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Bleu, blanc mais surtout rouge !


Publié le 7 décembre 2013

En ce vendredi 6 décembre 2013, ce n’est pas le rouge de Noel qui arbore les couloirs de notre chère Toulouse Business School mais bien celui du Front de Gauche. TBS press vous replonge dans cette conférence, plutôt haute en couleur, avec Jean-Luc Mélenchon.
C’est avec un amphithéâtre plein à craquer que la Toulouse Business School accueille le leader du front de Gauche. Démarche lente mais assurée, le créateur du « fisc-fucking » déclare avec amusement  « Il y a beaucoup de rouge dans cette salle » et annonce le ton humoristique de la conférence. JLM s’esclaffe même face aux « Laisse la chance au PS » ainsi que le « Viens, viens, viens Mélenchon » de la vidéo du micro-trottoir.
Après une mise en bouche amusante, place à la conférence ! Nos présentateurs abordent une nouvelle tragique avec le politicien : la mort de Nelson Mandela, l’ancien président sud-africain et figure emblématique du combat contre l’apartheid.  « Les morts sont tous des braves types, les gens peuvent donner toute leur vie même des années d’emprisonnement. C’est une belle journée pour l’hypocrisie ! En France, des enfants auraient pu lui jeter des bananes» déclare notre invité, visiblement touché par le décès de Madiba.
Ensuite, nos animateurs décident de titiller l’ex candidat à la présidentielle en lui remémorant son mauvais décompte de manifestants. A cette provocation, JLM réplique « On ne vient jamais seul à une manifestation ! J’espère que vous n’êtes pas naïfs, tout le monde triche, tout le monde truque. Les médias ne sont pas un système d’information, c’est une arène. Si vous pensez que c’est une arène vous pourrez faire du commerce, les médias sont un lieu de subjectivité ! Si quelqu’un pense que je me trompe, démontrez-le. Valls est un menteur ! »
La conférence se poursuit par la définition mélenchoniste de la révolution fiscale. Et, baisse de la TVA et des impôts semblent en être les maître-mots. Le candidat déchu de la présidentielle de 2012 n’hésite pas à fustiger l’échiquier politique français. « Sarkozy a peur de la finance, c’est Sarkozy ou le gentleman agreement. Hollande, en changeant de ligne politique, a fait pire que lui et a désorganisé les forces de lutte que nous avons constituées à gauche ».
Concernant la crispation sociale en France, JLM pointe du doigt la montée de l’extrême droite, son véritable adversaire idéologique. Le politicien, affecté par l’affaire Taubira, affirme que l’aigreur des français face au chômage galopant, à la misère grandissante et au poids de la dette se porterait sur la couleur de la peau. Et « seul le front de gauche a pris conscience de ce climat économique et social ».
Puis, c’est sur une critique du modèle d’austérité allemand, que débutent les considérations de JLM quant à l’Union Européenne. Cet adepte du fédéralisme solidaire explique aux 500 spectateurs présents ce qu’est le « mélenchonisme ». S’il reste toujours attaché à un organe politique fédérateur, le leader du front de Gauche insiste, toutefois, sur la nécessité d’une construction européenne basée sur l’union politique puis économique et non l’inverse. JLM dénonce un fédéralisme bureaucratique totalitaire dont les principales victimes sont les Grecs et les Chypriotes et revendique une construction européenne avec comme point d’appui la France. « La France n’est pas une nation occidentale mais universaliste ». Ses frontières s’arrêtent aux confins du Brésil avec la Guyane Française et l’Hexagone entretient des relations particulières avec le Maghreb. « Ce n’est pas du nationalisme mais une idée de la place géographique de notre pays ». Selon le politicien, la France repose sur un modèle égalitaire alors que l’Allemagne de Merkel satisfait les besoins de l’actionnariat, conception à laquelle il accuse Nicolas Sarkozy et François Hollande d’adhérer. Le premier par conviction idéologique et le second, le « faible » convaincu que la croissance allemande va impulser celle de la France. « La libre-circulation est une sottise » ajoute le politicien du front de Gauche qui préconise une  forme de protectionnisme solidaire « On ferme mais on négocie ».

Enfin, la conférence s’achève sur un débat économique et écologique. Lorsqu’il est question de la rémunération des cadres issus des écoles de commerce, le ton se hausse. « Vous pensez vraiment que vous valez un million d’euros ? ». Cet amoureux de la philosophie critique avec véhémence l’accumulation de la richesse par une minorité de la population. « Les riches désorganisent la société, c’est pour ça qu’il y a autant de pauvres ! ». L’arnaque et la finance, jugées immorales, le mettent hors de lui, « A partir du moment où vous faite la sale besogne vous êtes le système ! ». JLM s’indigne également face à la fermeture de grands groupes français en raison d’une rentabilité économique inférieure à 15%. Le pilier du Front de Gauche élabore une planification écologique dans laquelle il souhaite exploiter le domaine maritime et forestier de la France. JLM, après plus d’une heure de débat, termine son discours sur une note nationaliste « N’ayez pas honte de votre pays, on est bon en France, voire même très bon ».
Gabrielle Esperance

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