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« Et rien ne va plus ! » La sentence, traditionnellement prononcée par les croupiers de casinos, n’aurait pu mieux qualifier ce numéro si spécial. Se mettre dans la peau d’un pronostiqueur puis dans celle d’un bookmaker, c’est le choix que nous avons fait au pôle Press d’RDVC. En prévision des élections présidentielles de 2022, si lointaines à l’échelle humaine et pourtant si proches à l’échelle politique, la rédaction d’RDVC s’est prêtée au jeu des paris. Pour vous faire jaser peut-être, vous faire débattre sûrement mais pour vous faire réagir surtout, la plupart de nos chroniqueurs ont décidé de vous faire partager leur avis. Nous rappellerons avant toutes manifestations déplaisantes et/ou critiques acerbes déplacées, qu’il ne s’agit là que d’un concours d’idées, destiné à alimenter les discussions et nourrir le dialogue. En aucun cas un avis n’aura force de loi et n’est résolument le reflet de l’exacte personnalité du chroniqueur qui aura émis l’avis en question. Cet avis, en effet, ne peut être motivé, par exemple, que par le souci du contexte politique actuel ou des circonstances qui selon le chroniqueur amèneront tel ou telle candidat.e à accéder à la magistrature suprême. Eux-mêmes l’expliqueront avec leurs propres mots. De même, il est important de vous préciser aussi que le succès ou l’échec que rencontrera ce numéro conditionneront la mise en place future ou l’abandon prématuré de formats similaires. Rappelons enfin qu’il est impossible de prêter une attention précise à tous les candidats et que par conséquent, n’ont été analysées que les grandes tendances du monde politique français à partir des différentes candidatures qui ont été déposées et recensées sur le site http://france-presidentielle.fr/candidats.php. Aussi, après ces quelques détails récapitulatifs d’usage, il est maintenant temps de vous dévoiler comment sera conduite cette édition si particulière. Se succéderont ainsi en bon ordre : un bref résumé du cadre politique général à l’approche de cette échéance critique, les prévisions de nos chroniqueurs et en guise de résumé, les cotes objectives de la rédaction. Décryptage.

Léger tour de table du panorama politique

Au centre, un Macron décidément bien seul

Candidats déclarés ou potentiels : Emmanuel Macron, Edouard Philippe, Jean Castex, François Bayrou

Depuis 2017, il faut le dire, les choses ont bien changé. Elu à une nette majorité face à Marine Le Pen au second tour, Emmanuel Macron entame une deuxième partie de mandat houleuse et piégeuse à de nombreux égards. Gilets jaunes, défi écologique, alerte terroriste ou encore crise épidémique du Covid-19, les débuts de l’ère Macron n’auront pas été de tout repos. Le président de l’« en même temps » s’est heurté de plein fouet à une foule d’aléas qui, avouons-le, n’ont ni soigné son image ni sauvé en juillet dernier son digne subordonné de Matignon. A la place, le constat de mi-mandat interpelle : gouffre social élargi, perspective de transition écologique floue, promesse d’un nouveau monde aux contours difficilement observables… Néanmoins, le chef de l’Etat peut se targuer, exemples parmi d’autres, d’avoir notamment relancé la croissance française et ramené les investisseurs sur le territoire ; ce que la lente remontée de sa côte de popularité récente semble suggérer (38% d’opinions positives au 20 septembre 2020). Emmanuel Macron continue effectivement de profiter d’un spectre politique en ruines qu’il a lui-même participé à éclater en formant une majorité centriste globalisante. Ni la droite ni la gauche ne paraissent avoir survécu au coup de théâtre de LREM et même certains sympathisants des extrêmes, seuls bords politiques susceptibles en apparence de tenir tête au parti du président, voient maintenant en lui un fédérateur – à comprendre ici comme le formateur d’un gouvernement d’« union nationale » – de telle sorte que la voie royale vers l’Elysée semble toute tracée pour l’ex-ministre de l’Economie. Le favori pour 2022 ?

