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Frantz : un film sur l’absence ou l’absence de film


Publié le 6 octobre 2016

Le titre de ce nouvel opus de François Ozon est symptomatique de son échec. Frantz est le nom d’un soldat allemand disparu à la guerre, mais autour de qui se noue l’intrigue. Ou plutôt l’absence d’intrigue, car si tous les éléments de départ sont réunis, le film et son scénario en particulier restent à l’état de morne plaine. C’est moins le jeu des acteurs que l’écriture qui fait défaut. Paula Beers est tout de même plus convaincante qu’un Pierre Niney dont les révélations successives font à peine lever un sourcil.

Mais comment laisser percer la moindre intensité avec des dialogues aussi fades ? Chaque personnage reste dans son droit chemin, platement fidèle aux attentes d’un spectateur moyen. Résultat : tout sonne creux, voire tout devient mièvre. L’effort qu’a fait Ozon sur l’image ne suffit pas à sauver son film. L’alternance du monochrome avec la couleur constitue ressemble peut-être à une touche d’originalité, mais les apparences plastiques, lissées et sans accrocs contrastent avec la douleur poignante que le réalisateur a tenté de mettre en scène.

C’est finalement un film sans aucun relief que nous livre ici Ozon. Le réalisateur de La Maison, Jeune & Jolie et 8 femmes nous avait habitués à plus de tranchant.

Alice Savatier

 

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