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Le Twitter de Musk : jusqu’où va la liberté d’expression ?


Publié le 3 décembre 2022

Créé en mars 2006, Twitter est une plateforme américaine de micro-blogage qui permet aux utilisateurs d’envoyer gratuitement des micro-messages appelés « tweets ». Cofondateur de la plateforme, l’américain Jack Dorsey en devient le PDG de 2016 à 2021, jusqu’à l’acceptation de l’offre d’achat qui cèdera le réseau social à Elon Musk pour la somme de 44 milliards de dollars, l’année suivante. Le rachat de Twitter en octobre 2022 et l’arrivée de son nouveau propriétaire met la plateforme sous le feu des projecteurs, non sans scandales. En effet, seulement 3 jours après son arrivée, le patron de Tesla a procédé à une importante vague de licenciement des employés et des cadres importants de l’oiseau bleu, un total de 3500 employés. Il convient également de mentionner une possibilité de voir la platement devenir payante avec l’instauration d’un abonnement pour être certifié. Certification qui est considérée comme un privilège réservé à certaines personnes comme les personnalités politiques, les membres du show-business, ou encore les journalistes. Mais l’une des principales promesses d’Elon Musk suscite davantage d’interrogations : imposer le retour de ce qu’il juge être la liberté d’expression. Son premier tweet « l’oiseau a été libéré » est l’image de cette promesse.

 

Fort de ses 436 millions d’utilisateurs, Twitter s’est développé en s’alignant avec une politique de modération des contenus publiés par les internautes. Malgré des nombreuses failles rencontrées par le réseau social dans ce domaine ci, les anciens dirigeants du groupe se sont évertués à bannir les comptes dont les contenus s’apparentaient à des conduites haineuses, à des menaces violentes, à des insultes ou propos racistes. La mise en application de ces mesures de modération s’illustre par un bannissement temporaire ou définitif des comptes mis en cause. Par ailleurs, cela n’est pas sans susciter l’incompréhension de certains internautes et de l’opinion public qui plaident en faveur de la liberté d’expression. Le débat a fait rage lorsque la plateforme a fait le choix de bannir définitivement l’ancien président des Etats-Unis Donald Trump, à 10 jours de la fin de son mandat, en janvier 2021. Son bannissement était la dernière étape d’une longue série d’avertissements à l’égard du président qui tweetait des allégations concernant le système électoral américain, ou encore des tweets estimés comme incitant à la violence eu égard aux violents affrontements du Capitole. Cette annonce fut vivement critiquée dans la mesure où elle met en exergue le pouvoir détenu par les plateformes de retirer des personnes qui sont indispensables à l’expression d’une population, et le pourvoir qu’ils peuvent donc avoir sur le débat public. Malgré cela, il est sans doute convenable de voir le travail de modération du réseau social, travail qui va sans doute être mis en péril par l’arrivée de Musk.

 

Une liberté d’expression absolue avec E.Musk ?

 

Le rachat de Twitter par Elon Musk a généré de vives inquiétudes chez les adeptes de la liberté d’expression régulée, ceux qui pensent que la liberté d’expression à une limite. Le nouveau patron du réseau social est souvent décrit comme un libertarien pour qui s’exprimer librement est le principe le plus important. Par conséquent, il ne compte pas insister davantage sur les outils de modération de la plateforme et d’ailleurs la plupart des employés licenciés étaient chargés de la modération du réseau. Depuis qu’il a exprimé qu’il était contre les bans définitifs et que tous les propos avaient leur place sur la twittosphère, des dizaines de milliers de tweets haineux, racistes et homophobes se propagent. Autre illustration de ce changement, l’utilisation du N-word sur la plateforme a été multipliée par six depuis sa prise de contrôle.

Cela dit, eu égard à la place de la plateforme dans les débats d’opinions, les débats publics, et dans la vie démocratique, Elon Musk soutient l’idée selon laquelle cela doit se faire de façon saine et sans violence. L’ambition du nouveau patron est de transformé Twitter en une « place publique en ligne où une grande variété d’opinions peuvent débattre de façon saine, sans recourir à la violence » affirme-t-il. Cela s’illustre par le souhait du patron de Tesla de revenir sur le bannissement définitif d’utilisateurs.  Il s’est d’ailleurs exprimé sur l’exclusion définitive de Donald Trump après l’assaut du Capitole, et le bannissement de Marjorie Taylor Greene, une élue républicaine conspirationniste, en estimant que ces décisions étaient des erreurs.

La promesse d’un retour de la liberté d’expression sur Twitter est toutefois tempérée par Elon Musk lui-même, conscient qu’il est contraint de respecter les lois des pays où est implanté Twitter. Par exemple, même s’il y a peu de chance qu’Elon Musk insiste sur le développement des outils de modération, Twitter devra tout de même se soumettre au droit français, qui interdit les propos haineux, les menaces ou encore les propos négationnistes (autorisés aux Etats-Unis). Elon Musk risque de se heurter au droit de l’Union Européenne même s’il peut espérer avoir moins de difficultés avec le droit étasunien. D’ailleurs, le Commissaire européen, Thierry Breton, n’a pas hésité à rappeler au milliardaire que si l’oiseau était libre, il volerait dans le sens du droit européen.

 

Par Philithée KABYLO KILLY DILLA

1 Commentaire

  1. Adrien Javoy

    Thierry Breton va rien faire

    « Flex like David Icke »

    Réponse

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