La Fake News, une considérable réalité

La Fake News, une considérable réalité

 La Fake News, une considérable réalité.

La campagne d’Emmanuel Macron a été partiellement financée par l’Arabie Saoudite dénonce Marion Maréchal-Le Pen en mars 2017, en s’appuyant sur le site internet du quotidien belge Le Soir ; or il s’avère que c’est sur une page web fake de ce journal que la députée FN s’est malencontreusement inspirée. Voilà, l’exemple parfait du déploiement d’une fake news (que l’on pourrait traduire par « désinformation » ou « fausse nouvelle »). Cette dernière est une information partiellement voire totalement fausse provenant, le plus souvent, de médias ou de personnes influentes. Volontaire à l’origine, l’aura de la fake news est relayée par l’incrédulité de ceux qui s’y prêtent à y croire et peut ainsi prendre une dimension planétaire, notamment via les réseaux sociaux, avant que l’imposture ne soit démasquée. La fake news tire donc largement parti de la rapidité de circulation de l’information de notre siècle pour nuire à la masse et profiter, financièrement et/ou politiquement, à celles et ceux qui l’instrumentalisent. De plus, si la manigance fonctionne si bien, c’est que la ressemblance entre les articles de fake news et les articles d’information classiques est quasi parfaite : la plume est correcte, les titres sont accrocheurs, l’information semble probable, de « fake sources » sont même parfois citées. Or, dès lors que les fake news sèment un chaos médiatique lors de leurs apparitions et troublent l’ordre public et politique, il est légitime de se demander si les autorités ne devraient pas réagir, en légiférant voire même en punissant, les falsificateurs d’information. En réalité, avant de vouloir agir, on peut même s’interroger sur la seule possibilité d’action contre la fake news. 

Le fléau fake news, une maladie sans remède ?

De nos jours, à l’échelle politique, on ne parle plus de diffamation, ni de mensonge car la portée de ces calomnies n’a plus la même résonance qu’avant. En effet, Internet et les réseaux sociaux ont démultiplié considérablement la portée géographique mais aussi temporelle de l’information si bien qu’une diffamation, aujourd’hui une fake news, peut se propager en quelques fragments de secondes d’un bout à l’autre de la planète sans aucun contrôle. Il semble donc qu’une fois lancée, la fake news ne s’arrête plus ; telle une épidémie.

« The cure to eliminate fake news is that people stop reading 40-character tweets and start reading 600-page books. » 

– Piero Saruffi

Il paraît ainsi plus aisé de la prévenir que de la guérir. C’est ce que Piero Scaruffi, un conférencier émérite en sciences cognitives et en intelligence artificielle ayant fait ses classes à Harvard ou encore Stanford, nous démontre. Il écrit d’ailleurs : « Pour éliminer les fake news, le remède pour le peuple est d’arrêter de lire des tweets de 140 caractères et de commence à lire des livres de 600 pages ». C’est visiblement l’incrédulité de beaucoup qui permet au virus fake news de devenir endémique et Scaruffi nous montre bien que seule la culture, mère du discernement, peut nous prévenir des fausses informations. La lecture formate nos cerveaux à discerner le vrai du faux, et de plus, toute personne cultivée se doit de vérifier les sources liées aux articles qu’elle lit. Sans cette présence d’esprit de vérification, qui devrait être un automatisme, on se retrouve avec des personnalités politiques, telle Christine Boutin, qui citent sans sourciller le journal internet parodique et bien connu qu’est Le Gorafi. Alors, si même des personnalités politiques relayent des fake news à leur insu et sans s’en rendre compte, imaginez quelle force dévastatrice peut avoir la désinformation sur l’esprit plus malléable de la masse.

À la rapidité de circulation de l’information et au manque de discernement populaire vient s’ajouter un troisième facteur expliquant la propagation du fléau. En effet, ces dernières années, le virus fake news s’est largement développé par phagocytose de la presse et des médias classiques qui connaissent une crise profonde. Ce secteur a notamment perdu 275 000 emplois en vingt-cinq ans aux Etats-Unis et connaît une certaine méfiance populaire, si bien qu’en France seule 24% de la population pense que les journalistes sont indépendants. Dans le sillage de la presse et des médias, la fausse information rallie donc ceux qui ne veulent plus de la pensée unique et qui souhaitent renouer avec une information marginale qu’ils ont à cœur de s’approprier et de diffuser à nouveau. Quoi qu’il en soit, que la fake news soit humoristique comme celle du Gorafi, qu’elle ait une visée politique déstabilisatrice ou encore qu’elle soit là pour rapporter de l’argent à son auteur, elle existe pour nous faire penser autrement ou nous faire réagir tant bien même qu’elle soit fausse.

Punir ou laisser courir ?

Claire Wardle de First Draft a ainsi établi une typologie de « fake news », qui va du mauvais journalisme à la propagande en passant par la parodie ou le contenu politique orienté.

― Le Figaro

D’abord, il serait largement tyrannique de s’opposer à la fake news humoristique et satyrique. En effet, qui n’a encore jamais ri devant un titre ou un article publié par les journaux parodiques NordPresse, Le Gorafi, ou même encore Stade3 ? Comme on le pense, ces derniers ne sont nullement là pour désinformer mais seulement pour amuser les lecteurs. Quoi qu’il en soit, ils revendiquent clairement leur vocation parodique et préviennent ainsi le lecteur non avisé ; entraver ces médias serait donc une large erreur. On ne peut parler de la fake news en général car le terme est devenu bien trop générique et donc plutôt insignifiant aujourd’hui. C’est ce que démontre Chris Wardle de First Draft, un site web dédié à la lutte face à la désinformation : selon elle, la fake news va du mauvais journalisme à la propagande en passant par la parodie ou le contenu politique orienté. La désinformation a donc des motivations multiples. D’ailleurs, lors de l’élection américaine, on s’est, par exemple, rendu compte que des jeunes d’une ville de Macédoine avaient monté de toute pièce des fake news pour s’attirer des revenus publicitaires. Ainsi, puisque le terme de désinformation est trop réducteur, il faut à ce problème plusieurs solutions.

