Sélectionner une page
Dubaï : Paradis des riches et survie des travailleurs immigrés

Dubaï : Paradis des riches et survie des travailleurs immigrés

Ce hub touristique économique à la position stratégique déterminante s’est développé ces 30 dernières années grâce à des ressources pétrolières essentielles dans un contexte de mondialisation. Ville futuriste où la démesure n’a pas de prix, on lui reproche tout de même  son passé et sa culture loin des villes européennes qu’on connaît. Elle jouit cependant d’un climat ensoleillé sous des températures avoisinant les 45 degrés, avec des infrastructures modernes et des projets tous plus grandioses les uns que les autres. Dubaï fascine et attire l’attention, quitte à mépriser les défis écologiques mondiaux. Cette ville de la démesure où rien ne semble impossible attire les milliardaires des pays riches mais aussi des travailleurs des pays les plus pauvres.

 

En effet, depuis la découverte du pétrole, les pays du golfe ont toujours attiré les travailleurs du monde entier, la question des travailleurs immigrés revenant régulièrement dans la presse, d’autant plus avec la construction des infrastructures pour le mondial de football qui se déroulera en 2022 au Qatar. Les conditions de travail parfois douteuses font l’objet de rapports par les associations de défense des droits de l’homme, à l’instar d’Amnesty International ou de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), qui les qualifient d’« esclavage moderne ».

 

A Dubaï, seul 10% de la population est originaire des Emirats Arabes Unis tandis que les immigrés en représentent 84% (il y a plus de 9.4 millions de migrants à Dubaï (environ 6.7 millions d’hommes et 1.6 million de femmes)). En dehors des Emiratis ou de personnes aisées venues d’Europe, la plupart des immigrés viennent des pays avoisinants comme le Bangladesh, le Pakistan, les Philippines ou le Népal pour travailler dans cette ville offrant des salaires 3 à 4 fois supérieurs à ceux que leur offrirait leur pays natal. Ces migrants non qualifiés fuyant leur pays en guerre ou dans l’extrême pauvreté viennent travailler dans différents secteurs (la vente au détail 17%, les productions privées 14%, la construction 14% ou le transport 9%) et occupent des métiers souvent risqués sans protection sociale, et des conditions de vie déplorables diamétralement opposées à l’image que Dubaï veut donner au reste du monde : la ville de la démesure où tout est possible. Une main-d’œuvre peu chère, qui accepte pourtant de travailler dans ces conditions pour envoyer de l’argent au reste de la famille resté dans le pays d’origine afin de subvenir à leurs besoins. Les immigrés doivent parfois s‘endetter pour acheter leur contrat de travail pour avoir le droit de travailler. Ils vont pour la plupart gagner au maximum 120 dollars par mois, pour 50 heures de travail par semaine de jour comme de nuit sous des températures approchant les 45 degrés dans le but de construire des villas qui seront vendues des centaines de milliers de dollars. De plus, à leur arrivée les travailleurs venus d’autres pays doivent obligatoirement remettre leur papier d’identité à leur employeur. Mesure à priori théoriquement administrative mais qui se révèle comme un moyen de pression absolu pour cette main d’œuvre bon marché et prête à tout pour subvenir à ses besoins vitaux et à ceux de ses proches.

 

Cependant, depuis l’apparition du COVID-19, en 2020, les 15 millions de touristes attendus ne sont pas venus, et l’aéroport le plus fréquenté du monde est presque vide. Comme dans beaucoup d’autres pays, mais surtout à Dubaï où la ville des Emirats Arabes Unis se finance majoritairement par le tourisme, l’économie tourne au ralenti et les chantiers sont à l’arrêt. Les très riches monarchies du Golfe sont touchées de plein fouet par le virus et ses conséquences économiques avec notamment le prix du pétrole, ressource essentielle à Dubaï, en chute libre. Pour limiter leurs pertes, la majorité des entreprises de Dubaï licencie massivement sans préavis, sans indemnités et souvent sans payer le dernier mois travaillé. Ainsi, loin du centre-ville et de sa tour la plus haute du monde, dans les quartiers de Sonapur à 2h de bus, sont situés les camps de travailleurs. Des centaines de milliers d’hommes sont ici coincés vivant à 9 dans des chambres de 9m². Ouvriers, restaurateurs, laveurs de voiture se retrouvent sans emploi, donc sans revenus et peinent à trouver de l’argent pour continuer à dormir dans ces camps. Ils s’endettent auprès des vendeurs, pour aller vendre la nuit sur des marchés improvisés et illégaux de la marchandise. Mais une fois celle-ci remboursée, il ne leur reste que quelques centimes pour payer leur loyer et se nourrir, envoyer alors de l’argent à leur famille, pourtant dans l’attente, ne figure plus parmi les options.

 

Ces immigrés, désormais sans emploi, ont également perdu le droit de résidence. Ils vivent donc dans l’illégalité et doivent vivre cachés pour éviter d’être expulsés alors qu’aucun Emirati n’accepterait d’occuper leur travail bien qu’indispensable. Pourtant, le gouvernement des Émirats Arabes Unis veut se séparer des travailleurs pauvres devenus indésirables en temps de crise. Ainsi, il leur a donné un délai de quatre semaines pour quitter le pays sous peine d’une amende 2500 euros.  Ils n’ont cependant pas les moyens d’acheter un billet d’avion pour rentrer dans leur pays car ces derniers sont devenus rares ou leur prix a doublé. D’autant plus qu’il leur faut souvent de l’argent supplémentaire pour refaire un visa que leur employeur a gardé malgré leur licenciement. Ainsi, près d’un million d’immigrés à Dubaï seraient dans cette situation causée par la pandémie du Covid-19.

