Poutine versus l’abstention

Poutine versus l’abstention

Ils ne seront pas moins de 100 millions à être appelés aux urnes demain. C’est en effet ce week-end que les électeurs russes vont décider de la personne la mieux à même de diriger la fédération pour les six années à venir. Vladimir Poutine, occupe ce poste depuis 2000 (1) ; et devrait sans surprise rempiler pour un 4e – et probablement dernier – mandat. Si Poutine est assuré de rester au kremlin lundi prochain, on aurait tort de considérer que ce dernier prend ces élections à la légère. Parce que le président russe n’est pas seulement capable de foutre deux droites à un ours, il est également doté d’une certaine aptitude à l’abstraction, et d’un chouilla de jugeote ! Ainsi les services du kremlin s’emploient à booster la participation.

Comment gagner une élection russe ?

La question n’est pas aussi simple qu’elle ne le laisse entendre : Comment gagne-t-on une élection russe quand on s’appelle Vladimir Poutine ? Atteindre 50 % des voix au premier tour ? C’est tout sauf un enjeu, pour un président dont la popularité est de nouveau au beau fixe après un léger cou de mou durant la présidence Melvedev. Ce regain de confiance dans l’opinion est à porter au crédit de sa politique étrangère. Les russes sont en effet une majorité à soutenir l’action du président Poutine en en Crimée, mais aussi en Syrie. La victoire annoncée de Bachar Al Assad est un succès diplomatique supplémentaire pour Poutine.

Réunir une majorité de suffrage est d’autant moins un enjeu pour le président russe que ce dernier a pris soin d’écarter tous ses concurrents sérieux (pour rappel, Alexei Navalny son principal opposant a été frappé inéligibilité en décembre dernier du fait de sa condamnation pour corruption). Ainsi personne ne s’étonnera de ce que les candidats en lice pour la présidentielle russe n’aient aucune chance d’inquiéter l’ami Vladimir ! On y retrouve bien sûr, comme pour les précédentes élections, un « « challenger » » désigné par le parti communiste, en la personne de Pavel Groudinine, un député de Moscou qui s’est rapidement éloigné de Russie Unie, le parti de Poutine, pour se rapprocher du PC. Ce dernier est crédité de 10 % des voix. On y retrouve aussi une kyrielle de candidats plus ou moins exotiques ; chacun d’eux ayant une probabilité assez faible de dépasser 5 % des suffrages.

Certains voudraient se convaincre de ce que le président russe ne fait pas grand cas de la manière dont il sera réélu en se fiant à sa campagne électorale… ou plutôt à son absence de campagne. Il est vrai que Vladimir Poutine n’a participé à aucun débat télévisé organisé pour ces présidentielles, ne débat pas avec ses autres concurrents, apparaît à peine dans sa propre campagne.

Cependant d’aucun rétorquera que ne pas faire campagne quand on s’appelle Vladimir Poutine participe justement d’une stratégie électorale. Ainsi le président se place moralement au-dessus de ses adversaires en lice pour les élections : ne pas faire campagne à leur manière, c’est s’exempter de se mettre à leur niveau.

Poutine s’intéresse à la campagne, mais pas de la manière dont on pense. Il est probable que le président ne cherche pas dans ces élections à battre le record de suffrages exprimés en sa faveur. Il sait que sa popularité a suffisamment remonté pour lui permettre de gagner 10% de voix par rapport à 2012, où il n’avait obtenu « que » 63% des suffrages.

Enfin si certains oblasts (2) n’offrent pas le plébiscite attendu par le Kremlin, il suffira d’ « améliorer » les scores, comme pour les précédentes élections, en prenant quelques libertés avec les statistiques. Après tout, la majorité de la population n’a pas fait la majeure Big Data de TBS : ils n’y verront que du feu ! (3)

Poutine et la participation

Si l’on cherche le véritable objectif de Vladimir Poutine pour les élections de dimanche prochain, il serait peut-être de meilleur aloi de se détourner des scores, et d’aller regarder du côté de la participation.

Il apparaît en effet que la seule chose qui puisse entacher l’éclatante victoire de Vladimir dimanche prochain soit un taux de participation en deçà de la moyenne des autres présidentielles. Deux raisons crédibles premettent de l’envisager. La première est l’appel au boycott des urnes qu’a lancé publiquement Alexei Navalny en décembre dernier, alors que celui-ci se voyait confirmer le fait qu’il ne pourra pas participer aux élections. La seconde tient à ce que les électeurs de Vladimir Poutine – lesquels quoique nous Occidentaux puissions en penser sont majoritaires dans le pays – ne se mobilisent pas massivement dimanche prochain, puisque la victoire est acquise au président.