Tout à droite, Marine Le Pen, seule contre tous

Candidats déclarés ou potentiels : Marine Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen, Louis Aliot, Nicolas Dupont-Aignan, Jordan Bardella, Florian Philippot, François Asselineau

« On prend les mêmes et on recommence », cette citation a elle-seule aurait suffi à traduire ce que la grande partie des observateurs politiques s’accordent à dire : pour 2022, un remake Macron face à Le Pen au second tour. Pourtant, Marine Le Pen a fort à faire pour prétendre à l’Elysée dans deux ans. Certes, de la même manière qu’Emmanuel Macron subit les dérives mondialistes dont il s’est fait le chantre à force de soutien à l’ubérisation dérégulée, Marine Le Pen gagne des adeptes de l’altermondialisme et de la relocalisation. L’affaire semble entendue entre deux visions de la société totalement opposées dont on connaîtra l’issue au soir du 23 avril. Pour la digne représentante de l’extrême-droite française, la question n’est donc pas celle de savoir si le Rassemblement National l’emportera/passera au second tour mais plutôt de savoir qui, au sein du Rassemblement National, représentera le parti pour la douzième élection présidentielle de la Cinquième République. Car Marine Le Pen, il faut l’admettre, ne fédère plus autant l’extrême-droite que par le passé. La faute à des échecs répétés ? A un débat d’entre-deux-tours raté en 2017 ? La cause n’est pas évidente à discerner mais désormais, c’est sûr, d’autres figures semblent aussi bien capables de reprendre le flambeau du RN que l’ex-avocate. Parmi les candidats, sa propre nièce, après une courte sortie du milieu politique, s’impose naturellement. Enfin, d’autres spectres du passé peuvent également faire leur retour sur le devant de la scène, comme Florian Philippot, parti fonder son propre mouvement (NDLR : Les Patriotes), Nicolas Dupont-Aignan, sempiternel relais entre droite et extrême-droite ou même le nouveau maire de Perpignan et ex-époux de Marine Le Pen : Louis Aliot. L’alternative ?    

Tout à gauche, rien de nouveau

Candidats déclarés ou potentiels : Jean-Luc Mélenchon, Adrien Quatennens, François Ruffin, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, Fabien Roussel

L’adaptation de la célèbre formule d’Erich Maria Remarque ne pouvait mieux coller à la situation de l’extrême-gauche en cette fin 2020. Pourquoi ? Probablement parce que le même leadership qui n’est pas figé à l’extrême-droite, l’est totalement à l’extrême-gauche. En s’excusant de résumer celle-ci au seul parti des Insoumis, qui ne nous leurrons pas, rassemble la quasi-intégralité du panorama politique de gauche, le candidat pour 2022 paraît déjà connu de tous. Alors que les autres forces politiques, à un moment de l’histoire où le dégagisme est en vogue, n’ont de cesse de faire confiance à des personnalités de plus en plus jeunes, de moins en moins expérimentées, mais de plus en plus nouvelles sur la scène politique, l’extrême-gauche semble tenir son porte-drapeau indéboulonnable en la personne de Jean-Luc Mélenchon. Si d’autres individus tels que son poulain Adrien Quatennens ou la révélation François Ruffin, ne désespèrent pas de porter un jour la voix de la gauche, le natif de Tanger est toujours aussi actif au sein de son parti et prêt à enchaîner une troisième tentative d’élection. Et pourquoi s’en priverait-il lorsque ses pourcentages de vote ont doublé en l’espace de cinq ans et que l’extrême-gauche a incarné, au plus fort du mandat, la principale source d’opposition ? L’actuel député de la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône a d’ailleurs dévoilé ses intentions pour l’échéance à venir et nul doute que la proposition de Sixième République qu’il a formulé en 2017 trotte encore dans l’esprit d’une bonne partie de l’opinion publique. Jamais deux sans trois ?

A gauche, reconstruire sur les cendres de 2017

Candidats déclarés ou potentiels : Olivier Faure, Stéphane Le Foll, Benoit Hamon, Bernard Cazeneuve, Arnaud Montebourg, Anne Hidalgo

Dur de ne pas se voiler la face mais comment ne pas admettre que la gauche traditionnelle est aujourd’hui moribonde ? Emmanuel Macron a dépoussiéré l’ancien système binaire et a causé, au passage, la dépréciation d’une frange du panorama politique qui juste avant lui venait de remporter sa plus belle victoire depuis François Mitterrand. François Hollande a tendu une perche que ce même Macron a saisi à pleines dents, lui qui avait grandi parmi la gauche avant de la frapper mortellement dans le dos au son d’un « vous allez nous faire gagner » qui résonne encore cruellement dans les têtes gauchistes. Que reste-il du monde socialiste ? Voilà la question qui agite la gauche, où plutôt ce qu’il en reste lorsque l’on voit le nombre d’adhérents du PS aujourd’hui et la faible médiatisation de ce parti. Olivier Faure ? Le secrétaire du PS paraît mal engagé dans la course à l’Elysée quand Jean-Luc Mélenchon rogne sur sa gauche et Macron sur sa droite. Anne Hidalgo ? La maire de Paris, sort d’un mandat réussi à la tête de la capitale, il est vrai, qui lui permet de se détacher et d’entrevoir une potentielle candidature couronnée de succès (37% de « potentiel électoral » selon l’institut Ipsos) mais le désire-t-elle seulement ? Rien n’est moins sûr. Ce qui est sûr en revanche, c’est que le PS n’est ni entré par la grande porte à l’Assemblée Nationale, ni au Sénat ; alors qu’espérer pour 2022 ? Envisager un remaniement total pour faire bonne figure ? Peut-être est-il déjà trop tard. Toutefois, certaines personnalités ont la vie dure et pourrait insuffler l’énergie manquante à une gauche essoufflée. Bernard Cazeneuve, Benoit Hamon ou encore Arnaud Montebourg, trois noms attachés à des expressions distinctes de la gauche, pourraient ainsi avoir leur rôle à jouer. Une revanche à prendre ?