Ceux qui ne souhaitent pas rentrer pour tenter tant bien que mal de subvenir à leur besoin à Dubaï en trouvant du travail coûte que coûte, finissent par se faire expulser. Ainsi en 2020 la population des Emirats aurait baissé de plus d’un million d’habitants. Les quelques travailleurs immigrés qui ont eu la chance de conserver leur emploi ont subi, eux encore une diminution de leur salaire.

 

Par Léa MENARD

Encore une crise dont la France ne saura pas se relever ?

Encore une crise dont la France ne saura pas se relever ?

Le but de cet article n’est en aucun cas de donner des conseils à qui que ce soit. L’objectif est simplement de tenter de comprendre comment la France s’enfonce depuis maintenant 50 ans et pourquoi une telle descente aux enfers ne semble pas encore prête de se terminer.

 

Rapide historique depuis 1970

Depuis 1970, le monde a enchaîné les crises économiques, chacune se voulant plus grave que la précédente : le premier choc pétrolier de 1973, le second de 1979, l’hyper financiarisation des années 1980, la crise de 2008 et maintenant la Covid. Citer l’évolution des chiffres du chômage sera sûrement plus révélateur : en 1973, la France avait 450 000 chômeurs, un nombre qui nous paraît presque miraculeux aujourd’hui. En 1980, après le second choc pétrolier, le nombre de chômeurs est passé à 1,9 millions. Une multiplication par 4 en sept ans : preuve que la France n’a pas su comment remettre au travail les chômeurs de 1973. En 2008, nous atteignons et dépassons le chiffre symbolique des 2 millions. Peu de temps après, la France perd son triple A et nous pensons tous avoir touché le fond. Que dire aujourd’hui alors ? Le premier trimestre de 2020 voit le nombre de chômeurs passer à 3,3 millions, pour atteindre les 4,4 millions au troisième semestre de 2020. Si nous résumons ces chiffres tous plus alarmants les uns que les autres, ce n’est pas tant le nombre de chômeurs par année qui doit nous inquiéter, mais le fait que la France a prouvé, durant ces 50 dernières années, qu’elle n’est pas capable de se relever d’une crise, et que chaque nouvelle crise ne fait que s’accumuler à la précédente. La plupart des autres pays avait réussi à se relever du 1er choc pétrolier lorsque le second a frappé. Lorsque la Covid a frappé en 2019, la crise de 2008 n’était qu’un lointain souvenir pour les Etats-Unis là où, en France, nous n’avions fait que nous enfoncer. Nous étions donc au plus bas lorsque la Covid est venue empirer les choses. Un petit zoom sur la crise actuelle est alors nécessaire.

 

 

La crise économique actuelle

La crise liée à la Covid n’est pas seulement économique, elle touche tous les secteurs d’activité mais, comme toute crise qui se respecte, le premier domaine touché est l’économie, afin d’affaiblir le pays et pouvoir ensuite mieux s’attaquer au reste de l’activité. La comparaison entre le virus Covid et la crise Covid est alors la bienvenue puisque les deux viennent affaiblir leur hôte pour pouvoir ensuite mieux le détruire. Citer les chiffres de la crise française (baisse des exportations, récession, déficit commercial…) ne serait pas pertinent puisqu’une telle crise est inédite et historique et entraîne nécessairement des baisses. Le gouvernement peut être à blâmer pour beaucoup de choses dans cette crise, mais il reste vrai qu’il n’existait pas de mode d’emploi sur la façon de faire face à la Covid. Cependant, un indicateur en dit long sur l’état de la France : au second semestre 2020, le PIB français a chuté de 13.8%, soit, le plus fort recul de l’activité depuis 1949. Il semble donc que notre activité soit comparable à celle de la France post-seconde guerre mondiale, encore victime de rationnement. Pourtant, nous sommes loin de nous sentir aussi faibles que pouvaient se sentir nos ancêtres en 1949. Comment expliquer cela ? La vérité est-elle que les chiffres ne sont pas concluants et que les deux situations sont bien différentes ou que la seule force de notre économie est de posséder un écran de fumée capable de cacher la véritable crise qui sévit ? La vérité est peut être à mi chemin entre ces deux propositions. Actuellement, beaucoup de personnes ont « bénéficié » pendant les confinements du chômage partiel. Pendant plusieurs mois, ils ont été payés à rester chez eux, à ne rien faire et à profiter de leur temps libre, autrement dit : une crise loin d’être critique. A l’inverse, lorsque nous allons commencer à revoir nos proches dans quelques semaines, nous allons vite réaliser que les personnes vivant seules ont changé, sont moins dynamiques, que les jeunes qui commençaient à travailler n’ont plus envie de se lever et de retrouver un rythme imposé, que les étudiants ne sont plus capables de rester concentrés pendant plusieurs heures sur un cours ou que les personnes actives ne veulent plus subir l’enfer des transports publics matin et soir… A ce moment-là, la crise risque de se révéler bien pire que nous ne l’avions envisagée : ce ne sera pas seulement une économie à relancer, mais toute une population.

