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Encore une crise dont la France ne saura pas se relever ?


Publié le 9 avril 2021

Le but de cet article n’est en aucun cas de donner des conseils à qui que ce soit. L’objectif est simplement de tenter de comprendre comment la France s’enfonce depuis maintenant 50 ans et pourquoi une telle descente aux enfers ne semble pas encore prête de se terminer.

 

Rapide historique depuis 1970

Depuis 1970, le monde a enchaîné les crises économiques, chacune se voulant plus grave que la précédente : le premier choc pétrolier de 1973, le second de 1979, l’hyper financiarisation des années 1980, la crise de 2008 et maintenant la Covid. Citer l’évolution des chiffres du chômage sera sûrement plus révélateur : en 1973, la France avait 450 000 chômeurs, un nombre qui nous paraît presque miraculeux aujourd’hui. En 1980, après le second choc pétrolier, le nombre de chômeurs est passé à 1,9 millions. Une multiplication par 4 en sept ans : preuve que la France n’a pas su comment remettre au travail les chômeurs de 1973. En 2008, nous atteignons et dépassons le chiffre symbolique des 2 millions. Peu de temps après, la France perd son triple A et nous pensons tous avoir touché le fond. Que dire aujourd’hui alors ? Le premier trimestre de 2020 voit le nombre de chômeurs passer à 3,3 millions, pour atteindre les 4,4 millions au troisième semestre de 2020. Si nous résumons ces chiffres tous plus alarmants les uns que les autres, ce n’est pas tant le nombre de chômeurs par année qui doit nous inquiéter, mais le fait que la France a prouvé, durant ces 50 dernières années, qu’elle n’est pas capable de se relever d’une crise, et que chaque nouvelle crise ne fait que s’accumuler à la précédente. La plupart des autres pays avait réussi à se relever du 1er choc pétrolier lorsque le second a frappé. Lorsque la Covid a frappé en 2019, la crise de 2008 n’était qu’un lointain souvenir pour les Etats-Unis là où, en France, nous n’avions fait que nous enfoncer. Nous étions donc au plus bas lorsque la Covid est venue empirer les choses. Un petit zoom sur la crise actuelle est alors nécessaire.

 

 

La crise économique actuelle

La crise liée à la Covid n’est pas seulement économique, elle touche tous les secteurs d’activité mais, comme toute crise qui se respecte, le premier domaine touché est l’économie, afin d’affaiblir le pays et pouvoir ensuite mieux s’attaquer au reste de l’activité. La comparaison entre le virus Covid et la crise Covid est alors la bienvenue puisque les deux viennent affaiblir leur hôte pour pouvoir ensuite mieux le détruire. Citer les chiffres de la crise française (baisse des exportations, récession, déficit commercial…) ne serait pas pertinent puisqu’une telle crise est inédite et historique et entraîne nécessairement des baisses. Le gouvernement peut être à blâmer pour beaucoup de choses dans cette crise, mais il reste vrai qu’il n’existait pas de mode d’emploi sur la façon de faire face à la Covid. Cependant, un indicateur en dit long sur l’état de la France : au second semestre 2020, le PIB français a chuté de 13.8%, soit, le plus fort recul de l’activité depuis 1949. Il semble donc que notre activité soit comparable à celle de la France post-seconde guerre mondiale, encore victime de rationnement. Pourtant, nous sommes loin de nous sentir aussi faibles que pouvaient se sentir nos ancêtres en 1949. Comment expliquer cela ? La vérité est-elle que les chiffres ne sont pas concluants et que les deux situations sont bien différentes ou que la seule force de notre économie est de posséder un écran de fumée capable de cacher la véritable crise qui sévit ? La vérité est peut être à mi chemin entre ces deux propositions. Actuellement, beaucoup de personnes ont « bénéficié » pendant les confinements du chômage partiel. Pendant plusieurs mois, ils ont été payés à rester chez eux, à ne rien faire et à profiter de leur temps libre, autrement dit : une crise loin d’être critique. A l’inverse, lorsque nous allons commencer à revoir nos proches dans quelques semaines, nous allons vite réaliser que les personnes vivant seules ont changé, sont moins dynamiques, que les jeunes qui commençaient à travailler n’ont plus envie de se lever et de retrouver un rythme imposé, que les étudiants ne sont plus capables de rester concentrés pendant plusieurs heures sur un cours ou que les personnes actives ne veulent plus subir l’enfer des transports publics matin et soir… A ce moment-là, la crise risque de se révéler bien pire que nous ne l’avions envisagée : ce ne sera pas seulement une économie à relancer, mais toute une population.

