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Une dizaine d’étudiants ultra motivés d’horizons divers qui se rencontrent ça donne ça : un blog éclectique, alimenté chaque semaine, et qui s’adresse à toi, oui toi, petit étudiant de TBS qui as soif de curiosité !

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Depuis quelques années maintenant les démocraties occidentales comme la France, connaissent ce que bons nombres d’observateurs et d’observatrices appellent: «la crise de la démocratie». Cette crise se manifeste notamment par une remise en question profonde de l’idéal démocratique mais surtout, parla critique radicale de la possibilité qu’une démocratie effective puisse exister. Que ce soit parce qu’elle serait un système politique qui vise irrémédiablement vers la corruption du peuple, ou des élu.es ou parce que ce système politique est inefficace et que le risque de la dictature de la majorité, qui faisait si peur à Tocqueville, est trop fort et insoutenable pour les citoyen.nes les plus éclairé.es.

En quelque sorte la foi dans la démocratie comme moyen de libérer l’humain des chaînes dont il était prisonnier, semble s’être définitivement consumée. Beaucoup de critiques viennent aussi pointer du doigt le fait que nos démocraties sont factices, et au service du grand capital et des élites. Que les humains seraient trop «imparfaits» pour vivre dans une démocratie effective, et qu’elle ne serait qu’une utopie voire un fantasme qui ne nous servirait que de guide dans nos actions, comme une sorte de religion politique. D’autres penseront comme Platon dans La République, que la démocratie est inefficace et une honte de la raison car elle mettrait possiblement des incompétent.es en capacité de diriger. Ce que Platon n’avait sûrement pas imaginé c’est que les incompétent.es puissent être celleux qui sont désigné.es comme les plus à même d’être des dirigeant.es.

Cependant, il faut que nous nous posions la question sincèrement, qu’est-ce qu’une démocratie effective? Et est-elle un fantasme comme le pense certain.es?

Si nous posons la démocratie effective comme le système politique qui donne le pouvoir au peuple, pour le peuple et par le peuple. Nous avons une vision lointaine mais plutôt fidèle de ce que doit être une démocratie. C’est peut-être le système politique le plus simple à définir. Pour autant, sa mise en place effective semble être complexe. La démocratie effective est complexe essentiellement parce que dans son corpus philosophique elle pose chaque individu d’une société donnée comme l’égal de l’autre. Et ce malgré la tendance humaine universelle ethnocentrique, mais aussi de la structure hiérarchique des sociétés humaines depuis le néolithique. Une égalité non pas restrictive comme nous la connaissons. Ce n’est pas une égalité qui se comprend comme le fait d’avoir «la chance» de pouvoir toustes voter tous les 5 ans pour quelques personnes. Non, c’est l’égalité dans la prise de décision, et dans le rang. Chaque individu, dans une démocratie effective, possède une voix qu’iel peut faire entendre et à tout moment de sa vie sociale. La démocratie effective se comprend comme un système politique où chaque membre de la société participe à égalité avec son.sa voisin.eaux affaires des localités dans lequel iel vit.

Mais qu’est-ce que suppose une telle nécessité? Elle impose nécessairement un découpage de la vie politique. Un découpage le plus fin possible et cohérent possible, par quartier par exemple. Imaginez une société où chaque quartier possède plusieurs assemblées, chaque assemblée traitant d’un sujet précis. Chaque sujet éclairé par des chiffres, des rapports et autres à la disposition du citoyen et de la citoyenne permettrait ainsi de débattre sur les décisions à adopter –de faire émerger ce que Rousseau appelait la volonté générale. Ensuite permettrait de prendre des décisions en accord avec les besoins du quartier. Imaginez un pays comme la France, où chaque localité ferait cela. Plus besoin de pouvoir central, ou de personnes élues qui géreront de loin les affaires de tous les jours. Les grandes affaires se feraient toutes seules comme dans un mécanisme dans lequel chaque rouage travaille unitairement pour faire tourner une horloge. Car la possible corruption du peuple comme celui des élu.es n’est possible que si ces deux rouages de la vie démocratique sont dissociés. L’un est soumis à la faiblesse de l’individu face aux pressions extérieures. Et l’autre aveuglé par manque de pratique de la démocratie, se laisse guider par des pseudos prophètes politiques qui ne flattent que leur intérêts de classe, sans penser à l’ensemble.

Cependant, une telle mise en place de la démocratie suppose une reconsidération totale de notre organisation sociale. Tout organe hiérarchique, et toute hiérarchie au sens large du terme doit disparaître. Car vous ne pouvez pas, dans une démocratie effective avoir des individus ayant un pouvoir que les autres n’auraient pas. Imaginez le même système précédemment décrit et ajoutez-lui une police. Un organe hiérarchique du fait que quelques individus seraient en mesure de contraindre les libertés d’autrui. Qu’est-ce qui empêcherait ces personnes de prendre le pouvoir? ou de faire dévier la volonté générale de telle ou telle assemblée? Rien. Pour qu’une société démocratique puisse être effective il est nécessaire, que toutes les individualités soient égales devant la loi, dans l’administration de la société. La force il me semble d’une démocratie effective, réside dans le fait d’adjoindre chaque individu dans le processus de décision et de construction de la société. Et étant donné cette intégration, elle responsabilise chaque individu sur sa tâche au sein de la société. Chaque individu ne verrait pas dans un abribus une chose étrangère à ellui même, mais y verrait le prolongement de son engagement démocratique et le respecterait comme il respecterait les lois dont iel a participé à l’élaboration. Pourquoi vouloir détruire son propre ouvrage ? La menuisière ne va pas détruire l’ouvrage qu’elle a mis tant de temps à réaliser. L’humain d’une démocratie effective aurait le même comportement face à son environnement.

Est-ce possible? Oui, et plus que jamais aux vues des impératifs écologiques qui vont nous pousser à devoir repenser nos modèles économiques et donc sociaux. Il me semble que la gestion démocratique de la vie sociale s’accorde parfaitement avec les défis écologiques qui nous font face. Notamment avec la nécessité de retourner à une vie économique de proximité.