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Le désastre environnemental, la fin de Dieu selon les monothéismes ?


Publié le 25 octobre 2021

Depuis maintenant vingt ans, le désastre environnemental est de plus en plus présent à l’esprit de la société humaine. Renié ou pris au sérieux, peu importe, ce phénomène de destruction de la vie sur Terre est de plus en plus sérieux et inquiétant. Ce ne sont pas simplement quelques degrés qui augmenteront mais bien une série infernale de troubles qui changeront à jamais la Vie sur Terre. Ces changements organiques donneront sûrement lieu à des chamboulements importants dans l’organisation des sociétés humaines et dans son rapport au monde qui l’entoure. Ces changements pointent le bout de leur nez que ce soit l’antispécisme, les tentatives de sociétés alternatives pour plus de résilience ou encore la recherche d’énergies qui puissent substituer à jamais l’énergie fossile. Ces changements, notamment ceux qui concernent le rapport à la Nature, sont les reflets de l’émergence d’une nouvelle spiritualité, dans laquelle l’humain n’est plus pensé comme maître ou dominé par la nature, mais bien comme acteur de forces dont il a cherché depuis deux cents ans à percer les mystères. De la Nature mystérieuse, source de fantasmes, et des « religions primitives » à la croyance moderne, correspondant à l’avènement du couple science-technique capitaliste, de l’humain comme maître de la Nature, nous sommes à l’orée d’une nouvelle conception.  Mais si cette dernière conception de l’humain comme maître de la Nature a pu émerger, c’est qu’elle découle d’une conception religieuse du monde très particulière et liée essentiellement aux religions monothéistes. Une conception du monde dans laquelle l’humain n’est pas essentiellement relié au monde qui l’entoure. Il n’est qu’une sorte de locataire qui n’a pas à être tenu responsable de ses actions devant la Nature mais devant Dieu. Entendons-nous bien, la Nature dans les religions polythéistes, par exemple, est au centre de la croyance malgré l’apparence humaine des dieux et déesses. Ce sont tous.tes des représentant.es d’une partie de la Vie et de la Terre, presque toutes les branches de la Vie sur Terre, des clans humains aux phénomènes naturels sont représentées. Des religions polythéistes Celtes à la Mésopotamie en passant par les Grecques ou les religions précolombiennes, toutes ces religions représentent la multitude de ce qu’est la Vie sur Terre. Les sacrifices et autres rituels montraient le lien direct entre les Dieux, Déesses et la Nature, plutôt, étaient la manifestation directe de la compréhension d’un certain dynamisme dans la Nature représenté par ces multiples Dieux et Déesses. Une représentation peut-être partielle pour nous modernes mais une compréhension d’un certain devoir de préservation et de respect de la Nature à travers les divinités. Quant aux religions comme le Bouddhisme et l’Hindouisme, la relation avec la Nature est directe. Parmi les préceptes à suivre dans la tradition bouddhiste il y a celle-ci : S’efforcer de ne pas nuire aux êtres vivants ni prendre la vie, appelé principe d’ahiṃsā ; que nous pouvons traduire de manière moderne comme un principe de « non-violence ». L’Hindouisme lui est proche d’une logique animiste qui voue un culte aux esprits présents dans la Nature, et tout ce qui environne l’humain. Bref, toutes les religions non-monothéistes – c’est-à-dire la quasi-totalité d’entre elles – sont liées directement à la Nature et plus largement au vivant, sachant que la définition du vivant prend des formes plus ou moins larges. En revanche, quant aux religions révélées que sont le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam la relation à la nature est bien, bien plus ambigüe voire absente.

Pourquoi ? notamment car la relation avec Dieu est bien plus distante que dans les autres religions dans lesquelles les dieux et déesses ou esprits sont directement en contact avec l’humain. De Zeus et ses aventures avec les femmes aux esprits dans les objets qui entourent l’humanité, ils sont partout. Or, Allah, Yahvé, ou Dieu ne sont jamais directement en contact avec les humains. Les prophètes sont des intermédiaires de Dieu. L’humain n’a plus vraiment de comptes à rendre à la Nature mais bien à cet être suprême. Les actions jugées par Dieu sont essentiellement des actions interhumaines et les cultes et pratiques religieuses le sont aussi. Paradoxe que d’observer que malgré un dieu distant, les prières vont directement en son nom, il n’est que très rarement question d’autre chose que Dieu, en tant qu’Etre suprême. Le péché originel montre bien cette distinction, entre d’un côté la Nature et de l’Autre Dieu. On pourrait même y voir l’ambivalence entre ces deux entités, car c’est bien un serpent – bien qu’il soit métaphorique – qui pousse à outrepasser la règle désignée par Dieu. En soi, si nous poussons la réflexion encore un peu plus loin, c’est la Nature en elle-même qui aurait perverti l’humain. Dès lors, pour ces trois religions, la Nature est un objet dont il faut se méfier voire dominer en la travaillant.

