L’or : métal de référence ou indicateur contesté ?

Connu de tout le monde au point de représenter la plus symbolique expression de la richesse, l’or est sans aucun doute possible, de manière antinomique, l’un des métaux nobles les moins présents dans notre vie quotidienne. Devant l’argent, le cuivre, le fer ou le zinc que nous trouvons tellement plus souvent dans chaque conception humaine, c’est bien lui pourtant qui est plébiscité. Il a fait vibrer des générations d’orpailleurs, d’entrepreneurs et de pionniers avides de faire fortune « au détour d’un chemin de la Cordillère des Andes » au mépris souvent de tous les périls et de tous les dangers, si l’on reprend l’accroche exacte rédigée par Jean Chalopin pour le générique de la série-télévisée d’animation à succès franco-nippo-luxembourgeoise des années 1980, les Mystérieuses Cités d’Or. Le proverbe classique attribue à l’argent le nerf de la guerre mais peut-être oublions-nous trop facilement que cette monnaie fiduciaire n’en reste pas moins une monnaie papier qui n’a de valeur autant que l’on prend conscience de ce qu’elle engage en valeur aurifère. Il serait donc de bon ton de modifier légèrement un proverbe qui maquille ce qui, de fait, dicte la conduite humaine depuis sa découverte au VIème millénaire avant J.-C. L’or est nulle part bien qu’il soit dans tous les esprits.

Un métal qui fait remuer ciel et terre

La rareté de l’or en fait l’exceptionnelle convoitise mais il est bon de rappeler que cette rareté n’est pas la seule difficulté que l’on rencontre dans la perspective de la production aurifère. La prospection de l’or a continuellement représenté une source d’espoir mais aussi de désespoir pour tous les aventureux en quête d’un filon de jaune doré. Car l’exploitation de l’or doit respecter des principes complexes et adouber un individu à la patience légendaire. En effet, à titre d’exemple, il est bon de savoir qu’une fois déterminée la présence d’or dans un sous-sol, le délai nécessaire à l’exploitation de la mine correspondante s’étale sur près de 15 à 20 ans et savoir aussi que traiter une tonne de minerai ne conduit généralement qu’à l’extraction d’un gramme d’or pur tout au plus (2,5 dans les années 1990). Notons aussi que l’imaginaire collectif nous décrit des ruées vers l’or comme celle de Californie dans les années 1850 comme des courses à l’extraction de gisements purs alors que déterrer de l’or, c’est déterrer un mélange rocheux qui ne contient pas que de l’or, loin de là. Des processus bien précis sont indispensables à l’extraction de ce métal dont le point d’ébullition atteint 2 808 degrés et le point de liquéfaction 1 064 degrés. A l’heure actuelle, 187 200 tonnes d’or en tout ont été extraites des entrailles de la Terre de sorte que l’on pourrait selon les estimations faire tenir la totalité dans un cube de 21 mètres d’arête de côté soit le quart d’un terrain de football.

Propriétés et définitions

Formé à 30 kilomètres de profondeur à un niveau de collision entre le magma et la croûte terrestre, l’or a entre 3,5 milliards et 600 millions d’années. Produit à hauteur de plus de 3 300 tonnes chaque année face aux 20 000 tonnes d’argent ou 124 000 tonnes de cobalt, l’or continue de prouver son extrême rareté par rapport à ses congénères surtout que sur ces 3 300 tonnes, 1 200 proviennent de l’or dit « recyclé », autrement dit de la fonte des composants aurifères de certains outils ou objets déjà utilisés et destinés au recyclage. Parmi eux, les bijoux, le matériel informatique et les couronnes dentaires trustent les premières places et participent à 25% de l’offre d’or mondiale. Originaire d’Asie pour plus de 50%, l’or est extrait par l’intermédiaire de plusieurs techniques au choix : la gravitation d’abord laquelle consiste en un enchaînement de mélange d’eau au bloc rocheux extrait puis processus de décantation, la cyanuration, ensuite – certainement la méthode la plus utilisée et la plus avantageuse –, consistant en une pulvérisation de cyanure de sodium sur le minerai extrait puis liquéfaction de l’or au contact de l’air et l’amalgamation au mercure dont le procédé repose sur le versement de mercure toujours sur le minerait extrait qui absorbe l’or présent en un liquide distillé par la suite.

