Elections législatives anticipées : quels sont les enjeux ?

Elections législatives anticipées : quels sont les enjeux ?

-Par le Pôle Presse des RDVC

La décision a pris tout le monde de court : à la suite du mauvais score obtenu par la majorité présidentielle lors des élections européennes du dimanche 9 juin, le Président de la République Emmanuel Macron a choisi de dissoudre l’Assemblée Nationale et de convoquer de nouvelles élections législatives, qui se tiendront les dimanches 30 juin et 7 juillet. Du fait du délai historiquement court entre les deux élections (3 semaines) et au vu des résultats des différentes forces politiques aux européennes, il est aisé de comprendre que ces législatives anticipées font partie des élections les plus attendues, et avec le plus d’enjeux de ce siècle. Mais encore faut-il saisir ces enjeux, et observer leurs différences selon les forces politiques. Petit tour d’horizons :

Une opportunité sans précédent pour le Rassemblement National

Ils ont été les grands vainqueurs de cette élection européenne. Le parti de Marine Le Pen, avec Jordan Bardella en tête de liste, a obtenu 31,30 % des suffrages et 30 sièges au Parlement Européen. Ce score est une véritable victoire fleuve : ils ont obtenu plus du double des votants de la deuxième liste la plus plébiscitée – celle de la majorité présidentielle – avec respectivement environ 7,7 millions de votants et 3,6 millions de votants. Ces chiffres illustrent la réussite de la stratégie du RN sur ces élections européennes : la nationalisation des enjeux. C’est l’idée de mettre en avant des thématiques propres à la France au cours de ces élections, notamment dans le but d’attirer aux urnes un électorat pas vraiment concerné par les thématiques européennes. Le parti a également profité du fait que les européennes soient la première élection au suffrage universel direct depuis la ‘’double élection’’ de 2022 (les présidentielles et les législatives) pour inciter à un réel vote de défiance de ceux qui sont critiques du gouvernement en place. En restant dans cet axe double de thématiques nationales et de critique du gouvernement, c’est donc en toute logique que le 9 juin au soir Jordan Bardella, arrivé en tête, a appelé à la dissolution de l’Assemblée nationale. Sauf que, contre toute attente, le Président a répondu favorablement à sa demande.

Pour la première fois de son existence, le Rassemblement National a donc une réelle chance d’accéder au pouvoir, ou en tout cas au pouvoir sur les politiques internes (les compétences du Premier Ministre). Cette opportunité est renforcée par le peu de temps entre les européennes et les législatives. En effet, il n’y a qu’une vingtaine de jours seulement pour investir des candidats puis pour faire campagne. De ce fait, il y a une réelle chance que l’opinion change peu et donc que les résultats ne soient pas si différents de ceux obtenus début juin. En partant en ballotage favorable, le RN a récupéré le soutien de Marion Maréchal et de certains élus Reconquête (dont la majorité des eurodéputés) ainsi que celui d’Eric Ciotti, actuel président de Les Républicains (en cours de destitution par les membres du bureau politique de son parti) et de ses proches. Si une union des droites paraît aujourd’hui impossible, un rapprochement des droites radicales s’est en tout cas amorcé.

A l’heure ou ces lignes sont écrites, le principal adversaire du RN semble être le Nouveau Front Populaire (NFP – l’union des gauches) et le parti a réadapté sa stratégie en conséquence, en critiquant notamment au sein de l’alliance le parti de La France Insoumise, dont Jean-Luc Mélenchon est le porte-étendard. Les questions liées au RN sont ainsi nombreuses : vont-ils maintenir leur avantage sur le NFP ? En cas de victoire, réussiront-ils à obtenir la majorité absolue, soit 289 sièges ? Sinon, quel parti serait prêt à gouverner avec eux ? Et quid du climat social en France en cas de victoire du parti d’extrême-droite (classifié comme tel par le Conseil d’Etat) ?

Les Républicains, entre survie parlementaire et guerre civile

Les Républicains ont longtemps été le parti dominant dans la politique française, sous différentes appellations, comme l’UMP, le RPR ou l’UDR. Cependant, l’incarnation actuelle du parti perd continuellement de l’influence depuis l’élection présidentielle de 2017 (liée notamment à l’affaire Fillion). L’élection européenne de cette année n’a pas prouvé le contraire : avec seulement 7,25 % des voix, la liste LR n’arrive qu’à la cinquième place. Coincés entre une majorité présidentielle qui a attirée nombre des élus de droite modérée ces sept dernières années et un RN toujours plus important, et portant une image de parti historique, les Républicains ont aujourd’hui du mal à se faire entendre et donc à subsister.

