjour, peux-tu te présenter s’il-te-plaît ? Coucou c’est Astrid enfin Dirtsa. J’espère que vous allez bien ! Je poursuis actuellement mon année de césure dédiée à la musique et aux plaisirs artistiques.

Alors tu es une étudiante de TBS qu’est-ce que tu as fait avant (prépa, …) ? Et pourquoi as-tu finalement choisi TBS ? Avant TBS j’ai fait une prépa ECE au lycée Ozenne de Toulouse. Et pourquoi j’ai finalement choisi TBS ? Le destin frérot. J’ai été admissible à St Cyr et Audencia mais t’as vu ligaments croisés, tu connais.

Quel est ton expérience à TBS ? Une expérience hors du commun, je pense. Au niveau humain comme professionnel, oui
oui je sais, « genre » mais si si professionnel aussi puisque c’est foncièrement l’école qui m’a aidé à trouver ma voie dans la musique et m’a donné la chance de me faire la main.

Ta meilleure tranche de vie de TBS ? La fois où je me suis faite cramée par la sécu de l’école parce que je tournais un clip sur le toit ?

Ta meilleure chope en SAT ? Qui garde un quelconque souvenir de SAT même ?

Un petit Fast and Curious ? Allez go !
 BDE ou BDX ? BDE
 Macdo ou BK ? Macdo
 Beyonce ou Rihanna ? Rihanna
 MST ou Chasteté ? Pour ce que je pratique, je pense que c’est safe de dire chasteté.
 Hip-hop ou RNB ? RNB
 Coquine ou câline ? câline ?
 Pain au chocolat ou chocolatine ? CHOCOLATINE (ne me testez même pas)
 Tadammm ou toutoummmm (son Netflix) ? TOUDOUM à fond
 Gilet jaune ou gilet jaunééé ? mdr gilet jaunééé foooort
 Etats-Unis ou Chine ? Chine
 Booba ou la fouine ? Le Duc
 Afro trap ou zouk Love ? Zoukkkkkkkk ma gueule
 Insta ou snap ? Insta
 Droite ou gauche ? non
 Nicki et Cardi ? Nicki
 Zemours ou le Pen ? La peste ou le choléra ?
 TDA ou WEI ? ok coucou Cortex, jtm mais il faut dire que le TDA reste un évènement hors du commun. Ca va au-delà de la beuverie
 TBS ou TBS BS ? TBS BS bien-sûr !
 RDVC ou Escadrille ? Allez c’est cadeau, RDVC
Tu as une chanson du moment ? Oui carrément : KOMPROMAT feat Adèle Haenel – De mon âme à ton âme

Ta musique

Alors Dirtsa, pourquoi ce prénom ? On veut tout savoir ! Haha alors simplement, si vous regardez bien et de près dirtsa = astrid à l’envers. Voilà ! C’était surtout une question pour moi de ne pas trop m’éloigner de ce que je suis tout en pouvant pousser cette construction de l’artiste à fond.

Tu as sorti ton premier single sur Youtube et Spotify le 27 janvier dernier et on voudrait savoir qu’elle est la phrase que tu préfères dans ta chanson et pourquoi ? « Watch me rise, watch me glow handling thin ice as if I was a crow ». Au moment où j’ai composé Straight out of France, j’étais un peu paumée, j’avais presque envie de lâcher la musique tellement ça s’annonçait compliqué (et c’était il y a déjà presque 10 mois que je l’ai composé pour vous dire) mais cette phrase je
pense reflète juste toute la détermination que j’ai remis dans mon travail afin de me prouver à moi-même que ce n’était pas impossible parce que finalement le tout c’est de se relever et de repartir. Il n y’a pas de secret.

Et donc tu es une artiste maintenant on peut le dire !! D’où te vient cette passion, cette envie de faire de la musique ? Tu souhaites en faire ton métier ? Hahaha euh ouais enfin j’essaye encore mollo mais un jour assurément ! J’envisage de faire mon maximum concernant cette discipline et puis oui si les portent daignent bien s’ouvrir, je n’hésiterai pas à foncer.

Y a-t-il un artiste qui t’inspire ? Il y en a même beaucoup mais si je ne devais en citer qu’un ou qu’une, je dirais … Drake. Parce que tenir ce game pendant plus de 10 ans, on ne voit pas ça tous les quatre matins. Je suis aussi très inspirée par des artistes comme Frank Ocean et Skepta. On retrouve dans leur musique quelque chose de spécial, très singulier. Je trouve ça rafraîchissant.

