Liberté, liberté, liberté !

Liberté, liberté, liberté !

Nation aux 2000 ans d’Histoire, la France a fait de la liberté son fondement le plus précieux. Pays qui a connu le plus grand nombre de conflits, pays ayant remporté le plus de batailles (1115…). La France est le pays qui a connu de tout temps la guerre, la guerre pour sa liberté !

Pourtant, la France glorieuse, la France fière, la France éternelle connaît depuis 2019 les plus grandes pertes de libertés depuis la Seconde Guerre. Tous les médias nous répètent tous les jours les chiffres catastrophiques, la panique, le peu d’avenir nous confortant ainsi dans l’idée que les Français ne vivent pas une perte de leurs libertés fondamentales mais qu’ils font partie de quelque chose de « plus grand » pour le bien des intérêts supérieurs de la Nation.

En 2017 Macron promettait à son électorat que voter Le Pen c’était perdre ses libertés fondamentales. Et pourtant : couvre-feu, restriction de déplacements, confinement, différentes lois liberticides (je vous renvoie à mes articles précédents), contrôle d’élection, monopolisation des moyens de communication, Assemblée Nationale faisant bloc d’un seul sens sans se préoccuper de l’avis des Français, non utilisation du référendum, déblayage violent des manifestations de la France qui souffre… La liste est encore longue. Même au cœur d’une forte crise, le gouvernement préfère l’idéologie au pragmatisme. Enfermer les Français chez eux, mais conserver les frontières ouvertes pour coller à leur idéologie Maastrichtienne, qu’ils ne quitteront jamais, quitte à détruire l’économie française.
L’étude des éléments de langage employés par le gouvernement ne fait que renforcer cette idée. Le mot « France » a disparu de leurs bouches laissant place à un concept plus start-up et Maastrichtien : « République ». « La République souffre », « l’esprit républicain », « la force républicaine », « le combat de la République ». De 1914 à 1918, ce sont 1 400 000 personnes qui sont tombées au champ d’honneur pour défendre le drapeau, la Patrie, la France. Aujourd’hui ce souvenir a quasiment disparu, la France n’est rien, la République est tout. On assiste à la lente éducation psychologique faite aux Français pour les convaincre que la Grande Europe fédérale vaut bien mieux que la petite France réfractaire et réac ! Nous pourrions nous attacher ici à l’étude des pertes de liberté liées à Maastricht mais il faudrait un développement beaucoup plus long que ces quelques lignes.

L’immondice va plus loin encore. Alors que la crise est à son comble, le gouvernement en profite pour faire passer en toute discrétion des centaines de textes à l’Assemblée Nationale qui aurait certainement fait débat dans un moment de calme. L’idéologie avant le Bien Commun. Un faux remaniement pour expliquer aux Français qu’ils (une fois de plus) ne comprennent rien à la politique. Un ministre de la justice qui a un logiciel adapté à 1981 et qui ne voit pas l’insécurité grandissante en France. Début septembre il annonce même que « la France n’est pas un coupe-gorge » – faisant fi des 50 000 agressions annuelles au couteau – et c’est ici qu’intervient l’horreur.

16 octobre 2020.