Suite à l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale et de la tenue d’élections anticipées, le parti n’a même pas eu le temps de se mettre en ordre de bataille et de définir une ligne claire que celui-ci a été devancé par son propre président, Éric Ciotti. Ce dernier a unilatéralement proclamé une alliance de son parti avec le Rassemblement National sous la bannière de Jordan Bardella. Les autres membres du bureau politique du parti ayant tous dénoncé cette décision prise sans leur aval, ils ont décidé de l’exclure du parti, provoquant de ce fait une scission au sein des élus et des adhérents entre les partisans d’une alliance avec les RN et ceux qui souhaitent maintenir une ligne indépendante.

Les conséquences de ce conflit interne au sein des Républicains peuvent être dramatique pour le parti et ses sympathisants : en effet, du fait de l’exposition médiatique de la scission, qui ne s’est pas faite en douceur, LR a pu perdre sa crédibilité auprès de l’opinion et n’a a priori pas convaincu d’éventuels abstentionnistes. De ce fait, ils ne risquent pas de briser ce plafond de verre qui s’abaisse à chaque élection. De plus, les sécessionnistes (les partisans de Ciotti, avec celui-ci) présentent des candidats, avec le soutien du RN contre LR, ce qui risque de diviser un vivier de votes déjà pauvre. Seul avantage pour le parti de droite : son implantation locale, qui pourrait aider des élus bien connus et appréciés dans leurs circonscriptions à se faire (ré)élire. Ainsi, il est légitime de se demander : combien de sièges le parti va-t-il réussir à garder sur les 64 de la précédente législature ?

Une gauche (ré)unie et en embuscade

La gauche française a eu une histoire récente pour le moins intense. Au pouvoir entre 2012 et 2017 sous le quinquennat de François Hollande, le Parti Socialiste, alors l’un des deux grands partis politiques français (avec LR – ex-UMP) a connu depuis une véritable décente aux enfers, notamment lors des élections législatives de 2017 où le groupe socialiste à l’Assemblée est passé de 295 députés à seulement 31. La chute du PS a alors laissé un vide à gauche et d’autres partis ont pu en profiter pour prendre de l’influence, comme Europe Ecologie les Verts en 2019 lors des Européennes (avec un score de 13,5 %) ou encore La France Insoumise, parti fondé par Jean-Luc Mélenchon sur la gauche du PS, en 2022 lors des présidentielles (avec un score de presque de 22 % au premier tour). C’est d’ailleurs à la suite de cette élection que LFI a un temps pris la primauté sur les autres partis de gauche, notamment au sein de la NUPES – Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale -, union des partis de gauche pour les élections législatives de 2022 (notamment au niveau de la proportion des candidats investis). Si cette alliance a enduré la majorité de la législature, elle a été suspendue (du moins pour le PS) à la suite de divergences liées aux attaques du 7 Octobre en Israël et aux évènements qui ont suivi. Les partis de gauche ont donc présenté des listes individuelles aux élections européennes, obtenant des résultats variant de la bonne surprise (PS – Place Publique) au raisonnable (LFI) et à la déception (EELV).

Mais le facteur commun qui a fait réagir la gauche française n’est aucun de leurs propres résultats, mais celui du RN, qui, à la suite de l’annonce d’élections anticipées, a une réelle chance d’accéder à Matignon. De ce fait, des appels à l’union ont été lancés, notamment par François Ruffin, élu apparenté LFI, mais qui a cependant pris ses distances avec la direction du parti. Cette union a été concrétisée dans la semaine suivante, et le Nouveau Front Populaire est ainsi né. Comparée à son itération précédente, le NFP parait plus équilibré : au vu des résultats des élections européennes, le PS et l’aile socio-démocrate de la gauche a obtenu une centaine d’investitures de plus qu’en 2022, aux dépends de LFI, qui a ainsi fait des concessions. De plus, des figures importantes à gauche de tous bords comme Carole Delga, François Hollande ou Philippe Poutou soutiennent le NFP alors qu’ils étaient les plus éloignés de la NUPES ; du fait du score du RN, perçu par ces élus comme un danger.

A 10 jours du premier tour des élections législatives, le Nouveau Front Populaire paraît indéniablement être la deuxième force politique du pays, entre le RN et la majorité présidentielle. Malgré la prouesse qu’a été la formation de cette alliance, des nombreuses questions subsistent, pour l’élection et pour le front. Le NFP réussira-t-il à dépasser le RN pour obtenir une majorité (relative voire absolue) ? Et en cas de score décevant, le front, fait de valeurs communes mais d’opinions souvent contradictoires parviendrait-t-il à survivre ? Quel parti prendrait l’avantage ? Quelle personnalité pourrait être nommée Premier Ministre en cas de victoire ?

