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Depuis plusieurs mois, le monde dérivait déjà vers les contrées les plus lointaines et les plus haineuses des mouvements d’extrême droite. Ce mois-ci, le Brésil, qui doit élire son prochain président, n’échappe pas à la tendance. Les chaînes d’infos ne parlent que de ça, ou plutôt de lui : Jaïr Bolsonaro, soutenu par le parti démocrate-chrétien brésilien et candidat à la présidentielle. Cet ancien militaire a recueilli près de 46% des voix au premier tour de l’élection le 4 octobre, ce qui lui a presque valu d’être élu au premier tour. Il affrontera le 28 octobre prochain le candidat de gauche, Fernando Haddad, héritier controversé de l’ancien président Lula, dont les différents mandats avaient été placés sous le signe de la corruption.
La corruption dans le pays justement, c’est ce qui révolte les brésiliens et semble expliquer leur vote en faveur de Bolsonaro. Depuis plusieurs années le pays est plongé dans une grave crise économique et politique, principalement due, selon le peuple, à l’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva. En effet, les affaires de pots-de-vin, d’entrave à la justice et de contrats illégaux au sein même du gouvernement explosent dans le pays depuis la fin de la dictature militaire en 1985.

 

Le changement… c’est maintenant ?

Pour les brésiliens, Jaïr Bolsonaro semble être la seule solution possible pour enclencher un vrai changement, bien que pour le monde entier, ses prises de positions virulentes à l’égard des femmes et des homosexuels ainsi que sa nostalgie pour la dictature militaire, constituent de vraies raisons de s’inquiéter pour l’avenir du pays. Les dirigeants occidentaux s’alarment d’ailleurs d’une possible « gangrène » aux pays voisins, qui pourraient dans les prochains mois ou dans les prochaines années voir les candidats d’extrême droite monter en puissance au sein des gouvernements. Mais comment Bolosonaro peut-il bien avoir un tel impact politique et une telle aura auprès du peuple brésilien, pourtant déjà si blessé et torturé par le passé ?

 

L’insécurité, un sujet récurrent au Brésil

Comme la plupart des programmes des candidats d’extrême droite dans le monde, celui du brésilien se tourne principalement sur la sécurité intérieure. Alors que le pays est rongé par les trafics de drogues et d’armes, qui mettent en péril de nombreuses vies innocentes même dans les plus grandes villes, le candidat entend bien remettre de l’ordre dans les affaires du pays. L’ancien militaire propose notamment de donner l’accès au port d’arme à « tous les gens bien », mais aussi de renforcer la sécurité judiciaire en faveur des policiers, qui seraient moins inquiétés en cas d’utilisation de leurs armes de service sur un suspect.
De plus, n’ayant jamais été soupçonné ni pointé du doigt pour des affaires de corruption, le candidat se vante de pouvoir remettre de l’ordre au sein du gouvernement, ce qui séduit les brésiliens, trop souvent victimes de la corruption pratiquée sur l’échiquier politique. Il promet ainsi de reconstruire un « gouvernement décent », plus à l’écoute et apte à comprendre les problématiques du peuple. Alors que le pays compte près de 60000 homicides par an, le slogan du candidat « Un bon bandit est un bandit mort ! » fait mouche auprès des brésiliens, qui selon un sondage, seraient plus de 50% à avoir la même pensée.

Sur le plan économique, difficile cependant de pouvoir dessiner précisément le programme de Bolsonaro. Alors qu’il avouait publiquement en avril dernier ne rien connaître à l’économie, il promet cependant des mesures « chocs », inspirée très fortement de la vision ultra-libérale de l’économiste Paulo Guedes. L’une de ces grandes propositions serait de privatiser à tout va afin de réduire la dette brésilienne de plus de 20% (ce qui semble malgré tout quasiment impossible).

 

Et la planète dans tout ça ?

Sur le plan environnemental, le programme n’est guère plus précis. Alors que la forêt amazonienne représente plus de 60% du territoire, Bolsonaro n’a aucune intention de la protéger ni de s’inquiéter du changement climatique. Triste nouvelle pour l’Amérique du Sud donc, qui pourrait bien voir une fois de plus les intentions économiques passer au-dessus des questions planétaires de protection du climat…

 

Un candidat adulé par les uns, détesté par les autres

Il reste cependant à rappeler que les brésiliens sont nombreux à ne pas soutenir le candidat d’extrême droite. Depuis plusieurs mois, les femmes défilent dans la rue pour protéger leurs intérêts. Le candidat, qui ne cache pas son antiféminisme, son homophobie, son racisme envers les brésiliens noirs (nombreux par ailleurs, et faisant déjà l’objet d’une réelle discrimination au sein du pays) ou les autochtones, semble bien vouloir respecter le mythe de l’homme blanc raciste, peu ouvert d’esprit et partisan d’un modèle patriarcal. Il a d’ailleurs été poignardé en pleine manifestation de campagne par un ancien militant du parti de gauche PSOL au chômage, qui se serait senti « directement menacé » par le discours du candidat d’extrême droite (et on le comprend).

Le monde entier se tourne donc vers le Brésil pour ces 15 prochains jours, espérant un miracle de la part du peuple brésilien. Le candidat, qui ne cache pas son admiration pour Trump (décidément…), pourrait bien souffler un froid glacial sur l’Amérique du Sud et les gouvernements occidentaux frémissent déjà à l’idée de faire affaire avec des gouvernements d’extrême droite.