L’obsolescence programmée, encore et toujours d’actualité

L’obsolescence programmée, encore et toujours d’actualité

« J’ai plus de batterie ». Phrase super malheureuse, mais surtout phrase que l’on entend un peu trop fréquemment. Il faut dire que quand ton téléphone passe à 20% de batterie disponible alors que tu l’as chargé toute la nuit et qu’il est seulement 10h du matin…il y a de quoi devenir rapidement épuisé. Surtout quand ledit téléphone a à peine 2 ans et qu’il t’a coûté plus de 500 euros.

Et si ce n’était que les téléphones…Le problème, c’est que l’obsolescence programmée touche tous les objets électroménagers et électroniques (c’est pour ça que ta mère pète un câble quand sa machine à laver tombe en panne après seulement 3 ans d’utilisation et que tes grands parents lâchent des « c’était mieux avant »…).

Mais alors…c’est quoi l’obsolescence programmée ?

L’obsolescence programmée est l’ensemble des techniques utilisées pour réduire la durée de vie ou d’utilisation d’un matériel pour en augmenter son taux de remplacement. En gros pour faire simple, c’est quand les entreprises jouent sur la composition de leurs produits pour qu’ils tombent plus rapidement en panne et qu’on rachète du matériel neuf (acheter, acheter, toujours acheter…).
Le terme d’obsolescence programmée apparait dès 1932, et c’est un promoteur américain, Bernard London, qui le définit le premier. Ce dernier voulait que le gouvernement américain instaure une législation positive à propos de l’obsolescence, afin de stimuler et maintenir la consommation. Bon, à cette époque, ses idées n’avaient pas vraiment été reprises politiquement.
Et pourtant, dix ans plus tard, en 1942, le célèbre économiste Joseph Schumpeter instaure le principe de « destruction créatrice » et le décrit dès lors comme le fait d’« inculquer à l’acheteur le désir de posséder quelque chose d’un peu plus récent, un peu meilleur et un peu plus tôt que ce qui est nécessaire » (comme quand tu veux acheter le super IPhone X alors que tu as déjà le 8).

Donc pour faire court, l’obsolescence programmée ça fait bien longtemps que ça existe et ça n’a jamais été un sujet tabou !

Les exemples les plus symboliques d’obsolescence programmée qui vous feront dire « ah mais oui ! »

Nombreux sont les exemples de produits touchés pas l’obsolescence programmée. Vous en avez peut-être d’ailleurs un entre vos mains en ce moment même. Mais au-delà des exemples les plus classiques (comme quand ton IPhone ne veut plus télécharger de mise à jour), il existe aussi des exemples tout à fait surprenants.
Depuis quelque temps, les fabricants d’imprimantes sont accusés d’installer des puces dans leurs machines, afin qu’elles se bloquent au bout d’un certain nombre d’impression ou qu’elles indiquent à tort qu’il n’y a plus d’encre pour que l’utilisateur change la cartouche. Et pourtant, ces pratiques sont bel et bien interdites en Europe.
Et pour ces mesdames pas spécialement indignées par l’histoire des imprimantes, sachez que si la plupart de vos collants se filent dès la première ou deuxième utilisation, ce n’est pas votre karma. Pour tout vous dire, lorsque les bas nylons furent mis en vente dans les années 1940, le produit rencontra un énorme succès, mais les collants étaient tellement résistants que la croissance du produit sur le marché était limitée. Du coup, les entreprises décidèrent de modifier la composition de leur produit pour qu’ils soient plus facilement filables (et donc que le consommateur en rachète rapidement).

La lutte contre l’obsolescence programmée

Pour commencer, il faut dire qu’en France, depuis 2015, une loi existe afin de sanctionner les entreprises qui utilisent l’obsolescence programmée. En effet, les constructeurs sont passibles de 2 ans de prison et de 300.000 euros d’amende si une pratique d’obsolescence est prouvée. Mais pour les experts, sanctionner n’est pas la solution. A la place, il faudrait plutôt créer des labels et des certifications pour inciter les constructeurs à agir correctement et sensibiliser les consommateurs au moment de l’achat. Les trois solutions aujourd’hui proposées par les gouvernements seraient de contraindre les constructeurs à indiquer la durée de vie de leurs produits, de développer des incitations fiscales mais aussi de mettre en place un label réparabilité (qui éviterait de tout jeter dès qu’une pièce dysfonctionne).