Une majorité présidentielle en plein doute

Le parti du Président de la République Emmanuel Macron est le parti au centre de la vie politique française de ces dernières années. Très populaire à ses débuts car représentant un vent de fraicheur dans une arène politique dominée par une alternance entre le PS et LR, le président et son parti ont rencontré par la suite une baisse notable de popularité, dus à un véritable ensemble de facteurs comme des réformes impopulaires à l’instar de la réforme des retraites, des scandales comme l’affaire A. Benalla ou encore des évènements externes qui ont déséquilibré le monde et notamment la conjecture économique du moment (crise du Covid-19 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie). Le président sortant à malgré cela remporté l’élection de 2022, mais son parti a perdu la majorité absolue à l’Assemblée, le bloc ‘’Ensemble’’ ne récoltant que 250 sièges, compliquant la tâche des gouvernements de ce second mandat, car les projets de lois devaient être votés par au moins une quarantaine de députés d’opposition pour être adoptés. Mais avec des mouvements sociaux comme celui des agriculteurs, ou encore le passage de la réforme des retraites à l’aide de l’article 49.3 de la Constitution, le parti présidentiel est arrivé en disgrâce sur les territoires lors de la campagne des européennes. De plus, Renaissance a adapté un ton très européen, certes en phase avec l’élection en cours, mais à l’opposé des principaux partis d’opposition comme le RN ou LFI.

Malgré une campagne mal engagée, un sursaut a longtemps été espéré par les cadres de la majorité. Il n’en a rien été. Seulement 14,60 % des votants se sont exprimés en faveur de Renaissance et de ses alliés, qui finissent juste devant la liste commune Parti Socialiste – Place Publique, menée par Raphaël Glucksmann. Devant ce score très décevant et avec une majorité relative sans alliés, car impopulaire, le Président (et le gouvernement) ne peut mener les réformes promises en 2022, lui donnant ainsi une image d’immobilisme, le rendant de ce fait encore plus impopulaire. Aujourd’hui, la majorité présidentielle n’est potentiellement que le troisième bloc en termes de popularité, derrière le RN et le NFP, et pourrait se retrouver dans l’opposition : la France pourrait vivre sa première cohabitation depuis Lionel Jospin sous le septennat de Jacques Chirac, entre 1997 et 2002.

Le pari du chef de l’Etat

Ainsi, comment expliquer cette décision de dissoudre l’Assemblée nationale ? Sans être dans les hautes sphères du pouvoir, on peut essayer d’appréhender une telle décision. Celle-ci semble être inscrite dans une stratégie à moyen terme. Le chef de l’Etat est sans aucun doute conscient de son impopularité et de celle de son parti à l’heure actuelle et il sait que regagner une majorité, même relative, relèverait du miracle – il essaye néanmoins en se présentant comme le vote raisonnable entre les extrêmes (le RN à droite et LFI dans le Nouveau Front Populaire à gauche).

Il parie entre autres sur la mauvaise conjecture actuelle (Ukraine, Moyen-Orient, incertitude liée aux élections américaines en fin d’année : tous ces facteurs créent une incertitude, notamment économique), qui pourrait restreindre la marge de manœuvre du futur gouvernement et ainsi le rendre rapidement impopulaire avec une rapide dissipation de l’effet de nouveauté pour rendre son parti de nouveau attractif pour les élections présidentielles de 2027. Il mise également sur d’autres facteurs, internes cette fois-ci.

Si le NFP venait à être majoritaire, la possibilité que l’union explose au cours des 3 ans est véritablement réelle selon les évènements (la NUPES peut être prise comme référence) et ainsi Renaissance pourrait se placer comme le parti à la fois ordonné (non-chaotique, à la différence de la gauche) mais « républicain » contre le RN.

Si le RN venait à être majoritaire, un réel clivage pourrait éventuellement être observé dans le pays (pour donner un exemple : après les européennes, l’extrême-droite est arrivée confortablement en tête mais de nombreuses manifestations contre cette même extrême-droite se sont tenues par la suite), qui pourrait créer une polarisation du climat social qui pourrait être défavorable au RN. Dans ce scénario, en 2027, Renaissance pourrait se présenter comme un parti rassembleur et moins clivant (à la différence du RN) mais plus libéral contre un candidat de gauche (unie ou non).

Cependant, dans les deux scénarios, le pari est audacieux mais pourrait tout à fait se retourner contre le Président et son parti, car il part du principe que du fait de nombreux critères, les changements apportés au pays seront forcément limités et donc impopulaires. Si le contraire venait à se produire, le bloc au gouvernement pourrait y rester en 2027 et le pari du chef de l’Etat pour son parti se transformerait alors en suicide assisté.

