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L’Irlande de retour sur les marchés financiers


Publié le 24 janvier 2014

L’Irlande a dignement fêté son retour sur les marchés financiers ce mois-ci. En effet, le gouvernement a chargé quatre banques de lever des fonds à l’aide d’obligations à dix ans (emprunts du pays aux acheteurs). L’opération s’est révélée être un succès puisque 3,75 milliards d’euros de fonds ont été levés, pour une demande de 14 milliards d’euros. L’ampleur de la demande ainsi que le taux des obligations (3,5%, bien inférieurs aux obligations antérieures à la crise) soulignent la confiance des investisseurs envers l’Irlande, qui vient de sortir du plan d’aide de 85 milliards d’euros de la Troïka.
Cette levée de fonds illustre la nouvelle indépendance financière du gouvernement irlandais, même s’il est à souligner que les fonds empruntés serviront en partie à rembourser la dette contractée avec le plan d’aide. L’enthousiasme des marchés vis-à-vis de l’opération financière ainsi que les récentes bonnes nouvelles concernant l’économie du pays (un taux de chômage en baisse, une croissance qui repart au troisième trimestre) peuvent appeler à l’optimisme. Ces bonnes nouvelles sont interprétées par les partisans de l’austérité budgétaire comme étant le résultat de cette politique menée sur l’île depuis 2010.

Cependant, ces propos sont à modérer puisque d’une part les données économiques ne sont pas toutes aussi favorables, et d’autre part l’austérité n’est peut-être pas la source du rebond irlandais. En effet, si le taux de chômage est en baisse, 12,9% de la population est toujours sans emploi. De plus de nombreux ménages sont toujours endettés, ils portent l’héritage des prêtes accordés facilement par les banques avant la crise ainsi que de la chute du prix de leurs biens immobiliers. Les ménages étant incapables de rembourser leurs emprunts, ce sont aussi les banques qui sont en danger, car elles peinent à recouvrir les sommes prêtées qui pourraient assainir leurs finances.
De plus, les opposants à l’austérité soulignent que si l’Irlande a retrouvé la croissance, c’est grâce à la combinaison de différents facteurs tels que l’ouverture de son économie, sa politique fiscale souple qui attire de nombreuses multinationales et sa meilleure position en termes de compétitivité que les autres pays européens. Au contraire, l’austérité aurait ralenti le rebond Irlandais en empêchant le pays d’exploiter toutes ses capacités de production.
L’enjeu de cette lutte entre les partisans et les détracteurs de l’austérité budgétaire via l’exemple Irlandais est majeur, puisque le sort de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne en dépendent directement.
Robin Gremmel

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