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Le Twitter de Musk : jusqu’où va la liberté d’expression ?

Le Twitter de Musk : jusqu’où va la liberté d’expression ?

Créé en mars 2006, Twitter est une plateforme américaine de micro-blogage qui permet aux utilisateurs d’envoyer gratuitement des micro-messages appelés « tweets ». Cofondateur de la plateforme, l’américain Jack Dorsey en devient le PDG de 2016 à 2021, jusqu’à l’acceptation de l’offre d’achat qui cèdera le réseau social à Elon Musk pour la somme de 44 milliards de dollars, l’année suivante. Le rachat de Twitter en octobre 2022 et l’arrivée de son nouveau propriétaire met la plateforme sous le feu des projecteurs, non sans scandales. En effet, seulement 3 jours après son arrivée, le patron de Tesla a procédé à une importante vague de licenciement des employés et des cadres importants de l’oiseau bleu, un total de 3500 employés. Il convient également de mentionner une possibilité de voir la platement devenir payante avec l’instauration d’un abonnement pour être certifié. Certification qui est considérée comme un privilège réservé à certaines personnes comme les personnalités politiques, les membres du show-business, ou encore les journalistes. Mais l’une des principales promesses d’Elon Musk suscite davantage d’interrogations : imposer le retour de ce qu’il juge être la liberté d’expression. Son premier tweet « l’oiseau a été libéré » est l’image de cette promesse.

 

Fort de ses 436 millions d’utilisateurs, Twitter s’est développé en s’alignant avec une politique de modération des contenus publiés par les internautes. Malgré des nombreuses failles rencontrées par le réseau social dans ce domaine ci, les anciens dirigeants du groupe se sont évertués à bannir les comptes dont les contenus s’apparentaient à des conduites haineuses, à des menaces violentes, à des insultes ou propos racistes. La mise en application de ces mesures de modération s’illustre par un bannissement temporaire ou définitif des comptes mis en cause. Par ailleurs, cela n’est pas sans susciter l’incompréhension de certains internautes et de l’opinion public qui plaident en faveur de la liberté d’expression. Le débat a fait rage lorsque la plateforme a fait le choix de bannir définitivement l’ancien président des Etats-Unis Donald Trump, à 10 jours de la fin de son mandat, en janvier 2021. Son bannissement était la dernière étape d’une longue série d’avertissements à l’égard du président qui tweetait des allégations concernant le système électoral américain, ou encore des tweets estimés comme incitant à la violence eu égard aux violents affrontements du Capitole. Cette annonce fut vivement critiquée dans la mesure où elle met en exergue le pouvoir détenu par les plateformes de retirer des personnes qui sont indispensables à l’expression d’une population, et le pourvoir qu’ils peuvent donc avoir sur le débat public. Malgré cela, il est sans doute convenable de voir le travail de modération du réseau social, travail qui va sans doute être mis en péril par l’arrivée de Musk.

 

Une liberté d’expression absolue avec E.Musk ?

 

Le rachat de Twitter par Elon Musk a généré de vives inquiétudes chez les adeptes de la liberté d’expression régulée, ceux qui pensent que la liberté d’expression à une limite. Le nouveau patron du réseau social est souvent décrit comme un libertarien pour qui s’exprimer librement est le principe le plus important. Par conséquent, il ne compte pas insister davantage sur les outils de modération de la plateforme et d’ailleurs la plupart des employés licenciés étaient chargés de la modération du réseau. Depuis qu’il a exprimé qu’il était contre les bans définitifs et que tous les propos avaient leur place sur la twittosphère, des dizaines de milliers de tweets haineux, racistes et homophobes se propagent. Autre illustration de ce changement, l’utilisation du N-word sur la plateforme a été multipliée par six depuis sa prise de contrôle.

Cela dit, eu égard à la place de la plateforme dans les débats d’opinions, les débats publics, et dans la vie démocratique, Elon Musk soutient l’idée selon laquelle cela doit se faire de façon saine et sans violence. L’ambition du nouveau patron est de transformé Twitter en une « place publique en ligne où une grande variété d’opinions peuvent débattre de façon saine, sans recourir à la violence » affirme-t-il. Cela s’illustre par le souhait du patron de Tesla de revenir sur le bannissement définitif d’utilisateurs.  Il s’est d’ailleurs exprimé sur l’exclusion définitive de Donald Trump après l’assaut du Capitole, et le bannissement de Marjorie Taylor Greene, une élue républicaine conspirationniste, en estimant que ces décisions étaient des erreurs.