Dans les commentaires de « Straight out of France », il y a beaucoup de personnes qui réclament d’autres musiques. Tu as des projets en cours ? un nouveau single peut-être ? Ouui et ça me remplit de bonheur ! Je reviens bientôt avec un autre single intitulé « UNDERDOG » soit « outsider ». Il devrait être dévoilé bientôt, restez branchés ! J’ai pu d’ailleurs travailler avec de très bons amis sur ce projet dont Salomé Reeves et Nathan Mathes (ancien d’Hotsoft) et j’ai juste très hâte que ça
sorte !

Comment décrirais-tu ton univers ? Mon univers est premièrement un univers de tolérance, où il fait bon vivre. Je me bats dans mes textes pour cette valeur premièrement je pense mais également pour transmettre des valeurs de résilience. Après pour parler musique, ce que je fais n’a pas encore réellement une étiquette et je pense que c’est ce qui me plaît. Je peux kicker hardcore quand je me le sens comme faire trainer les notes sur des ballades.

Ton avenir selon toi

Dans tes rêves/ ton idéal, comment tu te vois dans 5-10 ans ? Honnêtement c’est compliqué de répondre à ce genre de questions surtout du point de vue de la musique mais disons que d’ici 5 à 10 ans, j’espère pouvoir me considérer comme une artiste à part entière et avoir eu un impact favorable sur le monde qui m’entoure.

Et pour finir

Si je te dis TBS, tu me dis …
Foyer.

Si je te dis Saint Pierre, tu me dis…
Overdose.

Est-ce que tu aurais des dédicaces, remerciements à faire ? Merci à RDVC de m’avoir reçu et merci à vous
qui avez pris le temps de lire ceci ! cœur sur vous.

Qu’est-ce que tu conseillerais à une personne qui veut se lancer dans une aventure aussi éprouvante que la tienne ? Je leur dirai de ne pas hésiter à se lancer parce qu’on se pose toujours un tas de questions mais il est inutile de trop réfléchir en réalité et malgré les difficultés de continuer d’y croire. Ça paraît plus facile à dire qu’à faire et ce ne sera pas évident tous les jours mais à quoi bon vivre si on ne prend pas de risques ? Croire en soi, en ses projets même quand c’est dur et que ça semble sans issues, ça paye toujours. Et puis aussi, il est important de bien s’entourer.

Encore Merci Dirtsa !

Mérédith Valgaire

Voici les liens vers Straight out of France et Underdog, et pour la suivre sur les réseaux sociaux, c’est par ici :
IG – @iamdirtsa
Twitter – Dirtsa Music
Facebook – Dirtsa Music
Souncloud – Dirtsa

Dialogue de chefs.

2 ans et demi. C’est le temps qu’aura duré le « nouveau monde » de Macron. Même si beaucoup le voyait déjà mort, la crise du coronavirus lui porte un coup mortel et confirme la réalité de ce qu’est la Macronie. Retour sur ces années au pouvoir sous forme d’un dialogue fictif entre Macron, Charles De Gaulle, Napoléon et Jeanne d’Arc.

Avril 2020, Emmanuel Macron sort d’une énième réunion ministérielle sur la crise du Covid-19. Il traverse les couloirs de l’Elysée et soudain dans le salon des Portraits il tombe sur trois personnages en costume, facilement reconnaissables : Charles De Gaulle, Napoléon Bonaparte et Jeanne d’Arc. La surprise est grande, mais le temps semble comme suspendu et d’ailleurs s’installe une atmosphère particulière. Le président n’a pas l’air si étonné de leur présence, s’en suit un dialogue entre ces protagonistes. En voici quelques précieux passages.

« Je suis très troublé de vous retrouver ici chez moi au cœur de la République, commença le président.

– Comment cela chez vous ? rétorqua Napoléon. Ce palais fut construit la République n’existait même pas !

– Sans compter que j’y ai passé bien plus d’années que vous n’y resterez, ajouta le général sur un ton mi-amusé mi-bienveillant.

– A vrai dire, je suis étonné de vous rencontrer, vous êtes des modèles, je me compare souvent à vous et vous êtes moins impressionnants en face que dans l’imaginaire, ajouta le président comme pour se défaire du poids de l’histoire et de ses propres fantasmes les plus fous.

– Mais Emmanuel, vous comparer à nous ? commença Jeanne. Nous avons tous sauvé la France d’un destin tragique, nous nous sommes battus pour elle au risque de mourir, nous avons toujours eu pour idéal cette France que nous mettions au-dessus de tout sauf de Dieu. Et voilà que vous, petit président de la Ve République vous vous comparez à nous ? Qu’avez-vous accompli ? railla-t-elle.

