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SOCIÉTÉ – « Bisous mademoiselle », « Woaw, très charmante »,… Les comportements sont divers mais les réactions sont souvent les mêmes. Une femme qui baisse la tête et qui fait semblant de ne pas avoir entendu, des témoins passifs, et toujours les mêmes ricanements de la part de « l’agresseur ». Ces situations portent un nom : harcèlement de rue. Peu reconnu comme tel et souvent minimisé, il fait actuellement partie intégrante du débat sociétal en France et à travers l’Europe. Et pourtant, nous sommes bien en 2017, alors est-ce normal ?

Des faits minimisés

Les réponses aux témoignages des victimes sont-elles-aussi souvent les mêmes : « Mais c’est pas si grave, elles en font des caisses », « C’était pas méchant » ou encore le légendaire « Fallait pas sortir habillée comme ça, elle l’a cherché ». Et pourtant, les chiffres sont alarmants. Selon un sondage Ifop publié en 2012, les Françaises entre 18 et 30 ans sont de moins en moins à l’aise dans l’espace public : une sur quatre a peur dans la rue, une sur cinq est victime d’injures, une sur dix a déjà subi des attouchements.

Les femmes sont donc de plus en plus contraintes à changer leur mode de vie. Elles sont nombreuses à maintenant bannir les robes et jupes de leurs placards et à changer leurs trajets ou horaires afin de ne pas se retrouver dans une situation compliquée. Est-ce normal ? Pourquoi une femme, sous prétexte qu’elle est une femme, devrait changer ses habitudes et sa garde-robe ? Mais il y a encore pire : toujours selon une enquête Ifop, cette fois publiée en 2016, un Français sur trois estime que la responsabilité d’un violeur est atténuée si la victime porte une tenue jugée sexy ou provocante. Comment en est-on arrivé là ? Alors que les femmes tendent (enfin) à avoir plus de responsabilités dans les entreprises et que les gouvernements s’efforcent de maximiser l’égalité entre les hommes et les femmes, ces dernières sont encore très souvent considérées comme de simples objets.

Des solutions gouvernementales plus ou moins soutenues

Certaines voix s’élèvent depuis quelques temps pour dénoncer ces regards insistants, remarques indécentes et paroles sexistes que les femmes subissent aussi bien dans la rue qu’au travail, ou encore dans les transports en commun (remarquons qu’il y a toujours des témoins susceptibles de réagir autour mais qu’ils ne sont que très peu à intervenir…là encore, est-ce normal ?). Parmi ces voix, outre les quelques femmes suffisamment courageuses pour poster des photos avec leurs agresseurs sur les réseaux sociaux ou les filmer en vidéo caché, celle de Marlène Schiappa, actuelle Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les Femmes et les Hommes. Son annonce à propos de la pénalisation du harcèlement de rue a fait naître le débat et pose des questions essentielles, auxquelles des réponses n’ont pour l’heure pas été fondées. Comment renforcer les contrôles sans mettre un policier derrière chaque femme ? Comment définir clairement cette « zone grise », présente entre la séduction consentie et le harcèlement ?

Les discussions sont à l’heure actuelle ouvertes, mais de nombreuses associations féministes et internautes appellent le gouvernement à trouver une autre solution, car selon eux, celle-ci permettrait aux agresseurs les plus riches « d’acheter le droit de harceler ». Tous tombent néanmoins d’accord sur un point : la nécessité de la prévention. Prévenir les femmes, pour qu’elles puissent appréhender ces situations, et prévenir les hommes afin de provoquer un changement culturel.

Des réactions abusives qui ne font que déplacer le problème

Outre les réactions gouvernementales qui se mettent en place et les appels des internautes, de nombreuses associations se mobilisent donc déjà (et ce depuis quelques temps) pour pousser des cris d’alerte. C’est notamment le cas d’un collectif anonyme, qui a décidé d’organiser une marche nocturne le samedi 25 novembre 2017 dans les rues de Toulouse. S’appuyant sur le fait que le 25 novembre soit la Journée mondiale contre les violences sexistes, les organisateurs ont créé un évènement Facebook pour l’occasion, en donnant des précisions on ne peut plus équivoques : la manifestation est purement féministe et n’accueillera aucun homme cisgenre (c’est-à-dire né homme et se sentant homme). Cette volonté de non-mixité fait largement parler d’elle, et nombreux sont ceux qui sont en parfait désaccord avec cette idée de vouloir bannir les hommes de l’événement (tous décrits dans l’affiche de présentation comme des machos et des fachos…).

Ainsi en 2017, est-ce normal que nous soyons non seulement obligés de réglementer le harcèlement de rue pour qu’il disparaisse ou de dénoncer ces comportements à coup de débats et de reportages poignants sur les grandes chaines de télévision ? Mais aussi et surtout, est-ce normal que nous soyons obligés de maintenant gérer ceux qui face à ce sujet épineux divisent la population (comme par exemple avec ce genre de manifestations) plutôt que de s’unir face à ce vrai problème de société ? La réponse est sans équivoque : Non.