Le véritable enjeu pour Vladimir Poutine est donc de prouver urbi et orbi qu’en plus d’être le président incontesté de la fédération de Russie, il est capable de créer un un véritable engouement de la part des Russes quant à sa réélection, et par la même d’infliger un revers à Navalny qui compte sur une hausse significative de l’abstention. Partant de ce postulat, tout est bon pour les équipes de Poutine pour faire augmenter cette participation.

Regroupement des élections

Il est probable que certains électeurs n’éprouvent pas l’intérêt de voter pour une élection présidentielle dont l’issue est d’ores et déjà écrite, cependant il n’y a pas que les élections présidentielles en Russie ; il a aussi les élections locales ! Ainsi nombre d’oblasts ont subitement décidé de placer leur referendums locaux – lesquels ont par nature plus de chance de concerner plus directement les électeurs – le jour de l’élection présidentielle.

Racollage anti-abstention

Quoi de mieux que taper dans le racolleur pour pousser à l’action ? Depuis le début de l’année les russes ont eu le droit à plusieurs campagnes de communication dans les différents médias les incitant à voter.
La palme du racollage revient sans conteste à l’édition russe du magazine Maxim, qui vise donc spécifiquement un lectorat masculin tout juste en âge de voter. Dans sa dernière édition le magazines avait publié deux photos de mannequin seins nus dans un bureau de vote, avec la légende « Bienvenue dans le monde des adultes ! »

Un opportun regain des tensions internationales

On a rarement fait mieux que l’union sacrée pour fédérer un peuple derrière son prédisent. Très récemment le royaume uni, qui accuse le kremlin d’avoir orchestré l’empoisonnement d’un ancien espion sur son territoire, a renvoyé plusieurs diplomates russes soupçonnés d’être des espions. On peu noter que le kremlin a habilement instrumentalisé ces sanctions ; d’une part en promettant des représailles et d’autre part en appelant les russes à faire corps derrière l’exécutif. Ce regain de tension international arrive à point nommé pour mobiliser l’électorat russe.

(1) La constitution russe interdit au président d’effectuer plus de deux mandats consécutivement. C’est pourquoi Vladimir Poutine a laissé en 2008 sa place de président à Dimitri Melvedev, qui était alors son bras droit. Poutine a néanmoins continué à exercer le pouvoir de la même manière, mais en tant que ‘chef du gouvernement’, l’équivalent de notre premier ministre, de 2008 à 2012 avant de se représenter comme président en 2012 à l’élection présidentielle.

(2) les oblasts sont la forme la plus courante d’entité fédérée de Russie.

(3) https://www.nouvelobs.com/monde/presidentielle-russe/20120328.OBS4820/presidentielle-russe-ces-statistiques-qui-demontrent-une-fraude.htm

(4) http://www.liberation.fr/planete/2018/03/01/presidentielle-des-photos-et-videos-sexy-pour-appeler-les-russes-a-voter_1633128

Petite histoire des villes sous statut international

Petite histoire des villes sous statut international

Depuis ce mercredi 6 novembre, le président américain a annoncé que l’ambassade américaine en Israël ne serait plus à Tel Aviv, mais à Jérusalem.

Donald Trump, sans doute moins animé par une aspiration à la nuisance que par une volonté de détourner l’attention (coucou monsieur Flynn) a donc décidé que son pays allait considérer la ville de Jérusalem comme la capitale d’un état, l’état d’Israël.

Outre le nombre de décès que ce déplacement d’ambassade impliquera de manière directe, on peut seulement regretter que la décision de l’excentrique locataire de la maison blanche n’ait, selon les traités internationaux signés et ratifiés par son pays, aucun fondement juridique.

En effet Jérusalem, « la capitale unique et indivisible de l’état d’Israël », n’est pas sur le territoire israélien, pas plus qu’elle n’est sur le territoire palestinien. Depuis le plan de partage de la Palestine de 1947, toujours officiellement en vigueur, Jérusalem est un corpus separatum (ou corps séparé en français) autrement dit une forme particulière de ville sous statut international.