L’irrésistible ascension de l’or

On peut dire que 2020 a été l’année de l’or. Avec un cours de l’once qui a explosé les compteurs (+12% depuis 3 ans et +3% depuis début 2018), l’or crève de nouveau le plafond, une première depuis 2011. En effet, le dernier record en date de l’élément chimique portant le numéro atomique 79 était celui d’une augmentation de plus de 644% sur la période 2001-2011. Valant 257 dollars en 2001, son niveau historiquement le plus bas, l’or avait finalement atteint l’équivalent de 1 912 dollars dix ans plus tard. Près d’une décennie après ces événements, l’or tient toujours la corde et vient de dépasser la barre symbolique des 2 000 dollars l’once (NDLR : 2 075,47 dollars précisément au 7 août) soit près de 1 700 euros l’once. Il n’a jamais été plus prolifique de miser sur l’or qu’aujourd’hui. L’argent, par exemple, malgré une projection de +47,5% n’a grimpé qu’à 26,27 dollars l’once. Depuis début juillet, l’once flirte avec les 1 800 dollars et le lingot d’or (NDLR : un kilogramme d’or fin) valait au 21 juillet 2020 pas moins de 51 000 euros.

Mon précieux

Détenir de l’or, voilà certainement le rêve de beaucoup de personnes. En France, il a été certifié que près d’un Français sur 6 détenait de l’or soit près de 16% de la population nationale. Sur la base de ces mêmes statistiques, les experts ont estimé que 17% des propriétaires d’or sont des employés et 20% des cadres. Si désormais l’or est en grande partie détenu par les banques et l’Etat, il convient de préciser que deux siècles auparavant, chaque Français détenait une partie des 2 990 tonnes d’or fin mises en circulation sur le marché puisque près de 515 millions de francs Napoléon en pièces de 20 inondaient alors le marché. Aujourd’hui, un lingot vaut 4m2 d’immobilier parisien, le mètre carré ayant été coté à 34 750 euros au 6 avril 2018 et il faut réunir 40 téléphones portables pour espérer obtenir 1 gramme d’or. Sinon, de manière générale, l’or concerne essentiellement la joaillerie (52%), le secteur technologique (8%) et les banques centrales (9%), les 30% restants étant partagés par les investisseurs. Au rayon chiffres enfin, on considère « Welcome stranger » et ses 71 kilos comme la plus grande pépite d’or jamais découverte. C’était à Victoria en Australie en 1869.

Géopolitique de l’or

Annuellement, sur les 3 300 tonnes d’or produites et évoquées précédemment, 430 le sont par la Chine, élevant à 13% sa part de production aurifère dans la production mondiale. Face à cette quasi-hégémonie, il est intéressant de constater à l’inverse la dégringolade de la production sud-africaine dans la production mondiale laquelle est passée de 50% ces dernières années à 9% seulement. Néanmoins, l’Afrique du Sud reste le berceau de l’extraction d’or représentant 40% de l’or extrait depuis la nuit des temps. C’est d’ailleurs dans la mine de Mponeng, par 55 degrés de température rocheuse, que l’on trouve la profondeur la plus grande jamais observée pour une mine (3,9 kilomètres). Après la Chine donc, dont les ressources naturelles sont en revanche presque épuisées, on situe les plus grandes réserves naturelles encore inexploitées en Australie (10 000 tonnes) et en Russie (5 300). L’Afrique du Sud complète le podium (3 200) devant les Etats-Unis (3 000 tonnes en majorité dans le Nevada) et l’Indonésie (2 600) soit un peu plus de 24 100 tonnes cumulées à eux cinq sur les 48 700 tonnes mondiales ; c’est-à-dire la moitié des réserves naturelles mondiales. En réalité, 90 pays produisent de l’or minier (18 réalisant 80% de cette production mondiale) mais sur ces 90 pays, 52% d’entre eux ont un régime démocratique qui n’apporte pas aux travailleurs de garanties suffisantes tandis que 43% d’entre eux sont encore des pays en guerre. Si la tête du classement en matière de production ne change pas de celui des pays ayant les plus grandes réserves naturelles, certains pays d’Amérique latine (Pérou, Mexique) ou d’Afrique (Ghana) s’établissent à des rangs importants avec plus de 100 tonnes d’or extraites chaque année. En matière de possession d’or par contre, le bouleversement est total. Si les Etats-Unis, et ce depuis la fin de la Première Guerre mondiale, demeure à un niveau phénoménal (8 133,5 tonnes d’or possédées soit 414,81 milliards d’euros et donc 2,5 fois plus que le second), les pays européens, absents du précédent classement, comblent les places restantes. L’Allemagne, deuxième avec 3 363,6 tonnes d’or, mène la danse devant le FMI, l’Italie et la France dont les 2 436 tonnes, placées dans la Souterraine – une pièce située à 27 mètres sous terre –, équivalent à 124,24 milliards d’euros et correspondent à 65% des réserves de taux de change du pays. A noter cependant que la France a perdu quelques places en 2009 lorsque la présidence Sarkozy a revendu de l’or à des clients étrangers.