Aujourd’hui la crise, demain la guerre ?

Le lien n’est pas toujours évident, mais il pourtant bien réel : crise économique et guerre se suivent toujours d’une façon ou d’une autre. Les exemples sont nombreux : la crise de 1929 a entraîné la Seconde Guerre Mondiale, la guerre du Kippour au Moyen-Orient a précédé le choc pétrolier de 1973… Doit-on alors s’attendre à une guerre post-Covid ? Nombreuses sont les questions qui surgissent : qui en seraient les combattants ? Qui déclencherait le conflit ? Pourquoi ? Pour le moment, personne n’a les réponses à ces questions. Aucun d’entre nous ne s’imagine aujourd’hui revenir en 1940, partir combattre sur le front, être réveillé au milieu de la nuit par des bombardements et courir s’enfermer dans un bunker. Et pour cause, une guerre aujourd’hui ne prendrait très probablement pas cette forme. L’Europe n’en serait plus son centre de commandement, mais un terrain d’affrontement, la Chine jusqu’alors absente des grandes guerres en serait probablement une des deux grandes parties et les Etats-Unis ne seraient plus nécessairement les grands sauveurs bienveillants et altruistes. Nous sommes donc face à un futur plus qu’incertain où, même la guerre traditionnelle que nous visualisons tous, ne semble plus être une option. Il semble que ce soit lorsque nous ne savons même plus comment imaginer le pire que celui-ci se rapproche.

La France saura-t-elle relever ce nouveau défi ?

Face à ce nouveau défi qui se profile, la France sera-t-elle en mesure de s’adapter et de répondre convenablement à la situation actuelle ? C’est la question qui est sur toutes les lèvres. Pour l’instant, la France ne s’est pas distinguée dans sa gestion de la crise et ne propose pas de plan de relance convaincant. Elle semble se contenter de suivre, avec quelques semaines de retard, ce qu’ont appliqué ses pays voisins. Le gouvernement se contredit, le Président nous annonce que nous sommes « en guerre », le Premier Ministre est renvoyé mais qu’est-il mis en place, concrètement, pour prévoir la relance de notre économie ? Rien. Exactement la même chose qu’en 1973, 1979 ou 2008. Il semble donc que, même après 50 ans à faire face à des crises, la France n’a toujours pas appris à réagir convenablement, et encore moins à se relever. Nous ne savons toujours pas comment utiliser une crise pour innover, pour développer de nouveaux secteurs ou, tout simplement, inventer de nouvelles solutions. Face à la crise de 1929, les Etats-Unis ont lancé des « New Deal ». Lorsque le second choc pétrolier a frappé, le Royaume-Uni a développé l’hyper-financiarisation de son économie. Et qu’a fait la France ? Elle a attendu que les Etats-Unis viennent la sauver dans le premier cas et guetté la signature de l’Union européenne dans le second. Concrètement ? Elle n’a rien fait. Comment, et même pourquoi, espérer que la situation soit différente cette fois-ci ? Rien ne nous permet d’affirmer que la France ait appris de ses erreurs. Que dire pour notre futur ? Je vous laisse tirer votre propre conclusion, après tout, cet article n’a pas pour objectif de donner des conseils à qui que ce soit…

 

Par Elise CASADO

RDVC EN PARLE N°1

RDVC EN PARLE N°1

Enfin. Voilà le mot qui décrit le mieux le processus qu’a été la création et publication d’un magazine au sein de RDVC. Après des mois de planification, de rédaction, de mise en page, de démarchage, de négociations, de relecture et de recherches, RDVC a ENFIN publié son tout premier magazine. Le processus a été long, voilà un fait indéniable, mais il a aussi été enrichissant, fédérateur et professionnalisant pour les membres de l’association qui s’y sont investis. Le journal que vous tenez actuellement dans les mains (ou que vous allez vouloir tenir dans vos mains après avoir lu cet article) est l’aboutissement d’un projet qui tient tout particulièrement à coeur du pôle Press de RDVC. Ce magazine, ce n’est pas seulement le magazine d’actualité de la tribune étudiante de TBS. Ce journal, c’est le magazine de TBS, de ses associations, pour ses étudiants.

Commençons par le commencement et revisitons la création de ce journal. Né de la volonté du pôle Press de créer un projet concret et solide, tous ses membres ont travaillé d’arrache pied pour, non seulement vous préparer des articles soignés et qualitatifs, mais aussi débusquer des partenaires qui soutiendraient notre beau projet. N’oublions pas que de nombreux partenariats ont été signés pendant la rédaction de ce premier journal. Pour n’en citer qu’un, celui avec Mister Prépa – Planète Grandes Ecoles est très certainement celui dont nous sommes le plus fiers ! Profitons de ce moment pour remercier encore une fois toute l’équipe de Mister Prépa pour nous avoir soutenus et aidés dans le lancement de ce projet. Dans ce contexte, il nous semble primordial de rappeler que le bureau de RDVC a fait preuve d’un soutien indéfectible et a très probablement harcelé la FD bien plus que la bienséance ne l’autorisait pour s’assurer son aide. La FD a, elle aussi, montré et prouvé qu’elle nous soutenait entièrement tant par l’aspect financier que moral.