En revanche, la désinformation à visée politique ou mercantile doit être combattue, puis anéantie. Ici, deux acteurs majeurs ont vocation d’intervenir pour éradiquer le virus : l’Etat mais aussi le secteur privé. Premièrement, l’Etat, en légiférant ou via l’usage de la justice, se doit de condamner l’usage de la fake news puisque celle-ci s’impose comme un réel trouble à l’ordre public. Or, aujourd’hui, au nom de la liberté d’expression si chère aux grandes démocraties, française et américaine notamment, seules peu d’actions ont été menées. Pour l’instant, en France, la lutte étatique contre les fake news est encore en construction. En effet, un projet de loi a été proposé au Sénat le 30 mars dernier pour punir la diffusion de fake news d’une peine allant jusqu’à un an de prison et 15 000 euros d’amende. Cette initiative est portée par la sénatrice Nathalie Goulet dont le conseiller Dan Shefet dénonce à juste titre que « Le véritable délit est celui de diffuser de fausses informations de manière intentionnelle. Se tromper peut arriver à tout le monde. Mais si vous le faites avec une intention de nuire, notamment à des valeurs démocratiques, la situation est bien différente. ». Cet effort pour supprimer la désinformation est donc à saluer et doit se confirmer dans les temps à venir, pour que la presse et l’information regagnent la confiance populaire. Outre-Atlantique, c’est le président Trump qui, lors de sa campagne, avait déjà appelé à s’élever contre les fake news. Mais, ses réponses face aux fausses informations sont pour le moment bien trop informelles pour qu’elles ne puissent inquiéter ses détracteurs. En effet, après que des calomnies aient été diffusées par la chaîne d’information CNN sur Donald Trump, le président a seulement répliqué via un Tweet explicite comparant CNN à un « Fake News Network ».

Plus avancé dans la bataille, c’est au secteur privé que l’on doit vanter les mérites, pour sa résistance contre les fake news. Ce sont principalement les moteurs de recherche et la presse qui sont montés au créneau. Par exemple, pour l’élection présidentielle française de 2017, Google News Lab et First Draft avaient lancé un site nommé CrossCheck dont le but était de regrouper toutes les fake news rencontrées sur le net à propos des élections, puis prouver leur fausseté. Comme son confrère Google, la fondation Mozilla vient de lancer en août 2017 des outils pour permettre à ses utilisateurs de repérer la désinformation. La solution se nomme Mozilla Information Trust Initiative (MITI) et permet aux internautes de décrypter les informations vues sur le net, elle sert aussi à financer des recherches universitaires sur le phénomène fake news.

Mais le système de lutte le plus innovant reste Decodex, un site développé par le journal français Le Monde. Decodex s’appuie sur une base de données de plus de 600 sites web internationaux et qui permet de classer un URL rentré par un utilisateur dans l’une des cinq catégories définies par Le Monde. Les catégories sont les suivantes : les sites parodiques sont en bleu (ex : Le Gorafi), les sites collectifs ont une pastille grise (ex : Wikipédia), les sites complotistes, trompeurs et non fiables sont signalés en rouge (ex : le portail IVG.net), en orange on peut trouver les sites peu fiables ou biaisés (ex : FdeSouche) et finalement en vert sont représentés les sites très fiables. Ce système est interactif et clair pour l’utilisateur. De plus, lorsque des recherches reviennent régulièrement, des journalistes du Monde, « Les Décodeurs », prennent le temps de s’informer puis d’écrire un article pour savoir si l’information est juste ou erronée. Tout de même, une question reste en suspens : un journal est-il vraiment légitime pour juger ses concurrents ?

Ainsi, malgré la croissance phénoménale des fake news aujourd’hui, on remarque qu’un élan citoyen se développe en parallèle pour limiter leur déploiement. Ce rejet de l’obscurantisme marque un pas positif supplémentaire vers un retour à nos chers médias traditionnels.

Finalement, la recrudescence de la désinformation ne doit pas être sous-estimée et doit ainsi être atténuée. Aujourd’hui, ce qui inquiète les chercheurs est le manque de contrôle que nous pouvons avoir face aux auteurs de fake news ainsi que l’omission populaire trop récurrente de vérification des sources. En revanche, l’impact sur les opinions de chacun n’est pas aussi important que ce que l’on peut penser. En ce sens, Pascal Froissart de l’Université Paris VIII, indique que la désinformation permet le plus souvent « de détourner l’attention sur un non sujet » au dépit des sujets de fonds qui sont logiquement plus importants.