L’or : valeur refuge des périodes de tensions

L’or constitue incontestablement la valeur refuge par excellence des cycles de crise. A n’importe quel moment de dépression dans l’Histoire, l’or s’est révélé être une soupape de sûreté pour les gouvernements ou les particuliers. Aujourd’hui, les craintes de guerre commerciale entre Washington et Pékin, la montée des tensions géopolitiques entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, les conséquences inconnues de l’accord sur le nucléaire iranien ainsi que les incertitudes vis-à-vis de la Corée du Nord et le risque en Europe politique ont fait monter sensiblement le cours de l’or. D’ailleurs, si la Chine est le premier producteur aurifère du monde, sa demande en or dépasse néanmoins bien largement sa consommation nationale et ce sont 2 000 tonnes d’or par an qui sont demandées à la fois par l’Empire du milieu et par l’Inde afin de couvrir l’ensemble de leurs besoins en matières premières soit près de la moitié de la demande mondiale (4 058 tonnes d’or). Après elles, les banques centrales s’arrachent le reste de l’or mondial, achetant chaque année de 300 à 500 tonnes d’or et plus encore à un moment de crise sanitaire mondiale. Toutefois, il est important de souligner que la part d’or représente moins d’1% des portefeuilles financiers.

Vers un monde où l’or reste déterminant ?

Malgré le rôle prépondérant joué par l’or aujourd’hui, le déclin de la production aurifère est estimé à 25% d’ici 2025. Face à cette tendance déclinante de l’or, d’autres indicateurs sont en progression croissante et risquent à terme de supplanter l’or comme valeur référence de la richesse. A ce jeu-là, ce sont les crypto-monnaies qui semblent les gagnantes, extrêmement compétitives. Le bitcoin lui-même vient d’atteindre un seuil sensationnel de 35 000 dollars à tel point que le bitcoin vaut désormais 17,5 onces d’or. Il n’est donc plus insensé de penser que le bitcoin puisse dans un futur proche faire concurrence à l’or.

Par Raphaël Delagnes

Miss France : fierté nationale, ou concours de la honte ?

Miss France : fierté nationale, ou concours de la honte ?

Miss France est LE concours de beauté par excellence, l’événement que les français.e.s attendent tou.s.tes tous les ans. Créé en 1920, ce concours repose sur la sélection de 15 Miss régionales qui prétendent à devenir LA Miss nationale, LA plus belle femme de l’année. L’heureuse élue aura pour rôle de représenter le pays à échelle internationale, ce pour dorer l’image de la France et participer à des actions humanitaires. Si ce concours revendique la mise en avant de jeunes femmes aussi belles qu’intelligentes, n’est-il pas en réalité axé purement sur le physique et des critères subjectifs de beauté ?

