BDS 2018 : l’interview des Fit’kings

BDS 2018 : l’interview des Fit’kings

TBSiennes, TBSiens,

Vous hésitez encore dans votre vote BDS ? Vous attendez de voir si les Sportzy se présentent vraiment pour un second mandat ? Vous avez envie de découvrir les pensées d’un président bien parti pour obtenir plus de voix que Vladimir Poutine en mars prochain ? Vous souhaitez entrecouper votre passionnant cours de compta par un brin de lecture ? TBS Press a pensé à vous et vous présente en exclusivité l’interview d’Antoine Guibert, le président des Fit’Kings.

Comment avez-vous trouvé votre nom de liste ?

On a énormément réfléchi : je ne sais même plus combien de réunions on a fait pour trouver notre nom ! On cherchait un thème avec des valeurs qui nous correspondaient bien et on s’est mis d’accord sur le thème Viking. Mais on ne voulait pas insérer le mot « sport » dans notre nom pour essayer de changer un peu. Finalement, « Fit’Kings » a été choisi à une large majorité.

Une anecdote à nous faire partager ?

Pour le sémineige nous avions choisi comme nom « la Sportcherie ». En réalité, on avait pensé très tôt à ce nom, qui était censé devenir notre nom officiel, puis on s’est dit que ce n’était peut-être pas le meilleur choix ! On a quand même eu peur que tout le monde préfère la Sportcherie aux Fit’Kings.

En quoi penses-tu que tu ferais un excellent président ?

Je pense que pour être un excellent président, il faut d’abord être entouré d’une superbe équipe et c’est mon cas avec toute la Fit’mif ! Je suis quelqu’un de très investi : quand je m’engage dans un projet, je le fais à 200% et je suis prêt à tout sacrifier pour y arriver. Je suis super organisé et j’aime prendre des responsabilités.

Pourquoi voter pour votre liste ?

Les Fit’Kings c’est avant tout une bande de potes qui ont bossé comme des dingues pour vous préparer une superbe campagne. On est super motivés à l’idée de succéder aux sportzy et de proposer à tous les étudiants des events et une gestion des sports de qualité. Enfin si vous devez nous choisir, c’est surtout parce que ce n’est pas avec les Cara’binch que les étudiants vont bouger leur petit cul du foyer pour se maintenir en forme l’année prochaine. Alors votez bien, votez Fit’Kings !

Le football, nouvel enjeu des relations internationales

Le football, nouvel enjeu des relations internationales

Le football, sport le plus médiatisé, occupe une place grandissante dans les relations internationales. Les Etats, conscients du rayonnement et de l’aura conférés par ce sport, lui accordent de plus en plus d’importance.

Le monde bipolaire, celui de la Guerre Froide, a cédé la place, lors de l’implosion de l’URSS, à un monde multipolaire. Les rapports de puissance entre les Etats, déterminés jusqu’alors par un positionnement vis-à-vis des deux grandes puissances de la Guerre Froide, ont dès lors changé du tout au tout. Dans un monde où la force militaire ne garantit plus la prédominance d’un Etat, mais peut conduire au contraire à l’enlisement dans des conflits coûteux et renvoyant invariablement une mauvaise image de l’Etat en question, il est devenu bien plus sûr, pour tout organisme voulant imposer sa volonté, de gagner l’assentiment des autres puissances. Ainsi, nous sommes passés d’un monde où une logique de « hard power » (comprendre : les moyens traditionnels, coercitifs d’exercer sa puissance, tels la puissance militaire ou commerciale) est suffisante pour asseoir sa domination, à un monde où le « soft power » (comprendre : la puissance par l’influence et la persuasion) est toujours plus important, plus sûr et souvent moins coûteux. Ces deux dimensions sont aujourd’hui nécessaires à l’exercice de la puissance, et les Etats en sont conscients. C’est pourquoi ils ont développé leur soft power, privilégiant la diffusion de leurs idées via le cinéma mais aussi le sport, et en particulier le sport-roi : le football.

Avec l’attention toujours plus importante accordée au soft power, il est logique de retrouver le football, le sport suscitant le plus d’engouement, quasiment universellement répandu, dans une dimension qu’on ne lui connaissait pas jusqu’alors : la géopolitique. Ainsi, le football est-il devenu un enjeu important de la géopolitique des Etats. Il suffit de voir les moyens que se donnent la Chine, les Etats-Unis, ou, dans une autre mesure, le Qatar, pour accéder à une place prépondérante dans ce sport. Si leurs moyens divergent, l’objectif visé est le même : accroître leur rayonnement et leur popularité.