SOULIER Thomas

La Conquête spatiale entre concurrence et coopération

La Conquête spatiale entre concurrence et coopération

 
La Conquête spatiale entre concurrence et coopération


Après la seconde Guerre Mondiale, les ingénieurs allemands, ayant conçu les fusées V2, sont récupérés par l’armée américaine et l’armée soviétique, ces deux puissances souhaitant bénéficier des avancées allemandes. Mais les Anglais et les Français ont aussi largement utilisé ces avancées pour leur propre programme nucléaire. Les USA et l’URSS les utiliseront pour fabriquer les premiers missiles intercontinentaux et des missiles nucléaires, mas aussi pour construire des fusées plus puissantes.
C’est ainsi que commence la course à l’espace entre les deux superpuissances. Les soviétiques seront d’ailleurs pendant longtemps loin devant les américains, ce qui est trop souvent oublié. En effet en 1957 pour le 40éme anniversaire de l’union, Sergueï Korolev (un grand ingénieur aéronautique et chef du programme spatial de l’URSS) réussi à mettre « sputnik 1 » et « sputnik 2 » (avec à bord la chienne « Laïka » premier animal à être allé dans l’espace) en orbite, alors qu’à cette période les américains échouent à lancer leur premier satellite. Seulement quatre ans plus tard, le 12 avril 1961, Youri Gagarine sera le premier homme à aller dans l’espace, cet exploit est salué par la presse du monde entier et consacre l’avance de l’URSS dans la course à l’espace. Légèrement agacés par leur retard et surtout par la réussite très médiatisée de leurs ennemi du moment les américains prévoient de frapper un grand coup en envoyant le premier homme sur la lune, ce qu’ils feront en 1969 avec Neil Armstrong et Buzz Aldrin.
On l’aura compris la course à l’espace est depuis longtemps une histoire de prestige pour montrer au monde et surtout à son ennemi son avance technologique, elle est donc au centre d’une bataille acharnée entre les Etats-Unis et l’URSS.
Pourtant en 1975 lors d’une période de détente, pour la première fois une navette Soyouz s’amarre à une navette Apollo. Un geste de détente fort, symbole de cette période de réchauffement pendant la guerre froide, mais qui n’ira pas vraiment plus loin qu’une simple rencontre entre les astronautes des deux pays. Ce n’est qu’après la chute de l’URSS en 1991 que la coopération va plus loin, les Etats Unis cherchent des partenaires pour construire une station spatiale alors que la Russie, qui connait de grandes difficultés financières, a besoin d’aide pour financer son programme. L’ISS, la station spatiale internationale, dont la construction a commencé en 1998, est la consécration de la coopération internationale dans le domaine spatial (elle regroupe outre Les Etats-Unis et la Russie, l’Europe, le Canada et le Japon, et a depuis accueilli des astronautes de 36 nationalités différentes).
Bien qu’il existe une coopération internationale, l’espace a été depuis que les pays ont envisager la possibilité d’y aller et pendant toute la guerre froide, un théâtre de tensions. Qu’en est-il aujourd’hui?
Actuellement, les différentes agences spatiales mondiales semblent recommencer à se faire concurrence.
Russes et Chinois ont des ambitions spatiales très prononcées, et pas des moindres. Les Russes forts de leur expérience acquise lors de la guerre froide veulent assembler leur propre station spatiale dès 2024, qui pourra servir de point de départ aux vaisseaux de missions de colonisations futures. Cependant bien que réalisable sur le plan technique, ce projet l’est nettement moins sur le plan financier. L’agence spatiale russe (de son vrai nom Roscosmos), a un financement assez limité, son budget en 2012 était de 5 milliards d’euros, ce qui parait bien peu face aux 17 milliards d’euros de la NASA. Alors quand on sait que la NASA a eu besoin d’aide pour l’ISS on s’imagine mal une station construite uniquement pas Roscosmos. D’autant plus que dans un contexte de sanctions occidentales et de contre-sanctions de sa part, la Russie connait des difficultés économiques (une contraction du PIB de 3.73% en 2015). Une augmentation du budget de l’agence spatiale qui serait nécessaire à la réalisation de son ambition ne semble donc pas à l’ordre du jour, ni à celui de demain…
La Chine, quant à elle, a un programme pour préparer l’arrivée d’astronautes chinois sur la lune en 2025-2030 pour à terme exploiter les ressources du sous-sol lunaire, ambition réalisable avec la technologie actuelle et qui parait être une ambition « naturelle » de la Chine compte tenu de ces besoins croissant en matières premières. Cependant les coûts sont tels que pour le moment que ce ne serait pas rentable. Mais à l’horizon 2025 ce pourrait être possible grâce à l’essor considérables des sociétés privées.
 les Etats-Unis qui sont toujours dans la course et semble avoir délaissé la Lune pour Mars.Ils seront, quand même, amenés à retourner sur notre satellite pour tester de nouveaux matériels car les technologies actuelles rendent les voyages vers Mars difficiles et les conséquences sur la santé des astronautes sont encore mal connues ,une étude de l’université d’Irvine en Californie montre que les rayons cosmiques pourraient avoir des dommages à long terme sur le cerveau des astronautes.
Quant est il de l’europe et des autres pays? l’ESA a certes réussi à faire atterrir la sonde Rosetta sur un astéroïde, mais elle n’a pour le moment aucune ambition de conquête spatiale à proprement parler (d’ailleurs seulement 9,3% de son budget sert pour des missions habitées contre 40% pour la NASA). Cette agence est plutôt tournée vers l’observation de la terre grâce aux satellites grâce aux programmes Copernicus et sentinels et à la recherche (20% du budget). C’est pourquoi cet article ne traitera pas de l’ESA malgré son importance évidente. Il y a d’autres agences que l’on pourrait citer qui sont dans ce cas comme l’Organisation Indienne pour la Recherche Spatiale, qui a réussi à mettre en orbite une sonde autour de Mars, mais ces agences sont loin d’avoir suffisamment de moyens pour envisager des projets de taille comparable à celle de la NASA ou Roscosmos.
Nous le voyons les différentes agences nationales ont des objectifs qui n’impliquent pas de partenaires, ces objectifs sont mêmes conçus sans aucun partenaire car les pays (et pas seulement les agences) se font concurrences et les agences spatiales ont de fait des agendas définis par les politiques de leur gouvernement, ce qui n’invite pas à la coopération. Mais il est un problème qui revient régulièrement pour toutes, le financement.
En effet, le coût d’une mission est exorbitant (et c’est peu de le dire, la mission Rosetta de l’ESA a coûté 1.4 milliards d’euros à l’ESA, imaginez le coût d’une colonisation. Ces coûts réduisent donc la marge de manœuvre des pays et de leurs agences spatiales et les poussent à rester en contact, quelle que soit la situation politique, au sein de l’ISECG (International Space Exploration Coordination Group) où 14 agences mènent des travaux de réflexions collectives. L’ISECG défini ces travaux comme étant une « coopération internationale en matière d’exploration humaine et robotique de notre système solaire » ce qui veut simplement dire échange de savoir. Cette coopération reste donc très limitée car l’ISECG n’a pas les moyens de définir ses propres missions, en fait l’ISECG n’est même pas une agence spatiale.
En plus des contraintes économiques, les agences nationales sont souvent assignées à l’envoi et au maintien de satellites (d’écoute et d’observation) destinés à la défense. C’est le cas pour Roscosmos, l’agence spatiale française, chinoise et d’autres (israélienne, iranienne, coréenne…).
Du fait de ces contraintes et de ce manque de coopération, il est très probable que des entreprises privées jouent un rôle de plus en plus important. En effet les acteurs privés même peu nombreux ne sont pas en reste. De nombreuses innovations leur sont dues, on pourra citer la technologie du falcon 9 de Space X qui est la première fusée à avoir atterri, (le 21 décembre 2015) et qui est donc réutilisable, ce qui va permettre de réduire les coûts de construction des vaisseaux.Il faut aussi ajouter à cela les innovations en cours de développement: Boeing est en train de construire une capsule habitée qui pourra être utilisée dès 2018, Bigelow Aerospace développe une station spatiale composée de modules habitables gonflables appelés BEAM (Bigelow Expandable Activity Module). D’autre part Space X a déjà assuré 8 ravitaillements de l’ISS.Il est donc probable qu’au vu de la progression très rapide du secteur privé (Space X existe depuis 2002 et Bigelow Aerospace depuis 1999) ce dernier assurera dans un futur assez proche les missions en orbite basse (ravitaillement, transport pour l’ISS…) pendant que les agences spatiales s’occuperont de repousser les limites de l’univers (ou du moins celles de l’homme). Mais les entreprises spatiales ne semblent pas vouloir s’arrêter là, Space X a déjà comme ambition une mission de colonisation de Mars à l’horizon 2025.
Il semble donc, que l’espace soit un terrain peu propice à une coopération internationale poussée qui permettrait sans doute des avancées plus rapides et plus importantes. Cependant l’émergence du secteur privé et d’une coopération publique/privé est une aubaine pour les états car cela permettra à leurs agences de rediriger leurs moyens vers des missions plus compliquées et coûteuses que celles en orbite basse mais aussi d’éviter que s’organise une coopération plus poussée.
Marc FOUQUET

 

Guerilla de Laurent Obertone : Chronique d’une mort annoncée

Guerilla de Laurent Obertone : Chronique d’une mort annoncée

 

A l’heure ou pullulent les méditations désolées sur le déclin de la France, Obertone prend la tangente, en signant un roman qui fera date et s’est imposé -et cela quasiment sans aucun relais médiatique- comme l’événement de la rentrée littéraire. « Guerilla » nous narre ainsi la chute de la France en temps réel en trois jours,  » l’histoire d’un pays malade qui est soudain confronté au réel pur  » d’après la brève description qu’en fait son auteur pour son éditeur désormais bien connu, RING.

