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Venezuela: La fin de l’autoritarisme ?


Publié le 23 février 2014
Leopoldo Lopez, leader de l’opposition.

Une nouvelle étape dans la dictature vénézuélienne : la répression brutale pourrait mettre un terme au régime qui gouverne depuis plus de 15 ans.

Attention !

Cet article n’est pas pour ceux qui sont nostalgiques des héros révolutionnaires latino-américains de la deuxième moitié du XXème siècle (plus mythologiques qu’autre chose) et autres mélenchonistes qui gobent ou contribuent à la très huilée propagande chaviste en France (ça risque de vous désenchanter).

L’année 2014 démarre avec du changement, les peuples ne cessent de se débarrasser (plus ou moins facilement) de leurs dictateurs (et ceci depuis le détonateur initial : Le printemps arabe). C’est maintenant le tour de l’Ukraine qui, après de sanglantes manifestations, a finalement réussi à se débarrasser de Viktor Ianoukovitch. Cependant malgré cette victoire les manifestations à Kiev ont accaparé les regards et les medias, ce qui n’a pas été favorable pour dévoiler ce qui se passe à 9 000 Km de distance de l’autre côté de l’Atlantique : « Le printemps bolivarien ». (Image:Des milliers de manifestants à Caracas le 18 février (Source: La nacion))

Le 12 février les étudiants vénézuéliens de tous les milieux et classes sociales ont manifesté contre le gouvernement de Maduro, héritier politique de Chavez formé et dirigé par les frères Castro. La riposte de ce dernier fut plus laconique : faire taire les étudiants (ou « les fascistes payés par la CIA pour faire un coup d’Etat ») manu militari. Cette brutale répression a fait jusqu’à aujourd’hui plus de 10 morts, plus de 150 personnes blessées et torturées et nombre de prisonniers politiques (220 jusqu’à aujourd’hui pour être exact) dont l’un des principaux leaders de l’opposition Leopoldo Lopez. C’est ainsi que Maduro a ouvert la boite de Pandore.

Analysons donc les motifs qui ont poussé les étudiants à manifester, en supposant bien sûr qu’il ne s’agisse pas des espions américains ou des agents de l’ « Empire ».

–       –   Les pénuries des biens et services de première nécessité, le papier toilette étant le symbole même, mais aussi la nourriture en général, le beurre, le lait, la viande, le sucre, les médicaments, etc., ainsi que les pénuries d’électricité et d’eau (les coupures de ces derniers sont constantes). Ce qui est très contradictoire s’agissant du premier pays pétrolier (en termes de réserves) et d’un des pays les plus riches (en termes de revenu pétrolier).

–     –   L’insécurité, en 1999 (année où Chavez arrive au pouvoir) il y avait 5 000 homicides par an (chiffre déjà élevé par rapport aux pays voisins) aujourd’hui ce chiffre dépasse les 25 000 (d’après l’Observatoire
      Vénézuélien de la Violence) soit plus d’un homicide toutes les 30 minutes.

–     –  L’inflation, la flambée des prix de plus de 55% accable le pouvoir d’achat des vénézuéliens (surtout des plus pauvres).

–   –  L’avenir, le Venezuela sombre depuis quelques années dans une profonde crise économique due notamment au manque d’investissements productifs.
(    Image: Manifestant annonçant la fin de la dictature au Venezuela (« loading ») (Source:Reuters))
       Le « chavismo » a kidnappé voire détruit l’avenir du pays. Quinze ans au pouvoir ne permettent plus de dire que c’est la faute aux anciens gouvernements.
         De même que des étudiants courageux français ont déclenché les mouvements de Mai 68 à Nanterre (le 6 mai pour être précis) pour répudier la société gaulliste traditionnelle et conservatrice, des étudiants vénézuéliens ont déclenché à Caracas ce que j’appelle le printemps bolivarien, pour rejeter la société chaviste, la dictature et pour avoir un avenir.

Samedi 22 février (ou le 22F) fut une deuxième journée historique, la concentration massive de plus d’un million de personnes à Caracas ainsi que dans toutes les villes et villages du Venezuela et dans le monde entier (dans plus de 60 pays) pour :

–         – Répudier les actions menées par le Gouvernement (notamment la répression brutale, la persécution, torture et extorsion de la part de la police politique ou des services d’intelligence cubains).

–        –  Exiger la libération des 220 prisonniers politiques (dont Leopoldo Lopez, arrêté par le simple fait de diverger et de manifester)

       –  Demander le désarmement des « collectifs » (groupes paramilitaires armés par Chavez pour défendre la perpétuité de la « Révolution bolivarienne »)

–       –   Avoir une justice impartiale et la séparation des pouvoirs

–       –  Liberté d’expression et d’opinion.