Rappelons ensuite que ce qui fait la richesse de notre magazine, c’est aussi et surtout la qualité de ses articles. Un grand merci à toutes les associations qui nous ont suivis dans le lancement de ce journal ! C’est vous qui faites la force de ce journal, qui ne serait rien d’autre qu’une succession d’articles, certes de qualité, mais à seuls titre informatifs sans votre participation. En effet, nous sommes tout particulièrement fiers de notre rubrique « L’actualité des assos » qui fait toute la singularité et personnalité de ce journal. C’est grâce à cette rubrique que nous pouvons légitimement nous déclarer être « le journal de TBS » . Enfin, pour ajouter une petite touche journalistique et/ou qualitative à notre magazine, nous vous proposons l’interview de quelques personnalités que nous jugeons être les plus adaptées à notre contenu. C’est ainsi que nous avons interviewé Benjamin Hautin, fondateur de Mister Prépa et Planète Grandes Ecoles, pour vous présenter son parcours et ses conseils pour réussir dans la fondation de votre entreprise.

Comme vous pouvez vous en douter, en cette période difficile, nous avons du adapter la publication de notre magazine en ajoutant un format virtuel à ce dernier. C’est dans ce contexte que nous avons entièrement refait le site internet de RDVC afin de le mettre à jour et de le rendre plus accessible à tous. Cependant, n’hésitez pas à venir réclamer votre exemplaire ! Nous avons tout de même pu imprimer notre magazine en grosse quantité et, après une après-midi très productive de distribution au foyer, nous avons le plaisir de vous annoncer qu’il nous reste des exemplaires ! Contactez-nous pour que l’on vous garde un exemplaire de côté ! Nous comptons sur vous pour manier avec le respect et la délicatesse qui s’imposent le fruit de notre travail.

Sur ces quelques mots, nous vous laissons aller vous précipiter sur notre magazine afin que vous puissiez enfin le découvrir par vous-même… Enfin.

Par Elise CASADO

RDVC rencontre Christophe BARBIER

RDVC rencontre Christophe BARBIER

Le mercredi 20 janvier 2021, j’ai eu l’honneur et le plaisir d’interviewer le journaliste et éditorialiste politique, Christophe Barbier. Si vous ne parvenez pas à mettre de visage sur son nom, dès lors que nous évoquons l’homme à l’écharpe rouge, tout le monde sait parfaitement de qui il s’agit.

Au cours de sa carrière de journaliste, Christophe Barbier a toujours mis en avant ses compétences théâtrales et son talent dans ce domaine. Il a été critique-théâtre pour Europe 1, l’Express et le Point. Comme il l’a indiqué au cours de notre échange « j’ai toujours mené de front le journalisme politique et la critique-théâtre ». Depuis qu’il a quitté la direction de l’Express à l’automne 2016, Christophe Barbier met à profit son temps libre pour se consacrer à sa passion le théâtre mais cette fois-ci en tant que professionnel et non plus en tant que simple amateur. Il a joué des pièces au théâtre de Poche Montparnasse et a écrit des pièces qu’il a interprétées par la suite. Il a plus récemment créé une pièce portant sur l’épidémie de Coronavirus qui a été jouée à l’automne jusqu’au second confinement du mois de novembre. Christophe Barbier m’a confié avoir toujours pensé que la politique et le théâtre sont deux univers qui se complètent et sont interdépendants en précisant toutefois qu’il « ne faut pas confondre les deux. La vie politique n’est pas une pièce de théâtre, c’est la vraie vie. Les décisions qui sont prises ont des conséquences réelles. Les soldats qui se font tuer lorsqu’un président déclenche une opération sont des vrais morts, ce n’est pas comme au théâtre, ils ne se relèvent pas à la fin de la pièce. En revanche, dans les processus de sacralisation de la vie politique comme les campagnes électorales, nous retrouvons beaucoup de codes qui sont les codes du théâtre. Ceci n’est pas hasard puisque la démocratie et le théâtre ont été inventés au même moment et au même endroit c’est-à-dire au siècle de Périclès dans la Grèce Antique » Sur ce point très intéressant, j’ai poursuivi la conversation en demandant à Monsieur Barbier si le théâtre pouvait être utilisé comme un moyen de faire passer certains messages sur des sujets tabous ou délicats. Ce à quoi il m’a répondu « le théâtre est d’évidence une catharsis pour les sociétés. C’est-à-dire que l’on met en scène des choses qui ne peuvent être abordées de manière directe dans la vie. Il y a des sujets tabous. [Œdipe ,les Nuées, les Grenouilles, ce sont des pièces dans lesquelles les personnages sont d’évidence des caricatures de leaders politiques et philosophiques. Personne ne s’y trompe. C’est un peu comme aujourd’hui avec les marionnettes des Guignols de Canal +, tout le monde les reconnaît. »

