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2022 :  Des élections à travers le monde sous haute tension

2022 : Des élections à travers le monde sous haute tension

La France n’est pas le seul pays à se déplacer aux urnes cette année. Il s’agit d’une année décisive et non sans risque sur le plan électoral pour de nombreux pays dans le monde.

 

Brésil : la fin de l’ère Bolsonaro ?

Élection présidentielle : 2 octobre 2022 (1er tour) et 30 octobre 2022 (2nd tour)

A la veille de la présidentielle de 2018, Lula da Silva, ancien président du Brésil (2003-2011) et favori à l’élection, a été condamné à 12 ans de prison pour corruption et blanchiment d’argent notamment dans l’affaire de l’entreprise pétrolière Petrobras, qui a secoué un grand nombre de dirigeants politiques à travers l’Amérique latine. Cette condamnation a permis au leader d’extrême droite Jair Bolsonaro de remporter l’élection présidentielle en octobre 2018 face à Fernando Haddad du Parti des travailleurs (parti de Lula). Une victoire qui doit tout à la colère des Brésiliens contre les abus de la classe politique éclaboussée par de multiples scandales de corruption.

Néanmoins son élection ne s’est pas accompagnée d’un bilan glorieux pour celui qu’on surnomme le « Trump tropical » : crise économique et sociale, menace de sanctions américaines et européennes pour sa déforestation de l’Amazonie, saturation du système médical, campagne vaccinale tardive, président menacé de destitution fin 2020 pour sa mauvaise gestion de la Covid,…Un bilan hasardeux donc pour celui qui se retrouve isolé depuis l’élection américaine de Joe Biden fin 2020.

Une réélection de Bolsonaro le 2 octobre prochain est-elle possible ? Selon les premiers sondages, il semblerait que Lula, blanchi par la justice en mars 2021, soit le grand favori face à Bolsonaro même si Lula n’a pas encore officiellement déclaré sa candidature. Mais rien ne peut être acté. En effet, même si sa popularité est en baisse ces derniers mois, Bolsonaro reste une figure politique forte et ses partisans sont encore omniprésents.  L’avenir du Brésil se jouera sans conteste dans les urnes. Sans doute entre ces deux antagonistes. Toutefois, une troisième personnalité (comme notamment l’ex-ministre de la Justice de Bolsonaro, Sergio Moro) peut surgir à tout moment et rebattre les cartes de l’échiquier politique brésilien, rendant alors l’issu du scrutin incertain.

 

États -Unis : Vers un essoufflement de la présidence Biden ?

Élection à “mi-mandat” : 8 novembre 2022.

Ces élections permettent le renouvellement des membres de la Chambre des représentants, soit les 435 sièges ainsi que 34 des 100 sièges du Sénat. Pour le président démocrate Joe Biden l’enjeu est crucial : le but étant de conserver la majorité dans les deux chambres du Congrès, qui sont à l’heure actuelle à majorité démocrate. Cependant, ces élections s’annoncent périlleuses. En effet, la cote de popularité du président américain est au plus bas (40%) depuis son élection en novembre 2020. Le parti démocrate est à la peine ces derniers temps. Par exemple, en novembre 2021, les démocrates ont subi une lourde défaite dans l’État de Virginie, remporté pourtant par Biden lors de la présidentielle, avec une victoire du républicain Glenn Youngkin à 50,6% pour le poste de gouverneur.  Joe Biden rencontre également des difficultés, au sein de son propre parti, pour faire passer certaines de ces réformes phares comme notamment son plan “Build Back Better”.

Une autre menace qui plane est celle des républicains, favoris pour reprendre la Chambre des représentants, et dont une partie est restée fidèle à Donald Trump, qui refuse toujours d’accepter les résultats de l’élection présidentielle. Le risque est trop important pour Biden : si les républicains parviennent à occuper à la majorité la Chambre des représentants, cela paralyserait le vote de certaines réformes démocrates. Biden a donc tout intérêt à regagner la confiance de l’aile progressiste de son propre camp afin d’empêcher les républicains d’obtenir la mainmise sur la Chambre des représentants.

 

Inde : Un test pour l’avenir de la “plus grande démocratie du monde” ?