La promesse d’un retour de la liberté d’expression sur Twitter est toutefois tempérée par Elon Musk lui-même, conscient qu’il est contraint de respecter les lois des pays où est implanté Twitter. Par exemple, même s’il y a peu de chance qu’Elon Musk insiste sur le développement des outils de modération, Twitter devra tout de même se soumettre au droit français, qui interdit les propos haineux, les menaces ou encore les propos négationnistes (autorisés aux Etats-Unis). Elon Musk risque de se heurter au droit de l’Union Européenne même s’il peut espérer avoir moins de difficultés avec le droit étasunien. D’ailleurs, le Commissaire européen, Thierry Breton, n’a pas hésité à rappeler au milliardaire que si l’oiseau était libre, il volerait dans le sens du droit européen.

 

Par Philithée KABYLO KILLY DILLA

Théories du féminisme

Théories du féminisme

Le féminisme est une coalition de différentes théories féministes et de différents courants qui ont des perceptions et définitions différentes du problème, ce qui peut donner des contradictions à la définition générale du féminisme et ce que cela doit représenter. Selon l’époque dont on parle, la vision du féminisme et de ce que cela doit être change beaucoup. De plus, la définition du féminisme change aussi selon la perception personnelle de l’individu basée sur ses propres croyances et valeurs. Aujourd’hui on peut entendre beaucoup d’opinions sur ce qu’est le féminisme et la plupart du temps les commentaires sont négatifs, leurs arguments confondus avec une fausse définition du féminisme et les différentes croyances personnelles. Pour mettre au clair ce débat, on expliquera les différentes catégories de féminismes. On va donc répartir le féminisme en 6 grandes catégories afin de mieux expliquer chacune et donc rompre les préjugés existants de féminisme.

 

On a donc le féminisme radical, libéral, socialiste, culturel, intersectionnel et postmoderne. La différence la plus marquante entre ces 6 catégories est notamment la racine de ces différentes théories, comment elles sont apparues et de quoi cela dépendait exactement (de la société, de la politique, des lois, des institutions, du langage, du capitalisme etc…). De plus, leurs différences sont aussi liées à l’époque dans lequel ce courant de féminisme est apparu et aussi la différence de définition d’égalité (opportunité/résultat et individuel/collectif).

 

Féminisme libéral (mainstream féminisme) : C’est le féminisme qui a eu le plus d’impact sur les vies féminines dans l’histoire. Il explique que la discrimination empêche les femmes d’avoir les mêmes opportunités (égalité de chance et que les rôles de genre ne font que produire les attentes rigides et inflexibles des hommes et des femmes). Il accentue l’individualisme, le choix et la liberté personnelle. On l’appelle mainstream parce que son but est celui qui est le plus simplement réalisable. Son but est l’égalité homme/femme institutionnelle, judiciaire et sociale avec le changement qui vient de l’intérieur de ce même système. Le patriarcat se reproduit au travers de la culture, de la société, de l’Etat et des institutions et endommage les femmes et les hommes. Le problème ou plutôt la critique de cette théorie du féminisme est qu’il ne recherche pas un changement révolutionnaire de ce système mais travaille seulement à l’intérieur même de celui-ci et qu’il est principalement blanc, capitaliste et impérialiste, et donc exclue un grand nombre de personnes.

 

Puis on aura le féminisme radical : Celui-ci tire sa racine de l’oppression féminine à la suite d’une domination masculine. Le patriarcat touche chaque aspect de notre société, tous les hommes profitent donc de ce patriarcat et impacte tous les autres systèmes d’oppression comme le racisme, capitalisme, impérialisme etc… Le but de ce féminisme radical est l’unification de l’expérience féminine, la lutte au nom de toutes les femmes et la destruction complète de patriarcat et tous ces systèmes et institutions. Avec le féminisme radical, le changement vient avec une révolution. La critique sur ce féminisme est le fait qu’il traite les femmes comme une unité unifiée. L’exemple est une femme blanche de classe moyenne en excluant complètement les autres races notamment les femmes noires. De plus, ce féminisme radical exclut les trans-femmes de ce mouvement.