– Vous avez mis cette France dans la rue, à genoux, à feu. Et la voilà dans une nouvelle crise où nous voyons bien que la France a perdu de sa splendeur, vous n’êtes même plus capable de gérer convenablement ce pays alors que vous avez un ennemi invisible ! renchérit Napoléon. Moi j’ai combattu sabre au clair, dans le sang et la poudre pour relever ce pays, moi j’ai consacré ma vie pour elle quitte à y mourir. Moi je l’ai défendu seul face à l’Europe cette Nation pour lui permettre de réussir sa Révolution. Et vous ? vous osez vous comparer à nous ? Tout simplement parce que vous habitez un beau palais doré et que vous êtes escorté par la garde républicaine ? Même cela n’est pas de vous ! ajouta Napoléon plein de fougue.

– Je vous trouve très dur, répondit Macron, sachez que j’ai à cœur d’accomplir la tâche qui m’est donnée. Parfois tout ne réussit pas et je suis ouvert à la critique, je l’entends et je vous comprends comme je comprends d’ailleurs les Français. Mais il faut faire des réformes, parfois, elles paraissent difficiles mais elles finiront par ramener l’unité républicaine que nous chérissons tous, d’ailleurs… il fut soudainement coupé par De Gaulle.

– Oh bon Dieu Emmanuel, épargnez-nous vos éléments de langage. Aux journalistes, mais pas à nous ! dit-il agacé. Même les Français ne supportent plus ce jeu de petites phrases, de lyrisme dans les discours et d’inaction derrière !

– Vous commencez à m’agacer ! lança Macron. Et vous ? L’Algérie, les grands discours télévisés, ce sont également des éléments de langage !

– Mais mon cher Emmanuel, la différence entre vous et moi, c’est que j’étais capable de discours mémorables suivis d’actions. Je ne faisais pas du charabia pour combler un vide qui servait à cacher une chienlit ! Et vous Emmanuel, vous seriez prêt à mettre votre mandat aux mains des Français ? Même à 13% de popularité votre génération reste au pouvoir ! Voilà ce que vous avez fait de ma Ve République, une espèce de bureaucratie de privilégiés qui n’a même plus de lien avec le peuple !

– J’ai compris, j’ai compris, lança-t-il visiblement blessé. Vous ne me croyez pas à la hauteur, vous critiquez de votre position d’observateur, c’est simple, mais moi je suis aux commandes et j’hérite de ce que l’on m’a laissé. Allez-vous plaindre de Sarkozy et d’Hollande.

– Emmanuel, vous allez aussi nous faire ce coup de lâche ? questionna Jeanne. Remettre la faute à un autre pour se donner bonne conscience et mieux assumer une mauvaise gestion ? C’est bien là encore plus tordu que la perfide Albion… Et pourtant je l’ai connue de près.

– Et moi donc, ajouta Napoléon, une pointe de nostalgie dans la voix.

A ce moment, Macron rumine, il marche vers la fenêtre, puis vient s’asseoir. Pourquoi le fustigent-ils qu’a-t-il fait de si mauvais ? Il a quand même réussi à devenir dirigeant de la France, n’est pas suffisant ?

– Moi je l’ai fait, j’assume la charge du pouvoir sur mes épaules.

– Vous voyez Emmanuel, il y a une différence qui marque nos époques. Nous, nous voyions le pouvoir comme un point de départ, un moyen d’arriver à notre fin qui était la grandeur de la France, commença Charles De Gaulle. Vous vous voyez le pouvoir comme une fin. Comment voulez-vous travailler pour la France dans ces conditions ?

– Mais je travaille pour la France, il y a plus de réformes que sous le précédent quinquennat.

– Vous ne saisissez donc pas ? demanda Jeanne d’Arc. Le nombre n’a jamais été gage de qualité. Nous aussi avions réformé, mais c’était spectaculaire dans le sens où cela a apporté de grands changements pour le pays. Ce furent des réformes utiles. Vous, vous réformez en défendant les intérêts de certains et en méprisant le reste du peuple. On ne sert jamais la France en méprisant le peuple ! La France, c’est un ensemble, un tout.

– Vous voyez bien ! Vous venez d’énoncer que vous étiez des réformateurs. Vous êtes la preuve que le progressisme a du bon.