Après ce passage passionnant sur le lien étroit qui existe entre la politique et le théâtre, j’ai interrogé Monsieur Barbier sur sa fameuse écharpe rouge. Il m’a confié « cette écharpe a une longue histoire, j’ai passé beaucoup plus d’années avec que sans. Elle constitue tout d’abord un signe de reconnaissance. J’ai beaucoup de gens qui m’abordent dans la rue parce qu’ils ont reconnu mon écharpe. Ils viennent vers moi et nous entamons la conversation. L’écharpe est un moyen de se montrer disponible pour les gens. » A chaque fois que Christophe Barbier se déplace à la rencontre des gens, il a pour coutume de raconter une anecdote sur son écharpe rouge. Voici celle qu’il a choisi de me conter. « L’histoire que je vais vous inventer à vous est une histoire toulousaine. Un jour, du temps où j’étais étudiant à Normale Sup et que je faisais partie du club de rugby de l’école, j’étais demi de mêlée et nous avions rencontré une équipe toulousaine. Autant vous dire que nous étant normaliens littéraires, nous étions tous maigrelets, les toulousains étaient tous des rugbymen avertis et dans cette école, ils étaient redoutables. Nous nous sommes battus comme des lions et j’avais fait le pari avec le capitaine de l’équipe adverse que si je gagnais, il me donnerait son écharpe rouge et noire aux couleurs du stade toulousain qui était l’écharpe du club professionnel. Nous n’avons pas gagné, nous avons fait match nul. J’ai donc négocié pour avoir la moitié de son écharpe. Il a gardé la moitié noire car il était très vexé de ne pas nous avoir battus et il m’a donné la moitié rouge. Depuis, j’ai gardé cette demi-écharpe toulousaine autour de mon cou. » C’est ainsi qu’il m’a dévoilé le mystère qui se cachait derrière cet objet fétiche.

Après cette petite parenthèse personnelle, nous avons poursuivi notre échange en changeant radicalement de sujet pour aborder la question de la crise sanitaire et plus précisément sa gestion et ses conséquences sur la société. La première question que je lui ai posée était de savoir si selon lui, nous étions en train de gérer la crise ou plutôt la pénurie de matériel. Selon Monsieur Barbier, la crise sanitaire est mal gérée mais pas seulement en raison de la pénurie de matériel. Il a récemment sorti un livre en librairie qui s’intitule Les Tyrannies de l’épidémie édité par la maison d’édition Fayard, dans lequel il décrit tout ce que l’épidémie révèle de l’Homme, de la société.

Il déclare que « bien entendu il y a un habillage politique de toute une série de pénuries : pénurie de masques, pénurie de tests, difficultés à avoir des vaccins, complication dans l’organisation de la vaccination. C’est parce que les politiques ont peur d’être traduits en justice qu’ils se comportent de la sorte. Ils se protègent tout en nous protégeant. Mais ça va plus loin. Ce que nous sommes en train de vivre, c’est la confrontation d’une civilisation qui refuse la mort, qui refuse le risque face à un péril ancestral. Mais ce qui est nouveau, c’est le fait que nous ne supportons plus l’idée de la mort. Dans les temps anciens, cela était accepté. Aujourd’hui on le refuse. On préfère arrêter l’économie que de voir des octogénaires mourir. On pourrait se dire, il faut penser à l’avenir, il faut préserver la solidité économique de la France, il faut laisser à la jeunesse une économie qui tienne debout, tant pis si cette épidémie nous coûte des morts parmi les personnes âgées et fragiles. C’est triste mais c’est comme ça. On a pas du tout eu ce réflexe-là. Dans dix ans, les personnes que l’on a sauvées du Coronavirus par le confinement seront mortes d’autre chose, de vieillesse mais dans dix ans, votre génération (la nôtre) travaillera encore pour payer la dette, redresser l’économie si l’on n’est pas complètement effondré et tombé sous la coupe des chinois ou d’une autre domination. Donc je pense qu’on a fait un très mauvais choix collectif, qui a été le choix de notre bonne conscience à court-terme. Ouf, nous avons sauvé des tas de gens, mais il y a des gens qui vont faire faillite et qui vont se suicider, il y a des jeunes qui sont en dépression et leur vie va être gâchée, ils ne trouveront jamais de travail, ils vont traîner les conséquences de cette crise comme un boulet toute leur vie. Je pense que l’on s’est trompé de stratégie. »  Selon lui, il ne faut pas tomber dans le piège de se focaliser uniquement sur le court terme. En effet, mobiliser les équipes médicales pour qu’elles ne s’occupent que des patients Covid pourrait sauver quelques vies mais beaucoup d’autres seraient sacrifiées sur le long-terme. Il faut penser à préserver le système de santé, il faut donc avoir une vision et une gestion sur du long-terme. Cette vision vaut aussi pour notre économie. Celle-ci a été très affectée par cette crise sanitaire et les générations futures vont en payer les frais. Christophe Barbier craint que les jeunes générations ne soient pas si gentilles que ça. Il y a ceux qui vont déménager. C’est-à-dire ceux qui vont aller faire carrière à Shanghai. Adieu la France, débrouillez-vous, je ne paierai pas la dette. Et il y a ceux qui vont démissionner.  C’est-à-dire refuser de travailler 40 heures par semaine et 70 ans dans leur vie, qui vont se mettre sur le canapé avec leurs pilules neuroleptiques et Netflix et qui vont demander le RSA ou le revenu universel. Ce pays risque donc à terme de s’effondrer »

Après avoir longuement échangé sur la gestion de cette crise sanitaire et ses conséquences, j’ai demandé à Monsieur Barbier ce qu’il en était de la responsabilité des gouvernements précédents et de la politique qu’ils ont menée en matière de santé (lits réanimation, notamment). Monsieur Barbier a évoqué une raison très simple pour laquelle nos dirigeants et gouvernements antérieurs n’ont pas pris la décision de prévoir des lits réanimation supplémentaires. Augmenter le nombre de lits nécessite des investissements extrêmement conséquents, que les contribuables auraient dû financer, via leurs impôts. Bon nombre de Français y auraient été réticents. Ce n’est donc pas un bon modèle de gestion.