Zemmour -bien qu’on trouve à juste titre sa volonté de voir celle-ci se produire presque suspecte- et les autres chantres de la guerre civile avaient vu juste, leur acuité se confrontant à l’insipidité d’une intelligentisa néo-aristocratique exsangue. La douce France au visage racorni et souffreteux est tombée, en dépit des tristes augures que certains esprits avisés crurent bon de rendre public. La guerre civile a eu raison de la civilisation, de nos institutions, de la morale, de ce siècle contraire aux lois les plus élémentaires de l’anthropologie humaine.
En ce jour, le réel a tué la morale, Le très-très-bien-vivre-ensemble, la tolérance, l’amour de l’autre, l’ouverture sur le monde ont ployé sous le poids -conséquent, si vous voulez vous en convaincre lisez donc attentivement un des pastiches de discours de notre chère gôche écrit avec esprit et brio par Obertone- de leur ineptie. Reste le clan, et la primauté de sa survie, appartenance au clan qui dans « Guérilla » est fonction de notre appartenance ethnico-raciale. Obertone, féru d’anthropologie -je vous renvoie à ses écrits antérieurs-, comprend que l’avènement de la guerre civile empêche toute nuance : à l’empathie se substituent l’instinct de survie et le cerveau reptilien. « Guérilla » narre donc la mort -programmée et à certains égards voulue- d’un pays « si avide de disparaître que le vaincre en était presque insultant « . Percutant, le roman d’Obertone ne saurait s’embarrasser de vaines et frileuses considérations sociologiques et c’est précisément son propos : la « pensée magique » des tenants de la morale dominante, qui a longtemps criminalisé les inquiétudes des rebuts claudicants de la sociale-démocratie, est inefficace face aux balles. Même constat froid et mécanique que dressait le personnage Brevik de l’« Utoya » d’Obertone. Il se trouve que c’est la galerie de portraits que croque avec justesse Obertone qui lui tient lieu d’argumentaire : du colonel retraité, parangon des valeurs traditionnelles et nostalgique de la gloire perdue de la grande muette, de la jeune bloggeuse gauchiste inconséquente, du délinquant de la Courneuve dont le surmoi semble vacillant ou encore en passant par Vincent Gite, prototype du mâle Alpha épousant avec froideur et réalisme la mystique de l’homme seul contre tous. Moins réfléchi -et un peu moins abouti- qu’« Utoya », Guérilla se veut être un livre rédigé dans l’urgence, dans la peur immédiate d’un imminent désastre, un Patrick Calvar (patron de la DGSI) déclarant à propos lors de son audition à huis clos du 24 mai par la commission d’enquête parlementaire sur les attentats du 13 novembre « nous sommes au bord de la guerre civile ».

Dans un monde en tout point similaire au notre, se bornant à nier « l’éternel retour du concret » qu’annonçait Lénine, une descente de police dans une ZUP -appelée dans le roman « Cité Taubira » -le premier livre d’Obertone « La France orange mécanique  » parlait fort à propos du laxisme judiciaire et de l’ensauvagement d’une nation- de la Courneuve vire au carnage. Reste que les forces médiatiques du pays y verront l’ultime expression de « la violence policière » et de « l’état fasciste », lançant une campagne de dénigrement sans précèdent vis-à-vis des corps constitués alors même que des émeutes éclatent dans tout le pays, annonçant une nouvelle ère, celle de la violence irraisonnée. Soit la rencontre entre un monde domestiqué et affadi (c’était le propos de « la France Big Brother ») et un monde resté authentiquement viril, donc sauvage et conquérant : « ce que les barbares appelaient sa fragilité. Depuis qu’il était né, on avait transformé ses angoisses en docilité ».

Scénario que d’aucuns ne souhaiteraient voir se matérialiser, mais qui pourtant, à la lumière de la narration qu’en fait Obertone, apparaît comme crédible, là ou elle ne fut un temps que fantasme lointain d’alcooliques crasseux. Et c’est précisément toute la malice et le talent de l’auteur : même les plus optimistes de ses lecteurs sentent ce frisson glacé -celui de la guerre civile- leur parcourir l’échine, s’interrogeant de vive voix : « Et si ? ». Et si 40 ans de modernité et de libéralisme, qu’on pensait vecteurs de prospérité, consacraient en fait la mort -thématique récurrente dans l’histoire de la pensée européenne, on se souviendra à propos du « Déclin de l’Occident » de Spengler- de la civilisation occidentale ? La fluidité du roman, par ailleurs porté par un souffle post-apocalyptique qui sait éviter les écueils majeurs du genre, lui confère cette crédibilité qui confine au malaise, tant l’enchaînement implacable des événements (difficultés à s’approvisionner en eau, électricité, vivres puis émeutes généralisées, mort du président et enfin panne des réseaux de communications nationaux) est mécanique, bien sentie et implacable.

 

Dès lors, le parallèle avec Soumission s’impose : Dans le premier cas, une France agonisante (« Le Français ? Cliniquement mort. […] Il croit sa défaite glorieuse, son déshonneur digne ») accepte avec résignation sa salvation par une spiritualité forte, virile, accepte le retour à la transcendance, à une vision du monde verticale, ou toute vie humaine n’est possible que dans l’ombre bienveillante d’une divinité tutélaire : Postulat que tout honnête homme ne peut voir que d’un oeil positif, même si cela reste évidemment fonction de son appartenance ethnico-raciale (on conçoit que la perspective d’être remplacés n’est en rien exaltante pour quiconque apte à revendiquer une lignée européenne caucasienne). Soumission heureuse qui laisse présager des jours nouveaux, là ou la chute de la civilisation libérale-libertaire que prophétise Obertone mène au retour de la barbarie que des siècles de processus de socialisation s’étaient acharnés à combattre. Et c’est bien l’histoire de « Guérilla » : Une civilisation -celle des droits de l’Homme- qui se désagrège, laissant place au bruit et à la fureur. La ou la chute de la civilisation aurait pu laisser place à un ordre nouveau bénéfique -on connait l’attachement qu’Obertone expose dans ses trois ouvrages précédents à la hiérarchie naturelle de l’espèce-, soit le retour à l’enracinement, au clan et à la primauté de sa survie, elle sacre au contraire le retour de l’antique bestialité des mâles, que tout processus de sociabilisation -qui est en fait un processus de domestication- s’efforce de combattre : « ce sera la fin de la morale et la fin du verbe. Homo sapiens ne sera plus une espèce protégée ».