La fin de la dictature ?


Ce n’est pas la fin de la dictature bolivarienne mais c’est le début de la fin, ces manifestations ont (dé)montré que les vénézuéliens ne soutiennent plus le modèle pseudo-socialiste-communiste chaviste qui n’est qu’un régime fasciste-populiste en réalité. Et ceci on peut le voir aujourd’hui, le Venezuela est un pays en crise (économique, structurelle, d’insécurité, de pénurie, sociale et sociétale) qui rentre dans une spirale infernale inflationniste qui devrait déboucher dans une hyperinflation similaire à celle du Zimbabwe il y a quelques années. (Image: Concentration pacifique du 22F à Caracas. (Source: Maduradas) )

Mon opinion : 0n ne renverse pas un dictateur en un ou deux jours (l’Egypte : 3 mois, la Syrie plus de 2 ans, La Libye : 1 an, l’Ukraine : 1 mois…) mais le processus a commencé et il va perdurer. Le chavisme est moribond.
Le printemps bolivarien qui n’est qu’une conséquence du printemps arabe (qui a déclenché un mouvement de libération à effet domino), aura-t-il un effet dans les autres pays de l’Alba ? (Alliés et protégés du Chavisme) Oui mais pas instantanément, l’effet se traduira surtout lors des prochaines élections (dont la plupart aura lieu en 2014).

(Image: #SOSVenezuela, cliquez pour agrandir)

« S’il n’y a pas de nourriture lorsqu’on a faim, s’il n’y a pas de médicaments lorsqu’on est malades, s’il y a de l’ignorance et si on ne respecte pas les droits fondamentaux des individus, la démocratie n’est qu’une coquille vide, même si les citoyens ont un parlement et peuvent voter » – Nelson Mandela

–          « Maudit soit le soldat qui tire sur son peuple » – Simon Bolivar




Anecdote :

Chavez et son régime se proclament de Bolivar (héros qui a libéré l’Amérique Latine de la Couronne Espagnole au XIX siècle) d’où la « Révolution bolivarienne », ils disent continuer sa révolution.  Leopoldo Lopez (ennemi juré du régime et prisonnier politique) est descendant de Simon Bolivar, ainsi que de Cristobal Mendoza, le premier Président du Venezuela.

*Image de couverture: Leopoldo Lopez arrêté (leader de l’opposition, il fut également arrêté en 2002, interdit de
candidater aux élections présidentielles et arrêté à nouveau le 18 février 2014).(Source:Noticias24)

                     #HopeForVenezuela #SOSVenezuela #PrayForVenezuela #YoSoyVenezuela

4 Commentaires

  1. Youssoupha Cisse

    Votre première phrase fait preuve d'un mépris INOUÏ vis-à-vis des personnes qui votent Mélenchon. Ensuite tout le reste n'est que du Chavez-Bashing de la pire sorte qu'on ne lit même pas dans le Figaro et autres journaux experts en la matière!! C'est incroyable tout de même!!! Il faudrait quand même un peu relativiser dans le bashing lorsqu'on a à faire à la quasi-disparition de l'analphabétisme. Et bien sûr vous faites semblant comme si la propagande anti-Chavez n'existait pas en France!!!

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    • Pedro APARICIO

      Pas du tout, je préviens juste à ceux qui croient dans le discours propagandiste de Mélenchon (en ce qui concerne le régime chaviste et que le régime chaviste, je ne remets pas en cause Mélenchon ni ses idéaux) qu'ils peuvent être désenchantés. La réalité au Venezuela est loin d'être celle décrite par Mélenchon. Les données chiffrées (inflation, nombre d'homicides/an…) ainsi que les faits (pénurie, manifestations…) soutiennent l'objectivité de cet article. Cependant il s'agit ici de parler de l'autoritarisme du régime et de la fin imminente (mais pas immédiate, à mon avis) de ce dernier et non pas de ses bienfaits, il y en a eu, certes, mais à quel prix?

      Réponse
  2. Nelmar Sayago

    Pedro, muchas gracias por el tiempo que dedicas a escribir sobre mi país. Tu artículo, cierto, no narra las cosas positivas que se hicieron durante estos 14 años de gobierno de Hugo Chávez, sin embargo; no te lo critico, porque ha sido una nimiedad en comparación al daño que le han hecho a nuestro país.

    Hoy se manifiesta en contra de un gobierno corrupto, ineficaz, contra la violencia y el desabastecimiento. Se lucha en contra de esos políticos que han regalado o se han robado el dinero de nuestro país y lo han dejado en la ruina.

    El venezolano hoy quiere ir más allá de eso que lo separa, una ideología. Porque la delincuencia no pregunta antes de agredirte, solo te ataca sin importar de donde vengas.

    Una vez más, ¡Gracias!

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