Le rôle central et ambivalent de la Fifa

Commençons par l’organisme qui a le privilège de réguler le football, d’en établir les grandes lignes de développement, et de gérer les fédérations nationales et continentales : la Fifa. Celle-ci est une des plus puissantes ONG du monde, qui occupe une place non négligeable dans le théâtre des puissances. La Fifa dispose de moyens financiers conséquents, elle accueille en son sein les fédérations de 211 pays (soit plus que l’ONU, qui n’en comporte que 193), et organise l’événement planétaire le plus médiatisé du monde, avec les Jeux Olympiques, la coupe du monde.

L’attribution des coupes du monde de football par la Fifa a toujours été entachée d’affaires de corruption. Si l’attribution doit se réaliser, théoriquement, par un comité qui statue sur les qualités des différents candidats à la réception de l’événement, des scandales récents ont mis en lumière à quel point cette attribution était plus le fait de pots-de-vin que de critères objectifs. Les sommes brassées par l’événement et son impact médiatique sont tels qu’ils attirent les convoitises des Etats, qui espèrent des grandes retombées médiatiques, touristiques et financières de l’événement. En contrepartie, les capacités d’organisation et les infrastructures doivent être au rendez-vous pour assurer le bon déroulement de l’événement, et sa viabilité pour le pays hôte. Ces exigences ainsi que les gains immenses de notoriété que représente l’accueil d’une coupe du monde attisent la convoitise des Etats, qui n’hésitent pas à corrompre certains responsables de la Fifa pour obtenir l’attribution de cet événement. Les récentes attributions de l’organisation de la coupe du monde, bien qu’entachées de corruption dans la plupart des cas, recèlent une dimension géopolitique puisqu’elles avalisent les montées en puissance de certains pays sur la scène internationale : le Brésil en 2014, la Russie en 2018 sont des pays émergents. Le Qatar, hôte en 2022, est un géant médiatique. Gageons que la Chine obtiendra très vite l’organisation d’une coupe du monde, sans doute dès 2026. Ainsi, l’organisation d’un tel événement planétaire, qui requiert d’excellentes infrastructures et une organisation logistique d’envergure vient souvent couronner l’émergence d’un Etat et son accession au stade de grande puissance.

De même, les scandales liés à la Fifa ont d’autant plus d’ampleur que ce sont les intérêts des Etats, et non plus seulement des amateurs ou pratiquants de football, qui sont concernés. La destitution de Sepp Blatter, président de la Fifa, ainsi que celle de son second, Michel Platini, en 2015, n’a été possible que par l’immixtion du gouvernement américain dans les affaires de la Fifa. Cette immixtion résulte notamment du fait que l’Amérique avait, coup sur coup, perdu l’attribution de la coupe du monde 2022 au profit du Qatar, et la présidence de la Fifa briguée par un américain, obtenue finalement par Blatter. Les Etats-Unis ont employé des moyens conséquents (passant par, notamment, des extraditions depuis la Suisse) afin de protéger leurs intérêts dans les hautes instances du football.

Si la présidence de la Fifa attire tant de convoitise, c’est que cette instance est devenu un acteur international de premier ordre. Elle gère un sport en continuelle expansion, source de revenus qui paraissent inépuisables tant le football peut encore se développer en Asie, en Afrique ou en Amérique du Nord, et entretien des relations privilégiées avec nombre de pays africains et sud-américains (Mali, Venezuela) parfois en froid avec d’autres grandes instances ou Etats. La Fifa, qui gère le football dans tous les pays du monde, a notamment vocation à venir en aide aux fédérations nationales disposant de peu de moyens. Cela se traduit, par exemple, par la construction d’infrastructures footballistiques en Afrique, ou la création de réseaux permettant l’accession au monde professionnel de jeunes footballeurs talentueux venant de pays défavorisés. Dans des pays peu développés, le rôle de la Fifa est un rôle social, complémentaire à celui d’ONG. Le football est un exutoire pour nombre de populations jeunes dans des pays pauvres, et la Fifa l’a bien compris.