 

En fin émule d’Orwell, on retrouve de nombreuses références à 1984 dans Guerilla (en témoigne les citations d’Orwell qui introduisent chaque nouveau chapitre dans « La France Big Brother »), ou Obertone reprend dans ses pastiches de discours la structure langagière : « mal-vivre« , « mal-insertion », « mal amusement« , opposés au « très-très bien vivre-ensemble« , terminologies qui ridiculisent le manichéisme impérial caractéristique des médias dominants. Musellement de la pensée (« arrêt du crime » chez Orwell) qui passe donc par une véritable épuration syntaxique, ce qui est précisément le propre des totalitarismes. Plus de « compatriotes »-« ceux qui partagent la terre ancestrale- étymologiquement, trop clivant, mais des « citoyens », soit le triomphe de la société civile, veule et méprisable sur la juste et nécessaire hiérarchie entre les hommes. Euphémismes médiatiques ( » émotions populaires » plutôt qu’émeutes, « scepticisme sournois« , « putsch moral« ) qu’Obertone tourne habilement en dérision, ajoutant à leur consubstantielle incongruité.

 

Dystopie haletante, volontairement excessif et parfois sibyllin, « Guerilla » laisse songeur, pantois, mets des mots avec justesse sur le plus intime pressentiment que partage un nombre toujours grandissant de nos concitoyens : la France des lumières, autrefois phare de la civilisation, se délite en un ballet absurde de rage, de violence et d’incompréhension mutuelle. Pour ces raisons, je ne saurais que trop vous conseiller la lecture de Guérilla, s’inscrivant dans la continuité d’« Utoya », roman fulgurant auquel nous consacrerons bientôt une chronique.
« D’ordinaire, il louait le vivre-ensemble, mais maintenant qu’il l’avait sous le nez, il lui trouvait une drôle d’odeur. »
L.Obertone, « Guerilla »
Donald Trump élu Président des Etats-Unis : Charlie téléphone maison.

Donald Trump élu Président des Etats-Unis : Charlie téléphone maison.

Si la candidate de Wall Street, de l’Establishment politique, économique, militaire et médiatique a été défaite, alors à qui appartient la victoire de Donald Trump ? Au peuple américain.

 

« Il est désormais temps de fermer les blessures de la division et de nous réunir en un seul peuple (…) il est temps pour nous de nous rassembler en un peuple uni » Donald Trump, première prise de parole après son élection.

Peuple : masse informe aux mains rêches et calleuses, aux faciès putrides et aux gueules béantes. Agrégat souffreteux dont aimeraient fort bien se débarrasser nos tenants du grand capital et leurs savants montages transnationaux. Gageons qu’au paradis Bukowski doit exulter, la choppe à la main et la cibiche au bec : Le capitaine est parti -comprenez Obama- et les marins se sont emparés du bateau. Prolétaires WASP errants, rebuts de la mondialisation,tous Average Joes ventripotents terrassés par une mondialisation dont ils ne veulent plus, réduits à n’être plus « qu’un pas grand chose » dans une Amérique aux allures de contes de la folie ordinaire.

Trump, l’homme que vous haïriez aimer. Grandiloquent, outrancier, incontrôlable -et c’est plutôt rassurant, dans une Amérique minée par l’influence toujours grandissante des néo-conservateurs-, son élection est un authentique crachat aux visages affadis des satyres de l’idéologie dominante, qui n’ont eu cesse de prêcher le mépris des humbles et des nécessiteux, tous petites gens, qui, il est de bon ton de le rappeler à ceux dont la conscience sociale se résume aux applications de rencontre, assure la production de richesse et de valeur.
Victoire qui sonne comme la revanche de ce brelan d’excommuniés, dont Michael Moore s’était fait fut un temps le porte-parole, avant de céder aux sirènes impériales (cf son retournement de veste aberrant et soutien de dernière minute à la candidate Clinton).

D’un candidat l’autre. Risible ballet médiatique et déclarations creuses qui sonnèrent comme autant d’épitaphes d’un establishment exsangue, ployant sous le poids de ses propres compromissions. Pourtant, mégères, succubes et autres sorcières avaient urné- a défaut d’ovuler, puisque ces féministes raffinées considèrent la maternité comme une aliénation !- correctement, appelant à boycotter Donald « la bête immonde » Trump. Analystes malingres et béotiens condamnèrent d’une même voix l’homme d’affaires, un philosophe ayant pignon sur rue dans nos vertes contrées -BHL, pour ne pas le nommer- se fendant même d’un édito dans « Le Point » (reste à savoir ou il peut se le mettre désormais…) expliquant que la victoire de Trump était impossible ! Ultime prophétie d’un ordre médiatique qui n’a plus rien à nous offrir d’autre que son agonie.

Ce jour d’élection restera comme celui ou l’écho des soliloques des pauvres et des déshérités parvinrent enfin à l’establishment. L’éternel retour du concret.

 

