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Quel avenir et quel risque social de la ressource en eau ?


Publié le 7 janvier 2022

L’eau est une ressource que nous disposons en abondance dans la plupart des pays développés du fait de son faible coût pour les ménages et de son libre accès grâce aux infrastructures de nos foyers. On pourrait donc penser que l’eau est une ressource infinie tant, parfois, nous ne faisons pas attention à sa consommation pour répondre à nos besoins de la vie courante alors que pourtant c’est une ressource qui devient de plus en plus rare. La Terre, notre planète bleue, est composée d’océans qui recouvrent 70% de la surface du globe. L’eau salée représente 97% du total de cette eau pour à peine 3% d’eau douce dont une grande partie est figée sous forme de neige et de glace. Durant le dernier siècle, la population mondiale a été multipliée par 4 et la consommation en eau a quant à elle été multipliée par 10 voire plus dans certaines régions du monde. Alors qu’un habitant d’un pays en Afrique Subsaharienne consomme à peine 10 litres pour ses besoins quotidiens, un français consomme 150 litres. La ressource en eau est une des principales conditions à la vie sur terre car elle est indispensable à la vie humaine. On pourrait alors se demander ce qui justifierait de tels écarts de consommation d’eau entre deux régions du monde et quels problèmes cela engendrait sur les rapports internationaux.

 

L’inégale répartition de l’eau et ses conséquences sociales

D’après plusieurs enquêtes, un habitant sur trois dans le monde n’a pas encore d’accès direct à l’eau potable. Les problèmes liés à l’accès à l’eau potable serait l’un des premiers facteurs d’inégalités dans le monde et est une des principales causes de mort notamment chez les enfants. L’Afrique est le continent qui rencontre le plus de problèmes d’accès et d’assainissement de l’eau. On retrouve des populations en Ethiopie qui consomment de l’eau issue de rivières où leurs bétails s’abreuvent. En Inde, les habitants les plus pauvres puisent leur eau dans des puits insalubres. Cela entraine la transmission de certaines maladies comme le choléra, la typhoïde, la diarrhée ou l’hépatite A et la cause de 10% des décès. Par ailleurs, on peut relever que les problèmes liés à l’accès à l’eau potable sont plus mortels que les guerres.
L’eau douce est très inégalement répartie car 9 pays détiennent 69% des réserves du monde. Selon certaines études, une trentaine de pays sont menacés par le manque d’eau. Ces pays se situent principalement en Afrique du nord, au Moyen-Orient et en Asie occidentale mais d’autres pays dans d’autres régions du monde vont subir à l’avenir des pénuries liés à l’eau. C’est le cas de la Chine, l’Inde et de certains pays en Amérique centrale. On peut d’ores et déjà estimer qu’en 2030, le manque d’eau affectera 40% de la population mondiale.

 

Les causes de la pénurie d’eau

Les causes du manque d’eau dans certaines régions sont diverses. Premièrement, certaines régions du monde ont plus de ressources en eau que d’autres, l’Himalaya par exemple dispose de nombreux cours d’eau à contrario d’une région comme le Sahara qui est composée essentiellement de territoires arides et secs. Ensuite, il y a l’utilisation qui est faite de l’eau prélevée dans certains fleuves. Le Cap, la capitale de l’Afrique du sud connait des problèmes de sécheresse à cause des faibles précipitations. Il y a pourtant des disparités entre les habitants de cette région, pendant que certains possèdent des piscines, des pelouses, d’autres peinent à répondre à leurs besoins de la vie courante. On peut aussi noter qu’en Arabie Saoudite, les habitants consomment 10 fois plus d’eau que d’eau disponible dans leurs réserves, un terme est utilisé pour désigner ce phénomène, le stress hydrique.
On peut déterminer que 70% de la consommation en eau dans le monde est utilisée pour l’agriculture, ensuite 20% pour l’industrie et enfin à peine 10% pour les besoins de la vie courante des êtres humains. L’utilisation accrue de l’eau pour l’agriculture intensive et l’industrie entraine l’asséchement de certains fleuves de nombreux cours d’eau, contribue au réchauffement climatique et pollue l’environnement. L’urbanisation et la hausse de la démographie sont aussi des facteurs du manque d’eau que nous rencontrons actuellement.

 

Conflits et rivalités concernant l’accès à l’eau

Les rivalités concernant l’accès à l’eau ne sont pas récentes, un conflit éclata en 1967 entre l’Egypte et Israël lors de la guerre de 6 jours. A l’avenir, on pourrait s’attendre à ce que d’autres conflits éclatent entre Israël et d’autres pays arabes dans la région à cause de la répartition en eau mais aussi dans d’autres régions du monde. C’est le cas pour l’Egypte, le Soudan et l’Ethiopie qui se disputent l’accès à l’eau du Nil à cause du barrage renaissance qui est utilisé pour maîtriser le débit de l’eau dans ces régions. L’Egypte utilise 98% de l’eau potable issue de ce fleuve pour son agriculture. En conséquence, le pays n’hésitera pas à recourir à la force s’il voit son approvisionnement en eau menacé. Par ailleurs, des tensions existent entre le Mexique et les Etats-Unis à propos du fleuve Colorado mais aussi entre la Turquie, la Syrie et l’Irak concernant l’Euphrate. La Chine avec le Tibet a une forte concentration en eau dans cette région et détient par conséquent un pouvoir stratégique sur le fleuve du Mékong qui traverse d’autres pays comme le Laos et le Cambodge. Le niveau de l’eau sur ce fleuve dépend de l’ouverture et la fermeture des barrages hydroélectriques alors qu’auparavant, il dépendait des saisons. Les habitants de ces pays sont alors fortement impactés par ces barrages et peuvent avoir de mauvaises récoltes et cela accentue les tensions entre les pays de cette région.

 

Des solutions existent pour répondre aux besoins en eau ?

En 2010, les nations unies ont décrété que l’accès à l’eau potable était un droit fondamental, un droit essentiel pour les êtres humains et pourtant beaucoup encore n’y ont pas accès. Il y a plusieurs leviers d’actions pour éviter les problèmes en eau. Nous pouvons dans un premier temps modifier les aménagements urbains pour garder l’eau à l’intérieur des villes, nous pouvons aussi améliorer la qualité des infrastructures pour éviter les pertes liées aux fuites d’eau et enfin nous devons changer les comportements individuels pour assurer une consommation plus durable de cette ressource. Le progrès technique a permis à des régions avec de faibles quantités d’eau disponibles de disposer de cette ressource. En Arabie Saoudite, des usines de dessalement de l’eau de mer ont été créées mais elles sont couteuses et très polluantes à cause du pétrole utilisé.

Les évolutions technologiques suffiront-elles à satisfaire nos besoins croissants en eau dans le futur ou faut-il un radical changement des mentalités concernant la consommation de cette ressource de la part des différents agents économiques ?

 

Par Rémy LEBASTARD

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