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La crise migratoire aux Etats-Unis


Publié le 30 avril 2021

Joe Biden a mené campagne en insistant énormément sur le fait qu’il allait restaurer l’injustice raciale qui régnait aux Etats-Unis. Cette dernière a toujours été un sujet compliqué dans le pays, mais avait été rendue encore plus complexe par son prédécesseur, Donald Trump. En effet, ce dernier a été le déclencheur de nombreux commentaires jugés racistes, notamment en surnommant une de ses opposantes démocrates, Elizabeth Warren, « Pocahontas » en référence à ses origines indigènes. Joe Biden lutte donc pour remettre le pays dans le droit chemin, et son premier geste fort dans ce sens a été la nomination de Kamala Harris comme Vice-Présidente des Etats-Unis, en faisant la première femme à ce poste. Il a aussi déclaré vouloir légaliser les 11 millions de migrants présents sur le sol américain, ou encore rétablir l’entièreté du statut des « Dreamers ». Pour toutes ces raisons, son élection a été vue comme un signe pour les habitants d’Amérique latine, qui se sont mis à arriver en masse à la frontière étasunienne. Joe Biden fait donc actuellement face à sa première crise en tant que Président, et subit les critiques du camp républicain, qui profite de l’occasion pour faire les louanges de Trump. Pourquoi cette frontière est-elle si convoitée ?

 

Une frontière qui attire le Sud

Pour les habitants d’Amérique latine, les Etats-Unis sont un eldorado. Il ne faut pas oublier que le continent américain est bercé par le « American Dream » qui convainc les latino-américains que leur vie sera bien meilleure aux Etats-Unis. En effet, les Etats-Unis sont toujours le pays le plus riche du continent américain, et le pays où les conditions de vie sont les plus agréables. De plus, les pays d’Amérique du Sud sont, pour la plupart, en situation d’extrême pauvreté, voire de crise humanitaire (pour le Venezuela). Ces pays doivent aussi faire face à des gouvernements corrompus, qui ne se préoccupent pas de leur bien-être mais seulement de s’enrichir. On peut citer l’exemple du scandale Odebrecht. Pendant plusieurs années, les présidents brésiliens étaient soupçonnés (Lula, Dilma Roussef) d’être directement concernés. Cela explique que les habitants de ces pays préfèrent se tourner vers le Nord, où la politique semble plus juste et plus représentative de la volonté de la population. De plus, le Sud des Etats-Unis appartenait au XIXème siècle au Mexique, ce qui fait que les Etats du Sud (Texas, Californie, Nouveau-Mexique…) sont peuplés en grande partie par des Latino-américains. On compte ainsi 18% de la population étasunienne qui soit latino-américaine et ce nombre est encore plus élevé dans les Etats du Sud comme la Californie (52%), le Texas (40%) ou le Nouveau-Mexique (46%). Pour toutes ces raisons, on assiste depuis plusieurs décennies à une arrivée massive des habitants d’Amérique latine aux Etats-Unis. Si le mandat de Donald Trump avait freiné ce mouvement, l’élection de Joe Biden semble avoir encouragé les migrants à venir aux Etats-Unis, en pensant être accueillis dans de meilleures conditions et en ayant le droit de rester.

 

La crise en elle-même

Joe Biden est devenu le 46ème Président des Etats-Unis le 20 janvier 2021. Depuis mi-mars, les Latino-américains affluent en masse. En effet, le ministre de la politique migratoire a déclaré que les Etats-Unis s’apprêtaient à connaître le plus gros afflux à la frontière depuis près de 20 ans. L’actuel président des Etats-Unis se dit vouloir rétablir l’humanité dans la gestion de la frontière, même s’il avoue avoir hérité d’un système « ravagé » par les quatre ans du mandat Trump. Actuellement, plus de 5200 enfants sont regroupés à la frontière, dont plus de 600 sont là depuis plus de 10 jours, ce qui est illégal, puisque la limite maximale de séjour est de 3 jours. Ce qui différencie cette crise des précédentes, c’est le facteur « humanitaire » que Joe Biden a voulu mettre en place. En effet, contrairement à ce que Donald Trump avait mis en place, Joe Biden a décidé que les mineurs pouvaient rester du côté américain de la frontière, au lieu d’être renvoyés au Mexique. Les autorités étasuniennes se retrouvent donc débordées par cet afflux de mineurs. Les républicains ne manquent pas de critiquer les décisions de l’administration Biden. Donald Trump est même allé jusqu’à déclarer « il n’avait qu’à laisser en mode pilote automatique un système qui fonctionne très bien ». Il est fort probable que cette crise entache le mandat, jusqu’alors sans faute, de Joe Biden. Les spécialistes de la politique américaine sont même nombreux à penser que cet afflux migratoire restera comme « un caillou dans la chaussure » de Joe Biden pendant tout son mandat. En effet, la question migratoire est le principal sujet de révolte des républicains, et c’est actuellement la situation que les démocrates gèrent le moins bien.

A ce jour, la situation n’a pas évolué et les migrants continuent de se masser à la frontière. Joe Biden a prévu une visite à la frontière mexicaine et insiste sur le fait que les migrants ne doivent pas se rendre à la frontière. Son gouvernement a prévu de les accueillir et de régulariser leur situation, mais « pas tout de suite ». De plus, malgré l’ouverture de trois nouveaux centres en mars, les distanciations sociales ne peuvent toujours pas être appliquées dans ces endroits, ce qui favorise la propagation du virus.

 

Pour conclure

En construisant un mur à la frontière et en empêchant tout passage, Donald Trump a établi une frontière solide entre les Etats-Unis et le Mexique. Bien que sa politique migratoire ait été très controversée, voire jugée inhumaine, elle a au moins eu l’objectif escompté : limiter les migrants illégaux sur le territoire étasunien. Or, en redonnant ce caractère « humain » aux autorités frontalières, Joe Biden a aussi envoyé le message aux populations d’Amérique latine qu’elles pouvaient recommencer à venir aux Etats-Unis. Cependant, il n’avait pas prévu un afflux aussi important, et n’avait donc rien mis en place pour réellement accueillir toutes ces personnes. Cela fait un mois maintenant que la crise migratoire a commencé et la situation n’a pas avancé. A la plus grande joie des républicains, le camp démocrate voit déjà se profiler sa première défaite, après seulement deux mois au pouvoir.

 

Par Elise CASADO

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