La relation Nature humanité dans ces cas là est réduite à zéro. Dieu n’est d’ailleurs absolument pas la Nature, ou une partie d’elle. Dieu est présent avant sa création, dont il est « simple » créateur. Il est certes omnipotent comme le serait une lectrice. Certes l’action de Dieu se retrouve par l’intermédiaire de la Nature – éruptions, tremblement de terre, ouragan… – mais c’est essentiellement pour punir. Et puis comment pourrait-il montrer son existence s’il n’agissait pas sur la Nature ? Cela n’est en rien une marque de la « Naturalité » du Dieu monothéiste. Bref, les religions monothéistes ont établi une rupture profonde entre la Nature et l’humanité, la Nature est reléguée au second plan de l’action humaine. C’est d’abord une affaire humaine, que la relation avec Dieu. La responsabilité de maintien et de préservation de cette dernière n’est en rien une tâche humaine. Certes nous devons la « travailler » mais comment faire autrement si nous ne voulons ne pas mourir. Autre point intéressant, les cultes se tournent vers Dieu en tant qu’entité suprême déconnecté de la Nature, comme nous l’avons montré, mais les grands protagonistes que peuvent être Moïse, Jésus ou le prophète Muhammad sont avant tout montré comme des humains – bien que ce soit plus ambigüe pour Jésus. Ni Dieu, ni les prophètes ne sont en lien avec la Nature – si ce n’est leur caractère humain. Là où le Véda, Quetzalcóatl ou Thor, sont par essence directement relié à la Nature. Imaginons que le tonnerre disparaisse Thor n’a plus de raison d’exister, à la différence de Dieu ou des prophètes qui eux persistent.

Bien que Dieu ne soit pas directement lié à la Nature c’est bien de lui dont la responsabilité de la Nature incombe, du moins sa création mais pas son maintien. Comme dans la prière chrétienne du Notre Père qui dit : Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Mais que ce soit dans l’Islam, le Judaïsme ou le Christianisme ; la référence à un Dieu en relation avec la Nature et la Vie au sens large est ténue. Certes, dans la religion chrétienne il est mentionné souvent que les êtres vivants appartiennent à dieu. Mais ce ne sont que quelques passages, brefs sur une multitude. La plupart des références à la Nature sont de l’ordre de la métaphore ou – et nous retombons sur ce que nous disions – des affaires interhumaines, il n’y a que 26 versets dans la Bible – sur plus de 31 000, ce qui montre la place de la Nature dans le christianisme – concernant la Nature et sont toustes de cet acabit  :

 

Lévitique 25:23

Les terres ne se vendront point à perpétuité; car le pays est à moi, car vous êtes chez moi comme étrangers et comme habitants.

 

Psaumes 50:9-12

Je ne prendrai pas de taureau dans ta maison, Ni de bouc dans tes bergeries. Car tous les animaux des forêts sont à moi, Toutes les bêtes des montagnes par milliers; Je connais tous les oiseaux des montagnes, Et tout ce qui se meut dans les champs m’appartient.

Dans le Coran ce n’est pas mieux, il n’y a que très peu de référence à la Nature et à une attitude à adopter.  La Torah elle ne fait en rien référence autrement que par des conseils d’agriculture à l’attitude à adopter avec la Nature. Il y a bien ce passage présent dans le Talmud, mais qui est un rajout de fait et parles du jardin d’Eden plus que de la Terre en tant que tel :

« Regarde cette beauté, cette nature que J’ai faite, tout ceci mérite d’être préservé et chéri. Tout ce que J’ai créé, je l’ai fait pour toi, pour ton bien-être. Penses-y et ne gâche pas tout. Si tu gâches tout, sache qu’il n’y aura personne pour réparer après toi » (Ecclésiaste, Rabba 7, 13)

La seule vraie référence à la Nature pour les religions monothéistes, de manière explicite dans le rapport que nous devrions avoir en tant qu’humanité se trouve dans la Genèse et ce n’est en rien un programme que pourrait défendre les plus écologistes, et marque la vraie relation préconisée entre l’humanité et la Nature terrestre :

 

Genèse 1 : 26

Dieu dit : Faisons les humains à notre image, selon notre ressemblance, pour qu’ils dominent sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre et sur toutes les bestioles qui fourmillent sur la terre.

 

On observe bien la relation qui est établie et qui doit être maintenue dans la volonté de satisfaire Dieu, de dominer la Nature. Ce qui est à noter aussi, c’est que l’humain doit dominer la Nature, comme… Dieu lui-même.