La date qui restera marquante, comme toutes les autres, est celle de la mort d’une 267e victime de l’islamisme en France. La décapitation d’un professeur marque. Contrairement à ce que répète le gouvernement, c’est la France qui est attaquée et non la République. Les islamistes s’attaquent à la France, ses libertés, sa culture, son héritage. Ils veulent imposer la loi de la charia et sont prêts à tuer quiconque se mettra sur leur route. Comme une déflagration, cet événement laisse paraître une révolte. En effet, personne ne semble en sécurité en France, l’enseignement a peur (40% des enseignants se censurent par peur), la liberté de pensée et d’expression sont menacées.
En grande pompe, le gouvernement et les différents ministres enchaînent les plateaux, on assiste à un concours de celui qui sera le plus à droite. Cela en devient ridicule quand le ministre de l’intérieur ne comprend pas le principe du rayon halal. D’autant plus risible quand l’on comprend que c’est simplement de la communication. En effet, le Sénat vient de passer une série de lois dites de droite pour lutter contre l’islamisme, pourtant le gouvernement a déposé son avis : CONTRE. Il en est de même dans les textes travaillés avant l’attaque sur le « séparatisme ». Sous la pression des associations, qui sont les mêmes que celles visées actuellement par le gouvernement, le titre de la loi est changé. On ne parle plus de séparatisme mais d’atteinte à la laïcité. Le gouvernement veut combattre l’islamisme mais n’a aucun courage politique. Il est affligeant de voir qu’en France l’Etat est intransigeant concernant les impôts ou les amendes sur la petite grand-mère qui a malheureusement oublié son attestation, mais laisse ses citoyens se faire décapiter, agresser, tuer…
Cet attentat nous rappelle aussi que la liberté d’expression en France n’est pas une certitude. Ironie du sort, au même moment Canal + et certains départements dénoncent Zemmour sur Cnews… De la même façon France Culture illustre un sujet sur le droit au blasphème avec une photo de catholiques et la gauche nous rappelle que le danger n’est pas l’islamisme mais l’extrême droite.

Chacun se fera son propre avis sur la situation. Mais il est une notion fondamentale à défendre : la liberté ! Je ne citerai pas ici le poème connu de Paul Eluard dont vous avez connaissance mais je reprendrai les paroles de notre hymne national.

Allons enfants de la Patrie
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie
L’étendard sanglant est levé
Entendez-vous dans nos campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras.
Égorger vos fils, vos compagnes !

Aux armes citoyens
Formez vos bataillons
Marchons, marchons
Qu’un sang impur
Abreuve nos sillons

Amour sacré de la Patrie
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie
Combats avec tes défenseurs !
Sous nos drapeaux, que la victoire
Accoure à tes mâles accents
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !

Chant qui rappelle aux Français de combattre ceux qui « viennent […] égorger vos fils, vos compagnes » et rappelle qu’à l’amour sacré de la Patrie s’ajoute la « liberté chérie ». La France s’est toujours battue pour la liberté, pour que flotte le drapeau et que ses enfants vivent dans un pays libre. Il est de notre devoir de conserver nos libertés pour lesquelles 2000 ans d’histoire ont fait tomber tant d’hommes et de femmes. Notre devoir parce que nous ne sommes qu’un maillon dans l’histoire de la Nation et que nous devons transmettre aux futures générations cette culture française et la défense de nos valeurs !

Vive la liberté !
Vive la France !

ABD

Nouvelles censures

Couverture du livre “On a chopé la liberté” publié en février 2018

« On a chopé la puberté » : publié à trois mille exemplaires, il aura suffi d’une pétition réunissant quelques cent quarante-huit mille signatures[1]pour que ce livre se présentant comme un guide pour adolescente au ton léger et amusant soit retiré de la vente, que son édition soit abandonnée et que son auteur annonce la fin de sa carrière littéraire. En cause ? Son caractère supposé sexiste, alors que ce livre est entièrement écrit par des femmes. Plus surprenant encore, le nombre de signatures, qui dépasse largement le nombre d’exemplaires physiques du livre … Il est inconcevable que chacun des cent quarante-huit mille censeurs aient lu le livre. Mais tous dénoncent le caractère sexiste du guide, notamment en se basant sur la copie d’une page du livre qui inciterait les jeunes filles à considérer comme anormal que leurs tétons soient visibles sous leur tshirt. Pure opinion, sujette à interprétation, comme l’a rappelé l’auteur dans sa lettre de démission.