Mais il est aussi possible, en tant que consommateur de privilégier des marques qui luttent contre l’obsolescence programmée et qui sont éco-responsables. Ces marques spécialisées (Patagonia, Fairphone,..) restent cependant assez peu nombreuses et il est donc bien difficile pour le consommateur de trouver des produits encore non intoxiqués par cette obsolescence programmée…

L’expatriation, un « must have » ?

L’expatriation, un « must have » ?

Tu viens de terminer 3 ou 4 belles mais intenses années à Toulouse Business School. Fraîchement diplômé, il est maintenant nécessaire de trouver le plus rapidement possible un job (n’oublions pas qu’un prêt étudiant attend d’être remboursé…). Si certains trouvent facilement du travail après des stages fructueux en France, d’autres (et ils sont souvent nombreux) se tournent vers l’international. Depuis le début déjà, TBS (comme la plupart des grandes écoles de commerce) oblige ses étudiants à partir un ou deux semestres à l’étranger, que ce soit en campus ou en université partenaire. Les retours de ceux qui rentrent pour terminer leurs études sont souvent positifs, et ils voient déjà d’ailleurs se profiler à l’horizon un nouveau départ hors de France dès qu’ils auront leur diplôme en poche.

Mais alors pourquoi ce si grand attrait pour l’étranger, et surtout, pourquoi ce désamour des jeunes pour la France au moment de trouver leur premier poste ?

Le phénomène est relativement récent en France (environ une décennie), et pourtant le nombre de jeunes diplômés qui quittent le pays à la fin de leurs études ne cesse d’augmenter (+1,7% en 2016).
Les motivations de ces départs sont pour la plupart similaires : retrouver un pays ou une ville dans laquelle on a évolué et où l’on s’est senti intégré et à sa place, retrouver notre bien-aimé rencontré un an auparavant et resté sur place, l’ouverture du marché du travail dans certains domaines (on pensera à Londres pour la finance,…), sans oublier les salaires qui sont bien plus attrayants à l’étranger (environ 45.000 euros par an pour un jeune manager à l’étranger, contre 37.000 euros par an en France, à formation égale). Beaucoup évoquent « un système trop fermé», la « peur d’échouer en France », « le besoin d’internationaliser le CV » ou encore « l’envie de changer d’air et de découvrir de nouvelles choses en entreprise ». On comprend donc que l’envie de partir vers de nouveaux horizons soit plus forte que celle de rester…

Mais si « l’herbe est plus verte ailleurs », cette fuite des cerveaux n’est-elle pas un problème pour la France ?

Et oui, toi jeune TBSien, tu t’inquiètes pour ton pays d’origine et te demande comment notre économie peut, ou pourra, survivre à la fuite de ton cerveau et de ceux de tes potes vers des destinations exotiques et des salaires plus attrayants ! Pas de panique, d’autres se sont déjà penchés sur le sujet, et ont montré que les départs français sont souvent compensés par l’arrivée de jeunes étrangers (grâce à des programmes d’échanges comme Erasmus) et par le retour au pays d’expatriés de longue date, qui reviennent en France pour des raisons personnelles ou professionnelles. Cependant, n’oublions pas que les avis restent mitigés, et que la France enregistre pour l’heure plus de départs que d’arrivées.

Un retour au pays difficile ?

Après être parti faire le tour du monde pendant quelques années, vient l’heure de rentrer en France pour de nombreux expatriés. Mais bien souvent, les retours sont difficiles voire insurmontables car les démarches administratives sont pour la plupart très longues. Par exemple, il faut parfois un an pour avoir une situation régulière auprès de la sécurité sociale, ou des complémentaires de santé…
Alors que d’autres pays comme le Canada accueillent à bras ouverts leurs revenants, nous avons encore de nombreux progrès à faire pour permettre à ceux qui le veulent de rentrer (souvent accompagnés d’un/une conjoint(e) étranger(e) et parfois même de petits marmots à la double nationalité)… Il n’est donc pas difficile de comprendre pourquoi ils sont encore peu nombreux à revenir, d’autant plus que l’accueil qu’ils reçoivent n’est pas toujours des plus chaleureux, la France n’ayant pas une culture profondément migrante.