C’est à se demander même si quelqu’un a la charge de la Nature. Il faut croire que personne n’en a la responsabilité. Ce n’est pas pour rien si la conception de la Nature est si statique dans ces religions. Rien ne bouge, en veut pour témoin les réactions face aux découvertes à la fin du XIXème siècle par Darwin et consorts, du principe d’évolution. La réflexion de ces trois grandes religions sont assez faibles concernant la Nature. Dans le cas du christianisme l’épopée coloniale, et la déclaration de la non-présence d’âmes chez les peuples découverts outre Atlantique, pour justifier leur exploitation montre ce rapport conflictuel avec la Nature. Si cette déclaration sur les indiens d’Amérique a eu lieu c’est que l’Eglise les jugeait trop proches de la Nature pour en posséder une. L’âme est essentiellement une affaire d’hommes et ne concerne en rien tout ce qui est naturel ou trop proche de la nature – les femmes étant jugées inférieures aux hommes car plus soumises à leur côté naturel, ont été longtemps considérées comme n’ayant pas d’âme selon l’Eglise. Bref, la relation monothéisme Nature est assez conflictuelle. La relation est presque inexistante, comme si ce n’était pas un point primordial.

Nous avons donc ici une absence de relation entre les religions monothéistes et la Nature, qui est le premier problème de ce Dieu qui ne serait en rien garant de la Nature, mais dominateur rappelez-vous de ce verset dans la Genèse. Vide théologique pour un monde judéo-chrétien-islamique qui redécouvre ses liens plus que vitaux et fragiles avec la Nature. Fait intéressant, malgré ce vide laconique les trois religions – on voit l’aspect purement politique de la chose – cherche toutes à montrer leur côté écologique en cherchant dans les recoins ou en triturant certains versets pour afficher leur penchant écologique. Dieu est avant tout le propriétaire des lieux, sans qu’il pousse réellement à ce que les locataires rendent l’endroit en bon état.

Mais, ce n’est pas le seul écueil, qui pourrait nous faire penser que Dieu selon les trois religions révélées ne puisse continuer d’exister. Nous avons montré que Dieu n’était en rien décrit comme lié à la Nature, étant un être suprême dont le pouvoir ne s’appuie en rien sur la Nature mais plutôt sur les humains, Dieu est alors impuissant face au désastre environnemental. Car elle ne concerne absolument pas les affaires interhumaines mais bien une affaire entre la Nature et l’humanité. Là où Dieu, selon les trois religions, n’a aucune prise. Les humains ne doivent pas tuer leur prochain, faire le jeûne par solidarité humaine, et s’astreindre à une certaine diététique morale pour être un bon humain et aller au paradis, mais n’est en rien tenu de respecter la Nature. C’est l’humain qui se retrouve alors aux commandes du maintien, de la prospérité ou la destruction de la Terre. Dieu n’ayant donné aucune indication mais en plus de cela il a transféré son pouvoir à l’humanité dès sa création. Si pendant des millénaires l’humanité n’avait en rien les moyens de pouvoir se « rendre maître » de la Nature, depuis deux siècles c’est tout l’inverse qui se produit. Là ce produit une rupture de premier ordre, l’humanité théoriquement ne pouvait se prétendre à la hauteur de Dieu, tant nos capacités physiques mais surtout techniques nous restreignaient. Or, aujourd’hui sur Terre d’un point de vue du rapport avec la Nature nous sommes au même niveau – bien que la création soit encore à ses balbutiements – que Dieu lui-même. Nous sommes capables de détruire tout ce que Dieu, d’après ces religions, a créé. Le rapport avec Dieu sur Terre est désormais changeant, c’est l’humain qui a le pouvoir de se sauver, ou de se détruire, de sauver la Terre ou la détruire. On pourrait me rétorquer que c’est Dieu qui nous punit de tous nos péchés à travers le réchauffement climatique à l’instar des douze plaies d’Egypte. Mais ce n’est pas non plus le cas, car nous savons précisément que c’est l’action humaine qui en est responsable.

Nous sommes désormais à un moment où les religions monothéistes se retrouvent bloquées par leur propre texte et prédication. L’humanité s’est rendue maître de la Nature comme Dieu l’avait conçu, mais à un tel point que l’avenir de l’humanité n’est en rien l’affaire de Dieu, mais l’affaires des humains. Yahvé, Allah, et Dieu ne sont puissants – si j’ose dire – que dans la création d’un cadre pour que l’humain puisse exister et effectifs que dans la relation entre les humains et Dieu. Dans la crise environnementale que nous connaissons, aucune religion monothéiste n’est coupable, mais elles n’ont pas été pour rien ; elles sont le fruit de notre relation actuelle avec la Nature. La fin des religions monothéistes est-elle à venir ? Cela est possible, non pas que Dieu n’existerait pas ou qu’il nous punirait, mais parce que Dieu lui-même ne s’occupe pas de ces affaires-là. C’est une affaire purement humaine, une sorte de défi lancé à l’humanité que les religions monothéistes ne peuvent résoudre par l’existence de Dieu ou de son avènement, car elles sont en partie les instigatrices de la pensée qui nous a amené à cet état de fait.

