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Deux cafés, un pour moi et un en attente s’il vous plaît !


Publié le 9 janvier 2014
Nous vivons dans un monde de plus en plus inégal, les disparités ne cessent de s’accroître et nombre d’individus tombent dans l’oubli, ils sont dans l’anonymat le plus froid et sévère dans une société qui est désormais indifférente aux problèmes sociaux. La seule interaction sociale que ces individus ont se limite au « bonjour » froid et insignifiant d’un passant qui répond lorsque ces premiers mendient.

Cependant, la solidarité d’une minorité de plus en plus importante est corrélée positivement à la hausse de ce déclassement social.

« Cinq cafés s’il vous plaît. Deux pour nous et trois en attente »

Prenez votre temps pour lire cette brève histoire (véridique) si vous ne la connaissez pas encore :
–          Cinq cafés s’il vous plaît. Deux pour nous et trois en attente
Ils payent les cinq cafés et ils en consomment que deux.
Etonné, je demande à mon ami :
–          C’est quoi les cafés en attente ?
–          Attends et tu verras… Répondit-il
Trois avocats rentrèrent quelques minutes plus tard et commandèrent trois cafés pour eux et trois « suspendus ».

C’est très simple, les clients payent pour deux cafés mais n’en consomment qu’un, le deuxième il reste réservé ou suspendu pour quelqu’un qui n’a pas (ou devrais-je dire n’a plus) les moyens pour se le payer. Les plus démunis peuvent rentrer dans l’établissement et commander un café en attente et le consommer sans payer. Cette nouvelle forme de solidarité anonyme mais désintéressée est en pleine genèse. Cependant ce n’est point une innovation.

Originaire du sud de la botte, le « caffè sospeso » voit le jour au début du siècle passé. A Naples (Italie) le café est sacré, c’est un élément fort de cohésion sociale ancré dans la tradition du mezzogiorno. Après la guerre nombre d’individus avaient tout perdu et n’avaient plus les moyens de se payer un café (déjà vu ?). En même temps les autres citoyens considéraient le café comme un droit et pas comme un luxe et donc, ces derniers, ayant toujours les moyens, s’étaient habitué à payer deux cafés et en consommer qu’un, le deuxième étant bien évidemment pour les plus démunis.

L’histoire, étant cyclique, se répète aujourd’hui, ce n’est plus la guerre l’élément perturbateur de l’équilibre mais les crises économiques et financières inhérentes au système capitaliste.

Le « café sospeso » ne fut qu’une semence, avec l’ouverture des frontières ce système de solidarité germine aujourd’hui et prolifère, ainsi la Belgique et la Roumanie figurent parmi les premiers pays à l’avoir adopté. Aujourd’hui on peut voir l’effet de contagion en Allemagne, Australie, Hongrie, Japon, Etats-Unis entre autres. Dans une moindre mesure quelques établissements français rattrapent leur retard, ainsi il est désormais possible de suspendre des cafés à Brest, Chamonix, Grenoble, Rouen et Bayonne (avec son fameux café Le Fandango) entre autres.

Cependant cette initiative solidaire n’est pas encore arrivée à la ville rose. Il est désormais à nous et à vous chers lecteurs tbsiens d’importer ce modèle. Comment ?

–          Diffusez le message!
–          Lorsque vous achetez un café demandez s’ils ont des « cafés suspendus », si la réponse est négative, dites : « C’est très dommage, c’est un bon concept ».
Pourquoi participer en tant que bénévole :
–          Ce n’est pas cher, un café peut coûter 0,50€ (deux pour 1€)
–          Il n’y a aucun engagement
–          Si vous fumez une cigarette en moins vous pouvez offrir un café gratuitement
–          Peut-être que pour vous cela ne change rien, mais pensez que quelqu’un qui n’a pas les moyens sera profondément reconnaissant.
–          Pour faire du vrai bénévolat, ANONYME ! Personne vous remerciera, quel bonheur !
Pourquoi participer en tant qu’établissement :
–          C’est gratuit et ça ne vous engage pas
–          Cela peut augmenter votre visibilité/popularité
–          Vous pouvez choisir les heures de distribution des cafés suspendus pour ne pas être débordé lorsqu’il y a le plus de monde

Nous ne pouvons plus rester stoïques face à la misère, comme Siméon le stylite, indifférent et inactif. Ce sont les actions quotidiennes comme celle que je viens de vous illustrer qui font la différence au-delà des discours utopistes qui n’alimentent que l’imagination.

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