Dans tous les cas, cette élection législative très particulière représente pour la plupart des forces politique de notre pays un réel carrefour, entre union et scission, entre gloire et déchéance, entre gouvernement et opposition.

-Par le Pôle Presse des RDVC

 

Crise politique majeure en France

Crise politique majeure en France

-Par le Pôle Presse des RDVC

En 2024, la France est ébranlée par une crise politique profonde, catalysée par les résultats des élections européennes et la dissolution de l’Assemblée nationale par le président Emmanuel Macron. Cette situation a exacerbé les tensions sociales et politiques préexistantes, révélant un mécontentement généralisé envers les institutions et les dirigeants du pays.

La France a une longue histoire de bouleversements politiques, de la Révolution française de 1789 à Mai 1968. La Cinquième République, instaurée en 1958, a apporté une relative stabilité, mais les tensions sociales et politiques n’ont jamais totalement disparu. Les récentes crises économiques, sociales et politiques ont ravivé ces tensions, conduisant à une situation de crise majeure.

Aux origines de la crise politique

Les inégalités économiques croissantes et la précarité grandissante sont des facteurs clés de la crise actuelle. Selon de nombreux rapports de l’INSEE, la richesse est de plus en plus concentrée entre les mains d’une petite élite, tandis que la classe moyenne et les travailleurs précaires peinent à joindre les deux bouts. Cette situation a engendré un sentiment de frustration et de trahison parmi une grande partie de la population, exacerbé par un contexte inflationniste qui a mis en difficulté économique de nombreuses familles. Le Secours populaire indiquait, dans un rapport de 2023, : « Du fait de la baisse de leur pouvoir d’achat, plus d’un tiers des Européens se restreint régulièrement sur les quantités de nourriture qu’il consomme ». En France, par exemple, « 38 % des sondés ne font pas trois repas par jour, 39 % renoncent à acheter de la viande et 10 % font appel à des associations pour se nourrir ».

Ces inégalités grandissantes contrastent avec les scandales politiques, qui ont également joué un rôle majeur dans la crise actuelle. L’affaire Fillon en 2017, où François Fillon a été accusé d’emploi fictif, et les multiples affaires judiciaires impliquant Nicolas Sarkozy, comme l’affaire Bygmalion, ont gravement entamé la confiance du public dans les institutions et les dirigeants politiques.

Les acteurs clés de la crise

Le déclin de l’influence du macronisme a ouvert la voie à la montée du Rassemblement National (RN). Ce dernier cherche à redonner confiance à tous les délaissés du macronisme en exacerbant les divisions sociales entre les plus démunis (souvent les immigrés) et les autres. De plus, la macronie a décidé de légitimer les discours du Rassemblement National, en votant, par exemple, la ‘’préférence nationale’’ dans le texte de loi asile et immigration. Marine Le Pen avait qualifié cette évolution de « victoire idéologique ».

D’autres partis, comme Les Républicains, ont également contribué à cette dynamique. Leur président, Éric Ciotti, a décidé de s’allier avec Marine Le Pen pendant ces élections législatives.
Il n’est d’ailleurs pas rare d’entendre les Républicains, comme les macronistes, d’utiliser des termes de l’extrême droite, comme le wokisme, le grand remplacement, et l’islamo-gauchisme. Cela participe ainsi à la dédiabolisation du RN et renforce son image de marque.

Les manifestations de la crise

Les élections européennes de 2024 ont été marquées par une montée significative de l’extrême droite en France. Le RN a capitalisé sur le mécontentement général, se positionnant comme une alternative aux partis traditionnels. En effet, au niveau régional, le RN arrive en tête presque partout, avec des records dans les Hauts-de-France et en Corse, où la liste de Jordan Bardella a dépassé les 40 %. Même des régions historiquement marquées à gauche, comme la Bretagne, basculent.

Ces élections sont le reflet d’un désaveu massif pour les politiques traditionnelles. Le faible taux de participation et les votes de protestation montrent une désillusion profonde envers le système politique et la macronie, au pouvoir depuis déjà sept ans. E. Macron, qui déclarait le soir de sa victoire présidentielle « ce vote m’oblige », n’a fait que pousser la population dans les bras de l’extrême droite. Beaucoup souhaitent aujourd’hui un changement de politique. En effet, de nombreux électeurs du RN déclarent souvent, « on a tout essayé, rien n’a bougé », ou encore « pourquoi pas essayer » afin de justifier leur position et leur vote. Cela est finalement le résultat d’une punition des partis traditionnels qui n’ont pas su améliorer leurs conditions de vie des Françaises et des Français.