Le féminisme socialiste : Ce féminisme a pour but de complètement changer le système de production (capitaliste) et de reproduction sociale (le travail à la maison non payé). Cette théorie est critiquée car sa conceptualisation dans la réalité reste difficile.

On passe maintenant sur le féminisme culturel : Il a été créé à partir du féminisme radical. L’essence d’être une femme est tout ce qui paraît spécial chez une femme et parfois peut être vu même comme supérieur aux hommes. La vision du patriarcat avec cette théorie est qu’il endommage non seulement les femmes mais les hommes aussi car il empêche alors les hommes de montrer leurs émotions et donc influence la création de ce qu’on appelle aujourd’hui la “masculinité toxique”. Il existe une différence très marquante entre les femmes et les hommes. Les femmes sont connectées avec la nature notamment par le lien de leur système reproductif. Les femmes devraient valoriser les atouts “féminins” (empathie, être émotionnel, etc..). Le but de cette théorie est de créer une société où les femmes et les hommes apprécient ce qu’on appelle “valeurs féminines ». Mais il existe une critique pour cette théorie également : la forte séparation entre les hommes et les femmes au niveau biologique et ontologique en font des êtres humains complètement différents, où les hommes sont corrompus et les femmes innocentes et comme celles d’avant, l’ignorance complète des inégalités de classe, race etc…

 

Le féminisme intersectionnel : Cette théorie vient d’une oppression et d’une discrimination qui fonctionnent entre eux ensemble au sein de notre société. Pour donner un exemple de cela, on utilisera les expériences des femmes noires qui n’ont pas vécu toutes les luttes féministes de la même manière. A travers le sexisme et le racisme leurs expériences sont complètement différentes car cela représente une double ou triple discrimination, une interpellation de plusieurs types de discriminations. Le but de cette théorie est de dire que l’oppression doit se déconstruire de manière intersectionnelle, en prenant en compte différentes identités et expertises de discriminations. La critique de cette théorie féministe est l’affaiblissement de l’unité féministe en regardant les femmes comme une foule trop différenciée avec peu de buts unifiés et concrets.

 

Et finalement on a le féminisme postmoderne : un type de féminisme qui a émergé vers la fin du XXe siècle et qui est marqué par le rejet des idées féministes traditionnelles et qui essaie de favoriser la philosophie postmoderne. Il met en avant l’importance du contexte social et politique pour comprendre le genre. Et il critique l’essentialisme, le patriarcat et la pensée binaire (binary thinking). Les féministes postmodernes croient que le genre n’est pas déterminé par la biologie mais par les circonstances culturelles et sociales. Selon cette théorie, les femmes étaient vues et traitées comme inférieures aux hommes non à cause de leur biologie mais à cause de la marginalisation sociale et politique. Cette théorie met en avant aussi l’importance de regarder les femmes non comme une foule de personnes identiques mais au contraire de comprendre que chacune d’entre elles est unique et se différencie selon sa race, sexualité, classe sociale, etc. Donc le but c’est de comprendre qu’il n’y a non seulement les différences entre les hommes et les femmes en tant que genre mais aussi qu’il existe des différences au sein de la communauté féminine. Cette théorie a été critiquée pour être trop théorique et déconnectée de la réalité.

 

Selon l’époque d’apparition et le contexte social et politique, les courants féministes changent et font des efforts pour permettre une plus grande liberté et égalité pour les femmes. Mais comme on a pu le voir, les théories se différencient entre elles, elles apparaissent d’une manière différente et donc traitent des problèmes différents. Le féminisme n’est pas une doctrine qui veut rendre les femmes supérieures aux hommes, c’est un courant de pensée qui essaie de mettre en valeur les femmes le plus possible sans dégrader les hommes. Le féminisme ne protège pas uniquement des femmes mais les hommes aussi, même si ce n’est pas clair pour certains. L’origine de la masculinité toxique se trouve dans le patriarcat, qui essaie donc de réduire les hommes à des machines sans émotions, incapable d’être quelqu’un d’autre que simplement quelqu’un de fort et qui décrit les femmes comme des objets innocents, qui ne servent qu’à être utilisés par les hommes. C’est pourquoi, il est important de connaître ces théories féministes, sommer leurs valeurs et créer un féminisme qui va servir à tout le monde.