Des oligarques de Wall Street aux cœurs déchirés par une douleur démocratique aiguë, des directeurs de rédaction de grands journaux en position latérale de sécurité, des cadres supérieurs dont le mépris de classe s’étale au grand jour de ce sombre hiver, des responsables d’associations LGBT qui lancent dès à présent des études comparatives entre les régimes nord-coréens et américains, des architectes du Chaos permanent, au Pentagone, qui se cachent sous les tables pour verser quelques larmes de crocodile.
Comment pardonner la bêtise des classes moyennes américaines, paupérisées par la mondialisation et son catéchisme libre-échangiste, (usées par le chantage moral qu’elles subissent au quotidien dans les médias de masse)? Le dressage anthropologique, éducatif, médiatique n’a pas eu raison du purulent patriotisme, de l’enracinement malodorant, des valeurs traditionnelles de ces couches frappées de maladies infectieuses qui rappellent indubitablement les heures les plus sombres de notre Histoire convoquées par des petits-bourgeois pantouflards convaincus de leur haute vacuité intellectuelle et morale.
Définitivement les américains doivent manquer d’intelligence et d’éducation pour préférer le « sexisme » à la promesse d’un conflit militaire mondial avec la Russie, pour préférer un programme national à un programme mondialiste, pour préférer un monde multipolaire à un monde terrorisé par la machine de guerre américaine.
Forts de ce constat, nous pensons qu’il est urgent de remettre en ordre un certain nombre de faits totalement occultés par ceux qui, dès ce matin, se sont noyés dans une suffisance et un esprit analytique à tout le moins indigent, quand il n’était pas totalement absent. Nous nous étonnons du fait que la collusion totale et le consensus éhonté entre les milieux médiatiques, politiques et financiers américains-européens ne soulève aucune question sur la valeur réelle et la signification de cette présentation binaire des candidats. N’y a t-il pas déjà un problème démocratique à ce qu’une seule et même opinion soit relayée dans nos aimables médias propagandistes ? Que pourrait démontrer une analyse objective dépourvue de quolibets ressassés jusqu’à satiété ? Il ne doit donc pas exister un débat démocratique, il y a un unique format de pensée acceptable, sorti de celui-ci, les idées sont rances et sentent le souffre dans la bouche de ceux qui éructent et prêtent allégeance au Mal.
Commençons par ordonner nos priorités intelligemment dans notre appréhension de cette élection. En premier lieu, il s’agit de dire qu’il n’y aura évidemment pas, au plan intérieur, de catastrophe. Il est évident que si Donald Trump a eu des déclarations hautement provocatrices ou déraisonnables, il jouera la carte du rassemblement. Il n’a pas d’autre choix politique. Ses premières déclarations vont exactement dans ce sens. Il n’y aura pas de « déportation » de musulmans, de latinos et autres minorités chère aux distributeurs automatiques de morale. Il n’y aura pas de code de l’indigénat, d’apartheid ou de ségrégation raciale mais des modifications des lois relatives à l’immigration, certainement, et cela n’a rien à voir avec des mesures tyranniques ou xénophobes. S’il est évidemment impératif que chaque américain, qu’importe ses déterminismes, puisse trouver sa place dans la société américaine, il paraît évident qu’un nombre grandissant d’américains se sent appartenir à l’arrière garde – quand même, M. Valls – de la démocratie américaine, parce qu’il n’a pas d’élément différenciateur à commercer.
Aussi, il convient d’analyser la sociologie de l’électorat de Trump pour comprendre cette élection. Au risque de paraître triviaux, l’électeur « blanc hétérosexuel des classes moyennes » et qui incarne les valeurs traditionnels des Etats-Unis – virilité, morale puritaine, méfiance vis-à-vis du libéralisme irréfréné – trouve refuge dans la ligne d’un Donald Trump ne faisant que peu de cas de la tendance à la politique sociétale des nouveaux droits – homosexuels, féministes, progressistes – qui sont incarnés par Hillary Clinton et sa ligne libérale-libertaire.
Cette élection sanctionne donc un changement de paradigme majeur que notre lectorat semble percevoir, sans toutefois s’en féliciter, ce qui est son plus strict droit. Il n’a échappé à personne que les propositions de fond de Donald Trump ont été occultées par des polémiques souvent directement orchestrées par le camp adverse et des médias complices. Il n’a échappé à personne qu’il est effarant de constater l’abysse entre le peuple et ses aspirations  et les élites mondialisées et progressistes.
L’élection de Donald Trump sanctionne en somme le haut niveau de corruption des dirigeants politiques américains, leur distance vis-à-vis des attentes populaires, ainsi qu’une fracture définitive entre le peuple américain dans sa sociologie courtement majoritaire – enracinement, attachement à la Nation, aux traditions – et des élites hors-sol qui ont totalement abandonné ces sujets au profit de préoccupations sociétales – et non sociales – telles que l’Environnement, la représentation des minorités, le féminisme etc. Le catéchisme social-démocrate libéral-libertaire, sans-frontièriste, ne fonctionne plus, malgré des moyens de propagande inégalés. C’est un choix de civilisation qui était proposé au peuple américain. Il y a répondu en décidant d’en changer.
Reste à ajouter que Trump s’est inscrit cette campagne durant dans la tradition viriliste républicaine, stratégie de communication qu’avait déjà employé Bush Junior, opposant à l’Amérique New-Yorkaise féminisée et décadente le mythe du cow-boy conquérant et solitaire, ou tout signe de raffinement de la pensée ou du langage est vu comme autant de preuves d’un manque de gonades. Osons affirmer que voter pour Trump a été vu par l’Average Joe-le mâle blanc américain de la classe moyenne- comme une délivrance face à un féminisme castrateur et à une mondialisation qui l’a appauvri et relégué au simple rang de chomeûrs ou de travailleur servile du tertiaire. Retrouvant ainsi une virilité – bien réelle mais également de substitution-, le mâle blanc moyen a donc en toute logique plébiscité Trump, qui incarne -qu’on le veuille ou non- une certaine virilité tapageuse et décomplexée,droit à la fierté sans apparat que les idéologues du progressisme lui ont ôté.
En second lieu, il s’agit de rappeler à notre lectorat – français, par essence – qu’il est crucial, au delà de la politique intérieure des Etats-Unis, de s’intéresser aux répercussions qu’aura cette élection sur l’état du monde en général et sur l’Europe et la France en particulier.
Ces répercussions seront probablement majeures. C’est bien là qu’il y a lieu de saluer le programme de politique étrangère de Donald Trump et de mesurer son écart avec les folies guerrières de son ex-concurrente.
L’urgence géopolitique consiste actuellement à renouer un dialogue constructif avec la Russie, sous peine d’un conflit majeur et direct à venir,d’aucuns parlaient d’un risque de troisième guerre mondiale non négligeable. Le président Trump est l’homme de la situation en la matière, il a promis d’entretenir des relations apaisées voire cordiales avec son homologue russe. En tant que la France est dans l’OTAN, elle aurait probablement eu à assumer d’entrer en conflit avec la Russie si les lobbys de Wall Street et du complexe militaro-industriel avaient pu placer Hillary Clinton à la tête des Etats-unis.
Une escalade militaire dans ce conflit aurait pu mener à une guerre d’ordre nucléaire, cela était anticipé par tous les Etats-majors des chancelleries occidentales.
Si Trump parvient à résister aux pressions du Pentagone, des agences de Renseignement et des lobbys les plus belliqueux, nous sommes garantis de sortir de cette phase de confrontation avec la Russie, puissance qui participe de la renaissance d’un monde multipolaire et équilibré, susceptible de décourager toutes les actions hégémoniques unilatérales qui ont eu cours depuis la chute de l’URSS.
Il est désormais possible que les conflits impliquant les Etats-Unis et la Russie trouvent des sorties de crise honorables, notamment en Syrie et en Ukraine.
Nous traitions des soutiens inquiétants d’Hillary Clinton dans un article précédent, intitulé « Hillary Clinton, la va-t-en guerre des néoconservateurs ». Nous rappelons que tous les amoureux de la guerre, du sang des peuples et de la domination sans partage des Etats-Unis sur le monde soutiennent Hillary Clinton. Nous estimons ainsi qu’il est hautement immoral de se trouver dans le camp de ceux qui ont pensé ces guerres meurtrières en Afghanistan, en Irak et partout ailleurs où ces stratèges ont tenté de façonner le Choc des Civilisations.
Fort de sa doctrine isolationniste, il s’interdira toute intervention militaire arbitraire. La doctrine de sa concurrente était exactement contraire à cette aspiration.
Il est donc un grave contresens de dire que confier l’arsenal militaire américain à Donald Trump est le plus grand danger que court le monde. Hillary Clinton était incontestablement la candidate de la guerre et de l’impérialisme de la machine de guerre américaine.
Il y a donc fort à parier que l’OTAN en tant que force agressive soit contrainte dans ses actions illégitimes par une volonté d’apaisement des relations internationales chère à Donald Trump. Cette analyse doit être faite et sue, qu’importe le jugement que l’on porte sur l’homme.
Cette dimension géopolitique, qui concerne la paix et la sécurité internationale ne saurait être subalterne dans l’esprit de nos lecteurs. Cette dimension détermine avant tout jugement moral, notre position réaliste au sujet de cette élection.
Il y a très fort à parier que cette élection aura des répercussions positives dans les relations internationales, en nous éloignant d’un potentiel conflit planétaire qui nous était promis par les chantres de Clinton. Il est probable que les échéances électorales en Europe seront influencées par ce résultat. Les partis politiques qui ne s’inscrivent pas dans l’ordre euro-atlantiste peuvent se frotter les mains, après le Brexit, ils disposent maintenant de la preuve irréfutable qu’un peuple, fut-il celui de la première puissance mondiale, n’est pas systématiquement malléable aux désirs oligarchiques.
La magie de la propagande politico-médiatique en faveur de la battue du jour a été d’entériner les devises orwelliennes qui semblent avoir tant de prise sur nos sociétés moribondes : « La guerre c’est la paix ; la liberté c’est l’esclavage ; l’ignorance c’est la force ».

