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On est en DE-MO-CRA-TIE !


Publié le 4 janvier 2022

 

 

Contexte d’élection présidentielle oblige (ou pas) le peuple s’intéresse de nouveau, comme tous les cinq ans, à la politique. Il tente de se faire une « opinion » avant d’aller effectuer son « devoir » de citoyen en glissant un petit bout de papier dans l’urne, tout en remerciant la « démocratie » de le laisser s’exprimer. Mais, de plus en plus de nos concitoyens sentent comme un arrière-goût de pisse lorsqu’ils observent le décalage entre l’offre politique qui nous est présentée, et la réalité de leur vie quotidienne. Ce petit goût, ou l’impression de se prendre une quenelle après chaque élection, peut même en conduire certains à penser l’interdit : « sommes-nous vraiment en démocratie ? » Evidemment ! Si nous n’étions pas en démocratie nous serions en dictature ! Chantent en cœur les défenseurs de la Liberté. La démocratie serait, à les entendre, le seul système viable et l’on basculerait irrémédiablement dans la dictature dès lors que l’on s’en écarterait. Mais tentons d’aller plus loin, ne soyons pas le petit vers de terre, soyons l’aigle, et demandons-nous : « et si la démocratie n’était pas infaillible ? »

Vaste question que voilà, mais par où commencer ? Pour éviter de choquer trop fortement un auditoire non averti ou se faire traiter de complotiste (ce qui n’est pas si désagréable une fois que l’on si est habitué) commençons doucement par dénoncer… la caste politico-médiatique !

 

Partie I : Les chiens du pouvoir

 

Véritable pilier de la démocratie, le métier du journaliste est essentiel pour que les citoyens puissent exercer leurs droits démocratiques de façon libre et éclairé. Ils doivent permettre au débat public de s’élever en faisant s’affronter les différents points de vue qui s’exprime dans la société. Or, les médias sont accusés d’avoir failli à leur devoir : citoyens, politiques, intellectuels voir même journalistes dénoncent les biais idéologiques de certains de ces médias (de gauche comme de droite), la recherche du « buzz » et le profit maximal, voire d’être au service du pouvoir pour d’autres. Cette contestation est telle que la question de la suppression de la redevance télé se fait de plus en plus présente dans le débat public. C’est ainsi que Reporters Sans Frontières classe la France en 34e position au classement de la liberté de la presse1.

 

L’illusion de l’objectivité

Les journalistes ont pour habitude de cacher leurs biais idéologiques derrière ce qu’ils nomment comme des imbéciles « objectivité ». Comment oserait-on critiquer le travail d’un journaliste alors qu’il tait ses opinions et ne fait que rapporter des faits ? Il s’agit dès lors d’une contestation de la vérité (Complotistes !). Cependant, croire à l’objectivité du journaliste est absurde, mais est également dangereux pour la démocratie. La subjectivité est inhérente à toute activité humaine, les journalistes devraient en avoir conscience. Leur subjectivité détermine les sujets qu’ils vont traiter, l’angle avec lequel ils vont le faire ou les gens qu’ils choisissent d’interroger.

 

 

L’idéologie dominante : le collier autour du cou des chiens

Il faut savoir qu’environ 90% des médias français traditionnels (dits « mainstream ») sont détenus par 8 milliardaires : B. Arnaud (Le Parisien), F. Pinault (Le Point), famille Dassault (Le Figaro), V. Bolloré (Canal +, CNews, C8), P. Drahi (BFM-TV, RMC, Libération et l’Express), X. Niel (Le Monde, L’Obs et Télérama), famille Bouygues (TF1, LCI, TMC), A. Lagardère (Europe1, Paris Match et le Journal du Dimanche)3. Il est également convenu que ces médias, largement subventionnés pour la plupart par l’argent public, sont déficitaires. L’influence qu’ils procurent à leurs détenteurs est donc la raison pour laquelle ces médias sont tant convoités. Le fait que la plupart des médias influents soit détenus par quelques milliardaires, oriente et biaise les recrutements et promotions au sein des rédactions journalistiques en faveur des intérêts de ces derniers. La grande majorité des procédés de censure se font dans la discrétion des salles de rédaction, la détention des médias par quelques milliardaires provoque des conditionnements psychologiques et sociaux de censure, voire d’autocensure, au sein de la sphère médiatique.

Ce type de critique est très mal perçu par les journalistes qui revendiquent leur indépendance d’esprit et leur liberté d’exercice. C’est là l’un des effets les plus dévastateurs pour la démocratie : ceux qui sont censés permettre son bon fonctionnement se comportent comme les chiens de garde du système néolibérale, et n’en ont pour la plupart pas conscience. Comment le pourraient-ils ? Ils ont justement été sélectionnés ou promus en raison de leur aliénation à l’idéologie dominante.

 

La sécession des élites

Le problème majeur est que l’entre-soi règne dans le cercle privilégié de la caste politico-médiatique, et que les détenteurs des places de décisions de ce système ne sont pas adeptes de la remise en question. Ils se cooptent les uns les autres et préfèrent pratiquer l’onanisme intellectuel en se complaisant dans leur idéologie. Pourquoi considérer les avis divergeant et se remettre en question, alors que l’idéologie qu’ils suivent aveuglément sert leurs petits intérêts personnels. En un sens, la caste médiatique est à l’image de la classe moyenne supérieure de la société. Bardée de diplômes supérieurs, elle est certaine de sa supériorité intellectuelle et ses conditions de vie représentent un blocage : Ils n’ont pas besoin de s’intéresser aux problèmes du peuple, ce ne sont pas les leurs. Pourquoi chercher à changer les règles du jeu dès lors qu’elles vous profitent ?

La classe moyenne supérieure vit bien trop confortablement pour renoncer à ses illusions et cela met véritablement en danger la démocratie. Comme la si bien dit W. Churchill : « La démocratie est le pire des régimes, à l’exclusion de tous les autres », d’autres systèmes autres que la démocratie existe. La dictature en est un, l’oligarchie en est un autre : la domination des classes dominantes.

 

« La propagande est à la démocratie ce que la matraque est à la dictature »

Noam Chomsky

 

Par Adrien Javoy

Sources :

  1. Reporters Sans Frontières, Classement de la liberté de la presse 2020 | RSF
  2. « La confiance des Français envers les médias en légère hausse, mais leur traitement de l’épidémie de Covid-19 divise », Le Monde, 27 janvier 2021.
  3. https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/PPA#&gid=1&pid=1, Le Monde Diplomatique, 2021.

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