1.     Des critères de sélection dépassés

Les Miss régionales doivent respecter des critères très précis auxquels aucune ne peut se soustraire. Il faut entre autres :

  • Avoir un âge compris entre 18 et 24 ans à la date du 1er novembre de l’année en cours ;
  • Être célibataire ;
  • Mesurer au minimum 1,70 m ;

Il ne faut pas, entre autres :

  • Avoir posé partiellement ou totalement dénudée ou promouvoir des activités érotiques ;
  • Être tatouée (sauf tatouage discret) et/ou percée ;
  • Être mariée, pacsée, divorcée ou veuve ;
  • Avoir des enfants ;

Le concours prône donc un canon de beauté arriéré, puisqu’être grande et mince n’est aujourd’hui plus la silhouette à la mode. Les femmes callipyges aux courbes prononcées sont énormément mises en avant, de même que des silhouettes inhumaines accessibles uniquement par le biais de la chirurgie ou de Photoshop (Kylie Jenner et Kim Kardashian peuvent en témoigner). Ce modèle de beauté unique vendu par Miss France n’est donc plus compatible avec la société actuelle, dans laquelle le corps idéal est à l’opposé de celui des miss. La grande taille est également un critère cocasse, puisque notre société met plutôt en avant les femmes de taille inférieure à 1,70m. Le fait de ne pas pouvoir être tatouée et/ou percée est également discutable, puisque cela ne change en rien la beauté objective d’une personne.

Le statut familial et marital imposé peut aussi être remis en cause. En effet, avoir des enfants peut être un frein pour une Miss France qui voyage beaucoup et est souvent peu disponible ; ce critère peut donc être entendu, bien que chacune devrait être libre de sa décision. Néanmoins, le fait d’être célibataire et de n’avoir jamais été mariée est un critère totalement déplacé. Il rappelle les groupes de K POP où les chant.eurs.euses sont des produits de consommation, des objets de fantasmes dont l’image doit rester vierge et que le public doit avoir l’impression de contrôler. Les Miss sont des femmes adultes, et devraient pouvoir décider si leur relation leur permet d’être disponibles ou non pour le Titre.

Quant au rejet des Miss ayant pris des photos dénudées ou ayant une image sexualisée, il s’agit d’un critère totalement hypocrite. On impose à ces femmes d’être pures et propres de tout caractère sexuel dans une société qui met en avant l’hypersexualisation des corps, et particulièrement des femmes. C’est alors une bonne chose, voire un acte féministe me direz-vous, que de combattre cette image de « femme-objet » ? Que nenni ! Il est demandé aux Miss de se trémousser en bikini sur scène, et de prendre des photos « féminines », sans aucune trace d’humanité comme la cellulite ou les vergetures qui ne sont pas digne des corps de nos Miss.

Finalement, les critères de sélection problématiques que nous avons cités véhiculent une image idéalisée dangereuse de la femme. Nos Miss sont des objets de fantasmes et reflètent une réalité des corps peu répandue. Le danger est alors que les téléspectatrices cherchent à leur ressembler, ce qui affecte négativement leur bien-être psychologique ainsi que leur santé : être grande et mince au point d’être un « poids plume » n’est pas adapté à toutes les morphologies, ni à tous les rythmes de vie ! Quant à l’âge, il est dommage de considérer qu’au-delà de 24 ans la beauté s’étiole.

2.     Miss France ne reflète pas la femme française « moyenne »

« Miss France », ou la représentante par excellence de la Femme française. Grandes, élancées, très minces : ces magnifiques jeunes femmes concourent pour devenir l’emblème de la féminité à la française. Les prétendantes au titre doivent mesurer 1,70m minimum, et sont toujours très minces : aucune ne dépasse la taille 36. Puisqu’elles espèrent être l’image et le visage de toutes leurs compatriotes, nous pourrions nous attendre à ce qu’elles incarnent le profil majoritaire des femmes françaises, à défaut de représenter la diversité des morphologies : mais il n’en est rien.