Débats sociétaux : La France face au harcèlement de rue

Débats sociétaux : La France face au harcèlement de rue

SOCIÉTÉ – « Bisous mademoiselle », « Woaw, très charmante »,… Les comportements sont divers mais les réactions sont souvent les mêmes. Une femme qui baisse la tête et qui fait semblant de ne pas avoir entendu, des témoins passifs, et toujours les mêmes ricanements de la part de « l’agresseur ». Ces situations portent un nom : harcèlement de rue. Peu reconnu comme tel et souvent minimisé, il fait actuellement partie intégrante du débat sociétal en France et à travers l’Europe. Et pourtant, nous sommes bien en 2017, alors est-ce normal ?

Des faits minimisés

Les réponses aux témoignages des victimes sont-elles-aussi souvent les mêmes : « Mais c’est pas si grave, elles en font des caisses », « C’était pas méchant » ou encore le légendaire « Fallait pas sortir habillée comme ça, elle l’a cherché ». Et pourtant, les chiffres sont alarmants. Selon un sondage Ifop publié en 2012, les Françaises entre 18 et 30 ans sont de moins en moins à l’aise dans l’espace public : une sur quatre a peur dans la rue, une sur cinq est victime d’injures, une sur dix a déjà subi des attouchements.

Les femmes sont donc de plus en plus contraintes à changer leur mode de vie. Elles sont nombreuses à maintenant bannir les robes et jupes de leurs placards et à changer leurs trajets ou horaires afin de ne pas se retrouver dans une situation compliquée. Est-ce normal ? Pourquoi une femme, sous prétexte qu’elle est une femme, devrait changer ses habitudes et sa garde-robe ? Mais il y a encore pire : toujours selon une enquête Ifop, cette fois publiée en 2016, un Français sur trois estime que la responsabilité d’un violeur est atténuée si la victime porte une tenue jugée sexy ou provocante. Comment en est-on arrivé là ? Alors que les femmes tendent (enfin) à avoir plus de responsabilités dans les entreprises et que les gouvernements s’efforcent de maximiser l’égalité entre les hommes et les femmes, ces dernières sont encore très souvent considérées comme de simples objets.

Des solutions gouvernementales plus ou moins soutenues

Certaines voix s’élèvent depuis quelques temps pour dénoncer ces regards insistants, remarques indécentes et paroles sexistes que les femmes subissent aussi bien dans la rue qu’au travail, ou encore dans les transports en commun (remarquons qu’il y a toujours des témoins susceptibles de réagir autour mais qu’ils ne sont que très peu à intervenir…là encore, est-ce normal ?). Parmi ces voix, outre les quelques femmes suffisamment courageuses pour poster des photos avec leurs agresseurs sur les réseaux sociaux ou les filmer en vidéo caché, celle de Marlène Schiappa, actuelle Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les Femmes et les Hommes. Son annonce à propos de la pénalisation du harcèlement de rue a fait naître le débat et pose des questions essentielles, auxquelles des réponses n’ont pour l’heure pas été fondées. Comment renforcer les contrôles sans mettre un policier derrière chaque femme ? Comment définir clairement cette « zone grise », présente entre la séduction consentie et le harcèlement ?

Les discussions sont à l’heure actuelle ouvertes, mais de nombreuses associations féministes et internautes appellent le gouvernement à trouver une autre solution, car selon eux, celle-ci permettrait aux agresseurs les plus riches « d’acheter le droit de harceler ». Tous tombent néanmoins d’accord sur un point : la nécessité de la prévention. Prévenir les femmes, pour qu’elles puissent appréhender ces situations, et prévenir les hommes afin de provoquer un changement culturel.

