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Le catalanisme : arnaque électorale ou renaissance d’un nationalisme ?


Publié le 27 octobre 2017

Le Catalanisme apparaît aujourd’hui comme la forme ultime de la lutte jeune et dynamique contre « l’oppresseur. »
A se demander d’ailleurs si l’on pourra un jour concevoir de nouveau une aspiration indépendantiste crédible dans une région pauvre (exception faite de la terre repue de colline et de ruisseaux au nord du mur d’Hadrien).
Ce qui apparaît aujourd’hui être une mauvaise idée pour une courte majorité de catalans serait unanimement qualifié de catastrophe par les habitants du pays basque.

Ce qui est clair c’est que l’indépendance constitue un filon électoral très rentable. L’indépendantisme, c’est vendeur, ça fait vibrer la fibre patriotique, ça fédère l’électorat autour de son chef « légitime », défenseur de la cause catalane, contre un ennemi commun, en l’occurrence Madrid.

Quand les dirigeants de l’Espagne font l’autruche

Il faut dire que le gouvernement madrilène fait depuis de nombreuse années un effort régulier et constant pour passer pour le méchant dans l’histoire.
En deux ans, les institutions représentatives du pouvoir central espagnol ont retoqué 17 fois le projet de référendum sur l’indépendance catalane. Leur obstination imbécile fut le meilleur argument des partisans de Puidgemont. Comment ont-ils pu croire avec tant de conviction que c’est en secouant la tête une dix-sept fois de suite en deux ans que le problème catalaniste se réglerait ? Comment croire qu’à une foule compacte, criant d’une seule voix leur volonté de ne plus être espagnols, on peut opposer l’enjeu de la conformité à la constitution… espagnole.
Il était évident que l’attitude de Madrid ne pouvait mener qu’à l’impasse. Par là même d’aucun peut cautionner la démarche des indépendantistes qui consiste, devant cette attitude de déni, à se passer de l’opinion de Rajoy et de l’Espagne.

Mais l’indépendance a ceci de pratique qu’elle occupe l’électeur. Elle permet de ne laisser aucun blanc sur l’agenda politique. Celui de la Catalogne aurait pourtant de quoi être remplie à raz-bord.
Se focaliser sur l’attitude stupide du gouvernement espagnol, c’est occulter le fait que les indépendantistes ont gouverné la région depuis le retour de la démocratie en Espagne, soit 30 ans presque ininterrompu de règne sans partage.

Pour une Catalogne à 3%

Jordi Puyol président de la Generalitat de Catalogne, a dirigé la région depuis la transition démocratique. Démocrate-chrétien, indépendantiste, bon père de famille, le bonhomme est impliqué dans des affaires de corruption, accusé d’avoir détourné près de 100 millions d’euros en totalité, via l’attribution de marchés publics à des sociétés catalanes. A titre de comparaison, les accusations formulées à l’encontre de Patrick Balkany ne font état « que » de quelques millions d’euros d’enrichissement personnel

Le parti Convergencia y Unio (dont Puidgemoment est issu) n’en est pas à son coup d’essai, en ce qui concerne les détournements et les abus de biens sociaux. L’affaire des 3% en est la meilleure illustration. Cette affaire constitue certainement le scandale politco-financier ayant eu les répercussions les plus lourdes sur le parti indépendantiste. 3%, comme le pourcentage que prenait les responsables de la Generalitat en commissions sur l’attribution de chaque marché public pendant près de 20 ans.

Pourtant force est de constater que les indépendantistes et les socialistes (au pouvoir pendant 7 ans durant les années 2000) firent régner jusqu’alors la plus grande omerta sur ces commissions dans toutes les instituions. On n’a pas compté plus d’un député régional pour sortir du silence.

La tentation est forte, dans ces conditions, de faire converger les mouvements catalanistes et fillonistes. Se poser comme un chef d’état en puissance, ça a autrement plus de tête lors d’une négociation avec des politiciens madrilènes ou des juges. Les référundums illégaux ou non détourne l’électeurs des affaires de corruption, et force la main d’un pouvoir judiciaire ennuyeux. Un remède efficace contre l’obligation de rendre l’argent !

Catalanisme, régionalisme particularisme et nationalisme

Le catalanisme peut-il pour autant se résumer à une simple escroquerie électorale ? Peut-on vraiment passer outre l’aspiration, non d’une majorité de citoyens comme on veut bien nous le faire avaler, mais d’une tranche non négligeable de la population ? Question rhétorique, bien évidemment.

Comprendre le mouvement indépendantiste catalan est devenu plus compliqué, au sens où il est aujourd’hui à cheval entre deux paradigmes. D’un particularisme régional, le catalanisme s’est fait nationalisme.
Avant de se demander quel crédit donner aux mouvements régionalistes comme le catalanisme il convient de s’accorder sur une définition du régionalisme.
Un courant politique qualifié de régionaliste a cette particularité qu’il considère que le pouvoir politique doit être donné aux régions.
Le particularisme régional est une forme de régionalisme à la nuance près qu’il considère que sa région plus que n’importe quelle autre est spéciale et que cette spécificité doit légitimement lui conférer une autonomie politique vis-à-vis du pouvoir central

En quoi peut-on le distinguer du nationalisme et surtout à quel moment un régionalisme devient nationalisme ? En somme la frontière aujourd’hui tient surtout de l’avis de l’opinion publique.

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