En France, seules 21,4 % des femmes mesurent plus d’1,70m, tandis que 7,8% s’habillent en taille 36 ou moins (données d’une étude clickndress de 2016). La grande majorité des femmes françaises font une taille 40 ou plus, et mesurent moins d’1,65m. Pourquoi donc sélectionner des profils totalement éloignés de ce que sont vraiment les femmes françaises ?

Supprimer la diversité des profils et choisir des critères rares parmi la population sont deux pratiques paradoxales au vu de l’intitulé du concours. Au moins l’un de ces deux modes de sélection devrait être supprimé (si ce n’est les deux) pour rester cohérents. Certes « Miss France » doit refléter l’image de la plus belle femme de France, et non pas forcément l’image de la française moyenne. Toutefois, si le mode de sélection est biaisé au point de reposer sur des critères aux antipodes de la population représentée, la dissonance entre le titre et ce qu’il est supposé représenter devient trop grande pour être acceptable.

Pourrait-on choisir de faire gagner le concours de la Vache de l’année par un yack, sous prétexte que l’animal est plus impressionnant ? Bien que ces bovidés se ressemblent, cette pratique ne serait pas acceptée au Salon de l’Agriculture. Alors pourquoi faire représenter les françaises uniquement par des femmes hors du commun de notre population ?

3.     Un concours qui ne met pas en avant les candidates à leur juste valeur

Sylvie Tellier a récemment affirmé que Miss France est avant tout un concours de beauté, mais qu’il a évolué afin de présenter des femmes cultivées et intelligentes au-delà de leur plastique de rêve. Certes, les miss sont sélectionnées à l’aide d’un QCM de Culture Générale composé de 40 questions : en-deçà de 20 réponses justes, elles ne sont pas sélectionnées. Ce sont donc des femmes aux têtes remplies.

Pourtant le jour du concours, leurs discours se ressemblent tous : leurs aspirations humanistes et altruistes sont toujours les mêmes, la construction des textes est peu originale. Ces jeunes femmes sont belles et certainement brillantes ! Il est réellement dommage de ne pas plus mettre en avant leur personnalité et leur intellect, qui sont actuellement dans l’ombre des sourires de façade et des défilés.

Conclusion

L’organisation actuelle du concours véhicule des mœurs d’un ancien temps. Les critères purement subjectifs sont vendus comme un idéal absolu et excluent toute autre forme de beauté que celle revendiquée par l’institution Miss France.  Il faudrait ouvrir les horizons du concours en diversifiant les profils, pour qu’il soit plus représentatif des beautés diverses de nos Françaises.

De surcroît, les Miss sont présentées comme des objets de fantasme voués corps et âme aux téléspectateurs. Leurs corps sont parfaits, mais éloignés de la réalité : la cellulite, les rondeurs ou les vergetures sont absentes des photos et des défilés, alors même qu’elles sont présente sur l’immense majorité des peaux, femmes et hommes confondus.

Le fonctionnement actuel du concours est un frein à la progression des mentalités, dans ce monde encore patriarcal et binaire. Le public de Miss France représente d’ailleurs à perfection le problème du concours et des modes de pensées sur lesquels il repose : deux Miss Provence en ont particulièrement fait les frais. Julia Courtès avait d’abord été insultée et haïe en 2015, pour la seule raison d’avoir une forte poitrine. Cette année, c’est April Benayoum qui a été lynchée sur les réseaux sociaux du fait d’être juive, de se maquiller et d’avoir des origines étrangères. Le public de Miss France est divisé en deux : ceux qui ferment les yeux sur le problème et ceux qui ont l’hypocrisie et la lâcheté de haïr des femmes qu’ils / elles n’auront ou n’égaleront jamais.

Le concours Miss France serait donc à réformer drastiquement, si ce n’est à supprimer, car il entretient des discriminations et des modes de pensées dangereux qui tirent notre société vers le bas. Les candidates ne sont absolument pas les personnes à blâmer : vouloir se sentir belle n’est pas un crime, encore moins lorsque la société nous met constamment en compétition avec les autres femmes. En revanche, les organisateurs de ce concours devraient avoir honte de mettre encore en avant des critères aussi archaïques à la télévision.

Par Iris Devillière