Le problème n’est donc pas que Donald se range à l’opinion du gouvernement israëlien dans une méconsidération totale des revendication de l’autorité palestinienne. Le plus litigieux dans ce transfert d’ambassade est que par ce geste, lui et son administration crachent ouvertement sur le droit international.

Et pourtant, une ville sous statut international en droit au onusien ça existe. En réalité le problème concernant ce statut réside surtout en ce qu’il n’a pas de définition officielle ; c’est pourquoi chacune de ces villes sont devenues internationales à la suite de négociations multilatérales, entre plusieurs pays ou entités politiques.

Toutes ces villes ont néanmoins un point commun : à un moment de leur histoire elles ne furent pas la propriété d’un seul et même état (contrairement à 99,9 % des villes du monde). Leur organisation politique fut le fruit d’une négociation, d’une cogestion entre plusieurs puissances politiques.

Revenons sur l’histoire de trois villes qui vécurent une partie de leur histoire sans appartenir à un seul et même pays.

Tanger

Peut-être y’a-t-il parmi vous des gens qui pensent qu’une ville effectivement administrée par deux pays ça serait le bordel. Imaginez alors vivre dans la ville de Tanger, Maroc, entre 1922 et 1956. La ville était alors co-gérée par la bagatelle de 9 pays distincts (La France, l’Espagne, le Royaume-Uni, le Portugal, les États-Unis, la Belgique, l’Italie, les Pays-Bas et la Suède).

Le Maroc, royaume puissant dont plusieurs villes prospéraient depuis longtemps grâce au commerce, suscitait depuis plusieurs siècles la convoitise des européens en matière de colonisation. On peut dire que les Espagnols avaient des prétentions sur le Maroc quasiment depuis la (re)conquête de la péninsule.

Seulement en ce début de siècle, les marocains sentent le vent tourner, et la convoitise des occidentaux grandir à mesure que la gâteau africain se réduit et que les colonisateurs tardifs se réveillent (coucou Kaiser Guillaume). Le royaume est à cet époque l’un des derniers états africains indépendant vis-à-vis des puissances européennes. Il sait qu’il ne pourra plus tenir très longtemps ainsi.

La ville de Tanger et sa gestion internationale est en réalité la caution du passage du Maroc sous protectorat français. Avec Ceuta et Mejilla, elle constitue en quelques sorte la « contrepartie » de la victoire des Français dans cette querelle entre occidentaux pour savoir qui colonisera le Maroc.

Tanger sera en effet jusqu’à la seconde guerre mondiale et son occupation par l’Espagne une zone franche, sans droit de douane, où les 9 pays trouveront leur compte en matière économique et commerciale.

Trieste

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Si Trieste est aujourd’hui une ville italienne à la frontière avec la Croatie, au sortir de la seconde guerre mondiale cela n’avait rien d’évident.

L’Italie, après la première guerre mondiale annexe les territoires qu’elles avaient obtenus suite au traité de Versaille, donc le Trentin (le nord est de d’Italie à la frontière avec l’Autriche), L’Istrie (actuellement en Croatie) et Trieste.

Dans la région de Trieste vivait une majorité d’italophones mais aussi beaucoup de yougoslaves, qu’ils soient croates ou slovènes.

L’accession au pouvoir de Mussolini, qui va être facilitée par la frustration des italiens d’avoir récupéré beaucoup moins de régions que ce qui leur avait été promis par l’Entente, va conduire à une stigmatisation des yougoslaves et une italianisation à marche forcée de la région.

Seulement après la Seconde Guerre mondiale, l’Italie est du mauvais côté, et ses prétentions sur la ville de Trieste sont menacées par la Yougoslavie communiste de Tito.

Les yougoslaves à cette époque soutenus par les soviétiques réclament que la ville et sa région passent sous leur contrôle.

Mais de leur côté les Italiens peuvent compter sur la guerre froide et à leur appartenance au bloc de l’Ouest pour appuyer leurs intérêts. En 1947, soutenus par les américains, les italiens obtiennent que la ville et sa région soient administrée par une instance indépendante de l’Italie comme de la Yougoslavie. Cette administration devait en principe être désignée conjointement par le conseil de sécurité de l’ONU et par les habitants de la région.

Dans la pratique le gouvernement de Trieste n’a jamais existé car l’URSS bloquait systématiquement les résolutions concernant sa désignation, et la ville et ses alentours fut partagée entre la zone d’occupation italienne à l’Ouest et yougoslave à l’Est.