Le football pour accroître le rayonnement d’un Etat

Enfin, le football est un moyen qu’ont les Etats pour établir ou renforcer leur puissance et leur image. Le Qatar l’a bien compris : il s’agit d’un petit territoire qui, bien que riche, n’aurait aucune chance en cas d’invasion par son voisin saoudien. Dès lors, pour subsister dans le monde médiatique actuel, il est vital pour le Qatar d’être visible, internationalement parlant, et donc incontournable. Cela se traduit par l’investissement massif dans le football, que ce soit directement dans le club du Paris-Saint-Germain, en tant que sponsor du FC Barcelone, ou comme organisateur de l’édition 2022 de la coupe du monde. Cette visibilité internationale est censée assurer la notoriété internationale du Qatar, ainsi que l’amour qui lui est porté. Dès lors, il lui serait plus facile d’exprimer ses revendications dans des négociations internationales. Cet été a parfaitement illustré cette stratégie : le Qatar, accusé par nombre de ses voisins de financer l’Etat islamique, s’est défendu avec ses propres moyens : sur le plan médiatique. Cela s’est traduit par les 2 transferts les plus chers de l’histoire du football (222 millions d’euros pour acheter Neymar, 180 millions pour MBappé, qui donnent une visibilité sans équivalent au Qatar, et diminuent par là même les risques d’agression des pays proches : on ne s’attaque pas à un pays qui a un poids diplomatique important. Le Koweït avait pâti de son manque de visibilité lors de la guerre du Golfe, le Qatar souhaite éviter à tout prix une situation identique. Gageons de surcroît que la surexposition médiatique du Qatar, inouïe dans une région où beaucoup de pays (Iran, Arabie Saoudite) sont en froid avec les instances internationales et avec une majorité d’État occidentaux, a suscité des rancœurs de la part de pays plus grands et traditionnellement plus puissants. Cette amertume a été un des éléments qui a motivé certains de ces États à accuser le Qatar de financer le terrorisme islamique.

La Chine et les Etats-Unis procèdent différemment, assimilant tous deux le football à une pièce manquante de leur soft power. Dans un monde ultra-médiatisé, il n’est plus concevable que les deux grandes puissances mondiales n’occupent pas une place prépondérante dans le sport le plus populaire. Alors, la Chine et les Etats-Unis ont développé tous azimuts des infrastructures pérennes, des centres de formation à la pointe sensés faire éclore les futurs génies du football. Désormais, leurs championnats respectifs entendent attirer les meilleurs joueurs du monde (et plus seulement les joueurs en fin de carrière), pour des salaires mirobolants et des transferts astronomiques. Par exemple, Oscar, jeune joueur brésilien de 25 ans, faisant partie de l’élite du football et jouant jusqu’alors dans le club prestigieux de Chelsea, a été transféré en 2016 pour 70 millions d’euros et un salaire de 25 millions/ an à la clé, vers le club du Shanghai SIPG, inconnu des amateurs de football jusqu’alors. Cette stratégie vise à apporter la lumière sur ces championnats et, in fine, à les rendre compétitifs par rapport aux grands championnats européens. Par ailleurs, comme expliqué précédemment, la Chine, mais surtout les Etats-Unis, espèrent s’accaparer certains postes clés à la Fifa.

Dans certains pays, le rayonnement d’un footballeur peut être tel qu’il peut suffire à calmer (momentanément) un conflit. Didier Drogba, star ivoirienne, s’est engagé pour la cessation de la guerre civile dans son pays, organisant notamment un match de football international au sein du territoire rebelle. La grande popularité de Drogba en Côte d’Ivoire ont fait que son engagement a aidé à amorcer la fin du conflit.

Ainsi, si le rôle du football dans les relations internationales prend de l’ampleur, celui-ci reste moindre. Le football et le sport en général, par l’adhésion et l’engouement qu’ils provoquent, peuvent faciliter l’amorce de négociations ils ne peuvent en aucun cas les mener à bien.

Sport, l’exemple anglo-saxon ?

Sport, l’exemple anglo-saxon ?

Les JO de RIO se sont achevés le 21 août et, comme à Londres, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne occupent les deux premières places du tableau des médailles avec un total de 188 récompenses. Un total impressionnant qui cache deux approches différentes.