 Mehdi Brochet.

Le Dalaï-lama, la marionnette impériale

Le Dalaï-lama, la marionnette impériale

Lié d’amitié avec d’anciens SS, cheville ouvrière de la CIA en Asie orientale, confident des dictateurs et complice de G.W Bush, le Dalaï-lama est-il vraiment un parangon de sagesse ?

Nos lecteurs suffoquent, comment oserions-nous nous attaquer à cet Océan de Sagesse, ce parangon de spiritualité et de vertu dont la présence dans nos contrées est invariablement saluée comme la quintessence de la paix ?
Nous pourrions feindre de ne pas percevoir cette duplicité douteuse chez notre sujet, cette propension à n’incarner qu’accessoirement le bodhisattva de la compassion, au profit idéologique et stratégique d’un dessein géopolitique impérial.
Il n’en sera rien, nous voici lancés dans une tentative d’épuisement d’un lieu tibétain, fort jalousé par les acteurs géopolitiques qui dessinent depuis des siècles son destin et celui de son meneur spirituel, le Dalaï-lama.
Tenons-nous d’abord à exprimer avec clarté le but poursuivi dans cette démarche analytique : il ne s’agit pas de pourfendre ou de mésestimer la réalité de la culture tibétaine, sa richesse, et les croyances qui lui sont propres depuis des siècles. Nous aspirons à une certaine neutralité axiologique dans l’analyse du Tibet comme objet de convoitise géopolitique.En premier lieu, étonnons-nous de la fréquence et de l’ampleur de la couverture médiatique dédiée à ce territoire lointain, distant de Paris de 9300 kilomètres. Notre lectorat a toujours été exposé à un nombre intarissable de campagnes de sensibilisation à la cause tibétaine, il n’est d’ailleurs pas exclu que certains aient un jour porté un drapeau tibétain dans une de ces manifestations le plus souvent organisées par des non-tibétains et hors du territoire tibétain. La médiatisation des immolations de prêtres tibétains à travers le monde et l’érection du Dalaï-lama comme figure de proue de la paix ont-elles des raisons moins humanitaires que géopolitiques ? Voici quelques éléments de réponse.

Le Dalaï-lama, figure controversable de la paix ? 

« Un des défis pour notre nation est de garder pure la race tibétaine » Sandhong Rimpoché, premier ministre du gouvernement tibétain en exil de 2001 à 2011, fermement opposé au mariage mixte, entre tibétains et non-tibétains.

« L’activité de la CIA au Tibet se compose d’une action politique, de propagande et d’activité paramilitaire. Le but du programme est de maintenir le concept politique d’un Tibet autonome (…) et de construire une capacité de résistance aux développements politiques possibles à l’intérieur de la Chine » extrait du programme de la CIA au Tibet*

Il s’agit d’abord de rappeler ce qu’est le Tibet avant 1950, une théocratie esclavagiste au sein de laquelle les nobles et les moines peuvent utiliser les jeunes garçons comme partenaires sexuels. Un territoire sur lequel l’espérance de vie est de 35 ans, le taux d’analphabètes est de 90%, la torture (sévices, amputations) est réservée aux contrevenants aux règles de vie imposées par la Caste au pouvoir, moines largement compris.
En 1959, la CIA organise la fuite du Dalaï-lama – Tenzin Gyatso –  hors du Tibet*. Entre 1959 et 1964, des commandos tibétains sont entraînés par les services américains pour combattre la Chine*, sans succès puisqu’ils ne bénéficient pas du soutien de la population qui ne souhaite pas le retour de la théocratie.
Les indiens rechignent à accueillir des réfugiés tibétains, Nehru conclue un accord avec Eisenhower : L’Inde accueillera le Dalaï-lama et ces réfugiés, en échange, les Etats-Unis fourniront la technologie nucléaire aux indiens. La première bombe nucléaire indienne sera nommée « Bouddha souriant ».* *
Les Etats-Unis, par le biais de la CIA, du Département d’Etat et du Pentagone vont mettre en place un « Programme tibétain »* qui coûtera à la CIA, entre 1951 et 1972, presque deux millions de dollars annuels*. Ce plan consiste à organiser la résistance tibétaine face à la chine, par des moyens de « complots politiques, de propagande et de support paramilitaire »
Suite à la fin de ce plan, la NED (National Endowment for Democracy) prendra le relais. Cet organisme vise à promouvoir la paix dans la monde, en théorie. Concrètement, elle est le bras armé de la géopolitique étasunienne parallèle. Son fondateur, Allen Weinstein, a déclaré au Washington Post que « Bien des choses faites pas la NED maintenant étaient faites clandestinement par la CIA il y a 25 ans ».
Le Dalaï-lama obtiendra la médaille de l’ « honneur » de la part de la NED en 2010, pour services rendues à la « défense de la démocratie et des droits de l’homme ».* *

Parmi les amitiés du Dalaï-lama, on notera avec profit ses accointances avec des pures produits de l’Allemagne nazie. Heinrich Harrer fit partie de l’expédition allemande au Tibet (1938-1939)* placée sous la direction d’Himmler et de l’Institut d’anthropologie raciale allemand. Il sera un précepteur du Dalaï-lama. Adhérant à la SS en 1938 (unité SS 38, matricule 73896), membre des chemises brunes depuis 1933, il a une vision du monde bien particulière.