Des réactions abusives qui ne font que déplacer le problème

Outre les réactions gouvernementales qui se mettent en place et les appels des internautes, de nombreuses associations se mobilisent donc déjà (et ce depuis quelques temps) pour pousser des cris d’alerte. C’est notamment le cas d’un collectif anonyme, qui a décidé d’organiser une marche nocturne le samedi 25 novembre 2017 dans les rues de Toulouse. S’appuyant sur le fait que le 25 novembre soit la Journée mondiale contre les violences sexistes, les organisateurs ont créé un évènement Facebook pour l’occasion, en donnant des précisions on ne peut plus équivoques : la manifestation est purement féministe et n’accueillera aucun homme cisgenre (c’est-à-dire né homme et se sentant homme). Cette volonté de non-mixité fait largement parler d’elle, et nombreux sont ceux qui sont en parfait désaccord avec cette idée de vouloir bannir les hommes de l’événement (tous décrits dans l’affiche de présentation comme des machos et des fachos…).

Ainsi en 2017, est-ce normal que nous soyons non seulement obligés de réglementer le harcèlement de rue pour qu’il disparaisse ou de dénoncer ces comportements à coup de débats et de reportages poignants sur les grandes chaines de télévision ? Mais aussi et surtout, est-ce normal que nous soyons obligés de maintenant gérer ceux qui face à ce sujet épineux divisent la population (comme par exemple avec ce genre de manifestations) plutôt que de s’unir face à ce vrai problème de société ? La réponse est sans équivoque : Non.

 

Restriction du port d’armes aux États-Unis : un idéal encore utopique ?

Restriction du port d’armes aux États-Unis : un idéal encore utopique ?

Les États-Unis, nation d’abondance et de richesse, véritable terre d’opportunités, berceau des nouvelles révolutions industrielles et numériques, n’ont cessé (et encore aujourd’hui) de nous faire rêver. Qui n’a jamais eu envie de visiter New York ? Ou d’admirer les paysages sans fin de la Californie ? En effet, cette « terre promise » continue et continuera de nous émerveiller, de nous transporter. Néanmoins, certaines polémiques viennent troubler la tranquillité qui semble y régner. Le mois dernier, Stephen Paddock, a ouvert le feu sur la foule depuis sa chambre d’hôtel, une soixantaine de personnes ont alors trouvé la mort à Las Vegas, lors de la tuerie la plus meurtrière de l’histoire des Etats-Unis à ce jour.  Un évènement qui vient une nouvelle fois raviver les débats sur le port d’armes dans le pays. Alors, quelle place doit-on accorder à cette pratique dans la société américaine? Faut-il supprimer ce droit, considéré par les Américains comme un des fondements de leur liberté ?

Un symbole d’indépendance et de liberté

Le port d’armes, garanti par le 2e amendement de la constitution américaine est considéré comme un symbole de l’indépendance du pays, et par conséquent, une liberté fondamentale qui ne cesse de rappeler aux Américains la force de leur peuple. Ancré dans toutes les mentalités, cet amendement est indiscutable. La National Rifle Association, se targue de répéter qu’il ne s’agit que de la pure défense. Le puissant lobby pro-armes à feu soutient cette hypothèse tout comme les entreprises spécialisées dans le secteur, à l’image de la Boise Gun Company, dont un des managers ne cesse de clamer que « ce ne sont pas les armes qui tuent, ce sont les hommes ».

Enfin, n’oublions pas qu’au pays du dollar «gun is good for business», avant d’être la défense d’une liberté, la vente d’armes génère un chiffre d’affaires de 7 à 8 milliards de dollars par an et produit environ 11 000 emplois, ce qui a de quoi décourager toute réforme pour l’annulation des ventes.

Véritable symbole de la société américaine et business aux impacts non négligeables, la préservation du port d’armes semble irréfutable. Cependant, celle-ci est également au cœur des polémiques du pays et  facteur de fracture, entre une Amérique garante des droits fondamentaux et une plus réformiste.