Impacts de la crise

La dissolution de l’Assemblée nationale avant les Jeux Olympiques de 2024 à Paris pourrait entraîner un changement de gouvernement ; ce qui pourrait créer une instabilité politique qui complique la mise en œuvre des politiques et des réformes nécessaires. La crise politique en France a suscité un regard méfiant de la part de la communauté internationale. La BBC du 9 juin 2024 titrait, « Europe’s night of election drama capped by Macron bombshell”. Du côté des investisseurs, il existe aussi une méfiance sur les prochaines élections. La Bourse de Paris a connu une baisse significative, reflétant les inquiétudes quant à la stabilité économique et politique du pays. La Tribune du 14 juin 2024, parlait « La Bourse de Paris a clôturé en forte baisse de 2,66% vendredi et chute de 6,23% sur la semaine. »

Perspectives

Plusieurs scénarios sont envisageables pour l’avenir de la France :

Victoire du Front Populaire : L’instauration de politiques de justice sociale pourrait apaiser les tensions et restaurer la confiance publique. A l’instar des nombreuses réformes qu’ils veulent mettre en place comme le rétablissement de ISF, le blocage des prix des biens de première nécessité, l’augmentation des salaires, création d’un pôle public du médicament, conditionner les aides aux entreprises au respect de critères environnementaux. Reste à savoir s’ils pourront réellement financer toutes leurs promesses sans faire fuir les investisseurs et moteurs de l’économie alors que la dette française dépasse déjà largement les 3 000 milliards d’euros.

Victoire de l’extrême droite : Entre politique en faveur du pouvoir d’achat et crise dans nos relations possibles avec l’international et notamment l’Union européenne, une victoire du RN aux élections législatives plonge la France dans l’inconnue bien que le parti soit pour le moment le favori des sondages.

Victoire du bloc central : Alors que le monde connaît des bousculements géopolitiques majeurs et que la France s’apprête à accueillir le monde à l’occasion des Jeux Olympiques, le maintient de la majorité présidentielle permettrait une forme de continuité jusqu’à la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron. Cependant, en cas de majorité relative, un tel scénario pourrait conduire à un pouvoir de plus en plus détaché des aspirations populaires à l’instar des nombreuses réformes passées à cout de 49.3.

La jeunesse française, comme en 2002, joue un rôle crucial dans les mouvements de protestation et les campagnes électorales. Les jeunes se mobilisent pour les questions de société et poussent pour la constitution d’un front uni de la gauche, espérant ainsi un changement significatif. Cela s’est vue dans la nuit de lundi 10 et Mardi 11, quand les parties de gauche se sont rassemblé, la jeunesse qui scandé « Front Unie, nous sommes là ».

La Jeunesse sera levier pour les prochaines élections alors même que « 3 jeunes sur 10 ont voté (soit 34 % des 18-25 ans) » selon France 3. Mais cette jeunesse, symbole de la population, est caractérisé par les deux extrêmes. Selon une étude de Science Po, « D’un côté, La France Insoumise capte 19 % des intentions de vote chez les 18-24 ans et 17 % des intentions de vote des 25-34 ans. C’est nettement plus que dans l’ensemble de l’électorat où LFI et la liste de Manon Aubry n’ont obtenu que 9 %. A l’autre bout du spectre, leurs intentions de vote s’alignent sur la population générale. Un tiers des Français (33 %) envisagent de voter pour la liste du Rassemblement national. Ils sont 30 % parmi les 18-24 ans et à 28 % parmi les 25-34 ans. ». Cette intention de vote chez la jeunesse est le résultat, d’une part d’une communication très millimétrée avec les réseaux sociaux et en particulier sur Ticktok qui montre un jeune, Jordan Bardella, parler à la jeunesse. Et d’autre part, d’un reciblage de la population. L’enquête disait : « La popularité de Jordan Bardella déborde les frontières de la jeunesse la plus démunie, la moins diplômée, la moins dotée économiquement, culturellement et socialement pour toucher d’autres segments : les étudiants, les jeunes de classes moyennes. Ce n’était le cas auparavant. ». La jeunesse sera le véritable tournant de ces élections et devra selon les sondages trancher entre le bloc de gauche et le bloc de droite. Deux politiques très différentes qui dans tous les cas marqueront des changements impactants pour les années avenirs.

En conclusion, la crise politique majeure en France appelle à une refonte profonde des institutions et des pratiques politiques. Il est crucial d’engager un dialogue sincère avec les citoyens et d’adopter des politiques qui répondent réellement à leurs besoins. La participation active de la jeunesse et des mouvements sociaux est essentielle pour construire une société plus juste et démocratique. Le rétablissement de la confiance publique passera par des réformes transparentes, inclusives et efficaces, visant à réduire les inégalités et à renforcer la représentativité politique.

