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Sur la nécessité de la confiance et du renouveau


Publié le 12 janvier 2014
Toulouse, ce mercredi 8 janvier, an de grâce 2014.

Cher Monsieur Toulemondait de Bienséance,
Voilà un moment que votre prestigieuse personne ne s’est point tourné vers moi. Je n’ai pourtant pas manqué de vous voir Monsieur. Dans les cafés, les bars, les boîtes de nuit, on ne peut passer outre quand vous y êtes, en train de dévoiler le sous-jacent de notre monde contemporain, les yeux dans les yeux de votre interlocuteur ou interlocutrice. Ah ! Que cela me rappelle de bons souvenirs en votre compagnie. Comme je riais à l’époque, au moins aviez-vous ce talent d’être hilarant. Car vous n’avez certes pas celui d’être original. Je vous ai entendu par bribe comme je vous apercevais en terrasse. Toujours la même discussion, les mêmes opinions, les mêmes arguments, toujours la même cible : François Hollande et son équipe. Ne niez pas M. de Bienséance que vous ne l’avez pas en estime. Ne niez pas que vous passez plus de temps à disserter sur sa composante flambifique que sur ses succès. Ne niez pas que vos reproches sont les mêmes depuis des mois quand la face du monde a déjà changé. Ne niez pas enfin que parfois, vous vous tournez vers notre histoire l’air visionnaire en parlant de ce que les morts auraient mieux fait aujourd’hui que nos gouvernants actuels.
  Vous me direz que je suis aveugle et trop complaisant à son égard quand tout, de la Croissance à la cohésion sociale, s’effondre. Je n’ignore pas Monsieur, par exemple, que l’étau fiscal étouffe la dynamique de reprise et aussi la confiance. Mais c’est de confiance que je voudrais parler aujourd’hui. C’est de confiance dans l’avenir que l’économie manque, je ne suis pas le premier à l’écrire. Pourtant la défiance règne jusqu’au parti du président même. Sans parler de nous, les citoyens qui sommes défiants envers tous : chefs d’entreprise, syndicats, police, gays, Roms, immigrés, technologies, viande de cheval : tous nous trompent, nous volent, nous exploitent. Les journaux que je vis naguère sur votre table de chevet semblent d’ailleurs se complaire dans le chaos qu’ils aiment à retranscrire aujourd’hui.
Comment vous dire d’arrêter vos absurdités, votre stupide villependage du pouvoir représentatif ? Vous n’êtes pas sans savoir que ce qui est exigé à nos dirigeants actuels est sans précédent, bien que nécessaire, avec les circonstances présentes : population grandissante, dette pharaonique, démesure et inconstance perpétuelle des hommes et de leur volonté.
Nous pouvons rendre leur tâche plus aisée. Il nous faut abandonner l’ancien monde pour bâtir le nouveau qui s’annonce. Le temps de la préservation et de l’insouciance est révolu. Voici que doit venir le temps d’une nouvelle mobilisation collective et individuelle.
Je vous dis que cela est possible cher Monsieur. En réalité je nous crois trop peu confiant parce que nous avons le souvenir de jours meilleurs et d’une idée de la prospérité qui semble disparaître à tout jamais. Mais je dis qu’en regardant notre histoire comme le miroir de nos désirs pour la société d’aujourd’hui, nous baissons les bras. Nous pouvons arrêter cela. Sans doute suis-je candide quand je pense que nous pouvons changer par nous-mêmes, mais je suis conscient que c’est la plus grande des révolutions. Abandonnons le passé, et nous regarderons notre présent et notre avenir avec confiance car nos espérances seront moins vaines puisque libres de toute nostalgie d’un monde parfait évanoui qui, de toute façon n’a jamais existé tel qu’on se le représente. Alors vous verrez comme notre pays aura changé d’expression. La Croissance et bien mieux encore, vous verrez reviendront alors.
Puissiez-vous à  présent ne plus arborer cette humeur maussade qui fait si chic dans vos dîners et encourager dans votre cœur ceux qui ont pris votre sort entre leurs mains.
Espérant vous voir changer un jour!

Antoine Lézat

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