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Samedi 2 décembre, le Sénat américain votait la réforme fiscale de Trump, une de ses grandes promesses de campagne. A l’approche de son premier anniversaire à la maison blanche le 20 janvier, Trump s’assure de ne pas arriver les mains vides… mais à quel prix ?

Une réforme favorable aux entreprises américaines

Les entreprises américaines se réjouissent déjà de la baisse du taux d’imposition sur les sociétés qui devrait passer de 35 à 22%. Si la réforme vise à soutenir les entreprises, son objectif est clair, il s’agit de les décourager à placer des activités ou capitaux hors des Etats-Unis, ou encore de les empêcher de s’engager dans des politiques d’optimisation fiscales trop agressives. Ainsi la réforme prévoit une taxe de 20% sur les paiements entre filiales étrangères et entités américaines, de quoi pénaliser les importations et affoler les entreprises étrangères, puisque le seul moyen d’y échapper est de déclarer la présence d’un établissement stable aux Etats-Unis et donc d’y payer l’impôt sur les sociétés.

Si cette réforme apparaît largement favorable aux entreprises américaines, comme promis Trump lors de sa campagne, elle semble porter préjudice aux entreprises étrangères qui devront ainsi lutter contre une double imposition. Certains Européens comme la France dénoncent cette réforme comme allant à l’encontre des traités internationaux sur la fiscalité et seraient prêts à envisager des mesures de rétorsion.

Devant cette apparence de victoire, il semblerait pourtant se cacher un essoufflement de la ligne politique de Trump, jusque-là principalement nationaliste et identitaire. C’est en effet à une courte majorité 51-49 que le Sénat a voté en faveur de cette réforme.

Par-dessus le marché, Trump semble être fragilisé jusque dans son propre électorat : mardi 12 décembre, le démocrate Doug Jones remportait les élections sénatoriales face à son adversaire républicain Roy Moore largement soutenu par Trump. Cela semble être le début d’un désastre puisque cette victoire démocrate inattendue survient dans un Etat qui avait massivement voté pour lui en 2016. L’Alabama n’avait pas voté pour un président démocrate depuis 1976 et aucun démocrate n’y avait été élu depuis 1992. De plus, Trump ressort décrédibilisé de ces élections pour avoir soutenu Roy Moore, un candidat accusé de délit sexuel depuis 2 ans, faisant ainsi ressortir que Trump est lui-même accusé depuis un an d’agressions et inconduites sexuelles par 16 femmes. Ainsi Trump est désormais approuvé à 48% dans les sondages en Alabama, un Etat qui pourtant faisait largement partie intégrante de sa base électorale. Le camp Républicain pourrait ainsi se voir refuser la victoire lors des prochaines « mid-term elections » de novembre 2018.

Trump : pour ou contre le peuple ?

Si cette réforme semble largement favorable au fonctionnement des entreprises américaines, on peut se poser des questions quant aux effets sur la population.
L’électorat de Trump avait voté pour un candidat qu’ils jugeaient capable de créer de l’emploi et d’améliorer les conditions de vie de la population, s’appuyant ainsi sur sa célèbre promesse campagne de ramener l’industrie en Amérique. Mais si Trump semble, avec cette réforme, tenir sa promesse de ramener l’emploi, l’impact de ses initiatives sur la population sont plus problématiques.

On se souvient que Trump avait tenté en vain d’abroger l’ « Obamacare » mis en place en 2010, ce qui aurait selon, le New York Times, touché 74 millions des Américains qui bénéficient de cette aide à la santé.

Après cet échec, survient cette réforme fiscale, qui malgré une hausse potentielle de la production issue de celle-ci, il n’y aurait alors pas de demande qui permettrait de la justifier.

A travers cette réforme Trump diminue également les recettes perçues par les Etats, qui seront alors tentés d’augmenter leur taxe à la consommation pour compenser ces pertes de recettes, mettant ainsi davantage en difficulté les ménages les plus défavorisés. Ce sera par exemple le cas pour les Etats comme la Californie ou l’Etat de New York qui dépendent d’un impôt local plus élevé que la moyenne.

Ainsi, alors que Trump s’apprête à remplir une grande promesse de campagne dont les entreprises sont satisfaites, le président américain s’en retrouve fragilisé dans l’opinion des ménages, ce qui s’est traduit dans les élection en Alabama, lui ayant affaibli davantage sa majorité au Sénat.