– Par le Pôle Presse des RDVC

Netflix sort vainqueur du Covid

Alors que le Covid continue de frapper et d’affaiblir de plus en plus l’économie mondiale, une entreprise tire son épingle du jeu et prospère. Cette société, c’est bien évidemment Netflix. Alors même que toutes les entreprises accusent difficilement le coup, voire s’effondrent, Netflix ne cesse d’accueillir de nouveaux clients et de proposer des nouveaux contenus. Lupin, le Jeu de la Dame, toutes ces séries nous ont bien divertis pendant les confinements. C’est là où Netflix tape très fort : l’industrie cinématographique est en berne, les cinémas sont fermés, les blockbusters sont déprogrammés, et Netflix réussit à produire des films et séries qui se classent numéro 1 dans le monde entier. Concurrencé mais jamais égalé, Amazon Prime Video, Disney +, Apple tv ne parviennent pas à rattraper l’avance considérable qu’a prise Netflix, aussi bien en termes de contenus que d’utilisateurs. Mais alors, comment expliquer ce tel succès de la chaîne noire et rouge ?

Netflix a compris qu’il fallait réagir…

Le lundi 16 mars, toute la France apprend qu’elle est confinée. Ce terme de « confinement » est aujourd’hui tellement passé dans les moeurs qu’il ne nous choque même plus. Pourtant, le 16 mars, nous avons bien tous cru que la fin était arrivée. Le télé-travail s’installe, les étudiants rentrent chez eux, mais que fait-on des personnes mises en chômage partiel ? Comment les occuper ? Netflix a trouvé : les restaurants ferment, les bars ferment, les cinémas ferment, que reste-t-il à faire un vendredi soir ? Apprécier un bon film avec un bol de pop corn sur le canapé. On allume Netflix et on parcoure son catalogue infini de séries et de films. Et comme tout ce qui est bien mérite d’être regardé plusieurs fois, Friends, les classiques français et autres sont revenus sur le devant de la scène. Cette stratégie a parfaitement fonctionné puisque Netflix a gagné 10 millions d’abonnés durant les deux mois de confinement.

… et même se servir du Covid…

Pas question de laisser passer une telle opportunité : pourquoi ne pas produire soi-même des films sur le Covid ? Mort à 2020, sorti en janvier 2021 a été un succès et les films catastrophes de fin du monde sont revenus à la mode : 2012, The Independance Day, La 5ème vague, World War Z, Je suis une légende, tous ces films ont été revisionnés presque religieusement. A noter, le film à succès Contagion avec Jude Law et Marion Cotillard a été retiré de la plateforme alors qu’il était la représentation la plus précise de ce qu’il se passait dans le monde avec le Covid. Devons-nous y voir un souhait volontaire de ne pas inquiéter ses clients ou une simple coïncidence ? Je vous laisse juge de cela.

Toujours est-il que Netflix a bien réussi à tirer avantage du Covid pour se développer. Mieux encore ? Tous les films sur grand écran étant repoussés, les acteurs d’Hollywood se tournent de plus en plus vers le petit écran… Jennifer Aniston joue Alex Levy sur Apple TV, Omar Sy devient la star de Lupin sur Netflix et les rumeurs vont bon train concernant l’arrivée de Robert Downey Junior dans The Mandalorian sur Disney+. Même les plus grands acteurs semblent aujourd’hui se tourner vers les séries à cause du retard que prennent les tournages des films et des restrictions sanitaires qui sont imposées sur les plateaux : réservation de chambres d’hôtel plus longue, désinfection des équipements, gel hydroalcoolique à disposition… Que des inconvénients qui sont bien moins contraignants sur le tournage d’une série.

… pour gagner le coeur des cinéphiles

Lors de la période de réouverture des cinémas entre les deux confinements, la fréquentation des salles atteignait 1 million de clients par semaine, contre 4 millions en temps normal. Le manque de films à l’affiche, la peur de se retrouver enfermé dans une pièce close avec d’autres personnes potentiellement malades, les mesures sanitaires à appliquer à l’intérieur de la salle… Toutes ces raisons ont poussé les cinéphiles à repousser leur sortie cinéma à une prochaine fois et les ont donc incités à passer leur soirée devant Netflix. Après tout, comment résister ? Netflix, c’est un catalogue de 4 000 programmes disponibles en permanence, aucune publicité pour interrompre votre visionnage et, surtout, une télécommande qui fait de vous le chef des pauses.