A droite, vers un nouveau modèle ?

Candidats déclarés ou potentiels : Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, François Baroin, Bruno Retailleau, Rachida Dati, Laurent Wauquiez, Jean-Christophe Lagarde, Christian Estrosi

Soyons juste, la droite a pris la même claque que la gauche et le titre donné plus haut aurait aussi bien pu correspondre ici. Peut-être plus encore ? Personne ne peut le dire mais la droite a finalement perdu plus encore que n’a perdu la gauche. Pourquoi ? Parce que Macron a doucement pris contrôle d’une bonne partie des idées qui faisaient l’essence de la droite française. Qui a parlé de président de droite ? Pour prouver cette affirmation, outre la politique elle-même, il suffit de se concentrer sur les figures du centre-droit qui ont rapidement changer leur fusil d’épaule pour rejoindre les rangs de LREM dont les pensées politiques étaient convergentes avec les leurs. Peut-être par ambition politique aussi … En tous cas, une seule option s’est manifestée pour la droite, opérer un virage ultra-conservateur avec une droite dure. Cette droite dure, Laurent Wauquiez a paru l’incarner lorsqu’il a été adoubé par les militants LR. Puis ? Plus rien, des obstacles, des avaries, des fiascos électoraux et une destitution pour la forme. François Fillon, pour battre un Macron opportuniste, avait justement misé sur un programme de campagne très conservateur qui semblait fonctionner avant les graves révélations qui ont entraîné sa chute. Une droite vidée de sa substance ? C’est ce qui se profile, surtout lorsque l’on remarque, progressivement, que la déliquescence de LR contraste outrageusement avec la création de partis plus petits comme Libres, fondé par Valérie Pécresse ou Agir dont la vocation était précisément de fédérer des militants LR qui ne se reconnaissaient pas dans la politique de Laurent Wauquiez. La droite attend son messie mais ce messie viendra-t-il ? Xavier Bertrand le nordiste, François Baroin le troyen ou encore Bruno Retailleau le vendéen, complètent enfin ce tableau. L’heure du retour en grâce ?

Les Verts, nouvelle tête de gondole ?

Candidats déclarés ou potentiels : Yannick Jadot, Eric Piolle

Certains auront grincé des dents au moment de voir que la partie consacrée à la gauche ne comprenait aucun point sur EELV alors même que l’historique politique récent plaide en leur faveur. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous avons décidé de consacrer une partie exclusive aux Verts. Les récents résultats politiques sont effectivement assez clairs quant à la progression prodigieuse du parti écologiste qui est devenu en l’espace de quelques mois : le parti politique n°1 en France. Partout les Verts ont forcé la tenue d’une bataille rangée inhabituelle entre les principales forces politiques du pays afin de proposer un véritable changement. D’ailleurs, alors que traditionnellement c’était aux Verts de s’allier au PS, c’est au phénomène inverse que nous avons assisté lors de ces derniers temps forts politiques. Les perspectives du réchauffement climatique et la croissance des catastrophes écologiques ont recentré les Français sur l’impératif écologique et propulsé les Verts dans la plupart des mairies de France. Après la vague consommatrice, la vague écologique ? D’effet de mode, la famille écologique s’est muée en effet de société et les Verts peuvent s’appuyer sur un électorat jeune particulièrement dense. La seule problématique aujourd’hui, hormis l’éventuelle désillusion que pourraient connaître les acteurs écologiques de premier plan en vue des élections présidentielles, c’est celle du candidat. Aucune réelle personnalité écologiste ne s’est proprement dégagée pour agréger autour d’elle. Un duel Yannick Jadot et Eric Piolle est à prévoir. Mais sur quoi débouchera-t-il ? Les Verts en 2022 : espérance ou énième (dés)illusion ? 