Etats-Unis : tout ou presque pour les universités

Qu’ont en commun Dana Vollmer, Nathan Adrian et Missy Franklin, outre qu’ils sont tous trois médaillés olympiques ? Ils s’entraînent tous à l’Université de Berkeley qui peut se vanter d’avoir remporté 19 médailles dont 8 en or, plus que le Brésil. Aux Etats-Unis et plus que n’importe où dans le monde, le sport est extrêmement lié au système universitaire. Encouragé au 19ème siècle pour améliorer la discipline des étudiants américains, le sport est devenu un motif de compétition féroce entre les différentes universités qui n’hésitent pas à investir des millions de dollars de leur fortune dans des infrastructures dernier cri. Ce qui peut également mener à des situations ubuesques telles que la répartition de l’héritage de cet alumni libraire de l’université du New Hampshire : la librairie de l’université n’a reçu que 100 000$ de son généreux don, l’administration de l’établissement ayant préféré réserver 1 million de dollars pour acheter un nouveau tableau d’affichage pour son stade de football américain. Outre les infrastructures, les universités promettent surtout des bourses conséquentes pour leurs meilleurs athlètes ce qui n’est pas anodin dans un pays où les frais de scolarité peuvent rapidement dépasser les 50 000$. Ces athlètes concourent ensuite pour la gloire de leur université dans des compétitions très suivies organisées par la toute puissante NCAA, la plus grande organisation sportive universitaire au monde. Cette omniprésence du sport au niveau universitaire contraste avec la situation d’un pays comme l’Inde où les infrastructures sont très peu développées et les résultats décevants pour le deuxième pays le plus peuplé au monde.
Le succès sportif des universités américaines dans les disciplines olympiques s’explique également par l’amendement Title IX voté en 1972 qui interdit toute discrimination sur la base du sexe dans les programmes d’éducation soutenus par l’État. Avant cette réforme, très peu d’équipes féminines universitaires existaient en raison de préjugés tenaces : on évoquait alors la fragilité de la constitution féminine ou encore le risque de stérilité pour décourager le sport féminin. Aujourd’hui, 61 des 121 médailles remportées par les Etats-Unis à Rio l’ont été par des femmes. En 1972, elles n’en avaient rapporté que 23 contre 71 pour les hommes. La représentation a elle aussi largement évolué, en 1904, les Etats-Unis avaient envoyé 520 hommes pour les représenter à Saint-Louis contre seulement 6 femmes.
Bien sûr, il existe également une explication beaucoup plus simpliste au succès sportif des Etats-Unis : la combinaison d’une population nombreuse et de ressources très importantes confère un avantage intrinsèque majeur aux Américains. Par ailleurs, 65% des médailles aux Jeux de Rio proviennent de deux disciplines, la natation et l’athlétisme, et les Etats-Unis ne se classeraient que 43ème si on rapportait le nombre de médailles à la population totale. S’ils restent très forts dans les sports collectifs, les performances individuelles sont elles à nuancer.

God save the Olympics

De l’autre côté de l’Atlantique, l’approche est radicalement différente mais les résultats sont les mêmes. Une rupture a lieu aux Jeux d’Atlanta en 1996, lorsque la Grande-Bretagne termine à une piteuse 36ème place au classement des médailles, avec une seule breloque en or. Sous l’impulsion du premier ministre John Major, les britanniques décident alors de financer les disciplines olympiques grâce aux revenus de la loterie nationale, détenue par l’Etat. Aujourd’hui, celle-ci finance à hauteur de 350 millions de livres le sport britannique à chaque olympiade. Cet argent est cependant loin d’être redistribué équitablement : les fonds sont attribués en fonction des espoirs de médaille de chaque discipline. L’aviron, sport traditionnellement pourvoyeur de médailles pour nos voisins britanniques, a ainsi reçu jusqu’à 35 millions de livres tandis que le tennis de table a dû se contenter d’1 petit million. Le modèle est si efficace que l’Australie s’en est désormais emparé.
L’attribution de cette manne financière est du ressort de l’organisation UK Sport, dépendante du gouvernement britannique, qui établit un véritable plan sur huit ans pour espérer glaner un maximum de médailles. En plus du financement individualisé de chaque sport, l’agence a mis en place des programmes scientifiques spécialisés à la recherche du moindre gain, de la moindre amélioration technique. Un tel mode de fonctionnement n’a pas manqué d’attirer les critiques, le contribuable anglais se demandant si dépenser en moyenne £5,5m par médaille était bien raisonnable. Ce financement réservé à l’élite sportive a apporté son lot de laissés pour compte : les sports moins clinquants peinent à préserver leurs infrastructures tandis que l’activité sportive de la vaste majorité de la population se situe à un plus bas historique. La situation est telle que le gouvernement a dû débloquer en urgence £150m pour financer le sport à l’école, à peine la moitié de ce que les champions britanniques recevront jusqu’aux JO de Tokyo.

            Le revers de la médaille

Depuis quelques mois, les critiques pleuvent sur l’Agence mondiale anti-dopage (AMA) et son président écossais Craig Reedie. Après l’exclusion d’une bonne partie de la délégation russe, le rôle prépondérant des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne dans les organisations sportives internationales majeures a été largement remis en cause. Les deux puissances du sport mondial ont notamment été accusées d’être beaucoup moins regardants concernant leurs propres athlètes.