Netflix s’engage

Aujourd’hui Netflix profite de sa nouvelle notoriété pour s’engager et faire passer des messages subtiles, mais utiles. Quelques exemples qui vous montreront que vous vous êtes, au moins une fois, fait manipuler par Netflix. Commençons grand : Orange is the new black. Lors de la dernière saison, la détenue Taystee enseigne aux futures libérées de faire leur compte. Résultat ? Il leur manquera automatiquement 300$ à la fin du mois. Les ex-prisonniers seraient donc presque « obligés » de tomber dans l’illégalité pour vivre et, donc, de retourner en prison. Un message simple, parfois controversé, mais qui prouve l’engagement de la société. Changeons maintenant de thème, et dirigeons-nous vers la communauté LGBTQ. A travers Umbrella Academy et son soutien à Elliot Page, Netflix affiche son engagement auprès des personnes transgenres. Avec Sex Education, la chaîne rassure les adolescents quant à leur orientation sexuelle et les questions qu’ils se posent tous. Les exemples ne manquent pas : Dans leurs regards sur les 6 jeunes Afro-Américains qui avaient été injustement inculpés, 13 reasons why sur les dangers de l’harcèlement… Si l’on doit retenir une seule chose, c’est bien que Netflix sait choisir ses combats et les mener jusqu’au bout.

Pour conclure

Netflix a su séduire grâce à ses programmes originaux et ses reportages historiques (plus ou moins romancés). Toute histoire est bonne à raconter pour Netflix et ses 170 millions utilisateurs. Alors, pourquoi ne pas changer de devise ? Le célèbre « Tou doum » devrait laisser place à « Après tout, on pourra toujours en faire une série ».

Par Elise Casado

COP24 et records de gaz à effet de serre dans l’atmosphère

COP24 et records de gaz à effet de serre dans l’atmosphère

Alors que vient de s’ouvrir le sommet climatique de l’ONU à Katowice, en plein pays charbonnier, les experts annoncent que les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère battent de nouveaux records. Les premiers pays en cause ? L’Inde et la Chine, où les rejets d’origine fossile auraient augmenté de 2,7% entre 2017 et 2018, à cause d’une hausse de la consommation de charbon. Mais ils ne sont pas les seuls.

Le réchauffement climatique est une réalité. Hausse du niveau de la mer, fonte du pergélisol, sécheresse, manque d’eau, extinctions animales… Cette réalité ne fait cependant pas pour autant diminuer nos émissions de Co2, qui ont atteint un niveau inégalé en 2018, d’après le bilan annuel du Global Carbon Project, un groupement international de scientifiques. De quoi mettre la pression aux Etats réunis en Pologne.

Cette hausse est encore plus importante qu’en 2017 (+ 1,6 %), après une relative stagnation de 2014 à 2016, qui laissait espérer qu’un plafond était atteint. Au total, les rejets carbonés ont augmenté de 65 % depuis 1990. Restent à ajouter les émissions liées à la déforestation et aux autres activités destructrices de l’homme. Le bilan total devrait ainsi s’élever à 41,5 milliards de tonnes de CO2 en 2018.

Comment expliquer cette nouvelle progression des émissions ?  Tout d’abord à cause de la relance de la consommation de charbon en Chine et en Inde. Ensuite, parce que la consommation de pétrole et de gaz ne marque aucune baisse.

La France fait aussi partie des mauvais élèves du climat. Alors qu’elle s’était engagée pendant l’Accord de Paris à baisser chaque année ses émissions de gaz à effet de serre, ils sont repartis à la hausse depuis 2017. Pour les associations, dont Réseau Action Climat, ni le gouvernement, ni les Français n’ont fait assez d’efforts pour respecter ces engagements. L’écologie est une des victimes de la crise qui s’est ouverte depuis le début de la révolte des « gilets jaunes ». Car la fiscalité énergétique coûte cher, et de plus en plus cher. Or, ni les mesures d’accompagnement prévues pour faciliter la transition écologique ni la sensibilité croissante d’une partie de l’opinion à la catastrophe écologique peuvent changer cela. La fiscalité énergétique est injuste. Pour être efficace, elle se doit de taper fort, mais laisse donc sur le côté ceux qui n’ont pas la possibilité ou les moyens d’échapper à la chaudière au fioul. Autrement dit, elle agit au contraire de ce qu’on attend d’un impôt dans un pays attaché à l’égalité.

Malgré ce constat alarmant, les écologistes tiennent une petite revanche : entre 2008 et 2017, 19 pays ont réduits drastiquement leurs émissions malgré leur croissance économique. Le Danemark se place en tête. En cause, les énergies renouvelables, qui sont en passe de devenir rentables. Le coût du solaire a chuté de 53% et celui de l’offshore en mer a baissé de 39%. Plus de la moitié des nouvelles installations de production d’électricité sont des parcs éoliens ou solaires, dont la capacité double tous les quatre ans.