Un droit de plus en plus contesté

On compterait environ 88 armes pour 100 personnes. Les États-Unis, pays où les violences par armes à feu sont quotidiennes, sont parmi les États occidentaux, celui où la proportion de tués par balle est la plus élevée. Las Vegas, Orlando, Aurora ou Colombine ne sont que des exemples de tuerie parmi d’autres. Mais, à chaque fois, les problèmes que pose le 2e amendement sont montrés du doigt. Sans aller jusqu’à remettre en cause le droit du « carry guns », certains s’inquiètent de leur prolifération et voudraient mettre en place un contrôle et une régularisation plus juste. C’est ce qu’Obama avait d’ailleurs tenté de faire mais sans succès : tout vendeur aurait dû posséder une licence et vérifier le passé judiciaire de l’acheteur. Une vérification sur la santé mentale de certains était aussi requise. L’ancien président n’a cependant pas réussi à mettre en place une législation suffisamment stricte et il en va de pair que ces mesures ont été abandonnées avec l’élection de Donald Trump.

Le président a en effet placé le débat au cœur de sa course à la maison blanche allant jusqu’à dire qu’ «à Paris, personne n’avait d’armes à part les terroristes, mais si les spectateurs avaient eu une arme et le droit de l’avoir sur eux, la situation aurait été différente » concernant les attaques terroristes de Novembre 2015.

Mais alors une solution est-elle actuellement possible ? Peut-on attendre du président des États-Unis un revirement sur ces promesses de campagne au vu des récents évènements ?

Une solution est-elle possible ?

Même après la tuerie de Las Vegas, la situation semble toujours favorable au droit du port d’armes pour deux raisons.

En premier lieu, Trump a été élu grâce au lobby des armes : la NRA a contribué à sa campagne et continue de soutenir les Républicains : 205 Républicains sur 435 membres de la chambre des représentants auraient reçu des donations. Loyal et reconnaissant, le président ne peut aller en sens inverse.

Enfin, même si certaines personnalités sortent de l’ombre pour exprimer leur défaveur à la continuation de la politique sur le port d’armes, ceux-ci ne représentent pas la majorité des Américains et l’opinion publique reste actuellement, et comme elle l’a toujours été, favorable à ce droit.

Ainsi, même si constamment contesté, le port d’armes n’en demeure pas moins un symbole de liberté fondamentale pour les Américains. Liberté, qui comme le dit Tocqueville « répand dans tout le corps social une activité, une force, une énergie». L’arme à feu reste célébrée comme un objet culturel, des westerns et rodéos aux foires et salons organisés. Le sujet interpelle, divise et choque mais piétine si ce n’est qu’il ne reste figé. Reste alors à savoir si, un jour, un compromis sera trouvé entre la liberté que ce droit procure et la dangerosité qu’il engendre.

 

Le catalanisme : arnaque électorale ou renaissance d’un nationalisme ?

Le catalanisme : arnaque électorale ou renaissance d’un nationalisme ?

Le Catalanisme apparaît aujourd’hui comme la forme ultime de la lutte jeune et dynamique contre « l’oppresseur. »
A se demander d’ailleurs si l’on pourra un jour concevoir de nouveau une aspiration indépendantiste crédible dans une région pauvre (exception faite de la terre repue de colline et de ruisseaux au nord du mur d’Hadrien).
Ce qui apparaît aujourd’hui être une mauvaise idée pour une courte majorité de catalans serait unanimement qualifié de catastrophe par les habitants du pays basque.

Ce qui est clair c’est que l’indépendance constitue un filon électoral très rentable. L’indépendantisme, c’est vendeur, ça fait vibrer la fibre patriotique, ça fédère l’électorat autour de son chef « légitime », défenseur de la cause catalane, contre un ennemi commun, en l’occurrence Madrid.

Quand les dirigeants de l’Espagne font l’autruche

Il faut dire que le gouvernement madrilène fait depuis de nombreuse années un effort régulier et constant pour passer pour le méchant dans l’histoire.
En deux ans, les institutions représentatives du pouvoir central espagnol ont retoqué 17 fois le projet de référendum sur l’indépendance catalane. Leur obstination imbécile fut le meilleur argument des partisans de Puidgemont. Comment ont-ils pu croire avec tant de conviction que c’est en secouant la tête une dix-sept fois de suite en deux ans que le problème catalaniste se réglerait ? Comment croire qu’à une foule compacte, criant d’une seule voix leur volonté de ne plus être espagnols, on peut opposer l’enjeu de la conformité à la constitution… espagnole.
Il était évident que l’attitude de Madrid ne pouvait mener qu’à l’impasse. Par là même d’aucun peut cautionner la démarche des indépendantistes qui consiste, devant cette attitude de déni, à se passer de l’opinion de Rajoy et de l’Espagne.