 

Ces critiques devraient se poursuivre après le piratage de l’AMA par le groupe de hackers russes Fancy Bears qui a permis de révéler un usage très répandu, bien que déjà soupçonné, des autorisations d’usage à des fins thérapeutiques (AUT) permettant aux sportifs de suivre un traitement à base de médicaments contenant une substance interdite. Des autorisations qui révèlent au choix une prévalence incroyable de certains maladies chez les sportifs de haut niveau ou une certaine hypocrisie de certains dirigeants anglo-saxons…
Carton rouge pour la FIFA

Carton rouge pour la FIFA

Le football : gangrené par la corruption.

Le ballon rond ne cessera jamais de rassembler les foules. Traversant les frontières, gravissant les montagnes, rebondissant par-dessus les ruisseaux, celui-ci rassemble toujours plus de supporters dans le monde. Après les navires porte-conteneur, la course au gigantisme touche désormais la construction de stades. Toujours plus grands, toujours plus impressionnants. Pour autant, il est rare de voir des gradins vides… La magie du football continue d’opérer.

 

Néanmoins, comme les médias aiment à le souligner, l’univers du sport est aujourd’hui gangréné par de nombreux scandales. Que se soient la triche et les dopages en athlétisme ou plus récemment l’affaire des frères Karabatic dans le handball, ces évènements vont sans nul doute marquer l’histoire du sport.
Mais dans ce contexte, le football tient sa part de responsabilité. En mai 2015, quatorze personnes dont neufs hauts responsables de l’instance dirigeante du football mondial sont inculpés dans le cadre d’une enquête menée par le FBI pour racket, fraude et blanchiment d’argent sur une période de 25 ans. S’ajoute à cela, les soupçons de corruption concernant l’attribution de plusieurs coupes du monde comme celle attribuée au Qatar.
« Le football n’est plus ce qu’il était » : voilà ce que l’on entend en discutant autour de soi. Si certains y voyaient encore un sport noble, cette vision est en train de tomber aux oubliettes. Cependant, une nuance est à opérer : ce n’est pas le sport qui a perdu de sa noblesse puisque les règles restent les mêmes, c’est l’univers de celui-ci qui, depuis quelques années, devient hautement critiquable et un tant soit peu malsain.

 

Autour du terrain gravite toute une série d’astres qui gagneraient à repartir dans les tréfonds de la galaxie. Pots de vin, propos sexistes de Sepp Blatter, non-respect de la minute de silence adressée à Nelson Mandela, les bourdes des hauts dignitaires sportifs ne se comptent plus. Corruption et compagnie sont désormais les mots d’ordre pour qui veut régner sur le grand royaume du football. Etrangement, ces techniques se retrouvent chez nos chers dignitaires français.
Le football ne serait-il pas en train de devenir une arène politique ? Malheureusement, le mal est déjà fait. La présidence de la FIFA s’apparente désormais au conseil des ministres. L’espèce dite d’origine « sportive », dont la figure majeure est Michel Platini, est actuellement en voie de disparition. Evidemment, il convient de préciser que l’adjectif « sportif » n’est pas un rempart contre la corruption.

 

Plusieurs questions restent donc en suspens. Quand les dirigeants de la FIFA comprendront-ils qu’il ne faut pas mélanger sport et politique ? Quand comprendront-ils que toutes ces actions nuisent à l’image du football ? Quand comprendront-ils que le football a besoin de retrouver des valeurs solides ? Peut-on espérer un avenir meilleur ? Toutefois, la suspension de leurs fonctions de Sepp Blatter et Michel Platini est une première pierre apposée à l’édifice du redressement moral du monde footballistique.

 

Cristiano Ronaldo a dit un jour : « Je ne suis pas assez intelligent pour être président de la FIFA ». Mais les faits parlent d’eux-mêmes Cristiano, dans le football, l’intelligence n’est pas la qualité essentielle requise pour occuper des postes à hautes responsabilités. En d’autres termes, vas-y mon pote tu as toutes tes chances !

Introspection et rap français

Introspection et rap français

« Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemples et dont l’exécution n’aura point d’imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature; et cet homme ce sera moi. Moi seul ». L’incipit-marquant- des « Confessions » réaffirme la valeur intellectuelle de la conscience de soi, et, dans une volonté de transparence de soi à soi, Rousseau fait de l’observation de ses états de conscience le matériau privilégié de l’expression du « moi ». De fait, l’introspection, véritable tradition littéraire française qu’inaugure Montaigne en réintroduisant le « moi » comme sujet d’étude premier et non plus comme champ d’analyse philosophique (le « moi » romantique contre le cogito cartésien), trouve de bien curieuses-du moins à première vue- occurrences dans le rap français.

