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Petites histoires troublantes toulousaines


Publié le 11 octobre 2021

La cité toulousaine porte nombre de surnoms faisant référence à son patrimoine historique et culturel riche. Il s’agit de la ville rose en raison de la couleur caractéristique de ses façades : les Romains en arrivant dans la ville en l’an 14 y font fabriquer de nombreuses briqueteries utilisant toutes la « brique romaine », créée en Palestine à Jericho et qui a cette teinte rouge chatoyante. Toulouse, c’est également la cité des violettes, la fleur emblématique, ainsi que la capitale du rugby pour de nombreux fans du stade toulousain. Si cette ville est remplie d’histoire et a été le centre névralgique de royaumes puissants (royaume d’Aquitaine, les Wisigoths…), du commerce ainsi que de la religion avec l’installation des Cathares elle n’en reste pas moins une cité regorgeant de petits mystères. Des bâtiments hantés aux histoires pour le moins troublantes que renferment ses dédales de rues rosées, Toulouse est une ville bien plus effrayante qu’elle n’y parait, même au coin des places les plus prisées par les étudiants !

 

Les morgues de St-Pi

La place St-Pierre est l’endroit des rendez-vous arrosés, des bars blindés et de la cohue estudiantine mais historiquement c’est un quartier qui foisonne de bâtiments dont certains ont un passé mortel. Sur un bout de la place, l’église St-Pierre-des-Cuisines est la plus vieille église de la ville rose, les plus vieux restes architecturaux retrouvés dans son sous-sol datant de la fin de l’Antiquité. Les fouilles archéologiques nous ont montré que le premier bâtiment, sur lequel a été rebâti l’église actuelle sous plusieurs déclinaisons au cours des siècles avait une vocation funéraire et était construite sur un cimetière. A la fin de l’Antiquité, on se réunissait ici afin de commémorer les défunts dont les tombes envahissaient tout l’espace jusqu’au cœur de la nef. Peut-être leurs fantômes rôdent-ils encore près de Chez tonton, qui sait ? Encore plus troublant, mais le quai de la Daurade juste à côté, l’un des trois ports de Toulouse, était un centre de la pêche toulousaine. Cependant, on n’y pêchait pas seulement des poissons ou du sable pour faire du ciment mais également beaucoup de cadavres, les noyades y étant régulières. Ces cadavres étaient alors entreposés dans une petite morgue sur les quais qui aujourd’hui n’est autre que la buvette « pêcheurs des sables » où l’on peut aujourd’hui consommer des verres et des glaces, on imagine en relative sérénité.

 

La basilique St Sernin, dans le sang et l’or

La basilique St Sernin est le plus haut et le plus vaste édifice d’architecture romane de toute l’Europe mais c’est aussi un bâtiment entouré de légendes très anciennes. L’église porte le nom de son saint patron, St Saturnin, premier évêque répertorié de Toulouse, dont la légende raconte qu’il s’agissait d’un martyr. En effet, vers 250 après J.C., des prêtres païens de Toulouse auraient demandé à St Saturnin de sacrifier un taureau sur l’autel, ce qu’il refusa catégoriquement car opposé à ses valeurs profondément chrétiennes. Les prêtres décidèrent donc de l’attacher à la queue d’un taureau qui courut à toute allure dans les rues de la ville, trainant l’évêque en piteux état jusqu’à sa fin affreusement douloureuse. On suppose que l’évènement a eu lieu dans la rue du Taur, qui rejoint la basilique au Capitole. Mais ce n’est pas tout, la basilique cacherait dans ses sous-sols un trésors gaulois d’une valeur inestimable. La légende raconte que la basilique serait construite sur un ancien sanctuaire gaulois qui se trouvait sur les bords d’un lac sacré qui se serait asséché au fil des siècles. Si il n’y a à ce jour aucune preuve que ce lac et le trésor qu’il renferme aient jamais existés, des habitants du quartier autrefois assuraient entendre des bruits d’eau sous leurs habitations. La rénovation prochaine de la façade de la basilique pourrait être l’occasion pour les chasseurs de magot de réveiller leurs espérances.

 

Le petit château de l’horreur

Assez peu connue des Toulousains, cette bâtisse bourgeoise à l’angle de la rue des martyrs de la Libération et des allées Frédéric Mistral a été le théâtre d’horreurs abominables sous l’Occupation. La maison, aujourd’hui appartenant à des propriétaires privés, a abrité de mars 1943 à aout 1944, le siège de la Gestapo à Toulouse. Devant la maison, la seule trace de son macabre et funeste passé est une plaque commémorative en l’hommage des sept résistants donc les dépouilles ont été retrouvées dans le jardin à la Libération. Nombreux sont ceux qui ont été torturés jusqu’à la mort dans ses caves sombres et dont l’exemple le plus connu est celui de François Verdier (vous reconnaitrez une station de métro de la ligne B), chef régional des Mouvements Unis de la Résistance. Il a subi des supplices innommables sur une durée de 43 jours avant d’être exécuté en janvier 1944 dans la forêt de Bouconne.  Ce n’était sûrement pas les seules victimes, puisque la maison aurait eu au moins deux propriétaires avant d’être cédée aux Nazis, dont une famille juive parisienne, très vraisemblablement dénoncée par le second propriétaire pour récupérer la totalité du bien. Dans les années 1990, le bâtiment a été découpé en quatre appartements, mais aucun des habitants du quartier ne saurait dire qui y réside actuellement.

 

Ces quelques exemples montrent Toulouse sous un aspect pas toujours rose mais qui n’en est pas moins intéressant. Pour pleins d’autres détails insolites, n’hésitez pas à visionner les vidéos Balades à Toulouse de la chaîne Youtube de Toulouse Métropole, elles sont pleines de détails croustillants et, on vous rassure, pas tous aussi perturbants que dans cet article !

 

Par Sarah VAUTEY

 

 

 

 

 

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