– Vous confondez tout monsieur le président, rétorqua immédiatement Napoléon. Vous confondez progressisme et progrès, vous confondez Nation et démocratie, vous confondez social et socialisme, vous confondez peuple et foule… et le plus grave, vous confondez France et République ! Nous n’étions pas des progressistes monsieur, nous étions des serviteurs de la France pour sa gloire, son Histoire et son prestige. Nous avons fait des réformes, mené des actions ou des batailles parce qu’il était nécessaire de le faire pour sauver la France ! En soi, nous sommes des conservateurs dans le sens où nous voulions faire traverser la France dans l’Histoire et pouvoir transmettre la totalité de ses valeurs aux générations à venir. Et vous ? Qu’avez-vous fait pour elle ? Vous vous dîtes progressiste, vous avez écrit « révolution », vous annoncez sur tous les toits que le nouveau monde est arrivé, et en fait vous avez simplement déconstruit la France, toujours un peu plus, chaque jour un peu plus !

– Vous brisez tout, l’Histoire, la Nation, la culture. Je suis à peine étudiée, voire jamais, renchérit Jeanne d’Arc, et qu’en est-il de Napoléon ? Vous apprenez à le détester à l’école ! Le monde entier est subjugué par la grandeur de ce personnage, un seul pays y est hostile, c’est la France… et je ne parle pas de Charles De Gaulle. Où sont les traces de ses faits d’arme dans les manuels, de sa grandeur, de son énergie et de son caractère si exceptionnel ? Tout ce que vous apprenez aux Français c’est l’Algérie, l’Algérie et l’Algérie ! D’ailleurs vous ne leur apprenez que la misère, la guerre, les erreurs. Vous vous rendre les Français honteux de leur héritage, honteux de leur Histoire pour mieux déconstruire cette Nation.

– Mais vous vous méprenez sur la France, continua Charles De Gaulle. Même brisée, même humiliée, pillée ou détruite, la France renaît toujours. Il y aura un jour où elle pensera toutes les blessures que vous lui avez infligé, un jour où un homme ou une femme surgira pour la sauver. Mais cette personne ce n’est pas vous. Votre seule réussite est d’avoir fait de la France un pays qui a besoin d’aide humanitaire chinoise pour gérer une crise… Un pays qui possède l’arme nucléaire, par la politique que j’ai mené d’ailleurs, mais qui est incapable de produire des masques, ou des tests… Voyez-vous cher ami, j’avais des pensées sombres en voyant la France dans les années 1940 et 1950. Je peux maintenant vous assurer qu’elle n’a jamais été autant à la portée des vautours.

– Vous m’êtes pénibles ! répondit Macron en haussant le ton. A vous entendre tout est simple ! Il n’existe pas de formule magique, vous avez réussi sur des coups de chance, si c’est si simple, donnez-moi la raison !

– Vous ne comprenez pas, dit Napoléon. Le problème c’est que vous méprisez la France, vous détestez son peuple et vous enterrez son Histoire. Soyez responsable, aimez la France plus que votre femme, aimez votre peuple plus que vos enfants et protégez votre Histoire plus que votre or, et je vous assure que vous ferez des merveilles pour celle-ci ! Voyez-vous, la France n’est pas une chose sur laquelle on fait tout et n’importe quoi. La France est fragile et précieuse, mais il faut la manier fermement, diriger la France c’est comme boire dans un verre en cristal avec un gant de fer.

– La France n’est pas une idéologie, on ne la sert pas pour ses intérêts ou pour mettre en avant des petites philosophies de bas étage, continua Jeanne. La France est sacrée, or ce que des hommes ont mis mille ans à construire, vous êtes capable de le défaire en quelques mois. Vous voulez même à tout prix entrer dans l’histoire et faisant fi des traditions vous êtes capable de remettre debout en 4 ans ce qui a été fait en 107 années. Votre haute vision de vous-même vous compare à Jésus ?

– Très bien j’ai compris ! J’ai compris ! Laissez-moi ! Laissez-moi ! Je vous préfère encore dans les livres, laissez-moi tranquille ! hurla-t-il. »

A cet instant, il se réveilla, assis dans un fauteuil du salon des Portraits. Combien de temps avait-il dormi ? Il lui semblait que des heures s’étaient écoulées, et pourtant d’après sa montre il n’y avait qu’une minute qui séparait la sortie du conseil de cet instant précis. Il se releva, retourna au travail, l’air un peu perturbé. Puis il se ressaisit, secoua la tête comme pour écarter un tourment. Il avait du travail, une réforme des retraites à conduire, des pays à faire intégrer à l’Union Européenne et des masques à commander à la Chine.

A. B.