Qui d’autre ?

Candidats déclarés ou potentiels : Jacques Cheminade, Jean Lassalle, Eric Zemmour, Joachim Son Forget, Didier Raoult …

Evidemment, ce rapide tour d’horizon politique nous fait passer à côté d’une multitude d’autres acteurs potentiels sans étiquettes ou dont les familles politiques n’ont pas été mentionnées plus tôt. Le premier de ces acteurs, c’est l’outsider que l’on qualifiera d’improbable. Un outsider tel que l’a été Emmanuel Macron en 2017 et dont lui-même se méfie. Jean-Marie Bigard, Cyril Hanouna, Didier Raoult, les noms d’humoristes et de scientifiques ont fusé ces derniers temps, parfois avant de renoncer totalement, dans la mesure où chacun espérait par sa candidature proposer un choix différent aux Français dans le sillage du dégagisme des années 2010. Du reste, difficile d’omettre certaines personnalités que l’ambition pourrait amener à voir postuler tels que l’éternel Jacques Cheminade ou le député Joachim Son Forget. Enfin, certains chroniqueurs politiques connus du grand public envisagent aussi de déposer leur candidature au détour d’un tour de force inattendu comme le très polémique Eric Zemmour. La surprise de ces élections ?

L’avis de nos trois chroniqueurs

Ambroise BONNASSIEUX-DUCKERT – Bruno RETAILLEAU – : « Parce que la gauche ne fera que 20 à 30% cumulé tous partis confondus »

Raphaël DELAGNES – Edouard PHILIPPE – : « Le facteur X »

Marie-Esther DURON – Yannick JADOT – : « Les Verts, cette fois c’est la bonne ! »

Les cotes de la rédaction

Afin d’éviter des pavés et donner une grille de lecture assez généraliste, la rédaction a décidé de ne s’attarder que sur les candidats dépassant les 1% d’intention de votes dans au moins deux instituts de sondage publiés en 2020 parmi les trois suivants : Harris Interactive, Elabe et Efop-Fiducial. Il vous suffira ensuite d’extrapoler pour connaître les cotes des autres candidats pour lesquels la rédaction n’aura pas pu exprimer d’avis. Sachez enfin que la méthode de cotation utilisé par la rédaction est la même pour tous les candidats sous-mentionnés, qu’elle demeurera au secret de ses seuls utilisateurs et que ces candidats ont été rangé par ordre croissant de cote.

Emmanuel MACRON – 3,5

Mettons-les choses au clair. A moins d’un concours de circonstances incroyable, Emmanuel Macron effectuera un deuxième mandat de Président de la République. Certes l’écart qui le séparait de Marine Le Pen en 2017 s’est nettement réduit mais l’actuel locataire de l’Elysée tient toujours la corde et les premiers sondages ne s’y trompent pas, eux qui l’annoncent en tête au second tour avec 55% des votes. Sans vague, il deviendrait ainsi le premier Président de la République française réélu depuis François Mitterrand en 1988.

Marine LE PEN – 3,8

Au demeurant, Marine Le Pen sort de plusieurs élections présidentielles perdues qui ont entaché son image. La principale interrogation sera donc de savoir si l’extrême-droite compte encore lui faire confiance pour 2022. Dans tous les cas, elle reste la première source d’opposition en France et les sondages lui promettent un nouveau second tour pour 2022. La chance aurait-elle enfin tournée ?

François BAROIN – 8,2

François Baroin, homme de l’ombre et Président des maires de France. Deux facettes d’une personnalité que l’on n’aurait pu mieux introduire, tellement il navigue dans le clair-obscur. Et c’est pourtant là la question que se pose tout l’électorat de droite au moment où, questionné sur son intention de concourir pour la présidentielle, le troyen s’est contenté de botter en touche. Beaucoup lui prédisent un destin présidentiable mais l’homme lui-même n’a jamais plaidé pour prendre les rênes du pays à l’heure où la droite cherche désespérément son candidat et que les sondages le donnent avec les meilleures intentions de votes au premier tour parmi les candidats de la droite.

Jean-Luc MELENCHON – 8,25

Le président de la France Insoumise plie mais ne se rend pas. Le charisme et l’expérience du vétéran de l’extrême-gauche autant que la place considérable qu’il a pris sur l’échiquier politique aux dépens de la gauche socialiste sont des arguments de poids qui pourraient enfin lui permettre d’accéder à une place qu’il a manqué à deux reprises par le passé. Seront-ils suffisants ?