 

Par CLÉMENT LAURENT

 

2 Commentaires

  1. Adrien Javoy

    Petite critique me paraissant centrale :

    Si j’ai bien compris, tu expliques que les monothéismes, contrairement aux polythéismes, portent en eux les excès que l’Homme inflige à la Nature, Dieu ayant confié la Création à l’Homme sans consignes les obligeant à la préserver. Tu ajoutes que les monothéismes sont arrivés au bout de leur propre logique autodestructrice, et qu’ils ne peuvent donc pas résoudre ce que tu appelles le « désastre environnementale ». Mais il y a comme qui dirait un « hic ».

    Qui est responsable de l’exploitation de la Nature ? L’Homme. Sur ce point nous sommes d’accord. Mais depuis quand la relation entre l’Homme et la Nature s’est-elle dégradée ? Tu réponds : depuis que les monothéismes ont remplacé les polythéismes, instituant de fait une relation de domination plutôt qu’une relation de respect (je simplifie volontairement).

    Pourtant, au regard de l’Histoire, cette relation s’est dégradée à partir de l’émergence de la Révolution industrielle, à la fin du XVIIIe siècle. Or, pour quelle raison cette révolution fut possible ? Grâce à l’émergence du libéralisme. Le libéralisme, à la foi économique et social, fut porté par les philosophes des lumières qui luttaient contre l’obscurantisme religieux, barrière au développement de la science et de la connaissance.

    Pour conclure, selon toi les monothéismes portent en eux la destruction de la Nature par l’Homme (corrige moi si je me trompe). Je pense au contraire que l’Homme s’est mis à détruire la Nature dès lors qu’il s’est affranchi de l’obscurantisme religieux, ce qui permit l’émergence du libéralisme. Libéralisme qui est, aujourd’hui encore, responsable des excès de l’exploitation de la Nature, et donc de ce que tu nommes « désastre environnementale », non pas les monothéismes.

    Cette remarque peut sembler futile mais je considère qu’il est important de bien cibler « l’ennemie » afin d’éviter de frapper dans le vide. Et en l’occurrence, l’« ennemie » n’est pas la religion mais le libéralisme, à la fois économique et social, les deux étant intrinsèquement liées.

    Réponse
  2. Adrien Javoy

    Petite critique me paraissant centrale (2e tentatives):

    Si j’ai bien compris, tu expliques que les monothéismes, contrairement aux polythéismes, portent en eux les excès que l’Homme inflige à la Nature, Dieu ayant confié la Création à l’Homme sans consignes les obligeant à la préserver. Tu ajoutes que les monothéismes sont arrivés au bout de leur propre logique autodestructrice, et qu’ils ne peuvent donc pas résoudre ce que tu appelles le « désastre environnementale ». Mais il y a comme qui dirait un « hic ».

    Qui est responsable de l’exploitation de la Nature ? L’Homme. Sur ce point nous sommes d’accord. Mais depuis quand la relation entre l’Homme et la Nature s’est-elle dégradée ? Tu réponds : depuis que les monothéismes ont remplacé les polythéismes, instituant de fait une relation de domination plutôt qu’une relation de respect (je simplifie volontairement).

    Pourtant, au regard de l’Histoire, cette relation s’est dégradée à partir de l’émergence de la Révolution industrielle, à la fin du XVIIIe siècle. Or, pour quelle raison cette révolution fut possible ? Grâce à l’émergence du libéralisme. Le libéralisme, à la foi économique et social, fut porté par les philosophes des lumières qui luttaient contre l’obscurantisme religieux, barrière au développement de la science et de la connaissance.

    Pour conclure, selon toi les monothéismes portent en eux la destruction de la Nature par l’Homme. Je pense au contraire que l’Homme s’est mis à détruire la Nature dès lors qu’il s’est affranchi de l’obscurantisme religieux, ce qui permit l’émergence du libéralisme. Libéralisme qui est, aujourd’hui encore, responsable des excès de l’exploitation de la Nature, et donc de ce que tu nommes « désastre environnementale », non pas les monothéismes.

    Cette remarque peut sembler futile mais je considère qu’il est important de bien cibler « l’ennemie » afin d’éviter de frapper dans le vide. Et en l’occurrence, l’« ennemie » n’est pas la religion mais le libéralisme, à la fois économique et social, les deux étant intrinsèquement liées.

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