Dans les années 50, le rapport de force entre l’Italie et la Yougoslavie commença à s’inverser sur la question. La rupture de Tito le dictateur yougoslave avec les soviétiques mit un coup d’arrêt au statut de ville internationale. Les deux pays ont fini par se partager la région en 1954 et la ville de Trieste est restée du côté italien.

Jérusalem

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Le statut international de Jérusalem a été décidée par l’ONU et inscrite dans le plan de partage de la Palestine entre juifs et arabes en 1947.

Ce plan de partage constitue l’aboutissement du mandat britannique en Palestine. Depuis la reprise de la région aux Ottomans en 1917 du fait des révoltes arabes, les Britanniques l’administrent, conformément aux accords secrets que ces derniers ont passés avec les Français (Accords Sykes-Picot). Parallèlement les Britanniques veulent aider les sionistes à l’établissement d’un foyer national juif.

Le sionisme est alors une idée de plus en plus en vogue dans la communauté juive de l’époque. Il est présenté comme la solution politique pour que les juifs puissent vivre en paix, et n’aient plus à subir l’antisémitisme : Si les juifs veulent en finir avec les persécutions et les crimes d’état perpétrés contre leurs communauté, la seule solution c’est d’être dans un pays peuplés majoritairement de juifs, gouvernés par des juifs. Cet État devait donc naître sur la terre d’Israël (ça c’est la caution religieuse du projet sioniste qui est avant tout un projet politique).

L’immigration juive en Palestine va donc se renforcer entre 1917 et le début de la seconde guerre mondiale. Les tensions entre les arabes et les juifs, alors près de 7 fois plus nombreux qu’avant le mandat britannique, vont culminer peu de temps avant le début de la seconde guerre mondiale. Les Britanniques vont alors acter le fait qu’un partage de la Palestine doit être réalisé entre les juifs et les arabes, et que cela aboutira nécessairement à la création d’un État juif et d’un État arabe en Palestine. La ville de Jérusalem étant une ville sainte à la fois pour les juifs et les musulmans, l’administration par l’ONU se présentait alors comme la solution qui engendrerait le moins de frictions entre les deux communautés.

Ce plan de partage n’a en réalité pas permis d’aboutir à une véritable administration co-gérée de la ville, que ça soit par le conseil de sécurité de l’ONU ou par une cogestion israélo-palestinienne.

Car si le plan a été adopté par l’ONU en 1947, il a été rejeté par l’ensemble des pays arabes de la région.

La formation de l’état d’Israël s’est alors vue rejetée catégoriquement par l’ensemble du monde arabe, ce qui aboutit à la première guerre israélo-arabe en 1948, remportée par les israéliens. Jérusalem Ouest est alors contrôlée par Israël et Jérusalem Est contrôlée par la Jordanie.

Le catalanisme : arnaque électorale ou renaissance d’un nationalisme ?

Le catalanisme : arnaque électorale ou renaissance d’un nationalisme ?

Le Catalanisme apparaît aujourd’hui comme la forme ultime de la lutte jeune et dynamique contre « l’oppresseur. »
A se demander d’ailleurs si l’on pourra un jour concevoir de nouveau une aspiration indépendantiste crédible dans une région pauvre (exception faite de la terre repue de colline et de ruisseaux au nord du mur d’Hadrien).
Ce qui apparaît aujourd’hui être une mauvaise idée pour une courte majorité de catalans serait unanimement qualifié de catastrophe par les habitants du pays basque.

Ce qui est clair c’est que l’indépendance constitue un filon électoral très rentable. L’indépendantisme, c’est vendeur, ça fait vibrer la fibre patriotique, ça fédère l’électorat autour de son chef « légitime », défenseur de la cause catalane, contre un ennemi commun, en l’occurrence Madrid.

Quand les dirigeants de l’Espagne font l’autruche

Il faut dire que le gouvernement madrilène fait depuis de nombreuse années un effort régulier et constant pour passer pour le méchant dans l’histoire.
En deux ans, les institutions représentatives du pouvoir central espagnol ont retoqué 17 fois le projet de référendum sur l’indépendance catalane. Leur obstination imbécile fut le meilleur argument des partisans de Puidgemont. Comment ont-ils pu croire avec tant de conviction que c’est en secouant la tête une dix-sept fois de suite en deux ans que le problème catalaniste se réglerait ? Comment croire qu’à une foule compacte, criant d’une seule voix leur volonté de ne plus être espagnols, on peut opposer l’enjeu de la conformité à la constitution… espagnole.
Il était évident que l’attitude de Madrid ne pouvait mener qu’à l’impasse. Par là même d’aucun peut cautionner la démarche des indépendantistes qui consiste, devant cette attitude de déni, à se passer de l’opinion de Rajoy et de l’Espagne.