 

Par Julija VULETIC

La pollution numérique : une réalité dure à accepter

La pollution numérique : une réalité dure à accepter

Si je vous disais que le numérique en général est responsable de 4% des émissions de gaz à effet de serre et que ce pourcentage devrait augmenter dans les années à venir. Vous me diriez sans doute : Comment ça se fait ? Comment est-ce possible ? Parce que la pollution numérique dont je vous parle n’est pas aussi connu que les autres types de pollution comme celle causée par les transports, ou encore celle causée par les déchets jetés dans la nature. Et normalement, après avoir lu cet article vous saurez à quel point nous, les étudiants, nous y contribuons à cette pollution numérique.

 

Déjà, qu’est-ce que la pollution numérique ?

La pollution numérique désigne toutes les formes de pollution engendrées par le secteur informatique : émissions de gaz à effet de serre, contamination chimique, érosion de la biodiversité, production de déchets électroniques.

Et comme l’a dit Inès Leonarduzzi, fondatrice et présidente de l’ONG Digital For The Planet :

« Le numérique est un outil fabuleux qui permet des avancées extraordinaires mais en l’état il pollue. Quand le numérique a été placé dans nos mains, ces sujets n’ont pas été traités, structurés. Il est nécessaire de trouver des solutions et de mettre des mots sur ces externalités négatives ».

A partir de cela, on se rend bien compte de l’importance de cette pollution car même si elle est minime face aux autres à l’heure d’aujourd’hui, elle ne fera qu’augmenter puisque la sollicitation des objets informatiques est de plus en plus forte. Il n’y a qu’à regarder une salle de classe à Toulouse Business Education et sans grande surprise, pratiquement tous le monde a un ordinateur et téléphone. Nous utilisons nos ordinateurs pour prendre des notes et là certains me diront que c’est plus écologique que d’utiliser un cahier ou du papier tous ça parce que ceux-ci sont l’une des causes de la déforestation. Eh bien, je n’aurais pas d’argumentaire pour répondre à cela puisque ce n’est pas mon domaine d’expertise mais ce qui est sûr c’est lorsque nous utilisons notre ordinateur ou notre téléphone pour enregistrer des données ou autre la pollution numérique est instantanée.

 

 

Quand avons-nous commencer à prendre réellement conscience de cette pollution numérique ?

Eh bien moi je vais parler en tant qu’étudiante de L3 à TBS. Pour être honnête, je me suis rendu compte de cette pollution tout simplement lorsque l’un des jurys aux oraux de TBS éducation m’a posé la question. J’en avais déjà entendu parler mais je ne m’étais pas attardée sur le sujet car je n’avais pas conscience de l’importance de ce type de pollution.

Et puis, je me suis souvenue de la période du premier confinement où nous étions tous enfermés chez nous et que notre seul moyen de communiquer, de voir ce qui se passe dans le monde était la télé, le réseau téléphonique et internet. Et c’est aussi à cette période Netflix, notre fameuse plateforme qui propose des films, des séries et des documentaires a connu son apogée. En effet, durant cette période, on a vraiment connu ce que signifiait l’ennui et le fait d’être enfermé entre 4 murs. Sans s’en rendre compte, nous avons énormément pollué puisque nous étions H24 sur Netflix, TikTok , Snapchat , Instagram pour la plupart d’entre nous.

Moi, je ne le savais pas et peut-être que vous non plus mais le streaming est un exemple assez concret de la pollution numérique. En effet, chaque année, la consommation de vidéos en streaming émet 300 millions de tonnes de CO2 dans le monde. D’après un rapport du Sénat publié en juin 2020, le streaming vidéo représente environ 60% du trafic en France.

 

 

Quelles sont les causes de la pollution numérique ?

