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Les leçons de la montée de l’extrême droite n’ont toujours pas été tirées


Publié le 5 décembre 2013

Dimanche, la vague bleu marine s’est transformé le temps d’un soir en un tsunami. Lors des élections cantonales partielles à Brignoles (84), le candidat FN Laurent Lopez a récolté 40,4% des voix au premier tour. La candidate UMP Catherine Delzers est littéralement écrasée avec seulement 20,8% des voix.
La gauche, quant à elle, a une nouvelle fois souffert de ses divisions récurrentes.

Dans un canton ou Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen ont rassemblé presque 60% des suffrages au premier tour de l’élection présidentielle de 2012, ses chances d’accéder au second tour en présentant deux candidats étaient quasi-inexistantes. Avec 14,6% pour le candidat PCF Laurent Carratala et 8,9% pour Magda Igyarto-Arnoult, candidate EELV, elle est privée de second tour à cause de son absence totale de pragmatisme. Si l’on ajoute les 9,1% du candidat dissident d’extrême droite Jean Paul Dispard et un probable report de voix en provenance de l’extrême gauche sur le FN, on obtient une forte probabilité que celui-ci remporte le scrutin au deuxième tour.

Mais le véritable objet de cet article ne réside pas seulement dans les résultats que je viens de décrire. Ces résultats ne sont qu’une étape de plus dans le montée inexorable du FN en France, qui ne pourra s’arrêter que si nos politiques tirent les leçons qui doivent être tirées. La seconde guerre mondiale et ses totalitarismes ont bouleversé le visage de l’humanité, c’est pourquoi il faut réfuter le parallèle avec les années 30. Pourtant, il semble évident que la crise est le premier facteur explicatif de cette montée. Elle ne constitue cependant qu’un élément déclencheur, le facteur décisif étant la réponse que l’on adresse à cette crise, ou plutôt l’absence de réponse tangible. Les promesses de Nicolas Sarkozy de réguler la finance mondiale et de mettre fin à la financiarisation excessive de l’économie constituaient une esquisse de réponse adéquate mais elles sont tombées à l’eau, de même que celles de François Hollande – qui clamait que la finance mondiale était son « ennemi ». Ainsi, la droite de 2008 à 2012 et la gauche par la suite ont laissé le loisir au FN de dénoncer l’évidence dans tous les médias : les gouvernements en place n’ont apporté aucune solution à la crise.
Face à une situation économique toujours plus déplorable, les attentes des français ont changé. Ils ont replacé les questions purement politiques comme l’immigration au centre de leurs préoccupations. C’est un mécanisme bien connu : en temps de crise, les citoyens délaissent les questions économiques qui semblent ne pouvoir trouver aucune solution à cause d’un système rigide englué dans ses vieilles certitudes. Ils se concentrent donc sur les valeurs et les idées directrices qui fondent la base de notre société, car ils sentent bien que cette crise doit entraîner un changement radical de système politique et économique. Ce phénomène est couramment dénommé par nos médias par l’expression de « crise identitaire ». Ainsi, pendant que la gauche et la droite ont continué à laisser les élites économiques dicter la politique de notre pays et brouiller les frontières entre les deux domaines, le FN a redonné aux yeux des français un sens politique à la politique. Il a su remobiliser une partie des français autour d’un projet et de valeurs communes. Dans ce projet, le FN promet de gouverner pour le peuple après des décennies de gouvernement au service des élites et des idéologues néo-libéraux. L’erreur impardonnable qu’il commet, c’est d’avoir choisi des valeurs comme l’intolérance, la haine ou le repli identitaire pour guider son projet. Le peuple doit lutter pour l’instauration d’un autre système plus juste et plus égalitaire. Il est en revanche de notre devoir de citoyens de faire barrage à la société que nous propose le Front National qui n’est autre qu’une société sécuritaire, liberticide et violente, comme aux pires heures de l’Histoire.

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