Mais l’indépendance a ceci de pratique qu’elle occupe l’électeur. Elle permet de ne laisser aucun blanc sur l’agenda politique. Celui de la Catalogne aurait pourtant de quoi être remplie à raz-bord.
Se focaliser sur l’attitude stupide du gouvernement espagnol, c’est occulter le fait que les indépendantistes ont gouverné la région depuis le retour de la démocratie en Espagne, soit 30 ans presque ininterrompu de règne sans partage.

Pour une Catalogne à 3%

Jordi Puyol président de la Generalitat de Catalogne, a dirigé la région depuis la transition démocratique. Démocrate-chrétien, indépendantiste, bon père de famille, le bonhomme est impliqué dans des affaires de corruption, accusé d’avoir détourné près de 100 millions d’euros en totalité, via l’attribution de marchés publics à des sociétés catalanes. A titre les accusations formulées à l’encontre de Patrick Balkany ne font état « que » de quelques millions d’euros d’enrichissement personnel

Le parti Convergencia y Unio (dont Puidgemoment est issu) n’en est pas à son coup d’essai, en ce qui concerne les détournements et les abus de biens sociaux. L’affaire des 3% en est la meilleure illustration. Cette affaire constitue certainement le scandale politco-financier ayant eu les répercussions les plus lourdes sur le parti indépendantiste. 3%, comme le pourcentage que prenait les responsables de la Generalitat en commissions sur l’attribution de chaque marché public pendant près de 20 ans.

Pourtant force est de constater que les indépendantistes et les socialistes (au pouvoir pendant 7 ans durant les années 2000) firent régner jusqu’alors la plus grande omerta sur ces commissions dans toutes les instituions. On n’a pas compté plus d’un député régional pour sortir du silence.

La tentation est forte, dans ces conditions, de faire converger les mouvements catalanistes et fillonistes. Se poser comme un chef d’état en puissance, ça a autrement plus de tête lors d’une négociation avec des politiciens madrilènes ou des juges. Les référundums illégaux ou non détourne l’électeurs des affaires de corruption, et force la main d’un pouvoir judiciaire ennuyeux. Un remède efficace contre l’obligation de rendre l’argent !

Catalanisme, régionalisme particularisme et nationalisme

Le catalanisme peut-il pour autant se résumer à une simple escroquerie électorale ? Peut-on vraiment passer outre l’aspiration, non d’une majorité de citoyens comme on veut bien nous le faire avaler, mais d’une tranche non négligeable de la population ? Question rhétorique, bien évidemment.

Comprendre le mouvement indépendantiste catalan est devenu plus compliqué, au sens où il est aujourd’hui à cheval entre deux paradigmes. D’un particularisme régional, le catalanisme s’est fait nationalisme.
Avant de se demander quel crédit donner aux mouvements régionalistes comme le catalanisme il convient de s’accorder sur une définition du régionalisme.
Un courant politique qualifié de régionaliste a cette particularité qu’il considère que le pouvoir politique doit être donné aux régions.
Le particularisme régional est une forme de régionalisme à la nuance près qu’il considère que sa région plus que n’importe quelle autre est spéciale et que cette spécificité doit légitimement lui conférer une autonomie politique vis-à-vis du pouvoir central

En quoi peut-on le distinguer du nationalisme et surtout à quel moment un régionalisme devient nationalisme ? En somme la frontière aujourd’hui tient surtout de l’avis de l’opinion publique.

La Cybersécurité – que faire de ce grand oublié du débat public ?

La Cybersécurité – que faire de ce grand oublié du débat public ?

Le sujet de la cyber-sécurité ne s’invite que rarement dans l’agenda politique, sauf en période de campagne électorale quand on découvre qu’un candidat n’a pas pris ce sujet au sérieux et qu’il est déjà trop tard. Au-delà des déclarations de principe et des rapports, quelles seraient les solutions pour améliorer la cyber-securité dans notre pays ? Il ne sera pas ici question de la seule sécurité de nos administrations publiques, mais également de celle de nos entreprise et de nos citoyens.
(suite…)

La journée des ANEDD : que retenir de cette 11e édition ?