Je pense qu’on a tous une petite idée des causes de la pollution numérique mais je vais quand même m’y attarder. En effet, il y a 4 principales causes de la pollution numérique. La première cause est la fabrication des appareils informatiques et contrairement à ce que l’on pourrait penser la fabrication des appareils informatiques représente la plus grande partie de la pollution numérique. En effet, près de la moitié des gaz à effet de serre émis par la filière numérique provient en fait de cette phase de fabrication (47%). La deuxième cause la pollution numérique est le fonctionnement ; le fonctionnement du réseaux internet et téléphonique demeure un grand mystère pour nous tous. Et d’ailleurs, pour la plupart on ne sait même pas comment celui-ci fonctionne. Le réseau internet n’est pas « immatériel » comme beaucoup le pensent : il est composé d’une multitude d’équipements informatiques (ordinateurs, câbles, antennes, etc.), qui permettent de stocker et de transférer des données (vidéos, photos, emails, pages web, etc.) vers nos terminaux domestiques. Toutes ces technologies numériques doivent être fabriquées et alimentées, générant un coût écologique important. La troisième cause est l’utilisation des équipements numériques. Et là tu te demandes surement où je veux en venir. Je vous donne donc un exemple un peu plus concret : les e-mails que nous recevons tous les jours.

Saviez-vous que 10 milliards sont envoyés à travers le monde chaque heure, ce qui correspond à 4 000 vols aller/retour Paris-New York ? Cela paraît tellement étrange mais c’est le cas !

Et la dernière cause de cette fameuse pollution est la destruction des équipements numériques. Il est donc très compliqué de recycler les équipements numériques et ils sont donc détruits ce qui contribue fortement à la pollution des sols et de l’air.

 

 

Que devrions-nous faire face à cela ?

Afin de réduire son bilan carbone numérique, Inès Leonarduzzi conseille :

  • De conserver les appareils le plus longtemps possible car plus des 2/3 de la pollution numérique environnementale est due à leur fabrication,
  • D’utiliser le wifi au lieu de la 4G car celle-ci utilise quatre fois plus d’énergie,
  • De débrancher sa boxe wifi tous les soirs. Ce geste permet d’ailleurs d’économiser 80 à 100 euros sur une année.

Ce dont, je viens de vous faire part sont les solutions proposées par la plupart des professionnels mais honnêtement, débrancheras-tu ta box wifi tous les soirs ?

D’autre part, aujourd’hui il y a de plus en plus de métiers dans le numérique comme le marketing digital, le trading, l’intelligence artificiel donc n’est-ce pas paradoxal de vouloir réduire nos utilisations ?

Tous cela pour vous dire de faire attention quand vous regarderez vos séries Netflix !

 

Par Chloé CARMASOL

Election brésilienne 2022

Election brésilienne 2022

Préambule  

 

Le mois dernier, les Brésiliens étaient appelés aux urnes pour élire leur nouveau président dont le scrutin est décisif pour la population brésilienne. 

Au cours de cette campagne, la population brésilienne a dû faire face à de nombreuses désinformations diffusées sur les réseaux sociaux constituant pourtant la principale source d’information des Brésiliens. Ainsi, certains Brésiliens ont donc pu être induit en erreur sur les intentions de chacun des deux candidats. 

Cette année, Lula et Bolsonaro sont les deux principaux adversaires. En effet, il y a 4 ans, lors de la précédente élection, Lula n’avait pu se présenter puisqu’il avait été incarcéré pour des faits de corruption entre avril 2018 et novembre 2019. En 2021, la Cour Suprême a annulé la condamnation ce qui lui a permis de récupéré tous ses droits politiques.  

 

 

Mandat de Bolsonaro  

 

Lors de son élection en 2019, Bolsonaro avait pour projet de déconstruire ce qui avait été fait par les précédents présidents depuis le retour de la démocratie au Brésil en 1988. 

La déforestation de l’Amazonie a progressé de 75% ; les terres indigènes ont subi de nombreuses invasions ; et la possession d’armes à feu a explosé de 474% en 4 ans. 

Au fur et à mesure de son mandat, le gouvernement est devenu de plus en plus autocratique en partie au moment de la pandémie où il a été vivement critiqué pour sa gestion de la crise. En effet, le président ne s’est pas inquiété de l’ampleur de la pandémie et a longuement réfuté l’idée de mettre en place un confinement national. Le pays a donc gravement été touché par la crise sanitaire qui a fait pas moins de 685 000 morts.  

Aujourd’hui, le président sortant est la cible de plusieurs enquêtes et est menacé d’inculpation pour « crime contre l’humanité » face à son manque d’empathie devant la souffrance du peuple lors de la pandémie. 