          S’inscrivant dans un absolu de recherche de la sagesse, l’introspection fait en effet de nombreux émules dans cette mouvance culturelle et musicale que se veut le rap français. Dès 1995, Akhenaton et son « Métèque et mat » semble être partagé entre fougue (« Bad boys de Marseille« ) et spleen (« Au fin fond d’une contrée« , ou chacune de ses rimes semble le meurtrir). Fougue qui laisse place à la contemplation sur le sombre et déprimé « Sol invictus« , que clôture amèrement « Mon texte le savon« (« évacuer le fiel par la plume, je n’ai que ça dans le sang »). Probablement moins « bankable » que la trap musique, le rap introspectif se veut souvent sobre, réfléchi et angoissé. Shurik’n, avec sa « Lettre« , nous livre un plaidoyer musical en faveur du respect des valeurs viriles (honneur, respect, droiture) tout en rappelant l’importance de la transmission, donc du rapport père-fils.
Dès lors, le rap introspectif gagne en sincérité et en force émotive ce qu’il perd en fougue et en éclat. Face à la nuit, loin de son équipée épique et barbare avec Booba sur « Pucc fiction« , il ne reste que la langueur et la mélancolie à Oxmo, et, « Mourir 1000 fois« , véritable tissu d’assertions et de métaphores venant souligner le dénuement du black Jacques Brel face à la mort : « j’ai peur de la mort, je le sais, je l’ai vu épeler mon nom appeler des amis, jamais je les ai revus ». La morgue originelle du rappeur se dilue alors dans un flot/(w) de rimes et d’images. C’est pourquoi Oxmo ,dans « J’ai mal au mic« , fait, par métonymie, de la plume du MC son cœur. Or, elle se montre ici grinçante, désabusée, de sorte que seule la mélodie semble pouvoir triompher du spleen : « carabine à air déprimée cherche tempe [..] »La musique est ma porte d’échappement chaque note m’apporte un rythme cardiaque suffit que le beat reparte pour que mon mic batte ». Refusant toute hypocrisie (« Hypocritès », celui qui avance masqué..), Oxmo nous livre avec « l’enfant seul » un chant du cygne sur l’enfance et ses meurtrissures, sous forme d’hommages aux éternels petits garçons malmenés par la vie. Véritable miroir dans lequel chacun peut sonder le fond de son âme, « L’enfant seul » est la quintessence de ce que le rap introspectif a pu offrir de mieux : solitude, mélancolie, rimes acérées et poésie. Jugez plutôt : « Maitrise lancinante sentiments en ciment sinon dans 6 ans on me retrouve ciseaux dans le crâne dans le sang gisant ».
Même Booba, plus habitué à se dresser en fossoyeur du rap français (« Repose en paix« ) qu’a s’épandre sur le pathétique de la vie, nous livre avec son superbe « Ma définition » un testament musical aux accents tant mélancoliques que conquérants (« La folie, le sang, la mélancolie, du rap, du fil rouge des risques et du son : ma définition »). Regard amer sur l’enfance, habituelles fanfaronnades, misanthropie latente transcendée par l’instrumentale de « Mistral gagnant » (Renaud est l’une des principales inspirations de Booba) font de même de « Pitbull » la lettre d’adieu du MC au rap français.
Souvent déroutante et vertigineuse, l’introspection dans le rap français tranche assez radicalement avec l’imagerie -souvent fantasmée- associée à la culture hip-hop.Et si, par delà sa morgue, son inconscience et ses fulgurances, tout grand rappeur était sur le point de sombrer dans l’abîme du spleen ? Preuve en est ce coup d’éclat dans la discographie de Doc Gynéco qu’est « L’homme qui ne valait pas dix centimes« . Le doc, plus célèbre pour son amour du football , des substances illicites et des téléfilms programmés la nuit sur la TNT que pour sa propension à faire pleurer la plume, nous livre un chant du cygne poignant, entre dégoût -légitime- vis-à-vis de l’industrie du disque et son mépris du talent naïf, conscience de la précarité de son statut d’artiste (« Pourquoi subir tel un cireur de chaussures pour m’en sortir je me fais conteur de mésaventures ») et lucidité sur la bassesse de son époque.
Le rap introspectif se met en effet souvent au service de la critique sociale. Déjà John Fante, (dans son fabuleux « Demande à la poussière« ), Burroughs, ont fait de l’introspection le moyen d’expression de l’errance des crèves-la-faim, des marginaux face à la « nouvelle société » d’après-guerre et ses mirages. Si Bukowski a l’ambition dès ses « Contes de la folie ordinaire » de répondre au malaise dans la civilisation par la véhémence de son écriture, alors la prose accusatrice et vivante d’un Akhenaton (« On était tous des anges à l’école, le diable est apparu en cherchant du taf quand on a serré la pogne à Eole » « Mon texte le savon part 2« ) s’inscrit dans cette digne tradition. Engagement que revendique Kery James, qui a fait de la défense des humbles (Au prix de nombreuses polémiques, dont celle fort récente sur sa phrase « Y’a pas que les arabes et les noirs ce sont tous les pauvres qu’ils méprisent » l’identité constituante de sa musique. Le MC d’Orly, adepte du rap introspectif et des morceaux fleuves (Lettre à mon public, le combat continue, Post scriptum, banlieusards…), s’érige ainsi en poète vindicatif mais désabusé : »Nos textes sont des toiles que dévoilent nos mal-êtres des destins sans étoiles »,« A l’ombre du show business »