La journée des ANEDD : que retenir de cette 11e édition ?

 

Organisées depuis 2006 par le Bureau du Développement Durable de Toulouse Business School, les Assises Nationales Etudiantes du Développement Durable (ANEDD) ont marqué le coup pour leur 11e édition qui a eu lieu le 6 avril dernier. Outre les dégustations d’insectes, ou encore l’initiation à l’éco-orgasme (il y a un lien à la fin de l’article pour ceux que le concept intéresse), voici ce qu’il fallait retenir de ce cru 2017.

Les éco-awards 2017

Comme l’année dernière, le bal des ANEDD 2017 fut ouvert avec les éco-awards. Le jury du concours, mais également les étudiants, ont pu récompenser les projets les plus innovants dans leur manière de favoriser le développement durable.
Durant la première partie de la journée, les élèves ont ainsi pu écouter chaque équipe participant au défi. Ce fut l’occasion pour tous les candidats de présenter leurs projets ainsi que l’enjeu environnemental ou RSE auquel ils aspiraient répondre, mais aussi le cheminement intellectuel et la prise de conscience ayant initié le projet.
« Le but des éco-awards, c’est clairement de montrer aux jeunes qu’agir pour le développement durable c’est possible. »
Toulouse Business School a donc tranché. Huit prix ont été décernés, récompensant respectivement les projets des étudiants, des entreprises, des collectivités territoriales et des chercheurs.

Éco-award étudiant : unity cube et hopaaal

Le résultat fut serré, mais c’est bien « Unity Cube » qui remporta l’adhésion du jury. Pour rappel : ce projet, non des moins prometteurs, propose en effet d’aménager à peu près n’importe quel bâtiment de manière à accueillir des personnes sans-abris ayant besoin d’un hébergement d’urgence, et ce en un temps record.
« Plus de 80 milliards de vêtements sont produits chaque année, et pour 70% de ces produits nous finirons par ne plus les porter du tout. Il faut 11 000 litres d’eau pour produire un kilo de coton ! Cette industrie suit un schéma qui n’est pas viable ! ». Un constat effrayant… C’est pourquoile coup de cœur étudiant fut décerné à Hopaal, entreprise appartenant à l’univers du textile. Proposant des vêtements 100% fabriqués à base de matériaux recyclés, celle-ci se met, en effet, un point d’honneur à utiliser des chutes de cotons bio et de plastiques usagés comme base pour ses textiles. Sans oublier que 10% des revenus générés par la vente de leurs collections sont reversés à des associations caritatives.

Éco-award entreprises : Chouette coop et too good to go

L’entreprise développement durable qui a convaincu le jury cette année porte le nom évocateur de « La Chouette Coop ». Soutenant un concept novateur, la Chouette coop est une chaîne de magasins alimentaires gérée uniquement par ses clients. Son but ? Favoriser les circuits courts de distribution, et la consommation de produits locaux. En outre, les clients sont directement impliqués dans le processus de distribution.
En ce qui concerne le coup de cœur des étudiants, celui-ci est revenu à « Too Good to Go », une application mobile qui s’est donné pour but de lutter contre le gaspillage alimentaire, en revendant les aliments invendus à prix cassés.

Éco-award collectivités : mairie de bioule et tryfil

On ne peut favoriser le développement durable sans impliquer les pouvoirs publics. C’est pourquoi, les collectivités territoriales furent également mises à l’honneur de ces ANEDD 2017. Le grand prix du jury collectivité fut décerné à la commune de Bioule, dans le Tarn-et-Garonne. Rassemblant depuis six ans seniors et élèves de primaires autour d’une même table de cantine, l’école primaire de la ville ouvre son self tous les midis aux personnes âgées afin que ceux-ci déjeunent avec les enfants. L’initiative est à la fois un remède contre l’isolement des anciens et une passerelle entre deux générations.
Quant au prix des étudiants, le syndicat départemental Tryfil fut récompensé pour sa valorisation des déchets ménagers en bio-carburant.

Éco-award recherche : Hélène Cristofari et Théo Henriel

Hélène Cristofari a reçu le prix des chercheurs 2017, pour son travail sur les pistes d’amélioration de l’agriculture telle que nous la pratiquons aujourd’hui, intitulé « Tempête de poussière au paradis des vers de terre : comment apprendre à pratiquer l’agriculture de conservation pour mieux vivre la terre. »
Les étudiants ont, quant à eux, récompensé Théo Henriel, concepteur d’un outil d’aide à la décision dans la rénovation de logement.

