Sélectionner une page

Les web-séries, une alternative face à des films et séries formatés ?


Publié le 12 février 2014
Il est très curieux de voir qu’en France, hormis quelques réussites comme engrenages, les revenants, un village français ou Kaamelott, il n’y a que peu de séries réellement novatrices ou même juste potables. Personnellement, j’attribuerais ce terrible défaut à un manque d’originalité et de prise de risque des producteurs. Curieux alors qu’en Grande-Bretagne, très comparable à la France au niveau démographie, proximité géographique et culturelle, fleurissent depuis bien des années des perles télévisuelles au succès international : Doctor who, misfits, utopia, downtown abbey pour n’en citer que les plus célèbres et celles qui ont ma préférence. Où se sont donc cachés la créativité et l’audace dans nos vertes contrées ?
Il semblerait que depuis quelques années le web se soit peuplé de multiples créations de jeunes bénévoles, souvent étudiants en cinéma, simples acteurs ou amateurs du genre, des personnes à l’imagination débordante et aux projets un peu fous qui arrivent avec remarquablement peu de moyens à des résultats fascinants.
Leurs points forts :
–        Une totale liberté d’écriture : indépendants, ils s’attaquent à des thèmes généralement délaissés par le grand écran en France, ou par la télévision, et peuvent ainsi d’adapter à la demande d’une nouvelle génération. La plupart des web-séries à succès se déroulent généralement dans des univers de science-fiction (Le visiteur du futur de François Descraques, les souverains d’Alexandre Michalak…), parfois fantasy (noob de François Fournier…) et est même arrivé tout récemment un petit nouveau particulièrement prometteur de par sa qualité, Gabriel, qui opte pour un univers horrifique et fantastique.
–        Un format court : comme pour le podcast, un format court offre une dynamique de montage qui permet de capter en continu l’attention du spectateur. De plus il permet de s’insérer sans problème dans un emploi d’étudiant. Enfin, il contraint l’écrivain scénariste à vérifier l’efficacité de son récit, qui est la base, le matériel original de toute création vidéo.

–        Peu de moyens. Oui c’est un point fort dans ce cas. Tout simplement car il a été prouvé que les plus grandes innovations avaient lieu dans les périodes les plus difficiles, les périodes de manque. Les créateurs de web-séries doivent donc ruser avec les moyens du bord. On pense à tout le travail effectué par Gabriel pour insuffler une véritable atmosphère horrifique en peu d’images, en peu de plans, grâce à une patte particulière dans le montage, dans la musique, dans les sons, dans la suggestion…

De succès en succès…

Fascinant de voir la manière dont les web-séries finissent petit-à-petit par s’allonger en termes de durée. Si le visiteur du futur avait débuté par des épisodes d’à peine 5 minutes, l’épisode final de la saison 3 frôle les vingt minutes. Outre cette évolution, Les signes de réussite sont multiples. A la manière de leurs grandes sœurs les séries anglo-saxonnes, elles s’élargissent avant tout par le biais du cross-média. Romans, bande-dessinées, produits dérivés divers, jeux de société… L’univers se décline à loisirs pour satisfaire les nombreux fans. Noob a ainsi explosé le record d’Europe du crowdfunding (financement communautaire par le biais d’internet), un exploit. François Fournier verra donc son bébé se décliner en une trilogie complète grâce à la générosité de ses fans. Un tel dévouement montre avant tout la volonté du public de s’investir dans l’aventure, qu’il se trouve derrière un tel projet une vaste communauté impliquée. Mais peut-on en conclure que la web-série représente l’avenir du cinéma ?

Et ensuite ?
Il est extrêmement difficile d’en venir à une telle conclusion, la web-série n’en est encore qu’à des balbutiements, mais difficile de nier que face à un cinéma hollywoodien dont le modèle s’essouffle (il avait même été évoqué une fin possible des blockbusters et les prémices d’une restructuration complète du modèle cinématographique telle qu’elle avait eu lieu dans les années 80 avec des cinéastes comme Georges Lucas et même Steven Spielberg qui avaient alors donné un nouveau souffle au cinéma américain grâce à des productions peu coûteuses bien éloignées des films actuels) et qu’en France les sociétés de production semblent accorder plus de confiance à des réalisateurs indépendants, comme en témoignent les sorties telles que La marche de Nabil Ben Yadir, le passage du format web-série à un véritable film ou série représente une perspective intéressante pour la vidéo.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.