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Life is strange, un jeu qui brille par sa singularité


Publié le 3 février 2015
“On a essuyé de nombreux refus” raconte Oskar Guilbert, l’un des co-fondateurs du studio qui vient de sortir life is strange au journal Le monde. Le petit dernier de Dontnod a failli ne jamais voir le jour, et pourtant ce sont aujourd’hui 50 personnes qui travaillent sur ce jeu au gameplay pour le moins original couvé par Square Enix, tout comme Remember me avait reçu l’appui de Capcom. Et pour cause, le jeu se montre audacieux au niveau de nombreux choix artistiques, que ce soit par le choix d’une héroïne lambda, d’un système de jeu controversé dans la communauté du gaming ou du choix de lancement. Il a notamment la particularité de se dérouler sur 5 épisodes, chaque sortie est espacée de plusieurs semaines. Le premier volet est sorti le 30 janvier dernier et l’épisode prochain est prévu pour mars.

 

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Max a le pouvoir de remonter le temps. Timide et introvertie, que va-t-elle faire de cette nouvelle capacité ?

 

Maxine Caulfied est de retour de son Oregon natal pour suivre des cours de photographie, sa grande passion. Elle a quitté sa ville d’origine, Arcadia Bay, il y a 4 ans, une petite ville pas si tranquille que cela. La très populaire Rachel a mystérieusement disparu depuis 6 mois, certains élèves semblent bien instables dans son nouvel établissement et elle a des visions étranges d’une tornade ravageant la ville. Max se découvre rapidement le pouvoir de remonter le temps pour changer ses actions. Dans le premier épisode, elle va devoir sauver sa meilleure amie d’enfance, Chloé, qui a bien changé en 4 ans et a l’air d’avoir pas mal d’ennuis. Cette dernière s’entend notamment particulièrement mal avec son beau-père.

 

Life is strange prend ainsi le parti complexe de pratiquement tout miser sur le scénario. Toute l’importance se retrouve dans l’univers singulier qu’il met en place, ses personnages fouillés et son immersion. La narration est extrêmement soignée est reprend bien sûr beaucoup de codes cinématographiques, mais rappelle également d’autres jeux comme the walking dead, dont le principe est très semblable, mais aussi la recette de jeu ultra-scénarisé du studio français Quantic dream (heavy rain, Beyond two soul…). Il reprend à son compte les principes de choix multiples qui vont influencer la suite du jeu. Vous devez notamment choisir entre différentes actions plus ou moins anodines dont les répercussions apparaissent parfois bien plus loin dans l’histoire. Aucun des choix n’est manichéen et vous aurez toujours quelque chose à sacrifier. Il est difficile d’imaginer les conséquences à long terme de vos actes et c’est là que Life is strange parvient à installer toute sa complexité.

 

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Allez-vous vous cacher face au beau-père de Chloé ou prendrez-vous la défense de votre amie ?

 

C’est dans ce contexte que le pouvoir de Max devient d’autant plus intéressant. Vous pouvez remonter dans le temps, ce qui implique que vous pouvez changer une réponse à une question pour voir la réaction de votre interlocuteur, changer une action passée que vous regrettez ou fouiller un peu partout sans être inquiété puisque de toute façon vous pourrez revenir en arrière. Attention, le jeu fonctionne également en checkpoint, passé un certain laps de temps le retour en arrière n’est plus possible pour une action donnée. Le jeu vous permet de vous promener dans des environnements fourmillant de détails. En fouillant un peu, vous en découvrez un peu plus sur la vie des protagonistes, la disparition de Rachel, la nouvelle vie de Chloé, vos nombreux camarades de classe… Ce qui donne au jeu un aspect voyeur assez jouissif.

 

La narration s’appuie non seulement sur ces derniers points qui apportent au jeu une vraie substance mais aussi sur un design original et soigné et une musique immersive. Life is strange évoque à merveille les troubles de la fin de l’adolescence comme l’avait fait dans un autre registre le film Juno. Le seul bémol est au choix étrange de gameplay pour déterminer les actions, qui vient sans doute du fait qu’il a sans doute été pensé pour une console et non pour un PC, ce qui implique un certain temps d’adaptation quand on ne joue pas sur console.

 

Chrysalis, le premier épisode, se termine en un peu plus de deux heures et pose d’excellentes bases pour un jeu qui s’annonce des plus réussis. Il est bien sûr difficile du potentiel, un épisode parvenant à être à la fois court et très dense. Il s’agit cependant d’un jeu de très bonne facture pour les amateurs de ce type de gameplay très cinématographique et des scénarios poussés.
Camille Barbry

 

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