Nicolas Hulot invité d’honneur de l’événement

Le Président Fondateur de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme fut l’invité d’honneur de cette 11e édition. L’occasion pour lui, de remettre le Prix Coup de Cœur de l’éco-award étudiant, mais surtout de livrer un discours engagé à l’attention des étudiants de TBS.
De la conférence « Les jeunes et le développement durable », on retiendra particulièrement cette phrase : « Ce qui nous fait défaut par rapport aux problèmes auxquels nous sommes confrontés, ce n’est pas un problème d’intelligence. Ce qui fait défaut […] c’est le sens. À quoi on destine notre intelligence. » Donnez un véritable sens à votre potentiel et consacrez-le à la préservation de notre planète : des paroles à méditer…

Eco-forum

De 11h15 – 13h15 ?et de 16H à 17h s’est tenu un éco forum à la cafétéria avec la présence de nombreux stands. Ainsi, les participants ont pu découvrir de nombreux de concepts en lien avec le développement durable : exposition photos Monoil, casque de réalité virtuelle, mannequin vêtu de vêtements responsables, voiture GRDF en exposition, dégustation de produits bio locaux… Ce fut également l’occasion pour eux d’échanger avec quelques candidats qui avaient concouru aux éco-awards le matin comme Unity Cube ou Tritree et leurs chewing-gums aux ingrédients d’origine naturelle.

Conférences Stand-up

Cinq conférences d’une heure se chargèrent de clore cette 11e édition. Voici un bref résumé de chacune d’entre elles.

De l’abeille à l’assiette

L’objectif de ce stand-up était de montrer qu’il est possible de produire et consommer des aliments de façon plus responsable. Dominique Dupouy, co-présidente de l’association des Jardiniers de Tournefeuille, a expliqué le rôle fondamental de l’abeille dans la chaîne alimentaire et les risques auxquelles elle est confrontée aujourd’hui. Alicia Voinot, en alternance chez Naïo Technologies, a présenté les robots agricoles de désherbage qui remplacent les pesticides. Lise Pujos, responsable relation client chez Ecocert a expliqué le rôle de la certification et en quoi celle-ci garantit la qualité de nos produits alimentaires. Enfin, Pascale Bourgeaiseau a présenté La Chouette Coop, supermarché collaboratif toulousain qui, contre un engagement de 3h mensuel en tant que Chouettos propose des produits de proximité, biologiques à des prix attractifs.

De l’idée à l’action

On peut être prêt à s’engager pour le développement durable, mais comment passer de la volonté à l’action ? Dans cette conférence, M. Dominique Pon a invité les étudiants de TBS à se questionner sur leur manière de se préoccuper des personnes « fragiles » tout en gardant une nécessaire humilité.

L’économie circulaire en action.

Cette conférence, animée par Nathalie Boyer de l’entreprise Orée?, Gaël Gonzalez de l’entreprise ?Les Palettes Rouges? et la ?SPLA Les Portes du Tarn? fut une introduction au concept de l’économie circulaire.
Durant celle-ci, une question majeure fut abordée : comment l’économie peut-elle, à la manière des écosystèmes naturels, exploiter au mieux son environnement et ses ressources ?

Grandes entreprises & RSE

En partenariat, le B3D et les RDVC interrogèrent des représentants de grandes entreprises comme ENGIE ou La Banque postale mais aussi des start-ups telles que Vendredi ou Koom pour parler de manière des actions concrètes engagées par leur groupe en lien avec la responsabilité sociale de l’entreprise.

L’innovation responsable au quotidien

Ce stand up a présenté des initiatives responsables allant de nos habitations avec Unity Cube à nos choix culinaires avec le dirigeant d’Alg&You, qui a notamment rappelé les bienfaits nutritifs des algues. Celui-ci a d’ailleurs proposé une dégustation de toasts pour convaincre les plus réticents. Concernant notre consommation d’énergie, un représentant d’Enedis a présenté aux étudiants le compteur communiquant Linky. De quoi éviter d’avoir une facture d’énergie trop salée.
Enfin, l’entreprise hollandaise Trobla nous a démontré qu’il était possible d’amplifier le son de son portable sans utiliser d’électricité grâce à leur haut-parleur en bois recyclé. Vous en connaissez d’autres des solutions comme celles-ci ?
ADRIEN DUMONT