 

 

Premier tour 

 

11 candidats se présentaient cette année aux élections présidentielles Brésiliennes. Ce 2 octobre, 93% des Brésiliens ont voté pour Bolsonaro ou Lula reléguant ainsi les 9 autres prétendants à l’arrière-plan. De nombreux sondages donnaient Lula vainqueur dès le premier tour, mais cela n’a pas été le cas, imposant ainsi 4 semaines supplémentaires de campagnes aux deux favoris. Ce jour-là, les Brésiliens élisaient également les députés fédéraux, un tiers des sénateurs ainsi que les gouverneurs des 27 Etats et les députés régionaux. Une journée marquée par des choix cruciaux pour la population Brésilienne.  

 

Deuxième tour  

 

Le dimanche 30 octobre a eu lieu le second tour des élections qui opposait Lula à Bolsonaro. Selon la Tribune Supérieur Electorale, Lula a été élu à 50,9% des suffrages. Il remporte donc son troisième mandat 11 ans après ses deux mandats présidentiels de 2003 et 2010 et sera investi le 1er janvier 2023. 

Il aura fallu attendre deux jours pour que Bolsonaro sorte du silence et reconnaisse à demi-mot sa défaite durant une conférence de deux minutes dans laquelle il remercie également les Brésiliens qui ont voté pour lui. Il dénonce cependant une supposée fraude électorale mais ne compte pas aller à l’encontre de la constitution. Par ailleurs, le principal ministre de Bolsonaro, Ciro Nogueira, a déclaré que le président sortant l’avait autorisé à entamer la transition avec l’équipe du président Lula ce qui peut être considéré comme une acceptation des résultats de la part de Bolsonaro.  

 

Les nombreux défis du président élu 

 

Lula aimerait revenir sur les politiques de réduction des inégalités qui ont fait sa réputation lors de son précédent mandat. En effet, le Brésil est lui aussi confronté à une inflation élevée qui affecte des dizaines de millions de Brésiliens. Parmi eux, 33 millions sont confrontés à la famine et plus de la moitié de la population vit dans l’insécurité alimentaire. On comptabilise aussi plus de 10 millions de chômeurs au sein du pays.  

Dans un contexte politique très tendu au Brésil, Lula va devoir composer avec un Congrès très conservateur. En effet, le 2 octobre dernier, les Brésiliens ont renouvelé l’entièreté de la Chambre des députés ainsi qu’un tiers des sièges de sénateurs permettant à l’extrême droite de progresser au sein du Congrès. Par ailleurs, la moitié de la population est en désaccord avec les résultats de l’élection. Lula va donc devoir réunifier le pays afin d’éviter tout débordement de la population pour la suite de son mandat.  

Mais l’avenir s’annonce positif pour Lula qui reprend les idées de ses précédents mandats tout en y ajoutant de nouvelles pour faire face à la situation actuelle du pays. Son programme a de quoi donner beaucoup d’espoir aux Brésiliens puisqu’il a souvent eu un impact positif sur leur vie lors de ses précédents mandats notamment grâce à la lutte contre la faim, la pauvreté et la destruction de l’environnement. Lula pourrait aussi renforcer les relations internationales. 

Enfin, d’un point de vue géopolitique, le Brésil devient le cinquième pays d’Amérique Latine à être dirigé par la gauche. Cette élection montre ainsi que la démocratie résiste sur le continent.  

 

Par Ambre LE RAY

Comment la réglementation SFDR change-t-elle les pratiques dans le secteur financier ?

Comment la réglementation SFDR change-t-elle les pratiques dans le secteur financier ?

Alors que les investissements reposaient principalement sur des indicateurs de rendement et de risque financier, la SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) marque une nouvelle étape pour les acteurs des marchés financiers en matière de prise en compte des environnementaux et sociaux dans l‘investissement.

 

Qu’est-ce que la SFDR et quels sont ses objectifs ?

 

La transition écologique vers une économie peu carbonée et respectueuse de l’environnement nécessite une coopération de tous les acteurs de la société : entreprises, citoyens, secteur public et marchés financiers. Depuis le 8 mars 2021, la réglementation SFDR vient transformer le fonctionnement des marchés financiers de l’Union européenne pour accélérer justement la transition écologique à travers la finance durable.