Élections régionales dans l’Uttar Pradesh : mars et avril 2022

L’Inde est un pays fédéral comptant 28 États régionaux qui disposent d’institutions propres et d’une certaine autonomie par rapport au pouvoir central. Le BJP (Bharatiya Janata Party) ne contrôle pleinement que 13 des 28 régions dont l’Uttar Pradesh. L’élection dans l’Uttar Pradesh s’avère cruciale pour le pouvoir nationaliste hindou de Narendra Modi et son parti politique, le BJP. En effet, Narendra Modi, Premier ministre indien, est au cœur des critiques concernant sa gestion de l’épidémie. Alors qu’il a proclamé pendant des mois que son pays était un modèle dans la lutte contre le virus, l’Inde a été l’épicentre de la pandémie en mai 2021. Ainsi, certains dirigeants locaux se sont opposés à Narendra Modi. Par exemple, au printemps 2021, le ministre en chef de Dehli, Arwind Kejriwal, dirigeant un parti d’opposition, a décidé lui-même d’imposer le couvre-feu à Dehli contre l’avis de Narendra Modi. Cette résistance déplait au leader indien. C’est pour cette raison que ce dernier fait tout ce qui est en son pouvoir pour tenter de remporter les élections dans l’Uttar Pradesh en soutenant Yogi Adityanath, ministre en chef de l’Etat depuis 2017 face à Akhilesh Yadavh, ministre en chef de l’Etat de 2012 à 2017.

Aujourd’hui, la pandémie agit comme un révélateur de la conception du pouvoir de Narendra Modi : un pouvoir nationaliste, centralisé, religieux et portant atteinte aux libertés. L’enjeu de l’élection est double car dans un pays divisé et inégalitaire comme l’Inde, cette élection aura des répercussions majeures sur la région mais aussi sur l’élection nationale de 2024.

 

Hongrie : Viktor Orban en danger ?

Élections législatives : avril 2022

Si Viktor Orban va tenter de briguer un 4ème mandat consécutif (première élection en 2010, puis 2014 et 2018) avec son parti le Fidesz, c’est la première fois qu’il se trouve face à un candidat de taille : Peter Márki-Zay, chef de file de l’opposition inédite regroupant 6 partis politiques différents, dont les libéraux, les écologistes, les sociaux-démocrates et l’extrême droite. L’élection de Peter Márki-Zay (centre-droit) permettrait d’apaiser les tensions entre l’Union européenne et la Hongrie sur certains sujets. Il promet par exemple d’annuler la loi anti-LGBT d’Orban, décriée par Bruxelles, même si sur le sujet de l’immigration, ce dernier est plutôt d’accord avec Orban sur la construction de la clôture de 2015 permettant de “lutter contre l’immigration illégale”. En effet, le premier ministre hongrois mène une politique agressive europhobe, anti-LGBT et envers d’autres minorités. A contrario, le maintien au pouvoir du leader du Fidesz, contribuerait à renforcer l’autoritarisme de ce dernier, menaçant encore plus l’État de droit et la place de la Hongrie au sein même de l’Union européenne. Cependant, l’opposition est loin d’avoir remporter d’avance cette élection que les Européens suivront en même temps que l’élection présidentielle française en avril 2022.

 

Italie : un risque d’instabilité politique ?

Élection présidentielle : 24 janvier 2022

Le Parlement italien doit élire le nouveau président de la République après le septennat du président sortant Sergio Mattarella. Un exercice qui d’ordinaire n’est qu’un simple protocole. En effet, contrairement au Premier ministre, le président de la République italienne n’a que très peu de pouvoir. Il fait surtout figure de symbole d’unité politique et de gardien des institutions démocratiques.

Pourtant à quelques jours du scrutin, aucun nom ne sort particulièrement du lot pour gagner sans difficulté l’élection, ce qui plonge le pays dans une incertitude politique. Si le Premier ministre Mario Draghi n’a pas exclu une candidature, sa nomination aurait un impact non négligeable sur la politique italienne. L’incertitude politique se déplacerait donc du côté de la présidence du Conseil des ministres, ce qui serait encore plus problématique. En effet, il existe un risque qui est celui que Mario Draghi démissionne de son poste de Premier ministre mais ne soit finalement pas élu président de la République. Ce scénario serait une très mauvaise nouvelle pour l’Italie qui a pu profiter, grâce à la légitimité de Mario Draghi, des plans de relance européens quand le pays était l’un des plus touchés par la pandémie. Des sondages estiment d’ailleurs que l’extrême droite serait en tête avec notamment le parti “Fratelli d’Italia” et “Lega” pour prendre la tête d’une potentielle nouvelle coalition gouvernementale dans le cas d’un départ de Mario Draghi.