Quid de la disparition des masques ? Le ministère de la santé avait à disposition 2 milliards de masques qui ont été répartis par les agences régionales de santé dans les hôpitaux. Ces derniers n’en ayant pas eu un usage immédiat, les ont stockés bien souvent dans des mauvaises conditions. Ces masques, au fil des années, sont devenus périmés ou ont moisi.

Et l’administration dans tout ça ?

L’administration est responsable de la lourdeur des procédures mises en place, des délais de livraison de masques, de matériels, de lancement de la campagne de vaccination interminable. Elle a pris le dessus sur le pouvoir des politiques. Avant de prendre leurs décisions, nos dirigeants se réfèrent aux conseils divulgués par les autorités et institutions de santé. L’administration fait porter une responsabilité judiciaire aux politiques. Si ces derniers ne suivent pas à la lettre ce que préconise de faire la Haute Autorité de santé, le conseil scientifique, si des personnes décèdent à cause d’un manque de protection sanitaire, ce sont nos dirigeants qui seront portés responsables devant la Justice.  Le gouvernement ne voulant pas courir ce risque, préfère appliquer scrupuleusement les consignes de l’administration de santé quitte à ce que tout prenne du temps à se mettre en place. Quand certains pays ont déjà reçu les doses de vaccins et ont pu démarrer leur campagne de vaccination, la France attend le feu vert de l’administration qui passe par la rédaction de protocoles.

Dans cette dernière partie, j’aimerais vous faire part de l’échange que nous avons eu avec Christophe Barbier concernant l’ampleur que prend le politiquement correct dans nos sociétés occidentales. Monsieur Barbier a récemment déclaré dans l’une de ses interventions sur les réseaux sociaux « le pire, en 2020, n’a pas été la Covid, mais la progression de la tyrannie du politiquement correct. » En effet, nous voyons de plus en plus émerger dans nos sociétés occidentales, des mouvances comme la cancel culture qui consiste à ostraciser, exclure une personne, un groupe de personnes parce qu’elle/il a par le passé pu dire ou faire des choses considérées comme étant offensantes envers une catégorie de personnes (communauté, ethnie, religion, identité sexuelle, etc…). Christophe Barbier m’a confié à ce sujet, qu’il ne pensait pas jusqu’à maintenant que cette dictature de la pensée unique prendrait le dessus en France, pays des Lumières, de la liberté des idées et de la liberté d’expression. « Il s’est passé plusieurs phénomènes très inquiétants qui me laissent croire, craindre en tout cas que de manière souterraine, cette cancel culture s’est infiltrée dans notre société de manière invisible et représentent aujourd’hui un danger. La première alerte est venue de notre isolement complet au niveau mondial lorsqu’il y a eu l’assassinat de Samuel Paty et que l’on a réaffirmé nos valeurs. En 2015, le monde entier est venu défiler pour défendre Charlie, le 11 janvier, 4 jours après l’attaque de Charlie Hebdo ». Autre exemple, dans les grandes écoles françaises comme Sciences Po, les blancs sont exclus des réunions portant sur des thèmes comme le racisme, car jugés comme n’étant pas légitimes pour parler du racisme et pouvant nuire à la qualité du débat. Il y a un communautarisme grandissant, à l’image de celui que l’on peut observer dans les universités américaines. Dans la même catégorie, Christophe Barbier m’a confié que certaines associations défendant les droits des personnes transgenres font pression sur les médias pour que ces derniers n’évoquent plus la première identité sexuelle de ces personnes qui aurait été imposée et qui en la rappelant, les ferait retomber dans leur identité d’origine et donc dans l’oppression. Comment raconter le combat de ces personnes si nous n’évoquons pas leur situation de départ ? Pour souligner le courage de ces personnes, il faut comprendre leur souffrance et donc la situation initiale. Or aujourd’hui, la cancel culture et autres dogmes de la bien-pensance veulent effacer un passé jugé comme offensant, gênant.

Je tiens une nouvelle fois à remercier Monsieur Barbier pour son accessibilité, sa disponibilité et son amabilité. C’était un plaisir d’avoir pu échanger avec lui sur un panel de sujets différents qui font ressortir des clivages sur certains points de société.

 

 

Par Nolwenn DALLAY

 

 

Benjamin : de Mister Prépa à Planète Grandes Ecoles

Benjamin : de Mister Prépa à Planète Grandes Ecoles

L’équipe du RDVC EN PARLE a eu l’occasion d’interviewer, pour ses lecteurs, Benjamin Hautin, fondateur de Mister Prépa et de Planète Grandes Ecoles. Actuellement étudiant à l’EM Lyon, il partage avec nous son parcours et les nouvelles responsabilités auxquelles il a dû faire face en gérant à la fois une entreprise à fort développement et une vie étudiante en école de commerce.