Aujourd’hui la crise, demain la guerre ?

Le lien n’est pas toujours évident, mais il pourtant bien réel : crise économique et guerre se suivent toujours d’une façon ou d’une autre. Les exemples sont nombreux : la crise de 1929 a entraîné la Seconde Guerre Mondiale, la guerre du Kippour au Moyen-Orient a précédé le choc pétrolier de 1973… Doit-on alors s’attendre à une guerre post-Covid ? Nombreuses sont les questions qui surgissent : qui en seraient les combattants ? Qui déclencherait le conflit ? Pourquoi ? Pour le moment, personne n’a les réponses à ces questions. Aucun d’entre nous ne s’imagine aujourd’hui revenir en 1940, partir combattre sur le front, être réveillé au milieu de la nuit par des bombardements et courir s’enfermer dans un bunker. Et pour cause, une guerre aujourd’hui ne prendrait très probablement pas cette forme. L’Europe n’en serait plus son centre de commandement, mais un terrain d’affrontement, la Chine jusqu’alors absente des grandes guerres en serait probablement une des deux grandes parties et les Etats-Unis ne seraient plus nécessairement les grands sauveurs bienveillants et altruistes. Nous sommes donc face à un futur plus qu’incertain où, même la guerre traditionnelle que nous visualisons tous, ne semble plus être une option. Il semble que ce soit lorsque nous ne savons même plus comment imaginer le pire que celui-ci se rapproche.

La France saura-t-elle relever ce nouveau défi ?

Face à ce nouveau défi qui se profile, la France sera-t-elle en mesure de s’adapter et de répondre convenablement à la situation actuelle ? C’est la question qui est sur toutes les lèvres. Pour l’instant, la France ne s’est pas distinguée dans sa gestion de la crise et ne propose pas de plan de relance convaincant. Elle semble se contenter de suivre, avec quelques semaines de retard, ce qu’ont appliqué ses pays voisins. Le gouvernement se contredit, le Président nous annonce que nous sommes « en guerre », le Premier Ministre est renvoyé mais qu’est-il mis en place, concrètement, pour prévoir la relance de notre économie ? Rien. Exactement la même chose qu’en 1973, 1979 ou 2008. Il semble donc que, même après 50 ans à faire face à des crises, la France n’a toujours pas appris à réagir convenablement, et encore moins à se relever. Nous ne savons toujours pas comment utiliser une crise pour innover, pour développer de nouveaux secteurs ou, tout simplement, inventer de nouvelles solutions. Face à la crise de 1929, les Etats-Unis ont lancé des « New Deal ». Lorsque le second choc pétrolier a frappé, le Royaume-Uni a développé l’hyper-financiarisation de son économie. Et qu’a fait la France ? Elle a attendu que les Etats-Unis viennent la sauver dans le premier cas et guetté la signature de l’Union européenne dans le second. Concrètement ? Elle n’a rien fait. Comment, et même pourquoi, espérer que la situation soit différente cette fois-ci ? Rien ne nous permet d’affirmer que la France ait appris de ses erreurs. Que dire pour notre futur ? Je vous laisse tirer votre propre conclusion, après tout, cet article n’a pas pour objectif de donner des conseils à qui que ce soit…

 

Par Elise CASADO

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