Les puits de carbone naturels (océans, végétation et sols) absorbent en moyenne la moitié des émissions annuelles de CO². Quelques bonnes nouvelles donc.

Le mégot, nouvel ennemi public

Le mégot, nouvel ennemi public

Les mégots ne polluent pas que vos poumons… ils constituent aussi la première source de déchets mondiale et le 3ème déchet le plus mortel dans les océans.

Non seulement ces deux centimètres de plastiques envahissent par milliards les rues, mais il n’existe pas de réglementation à l’échelle de la planète pour leur élimination. C’est pourquoi une grande partie finit dans les mers et océans. Des scientifiques, universitaires, activistes écologiques et politiques ont décidé de se regrouper au sein de la Cigarette Butt Pollution Projet, une société à but non-lucratif qui tente de recentrer le combat pour s’attaquer à ce problème. Leur objectif : faire interdire les filtres à cigarettes aux États-Unis, et partout ailleurs dans le monde.

5 600 milliards de mégots

Les filtres des cigarettes ont été ajoutés dans les années 1950 pour réduire le taux de goudron et de nicotine dans les cigarettes. Le message de l’époque de l’industrie du tabac ? Les cigarettes avec filtre sont moins dangereuses pour la santé. Au final, cela s’est révélé totalement faux : les fibres de plastique dont sont constitués ces filtres sont dangereux pour la santé.

Un filtre : 2 cm et 4000 substances toxiques dont de l’arsenic, des métaux lourds, du goudron… A cause de tous ces composants chimiques, les filtres à cigarettes se dégradent très lentement (un à deux ans en moyenne). Et l’un de ses composants, l’acétate de cellulose, est un plastique qui met plus de dix ans à se décomposer ! Selon la Cigarette Butt Pollution Projet, la majorité des 5 600 milliards de cigarettes fabriquées chaque année sont dotés de ces filtres, et les deux tiers finissent dans la nature. Si l’on ajoute à cela le fait qu’un seul mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau, l’ampleur du désastre est évidente. Autre exemple : ces 32 dernières années, 32 millions de mégots ont été ramassés sur les plages du monde.

En France, ce sont entre 30 et 40 milliards de mégots qui sont jetés chaque année, soit environ un millier par seconde. D’après le ministère de la Transition écologique, plus de 40% de ces détritus se retrouveraient dans la nature.

Un mégot, c’est jusqu’à 500 litres d’eau pollués.

Le recyclage des mégots, un problème fumant

Des initiatives se sont développées un peu partout en France pour organiser la collecte des mégots dans les villes. GreenMinded a par exemple mis au point la Borne to Recycle, un cendrier connecté destiné à lutter contre la pollution des mégots. Cette borne n’est pas qu’un simple cendrier mais un dispositif connecté qui affiche une question sur un écran. L’utilisateur peut y répondre en glissant son mégot dans l’un des deux trous situés en dessous. Le plus de la Borne to recycle, c’est de faire aussi de la collecte de données. Chaque fois que l’utilisateur jette son mégot dans la borne et répond à la question, il accumule des points sur une cagnotte virtuelle. Ils sont ensuite crédités à une association de protection de l’environnement ou de lutte contre le tabac.

La sensibilisation sur le sujet émerge : plusieurs villes comme Paris, Lille ou Cannes sanctionnent déjà par une amende les jets de mégots dans la rue. Le gouvernement a aussi annoncé la possible mise en œuvre d’une « écocontribution » visant les fabricants de cigarettes et servant à payer la dépollution et le ramassage. La ville de San Francisco a quant à elle imposé une « taxe de détritus » de 0,20$ par paquet vendu dans la ville.

Finalement, ce n’est pas tant la collecte qui pose problème, mais le recyclage de ces petits déchets aux énormes répercussions environnementales. Bourrés de près de 4000 substances chimiques, les filtres sont difficilement recyclables. Oubliés alors les plastiques de jouets, les films alimentaires … Mais alors que faire de ces mégots une fois collectés ?
Avant de pouvoir être recyclés, les mégots doivent être « dépollués » : en France, des entreprises comme EcoMégot ou MeGo ont commencé à s’attaquer au problème, et ont déjà recyclé plus de quatre tonnes de mégots (10 millions de filtres) grâce à un processus de broyage et de lavement dans des bains d’eau en circuit fermé. Un petit geste, néanmoins très loin d’être suffisant au niveau mondial.