 

RDVC : Comment s’est passée ta prépa ? Dans quelle prépa étais-tu ?

Benjamin Hautin : J’ai fait une prépa ECE au lycée Saint-Just à Lyon. Avec le recul, je peux affirmer que ma prépa s’est très bien passée, les profs étaient bienveillants, le cadre était magnifique et les élèves formaient de petits groupes sans succomber à l’aspect « compétition ». J’en garde encore 4-5 très bons copains, que je vois encore aujourd’hui !

 

RDVC : Dans quelle école es-tu aujourd’hui ? Quelles ont été tes premières impressions en école ? Déçu ? Satisfait ?

B.H : J’ai fini par intégrer emlyon business school, où je continue de développer actuellement Planète Grandes Écoles et Mister Prépa, avec mon équipe. J’adore la ville de Lyon, là dessus rien à redire ! Au niveau des cours, il y a de tout.. J’aime particulièrement les cours de finance et de stratégie, qui demandent beaucoup de réflexion, mais aussi du travail ! Sinon, au niveau de l’ambiance, je pense que c’est comme partout : la vie associative est bien développée et globalement les gens sont très cool ! Hâte de pouvoir retourner sur le campus aussi…

 

RDVC : Justement… Allier tes études et la gestion d’une entreprise, c’est possible ?

B.H : Bien sûr ! D’ailleurs beaucoup d’entrepreneurs choisissent d’opter pour un parcours entrepreneurial pour alléger leur emploi du temps en Master… De mon côté, j’ai préféré m’orienter vers un parcours plus corpo, axé sur la finance et le conseil, puisque j’ai senti que la valeur ajoutée allait être beaucoup plus importante qu’un parcours entrepreneurial. Surtout qu’au final, monter une entreprise et la gérer, ça s’apprend aussi beaucoup sur le tas, avec un accompagnement également ! Hormis cela, il faut bien sûr être très organisé. Pour illustrer, une journée-type avec mon associé Dorian : on arrive au bureau à 9h, on bosse sur nos cours le matin en général, puis l’après-midi nous enchaînons avec du pur travail pour notre entreprise. Et on quitte le bureau aux alentours de 23h. Au total, nous faisons des semaines d’environ 70h, entre les cours, les révisions, les rendez-vous pour les médias, le travail sur la boîte, les déplacements dans toutes les écoles… Être étudiant et entrepreneur, c’est un choix de vie, c’est extrêmement prenant, surtout quand ton entreprise fonctionne bien. Mais derrière, il faut assumer et être à la hauteur de l’ampleur que tu commences à prendre. Donc pour tous les entrepreneurs en herbe : foncez,  en tant qu’étudiants c’est le moment idéal ! Pas marié, pas d’enfant à charge, il n’y a dans le fond rien à perdre ! Mais tant à gagner. Et pour les autres, foncez aussi !

 

RDVC : Quand as-tu décidé qu’il était temps de t’allier à d’autres personnes et que tu ne pouvais plus faire cela tout seul ?

B.H : Au début, Mister Prépa n’était qu’un petit compte Snapchat sur lequel je faisais des petites interventions en philo et en économie, rien de plus. Puis, le compte s’est transmis dans beaucoup de prépas à travers la France et les étudiants demandaient du contenu dans d’autres matières : géopolitique, mathématiques, espagnol… Je me suis alors dit qu’il allait falloir que je rallie d’autres étudiants d’écoles à ce projet. Sans eux, nos médias n’auraient jamais connu le développement qu’ils connaissent actuellement.

 

RDVC : Quand et pourquoi as-tu décidé de lancer Planète Grandes Ecoles ?

B.H : Planète Grandes Ecoles est la suite logique de Mister Prépa : un média cette fois-ci destiné aux étudiants des Grandes Ecoles (commerce, ingénieur et les IEP) qui a vocation à couvrir l’actualité des écoles, mais aussi et surtout à décrypter le monde professionnel et à diffuser des offres de stages et d’emploi aux étudiants de toutes les écoles. À travers cela, nous souhaitons réellement montrer que même en période COVID, les entreprises continuent de recruter, donc ne désespérez pas et venez trouver votre stage sur notre site !

 

RDVC : Mister Prépa a explosé en l’espace de quelques mois. Le site, le magazine sont aujourd’hui des supports incontournables des prépas, écoles… Comment as-tu fait pour t’adapter à cela ?

B.H : Dès sa création, Mister Prepa a été un média informel, où l’on répondait vraiment à la demande étudiante, en one-to-one. Aujourd’hui, nous sommes aussi un relai entre les écoles et les étudiants puisque nous présentons le plus objectivement possible les grandes écoles, et, inversement, nous sondons les étudiants pour expliquer aux écoles ce que leurs futurs étudiants recherchent réellement. Pour réussir à gérer cela, nous avons lancé une grande campagne de recrutement pendant l’été 2020. Actuellement, je gère beaucoup plus la partie relation écoles/entreprises, la stratégie de long terme et tout ce qui touche aux documents administratifs et financiers. L’équipe, de son côté, gère tout le contenu sur Mister Prépa et Planète Grandes Ecoles, ainsi que la pénétration constante de nos médias dans l’ensemble des établissements français, la mise en place de nouveaux concepts, la stratégie SEO des sites web, le développement de nouveaux indicateurs de performance, les partenariats avec les associations des écoles aussi…  Nous avons réussi à opérer une vraie structuration des médias, ce qui est une étape cruciale dans la survie d’une entreprise de manière générale.