Il s’agit donc d’une élection à haut risque pour l’Italie qui à tout moment peut changer complètement d’orientation politique.

 

France : quel avenir pour la France ?

Élection présidentielle : 10 avril 2022 (1er tour) et 24 avril 2022 (2nd tour).

Élections législatives : 12 juin 2022 (1er tour) et 19 juin 2022 (2nd tour). Les élections législatives auront pour but d’élire les députés qui siègeront à l’Assemblée nationale.

La multiplicité des candidats à l’élection rend le résultat du scrutin incertain malgré un léger avantage pour le président sortant Emmanuel Macron (REM). En effet, la gauche ne parvient pas à se ranger derrière une unique personnalité politique montrant à quel point la gauche est morcelée. Une primaire populaire de la gauche aura lieu fin janvier afin de désigner un candidat pour représenter la gauche. Cependant, il n’y aura pas qu’un seul candidat de gauche à l’élection présidentielle a priori puisque les plus gros candidats de gauche comme Yannick Jadot (EELV), Anne Hidalgo (PS) ou encore Jean-Luc Mélenchon (LFI) ne participeront pas à la primaire populaire et seront donc d’autres candidats de gauche à la présidentielle. Les divisions au sein de la gauche non seulement décrédibilisent cette dernière face à la droite mais favorisent également, de fait, la montée en puissance de candidats de droite (Valérie Pécresse, LR) voire d’extrême-droite (Marine Le Pen, RN et Éric Zemmour, Reconquête).

 

Une année électorale chargée donc et qui nous réserve bien des surprises…

 

Par Jessica LOPES BENTO

Quel avenir et quel risque social de la ressource en eau ?

Quel avenir et quel risque social de la ressource en eau ?

L’eau est une ressource que nous disposons en abondance dans la plupart des pays développés du fait de son faible coût pour les ménages et de son libre accès grâce aux infrastructures de nos foyers. On pourrait donc penser que l’eau est une ressource infinie tant, parfois, nous ne faisons pas attention à sa consommation pour répondre à nos besoins de la vie courante alors que pourtant c’est une ressource qui devient de plus en plus rare. La Terre, notre planète bleue, est composée d’océans qui recouvrent 70% de la surface du globe. L’eau salée représente 97% du total de cette eau pour à peine 3% d’eau douce dont une grande partie est figée sous forme de neige et de glace. Durant le dernier siècle, la population mondiale a été multipliée par 4 et la consommation en eau a quant à elle été multipliée par 10 voire plus dans certaines régions du monde. Alors qu’un habitant d’un pays en Afrique Subsaharienne consomme à peine 10 litres pour ses besoins quotidiens, un français consomme 150 litres. La ressource en eau est une des principales conditions à la vie sur terre car elle est indispensable à la vie humaine. On pourrait alors se demander ce qui justifierait de tels écarts de consommation d’eau entre deux régions du monde et quels problèmes cela engendrait sur les rapports internationaux.

 

L’inégale répartition de l’eau et ses conséquences sociales

D’après plusieurs enquêtes, un habitant sur trois dans le monde n’a pas encore d’accès direct à l’eau potable. Les problèmes liés à l’accès à l’eau potable serait l’un des premiers facteurs d’inégalités dans le monde et est une des principales causes de mort notamment chez les enfants. L’Afrique est le continent qui rencontre le plus de problèmes d’accès et d’assainissement de l’eau. On retrouve des populations en Ethiopie qui consomment de l’eau issue de rivières où leurs bétails s’abreuvent. En Inde, les habitants les plus pauvres puisent leur eau dans des puits insalubres. Cela entraine la transmission de certaines maladies comme le choléra, la typhoïde, la diarrhée ou l’hépatite A et la cause de 10% des décès. Par ailleurs, on peut relever que les problèmes liés à l’accès à l’eau potable sont plus mortels que les guerres.
L’eau douce est très inégalement répartie car 9 pays détiennent 69% des réserves du monde. Selon certaines études, une trentaine de pays sont menacés par le manque d’eau. Ces pays se situent principalement en Afrique du nord, au Moyen-Orient et en Asie occidentale mais d’autres pays dans d’autres régions du monde vont subir à l’avenir des pénuries liés à l’eau. C’est le cas de la Chine, l’Inde et de certains pays en Amérique centrale. On peut d’ores et déjà estimer qu’en 2030, le manque d’eau affectera 40% de la population mondiale.