Xavier BERTRAND – 8,3

Il s’est déclaré candidat de la droite alors même qu’il avait rejeté l’étiquette LR en 2017 lors de l’investiture de Laurent Wauquiez. Xavier Bertrand connaît les hautes sphères du pouvoir mais saura-t-il manier l’électorat de droite pour l’exhorter à soutenir sa candidature ? Une tâche décidément bien complexe lorsqu’on sait qu’il a lui-même quitté sa famille politique au moment où la droite choisissait une orientation plus conservatrice.

Yannick JADOT – 11,6

S’il a été marginalisé en 2017, il paraît compliqué de ne pas prêter une attention particulière au potentiel représentant des Verts aujourd’hui tant l’agitation écologique est devenu un impératif pour le public français. La progression des Verts est nette à tous les niveaux et Yannick Jadot constitue de plus en plus le facteur X de ses prochaines élections présidentielles. A voir s’il est maintenant capable de rassembler pour 2022 et capable d’incarner un programme dans lequel se retrouve l’ensemble des partisans du monde écologique.

Nicolas DUPONT-AIGNAN – 18,9

Au lendemain des élections législatives de 2017, Nicolas Dupont-Aignan a annoncé ne vouloir faire alliance qu’« avec une partie du FN, sans les défauts et les excès du FN ». Voilà sans doute, la perpétuelle épée de Damoclès qui trône au-dessus de la tête du leader de Debout la France : une position précaire, à mi-distance entre LR et RN qui le contraint à des alliances voilées sans grand lendemain.

Olivier FAURE – 36,4

La cote d’Olivier Faure ne semble pas usurpée. Effectivement, l’actuel secrétaire du Parti Socialiste manque de visibilité auprès des Français et travaille plus à la refondation de son parti qu’à ses propres volontés électoralistes. Toutefois, cette refondation a justement pour objectif de réaffirmer une « identité socialiste » devenue trop désuète et conduire un rassemblement pour l’investiture d’un candidat à la présidentielle. Sera-t-il ce candidat providentiel ? Rien ne nous permet de le dire mais pour l’instant, l’élu de Seine-et Marne semble plus enclin à replonger à la tête de son propre parti qu’à se lancer à la conquête de l’Elysée.

Philippe POUTOU – 52,6

La progression se poursuit pour Philippe Poutou mais jusqu’où ira-t-il ? Crédité d’un peu plus d’1% de votes lors des présidentielles de 2017, l’ouvrier de Ford a explosé les prévisions lors des municipales en juin dernier lorsqu’il est arrivé en quatrième place à la mairie de Bordeaux avec 10% des votes. Les réflexions anticapitalistes et les critiques qu’il a soulevé auprès des autres candidats lors du premier tour des présidentielles de 2017 ont permis au nouveau conseiller municipal de se faire une place dans le débat public français. Néanmoins, ses perspectives d’évolution, surtout lorsque le NPA est noyé par LFI à l’extrême-gauche, semblent bouchées.

Nathalie ARTHAUD – 114,3

La trajectoire suivie par Nathalie Arthaud colle en grande partie à celle de son homologue réparateur mécanique. Solidaire comme lui des manifestations ouvrières conduites par les Gilets Jaunes en 2019 dans lesquelles elle voit une réponse à la mondialisation capitaliste exacerbée par le gouvernement Macron, elle continue son combat politique pour Lutte Ouvrière. Malheureusement, les échecs concédés au niveau local en 2020 ne semblent pas faire nourrir de grands espoirs pour 2022.

Nous regrettons d’avoir pu fournir une analyse plus détaillée que ne nous l’ont permis les statistiques référencés au 30 septembre 2020 mais espérons que cette édition vous aura fait réagir. Politiquement vôtre.

Raphaël DELAGNES

Sources annexes :

https://www.nouvelobs.com/politique/20200920.OBS33582/la-popularite-de-macron-remonte-legerement-a-38-d-opinions-positives-selon-un-sondage.html

https://www.ipsos.com/fr-fr/quelle-candidature-gauche-pour-lelection-presidentielle-de-2022

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/isere/grenoble/presidentielle-2022-ecologistes-duel-annonce-entre-eric-piolle-yannick-jadot-1878704.html

https://www.rtl.fr/actu/politique/presidentielle-2022-edouard-philippe-un-allie-pour-emmanuel-macron-7800845129

https://www.leparisien.fr/politique/presidentielle-2022-jean-marie-bigard-annonce-le-retrait-de-sa-candidature-29-09-2020-8394024.php