 

Transparence

 

Le premier volet de la SFDR concerne la publication d’informations qui permettent d’évaluer la durabilité et l’impact extra-financier des investissements.

Il s’agit ici d’obliger les acteurs financiers à communiquer de manière transparente sur les risques et les impacts concernant la durabilité des investissements.

L’objectif du règlement SFDR : faciliter l’orientation des flux financiers vers des placements plus responsables et durables.

 

Classification

 

Le deuxième volet concerne la classification des acteurs financiers selon des critères éthiques. Elle met notamment en avant les sociétés de gestion qui sont les plus avancées en matière de critères ESG, ie qui proposent les produits les plus éthiques.

L’objectif du règlement SFDR : permettre de classifier les acteurs financiers selon les types d’investissements et de produits qu’elles proposent.

 

Qu’est-ce qu’un investissement durable selon la SFDR ?

 

Les 4 critères principaux

 

Selon la SFDR, un investissement durable est un investissement dans une activité économique qui :

  • Contribue à un objectif environnemental

Le règlement SFDR comptabilise 5 objectifs environnementaux en matière :

– D’utilisation efficace des ressources
– De production de déchets
– D’émissions de GES
– D’effets sur la biodiversité
– D’effets sur l’économie circulaire

 

  • Contribue à l’amélioration du capital humain

On parle par exemple d’un investissement dans la formation des salariés.

  • Participe à l’amélioration de la vie des communautés économiquement ou socialement défavorisées.

 

  • Contribue à un objectif social

 

En favorisant : l’intégration sociale, la cohésion sociale, les relations au travail ou encore la lutte contre les inégalités.

 

Le principe DNSH et le principe de bonne gouvernance

 

Par ailleurs, un investissement est durable lorsqu’il respecte le principe DNSH (Do Not Significantly Harm) et le principe de bonne gouvernance.

 

Le principe DNSH, c’est le principe selon lequel une activité durable ne doit pas causer de préjudice important à un autre objectif durable (environnemental). Concrètement, cela veut dire que si une activité est considérée comme durable en elle-même mais qu’elle a des effets négatifs sur un des objectifs environnementaux énumérés juste au-dessus, alors elle n’est pas considérée comme DNSH.

Concernant le principe de bonne gouvernance, cela veut dire qu’avant d’investir dans un projet, un fond doit mettre en place une politique d’appréciation de la bonne gouvernance des sociétés dans lesquelles il souhaite investir.

 

SFDR : quels sont les grands changements qu’elle implique ?

 

Le reporting et la publication d’informations sur des critères de durabilité

 

Pour intégrer la SFDR, les acteurs concernés sont dans l’obligation de fournir des informations sur deux facteurs essentiels : les risques en matière de durabilité et les principales incidences négatives.

Ainsi, en plus des rendements et des risques, les investisseurs, analystes et conseillers financiers doivent s’intéresser aux impacts environnementaux / sociaux que peut avoir un investissement.

En fait la SFDR vient rendre plus formelle et comparable l’agrégation des différents impacts sur l’environnement des projets dans lesquels investir.

 

L’identification des produits d’investissement

 

L’application du règlement SFDR implique la classification des fonds et des produits proposés par ces fonds en trois catégories. Avec ce règlement, tous les fonds d’investissement doivent indiquer la manière dont les critères ESG sont intégrés dans les produits financiers.

 

Les fonds article 9

On retrouve ici tous les produits qui poursuivent un objectif d’investissement durable. Il s’agit donc des investissements les plus vertueux : ceux qui visent à réduire les impacts négatifs sur l’aspect Environnemental, Social et de Gouvernance. Ces produits intègrent le respect des droits de l’Homme et la lutte contre la corruption.

Ces fonds peuvent par exemple avoir pour objectif de favoriser la transition bas-carbone ou de favoriser le bien-être au travail.

 

Les fonds article 8

Ici sont regroupés les regroupés les produits qui ne poursuivent pas directement un objectif d’investissement durable mais qui intègrent les critères ESG dans leur démarche.

 

Les fonds article 6

Cette catégorie regroupe tous les autres produits dits “classiques”. Il s’agit en fait des produits qui n’ont pas de démarche ESG.

 

Par Alise DURAND