 

Les causes de la pénurie d’eau

Les causes du manque d’eau dans certaines régions sont diverses. Premièrement, certaines régions du monde ont plus de ressources en eau que d’autres, l’Himalaya par exemple dispose de nombreux cours d’eau à contrario d’une région comme le Sahara qui est composée essentiellement de territoires arides et secs. Ensuite, il y a l’utilisation qui est faite de l’eau prélevée dans certains fleuves. Le Cap, la capitale de l’Afrique du sud connait des problèmes de sécheresse à cause des faibles précipitations. Il y a pourtant des disparités entre les habitants de cette région, pendant que certains possèdent des piscines, des pelouses, d’autres peinent à répondre à leurs besoins de la vie courante. On peut aussi noter qu’en Arabie Saoudite, les habitants consomment 10 fois plus d’eau que d’eau disponible dans leurs réserves, un terme est utilisé pour désigner ce phénomène, le stress hydrique.
On peut déterminer que 70% de la consommation en eau dans le monde est utilisée pour l’agriculture, ensuite 20% pour l’industrie et enfin à peine 10% pour les besoins de la vie courante des êtres humains. L’utilisation accrue de l’eau pour l’agriculture intensive et l’industrie entraine l’asséchement de certains fleuves de nombreux cours d’eau, contribue au réchauffement climatique et pollue l’environnement. L’urbanisation et la hausse de la démographie sont aussi des facteurs du manque d’eau que nous rencontrons actuellement.

 

Conflits et rivalités concernant l’accès à l’eau

Les rivalités concernant l’accès à l’eau ne sont pas récentes, un conflit éclata en 1967 entre l’Egypte et Israël lors de la guerre de 6 jours. A l’avenir, on pourrait s’attendre à ce que d’autres conflits éclatent entre Israël et d’autres pays arabes dans la région à cause de la répartition en eau mais aussi dans d’autres régions du monde. C’est le cas pour l’Egypte, le Soudan et l’Ethiopie qui se disputent l’accès à l’eau du Nil à cause du barrage renaissance qui est utilisé pour maîtriser le débit de l’eau dans ces régions. L’Egypte utilise 98% de l’eau potable issue de ce fleuve pour son agriculture. En conséquence, le pays n’hésitera pas à recourir à la force s’il voit son approvisionnement en eau menacé. Par ailleurs, des tensions existent entre le Mexique et les Etats-Unis à propos du fleuve Colorado mais aussi entre la Turquie, la Syrie et l’Irak concernant l’Euphrate. La Chine avec le Tibet a une forte concentration en eau dans cette région et détient par conséquent un pouvoir stratégique sur le fleuve du Mékong qui traverse d’autres pays comme le Laos et le Cambodge. Le niveau de l’eau sur ce fleuve dépend de l’ouverture et la fermeture des barrages hydroélectriques alors qu’auparavant, il dépendait des saisons. Les habitants de ces pays sont alors fortement impactés par ces barrages et peuvent avoir de mauvaises récoltes et cela accentue les tensions entre les pays de cette région.

 

Des solutions existent pour répondre aux besoins en eau ?

En 2010, les nations unies ont décrété que l’accès à l’eau potable était un droit fondamental, un droit essentiel pour les êtres humains et pourtant beaucoup encore n’y ont pas accès. Il y a plusieurs leviers d’actions pour éviter les problèmes en eau. Nous pouvons dans un premier temps modifier les aménagements urbains pour garder l’eau à l’intérieur des villes, nous pouvons aussi améliorer la qualité des infrastructures pour éviter les pertes liées aux fuites d’eau et enfin nous devons changer les comportements individuels pour assurer une consommation plus durable de cette ressource. Le progrès technique a permis à des régions avec de faibles quantités d’eau disponibles de disposer de cette ressource. En Arabie Saoudite, des usines de dessalement de l’eau de mer ont été créées mais elles sont couteuses et très polluantes à cause du pétrole utilisé.

Les évolutions technologiques suffiront-elles à satisfaire nos besoins croissants en eau dans le futur ou faut-il un radical changement des mentalités concernant la consommation de cette ressource de la part des différents agents économiques ?

 

Par Rémy LEBASTARD