Mais l’indépendance a ceci de pratique qu’elle occupe l’électeur. Elle permet de ne laisser aucun blanc sur l’agenda politique. Celui de la Catalogne aurait pourtant de quoi être remplie à raz-bord.
Se focaliser sur l’attitude stupide du gouvernement espagnol, c’est occulter le fait que les indépendantistes ont gouverné la région depuis le retour de la démocratie en Espagne, soit 30 ans presque ininterrompu de règne sans partage.

Pour une Catalogne à 3%

Jordi Puyol président de la Generalitat de Catalogne, a dirigé la région depuis la transition démocratique. Démocrate-chrétien, indépendantiste, bon père de famille, le bonhomme est impliqué dans des affaires de corruption, accusé d’avoir détourné près de 100 millions d’euros en totalité, via l’attribution de marchés publics à des sociétés catalanes. A titre les accusations formulées à l’encontre de Patrick Balkany ne font état « que » de quelques millions d’euros d’enrichissement personnel

Le parti Convergencia y Unio (dont Puidgemoment est issu) n’en est pas à son coup d’essai, en ce qui concerne les détournements et les abus de biens sociaux. L’affaire des 3% en est la meilleure illustration. Cette affaire constitue certainement le scandale politco-financier ayant eu les répercussions les plus lourdes sur le parti indépendantiste. 3%, comme le pourcentage que prenait les responsables de la Generalitat en commissions sur l’attribution de chaque marché public pendant près de 20 ans.

Pourtant force est de constater que les indépendantistes et les socialistes (au pouvoir pendant 7 ans durant les années 2000) firent régner jusqu’alors la plus grande omerta sur ces commissions dans toutes les instituions. On n’a pas compté plus d’un député régional pour sortir du silence.

La tentation est forte, dans ces conditions, de faire converger les mouvements catalanistes et fillonistes. Se poser comme un chef d’état en puissance, ça a autrement plus de tête lors d’une négociation avec des politiciens madrilènes ou des juges. Les référundums illégaux ou non détourne l’électeurs des affaires de corruption, et force la main d’un pouvoir judiciaire ennuyeux. Un remède efficace contre l’obligation de rendre l’argent !

Catalanisme, régionalisme particularisme et nationalisme

Le catalanisme peut-il pour autant se résumer à une simple escroquerie électorale ? Peut-on vraiment passer outre l’aspiration, non d’une majorité de citoyens comme on veut bien nous le faire avaler, mais d’une tranche non négligeable de la population ? Question rhétorique, bien évidemment.

Comprendre le mouvement indépendantiste catalan est devenu plus compliqué, au sens où il est aujourd’hui à cheval entre deux paradigmes. D’un particularisme régional, le catalanisme s’est fait nationalisme.
Avant de se demander quel crédit donner aux mouvements régionalistes comme le catalanisme il convient de s’accorder sur une définition du régionalisme.
Un courant politique qualifié de régionaliste a cette particularité qu’il considère que le pouvoir politique doit être donné aux régions.
Le particularisme régional est une forme de régionalisme à la nuance près qu’il considère que sa région plus que n’importe quelle autre est spéciale et que cette spécificité doit légitimement lui conférer une autonomie politique vis-à-vis du pouvoir central

En quoi peut-on le distinguer du nationalisme et surtout à quel moment un régionalisme devient nationalisme ? En somme la frontière aujourd’hui tient surtout de l’avis de l’opinion publique.

La Cybersécurité – que faire de ce grand oublié du débat public ?

La Cybersécurité – que faire de ce grand oublié du débat public ?

Le sujet de la cyber-sécurité ne s’invite que rarement dans l’agenda politique, sauf en période de campagne électorale quand on découvre qu’un candidat n’a pas pris ce sujet au sérieux et qu’il est déjà trop tard. Au-delà des déclarations de principe et des rapports, quelles seraient les solutions pour améliorer la cyber-securité dans notre pays ? Il ne sera pas ici question de la seule sécurité de nos administrations publiques, mais également de celle de nos entreprise et de nos citoyens.
(suite…)