En effet, le principal concurrent de Mister Prépa est Major-Prépa, l’autre média consulté par les étudiants de prépa. Je précise que dans l’immense majorité des cas, nos deux plateformes sont complémentaires, les étudiants apprécient les deux sites, comme les statistiques le montrent bien. Pour répondre à ta question, je pense que l’équipe de Major-Prépa se rend de plus en compte qu’ils sont enfin tombés sur un concurrent de taille, et que le monopole qu’ils ont pu avoir sur ce marché à un moment donné n’existe plus aujourd’hui. De mon côté, j’adore cette position de challenger. Mister Prépa se différencie en étant plus proche des étudiants, c’est en tout cas les retours que l’on a depuis 2 ans ! En effet, notre média est fait « par des étudiants, pour les étudiants ». Le fait que Mister Prépa ait commencé sur Snapchat et ait ainsi créé un contact privilégié et informel avec les étudiants plaît beaucoup, et nous a permis de rattraper très rapidement d’autres concurrents, tout en nous différenciant sur des éléments stratégiques., même si les informations proposées sont sensiblement similaires, marché de niche oblige. Dans tous les cas, je suis ravi que plusieurs acteurs occupent ce marché, on s’ennuierait rapidement sinon ! C’est ainsi que je conçois la concurrence.

 

RDVC : Comment as-tu appris à gérer tout le cadre légal ? Contrats pour les employés mais aussi partenariats et subventions, ou nom « E-ADMISSEUR » qui appartient désormais à Mister Prépa ?

B.H : Dès le début de Mister Prépa, je me suis entouré d’un cabinet d’avocats d’affaires qui font en sorte d’accompagner et de protéger Mister Prépa. Nous avons donc rapidement déposé le nom « Mister Prépa », le concept du « MISTER PRÉPA TOUR » ou encore celui de « E-ADMISSEUR » que nous avons lancé l’année dernière pour remplacer les visites des écoles pendant les oraux. Tout ce côté un peu moins fun de l’entreprise s’apprend en étant bien entouré, en accumulant de l’expérience et en étant aussi curieux !

 

RDVC : J’ai vu sur ta présentation Mister Prépa que tu insistes sur « l’égalité des chances, peu importe le lycée d’origine », pourquoi ce sujet te tient-il autant à coeur ?

B.H : Je considère que j’ai eu énormément de chance dans mon parcours, que ce soit au niveau de mes études ou au niveau professionnel jusqu’ici. Personnellement, j’ai découvert les grandes écoles grâce à une prof de lycée qui m’a orienté vers cette voie. Personne dans ma famille n’a fait d’études, donc c’est clairement un coup de main du destin. Je me dis  souvent que, sans elle, je n’aurais jamais vécu tout cela. Une Grande Ecole, ça change la vie ! Si demain je souhaite arrêter mon activité, je sais déjà que mon école et mon réseau me permettront d’intégrer assez facilement un nombre très varié de postes et d’entreprises ! Or, je sais qu’il y a énormément d’élèves, qui ont pourtant des capacités énormes, qui ne connaissent pas le monde de la prépa, ni des grandes écoles et qui ne vivront jamais cette expérience. À travers Mister Prépa et Planète Grandes Ecoles, nous essayons d’être à notre tour ce petit coup de main du destin en démocratisant ces filières. Cela passe par le développement de notre marque, mais aussi et surtout par de nombreux passages dans des lycées, de quartiers ou de zones rurales, où les prépas ne sont que très rarement demandées sur Parcoursup !

 

RDVC : Qu’imagines-tu aujourd’hui pour Mister Prépa et Planète Grandes Ecoles dans le futur ? Un nouveau média par la suite ?

B.H : Aujourd’hui, je me concentre plutôt sur Planète Grandes Ecoles et je laisse Dorian (le directeur général de Mister Prepa) s’occuper plus largement de Mister Prépa. Nous essayons aussi de développer Mister Prépa X, équivalent de Mister Prépa pour les étudiants de prépas scientifiques. Ce qui nous tient majoritairement à coeur, c’est de nous assurer que Mister Prépa reste proche des étudiants et ne devienne pas un média trop formel et éloigné de la réalité de la prépa. Pour cela, nous ne recrutons que des personnes qui sortent de prépa et qui viennent de rentrer en école, ainsi ils ont encore leurs années prépa en tête et sont les plus à même de conseiller les préparationnaires. Après avoir ouvert à Lyon, nous allons prendre d’autres bureaux à Paris dans les semaines à venir, où nous développerons un second studio vidéo pour recevoir des invités de toutes sortes ! Pour le reste, on verra au jour le jour, même si de nombreux projets sont dans les tuyaux…

 

Toute l’équipe du TBS Mag tient à remercier Benjamin Hautin pour lui avoir accordé de son temps et avoir participé à cette interview. Son parcours est l’exemple-même de ce que la plupart des élèves espèrent accomplir en entrant en école. Sans prétention et avec les pieds sur terre, Benjamin espère pouvoir continuer longtemps à aider les plus jeunes à être ambitieux et à exceller dans leur domaine.

 

 

Par Elise CASADO