Le rap introspectif prend souvent des accents céliniens, en ce qu’il ne connait pas le principe de non-contradiction : en effet, il nous donne à voir deux voix puissamment contradictoires. Si le quotidien du rappeur semble le ramener inexorablement à un constat d’abjection, qui prend forme (musicale) en cette voix du ressentiment, voix à laquelle il oppose périodiquement à celle de la compassion (déjà Céline pressentait « qu’on a honte[..] d’avoir jugé l’humanité plus basse qu’elle n’est vraiment au fond », « Voyage au bout de la nuit« ). Cette duplicité s’observe à merveille sur « Pousse au milieu des cactus ma rancœur » ou un Akhenaton rancunier et vengeur vient, sur un sample de « Le bon, la brute et le truand« , nous livrer ses sentiments ambivalents : »Enfanté dans l’amour, mes sentiments sont confus confluent dans le lit de mes rêves d’une pièce exiguë ma salive est empoisonné mes larmes sont de la cigüe ». Force est de constater qu’il y a souvent assez de haine pour refaire un monde dans certains textes de rap. Toutefois, si Rohff semble plus prompt à cultiver l’image du rappeur survolant le rap game (« Rap game« , « la grande classe« …) que celle de l’aède, du poète tisseur de mythes sociaux, Housni a su nous délivrer quelques tracks -dont le glaçant et poignant « Regretté« – ou l’angoisse de la mort prend le pas sur la fascination pour la violence et l’argent facile. Le MC, habitué des fanfaronnades sur BPM (« J’suis venu au monde en mode numéro un », « En mode« ) et des punchlines mordantes, se découvre et redevient un simple mortel devant l’évidence de la mort, invité sinistre lui ayant retiré tant de proches (dont le rappeur du collectif Mafia K’1 fry Las montana).

Incertain, hasardeux, souvent revanchard et aigri, le rap introspectif peut s’apparenter à une certaine poétique de la chanson grise (doit bien y avoir une cité qui s’appelle Verlaine en Ile-de-France…), à une complainte mélodique (ou mélodieuse) , dont le but premier n’est pas tant de dénoncer ou de divertir, mais bien de dire l’échec, l’incertitude et le désarroi, trouvant ainsi un public élargi. Afin de clôturer cet article sur une note guillerette, je vous laisse avec Fuzati, MC versaillais ayant une tendance somme toute fâcheuse à faire l’apologie du malthusianisme, et dont le titre même de son album phare (« La fin de l’espèce« )  évoque le refus biologique de procréer, album ou sa haine nauséeuse fait rage sur les productions léchées de Detect.

Avant-goût prometteur de la Copa Mundial 2014

Avant-goût prometteur de la Copa Mundial 2014


Tant préparée et tant attendue, la date du 12 juin 2014 sonne le glas de l’événement sportif qui va tenir en haleine toute la Planète pendant un mois : la Copa Mundial 2014. Comme nous savons à quel point on aime le football à TBS, nous revenons pour vous sur le début haut en couleur de cette 20e coupe du monde de football organisée cette année par le Brésil.