Son ami, Bruno Berger, capitaine SS et élève du raciologue Clauss, sélectionna notamment des déportés juifs à Auschwitz pour mener des expériences scientifiques. Il a noué pendant son séjour au Tibet de nombreuses amitiés avec l’aristocratie tibétaine, notamment la famille du Dalaï-lama. Il rencontrera à nouveau le Dalaï-lama en 1983, 1984, 1985, 1986 et 1994. En 1994, il signe à Londres et aux côtés de son ami Harrer et du Dalaï-lama un document déclarant le Tibet comme « pleinement souverain avant 1950 ». Le même Berger publiera un livre intitulé « Mes rencontres avec l’Océan de Sagesse ».*
Nous passerons sur les amitiés avec Miguel Serano, chef du parti nazi chilien ou avec Jorg Haider, furieux nostalgique du 3ème Reich.
Que penser enfin de la demande formulée par le Dalaï-lama pour la libération de Pinochet* ? Ou encore de son soutien à son ami de toujours, George W.Bush, dans l’invasion de l’Irak* (violant tous les principes fondamentaux du droit international et provoquant plus d’un million de morts) ?*
Concrètement, le Dalaï-lama et son entourage proche est historiquement inféodé à la CIA, au département d’Etat et au Pentagone*, des institutions qui ont une conception de la paix Bien à elles.

Il est indispensable de retracer rapidement l’Histoire des relations entre le Tibet et la Chine pour mettre en perspective ce soutien américain au Tibet et au Dalaï-lama. Le Tibet fait partie intégrante du territoire national chinois, il n’a été indépendant qu’entre 622 et 842. Sa présumée indépendance entre 1913 et 1950 n’a été reconnue par aucun Etat, et n’avait aucune valeur dans le droit international. Parler d’une « annexion » du Tibet parait donc abusif, ce territoire ayant toujours été rattaché au territoire chinois. a toujours oscillé entre une position de faiblesse-soumission à la Chine dans les périodes d’apogée de celle-ci et une position de révolte indépendantiste lorsque la Chine connaissait des déboires. En 1911, la Chine sombrait après le renversement de la dynastie mandchoue, le Tibet en profita par le biais de son XIIIe Dalaï-lama pour proclamer son indépendance en 1913. Après la prise de pouvoir des communistes en Chine, celle-ci se lança dans la reconquête du Tibet, en 1950. C’est là que le rôle des Etats-Unis deviendra majeur. Dans un premier temps, les stratèges étasuniens vont chercher à disposer d’une assise hautement stratégique en Asie Orientale, au cours de l’Histoire, d’abord dans une stratégie d’endiguement du communisme, puis dans le contexte actuel de guerre économique et géostratégique contre une puissance en mesure de menacer l’ordre hégémonique étasunien. 

Enfin, le Dalaï-lama actuel a son successeur politique* parmi les membres de sa communauté en exil. Celui-ci se nomme Lobsang Sangay* et n’est pas vraiment connu pour avoir des relations privilégiées avec les gouvernements russes ou chinois. En effet, il a été l’heureux bénéficiaire d’une Bourse Fullbright*, financée par le Département d’Etat Américain et intimement lié à la CIA, il a étudié à Harvard et vit aux Etats-Unis en tant que premier ministre du Tibet en exil*. Un palmarès qui lui vaudra sans aucun doute la sympathie de l’ensemble des représentants politiques et médiatiques atlantistes.

Le Tibet, verrou stratégique incontournable

Géographiquement, le Tibet repose sur de hauts plateaux qui culminent entre 4000 et 5000 mètres d’altitude, ces plateaux offrent à toute puissance le contrôlant une position haute le long d’une frontière sensible, à la charnière de la Chine, du monde indien et de l’Asie centrale.
Ces hauts plateaux sont le lieu idéal pour disposer des engins balistico-nucléaires pour épauler l’allié Pakistanais et tenir en respect l’Union indienne (cf l’escalade militaire Inde-Pakistan).
Au plan énergétique, l’importance du Tibet n’est pas moindre. Il héberge la source et le cours supérieur de tous les grands fleuves d’Asie orientale, il s’agit en somme du Château d’eau qui permet à la Chine de sécuriser ses approvisionnements hydrauliques.
Le Tibet est également une source de matières premières de premier choix pour Pékin. Ses sols sont riches en bois, charbon, pétrole et minerais (dont uranium et or). L’ouverture d’une ligne de chemin de fer entre Pékin et Lhassa en 2006, ne doit rien au hasard.
Il existe une analogie géopolitique qui permet d’illustrer les conséquences d’une possible indépendance du Tibet (indépendance qui serait reconnue par les Nations Unies). Il s’agit du Kosovo, cet Etat-OTAN dont la création n’a été possible que dans la mesure où les Etats-Unis et vassaux assimilés ont soutenu le mouvement terroriste dirigé par Hashim Thaçi (UCK)*. L’indépendance de ce territoire vis-à-vis de la Serbie permit la création d’une immense base américaine, la plus grande d’Europe, dans la région hautement stratégique des Balkans*. Ce soutien participe donc de la volonté d’encerclement des Etats les plus susceptibles de contrarier les plans géopolitiques étasuniens, à savoir la Chine et la Russie, en contestant même les territoires qui leur sont intrinsèquement liés par le biais de l’intégration à l’OTAN-Union européenne.
Un simple regard porté sur la carte des bases de l’OTAN dans le monde permet de s’en assurer définitivement.

Après des décennies de bons et loyaux services de la part des Grandes Puissances, le Dalaï-lama offre les siens en défendant corps et âme l’Union européenne et la doctrine impériale étasunienne, œuvres qui nous subjuguent chaque jour que Dieu fait par leur dimension pacifique et démocratique.
En définitive, que reste-t-il de la dimension humanitaire et spirituelle du Dalaï-lama lorsqu’on daigne s’intéresser au réel géopolitique ?

Gauthier Bielli, Think Tank Averroès

Source principale : https://www.upr.fr/actualite/31-mars-1959-31-mars-2015-il-y-a-56-ans-la-cia-organisait-levacuation-du-dalai-lama-du-tibet

Note informative:Tous les éléments, documents, sources et faits rapportés dans le présent article émanent directement des plus hautes institutions des Etats-Unis (Maison Blanche, Département d’Etat, Pentagone, CIA) et de sources recoupées par les journaux jugés les plus sérieux.Leur véracité n’est pas de nature à être remise en cause. Néanmoins, par déontologie, nous encourageons nos lecteurs à faire preuve de perspicacité et ainsi à vérifier systématiquement ces sources.