Aujourd’hui donc, la censure vient « d’en bas ». Ces cent quarante-huit mille signataires se constituent en tribunal populaire pour faire interdire et censurer un banal livre jeunesse sous prétexte qu’il heurte leurs convictions sous couvert d’humour. Etrange non, dans un pays où le magazine Charlie Hebdo a reçu le soutien massif de millions de défenseurs de la liberté d’expression en 2015. Dans un pays où l’on demande à la religion de bien garder ses distances avec la liberté d’expression, le blasphème moderne ne serait-il pas de froisser les schémas et les certitudes d’une idéologie pompeusement baptisée progressisme ? Sous le masque du Bien, des Gentils de gauche, des féministes antiracistes pro-migrants, partisans de tous les combats « anti », agissent avec autant d’hystérie que les groupes et associations puritaines, catholiques et « familiales » qui condamnaient le film érotique Emmanuelle dans les années 1970. Les censeurs ont changé de camp. Étonnamment, ces mêmes progressistes garants du Bien et du Bon ont paradoxalement trouvé les excuses de l’humour et du droit à la provocation au « Pendez les blancs » de Nick Conrad …

Plus de 7000 personnes demandent au Metropolitan Museum of Art le décrochage de l’œuvre. Ça n’est pas la première fois que Balthus suscite interrogations voire indignations.

Si la censure a glissé de droite à gauche sur la pente savonneuse politique, elle s’est aussi horizontalisée. L’Etat s’est presque totalement désengagé de la question morale des œuvres publiées, se contentant de sermonner sur le tard un Dieudonné déjà que trop populaire. Les associations ont moins de poids que les rassemblements de milliers d’individus. Les combats deviennent ponctuels, le temps de faire censurer un livre ou retirer un tableau d’un musée. Des musées et des institutions culturelles qui se heurtent de plus en plus à la (con)fusion entre un artiste, son œuvre, et sa vie. La rétrospective-hommage à Polanski[2]est perturbée par des groupes qui refusent de célébrer l’œuvre du cinéaste accusé de viol. À New-York, le retrait d’un tableau au Met du peintre Balthus est demandé par plus de neuf mille personnes[3], car il serait une incitation à la pédophilie et sexualiserait une adolescente (il est d’ailleurs intéressant de constater que les accusations qui font le plus réagir aujourd’hui sont celles de violences envers les femmes, et que par exemple certains artistes arrêtés pour vols avec violence, ou suspectés d’actes antisémites graves ne sont que peu inquiétés[4]). Convaincus de l’importance de leurs élans émotionnels particuliers, ces Zorros se réunissent en ligne et signent des pétitions où pour trois clics on soulage sa conscience progressiste.

Et de l’horizontalisation de la censure découle sa privatisation.

Elle n’a plus de visage, que celui des lignes de code de l’algorithme Facebook. Voulant s’adresser à un public aussi large que possible, M. Zuckerberg nivelle par le bas le degré de liberté du réseau afin que le Saoudien salafiste et le Polonais ultra-conservateur puissent s’y sentir à l’aise. Ajoutez à cela une morale parfumée de dollars et de puritanisme, et vous obtenez la censure de « L’origine du monde » de Courbet et de « La liberté guidant le peuple » de Delacroix pour « nudité » ou « nudité suggérée »[5].

L’enfer est pavé de bonnes intentions : mais dans une société adulte, nous devons accepter la publication d’œuvres, tant qu’elles respectent les limites strictement légales de la liberté d’expression, même si elles nous dérangent.

[1]https://www.ladepeche.fr/article/2018/03/04/2753015-polemique-petition-editions-milan-reediteront-livre-juge-sexiste.html

[2]https://www.lemonde.fr/cinema/article/2017/10/30/roman-polanski-a-paris-un-rassemblement-feministe-devant-la-cinematheque_5208049_3476.html

[3]http://www.exculturae.com/petition-balthus-met/

[4]http://www.bu2z.com/casier-judiciaire-booba-rohff-lafouinedeuxième vidéo, à 3min10

[5]https://www.livreshebdo.fr/article/de-nick-conrad-courbet-une-censure-numerique-double-vitesse?xtmc=censure&xtcr=14

Anna MÉDAN