20h15 (Heure de Paris) : Début de la cérémonie d’ouverture. C’est face à un  stade de l’Arena Corinthians de São Paulo vêtu de jaune, de vert et de bleu que défilent plusieurs centaines de danseurs brésiliens. Sans l’ombre d’un doute, la nation de la samba a voulu mettre la communion avec la nature sur le devant de la scène. Ainsi, un tableau de fleurs et d’arbres, sorte de clin d’œil à la splendide forêt amazonienne, se dessine et arbore même une touche de psychédélisme.
Crédit : DIMITAR DILKOFF / AFP
 Brésil, nation métissée luttant pour préserver son patrimoine amérindien. Avec leur coiffe et costume traditionnels ainsi que leur maquillage ethnique, les populations indigènes, souvent mal comprises dans ce pays en développement, ont également eu droit à leur moment de gloire lors de cette cérémonie. Vient ensuite, l’hymne officiel de la coupe du monde de football 2014 « We are One (Olé, Olé) » interprété par la belle Claudia Leite suivi du show du rappeur Pitbull et de la chanteuse Jennifer Lopez. Malgré un problème de son apparent, cette interprétation 100% latine a réussi à endiabler le stade plein à craquer de l’Arena Corinthians.
Crédit : FRANCOIS XAVIER MARIT / AFP
22h00 (Heure de Paris) : Début du premier match de la Copa Mundial de football entre la Croatie et l’équipe organisatrice de l’événement, le Brésil.
Dans les couloirs, le stress du match de lancement semblent s’esquisser sur les visages des footballers. L’arrivée de l’équipe brésilienne et l’interprétation de l’hymne national mettent le public en osmose mais ne semblent pas pour autant intimider les Croates.
Si l’on garde en tête l’image du Brésil comme la nation du football, les nouveaux ressortissants de l’Union Européenne sont bien décidés à ne pas se laisser faire. Cette combativité semble même payer durant les dix premières minutes de ce match face à une Seleçao vraisemblablement agitée par la pression connue de toute équipe organisatrice. Trop de pression, tue la pression. C’est à la 11e minute de jeu que l’improbable se produit : le brésilien Marcelo inscrit le tout premier but de cette compétition mondiale contre son camp, offrant un avantage à l’équipe Croate. Le Brésil s’accorde dix minutes supplémentaires pour prendre ses repères et imposer son jeu. Le brésilien Neymar refuse de s’incliner face aux Croates et redouble de tentatives pour faire trembler la cage de Pletikosa. C’est à la 29e minute que le joueur du FC Barcelone inscrit le second mais véritable premier but brésilien. Les minutes qui suivent donnent lieu à des occasions de but manquées de la part des deux équipes mais montrent une équipe brésilienne imposant davantage son jeu. A quelques minutes de la fin de la première mi-temps, Neymar accorde un coup franc intéressant au Brésil mais qui sera finalement dévié par l’adversaire croate.  La première mi-temps s’achève sur un jeu croate nettement moins dynamique et résistant face au jeu brésilien.
Début de la deuxième mi-temps. Face à l’enjeu que représente la victoire de ce match d’ouverture, les deux équipes se disputent à coups d’attaques, de contre-attaques et de tacles agressifs.  Les occasions manquées se multiplient des deux côtés. A la 65e  minute, Neymar, victime d’un tacle agressif du n°5 Croate, offre un coup franc intéressant au Brésil : le tir semble être cadré, le public brésilien retient son souffle mais le ballon vient se loger juste au-dessus des buts croates. Trois minutes plus tard, un penalty injustifié est sifflé en faveur des brésiliens. Neymar, l’attaquant du FC Barcelone, y inscrit son doublé. Le jeu semble de suite s’accélérer et la pression envahit l’équipe croate. A la 75e minute, sur coup franc de Neymar, qui s’impose délibérement comme l’homme de ce match d’ouverture,  le brésilien David Luiz manque une occasion exceptionnelle de 3e but. A 10 min de la fin du temps de jeu réglementaire, le joueur croate Olic obtient un affront musclé avec le gardien brésilien et tente de marquer de la tête. Alors qu’un de ses coéquipiers parvient à transformer cette balle perdue en but, l’arbitre siffle faute sur le gardien et vient briser le rêve d’égalisation croate. A la dernière minute du temps réglementaire, le joueur Brésilien Oscar inscrit le 3e but de ce match d’ouverture. 3e but brésilien, 3e coup dur pour une équipe croate qui semble avoir fléchi sur le mental.

Après 4 minutes de temps additionnel, l’arbitre siffle la fin du match et la victoire du Brésil 3-1. Une victoire dans la douleur face à une équipe croate qui n’a sûrement pas démérité et qui est parvenue à montrer les limites de la si redoutée Seleçao.
Gabrielle Esperance