TBS PRESS

Qui sommes-nous ?

Une dizaine d’étudiants ultra motivés d’horizons divers qui se rencontrent ça donne ça : un blog éclectique, alimenté chaque semaine, et qui s’adresse à toi, oui toi, petit étudiant de TBS qui as soif de curiosité !

Archives

           Guillermo Del Torro. Cinéaste mexicain dont l’univers fantastique aura été mis au service de nombreuses productions dont il n’a pas été lui-même le réalisateur (Le Hobbit) mais dont on pourrait deviner l’influence. Nombreux sont ceux qui se souviennent encore de « l’Orphelinat », film d’horreur ayant dissuadé plusieurs personnes de sortir de leur lit en pleine nuit pour n’importe quel raison.
              L’arrivée de cette affiche évocatrice aurait pu laisser penser qu’un nouveau pas sur le chemin de l’épouvante va être fait. Les amateurs du genre vont être décontenancés. En bien ou en mal. Et ce pour plusieurs raisons.
            Tout simplement parce qu’il ne s’agit pas d’un film d’horreur. On aurait pu vous laisser penser que les fantômes, ces êtres aux silhouettes et à la démarche si reconnaissable sont le clou du spectacle et les gardiens des clés de l’horreur que contient ce film. S’il s’avère qu’ils ont un autre rôle à jouer, force est de constater aussi qu’ils ne sont pas les plus à craindre dans ce manoir anglais où tout va se jouer…
Amateur de grands frissons, passez votre chemin ! Les scènes de peur et d’effroi ne deviennent que trop évidentes et attendues et vos yeux aguerris auront vu bien pire. Ce n’est pas que le talent de M. Del Torro s’est fané, cela est sans doute dû au fait que le but de ce film n’est vraiment pas de nous faire peur.
         Non décidément, ce n’est pas la peur qui domine ce récit très ancré dans la tradition du Romantisme noir et des récits gothiques d’une Angleterre à l’avant-garde de la Révolution industrielle. En réalité nous sommes bien au contraire fascinés par les personnages que nous voyons évoluer sous nos yeux. Il faut dire que le trio de tête brille par la façon dont ils se sont imprégnés de leur personnage. Qu’il s’agisse de Tom Hiddlerton ou de Jessica Chastain, ces deux sombres figures ont un physique taillé pour leur rôles ; un hommage devra être rendu à tous ceux qui les ont transformés en des personnages tout droit sorti de romans de Julien Green ou des films d’Hitchcock. Jessica Chastain, visage de damnée, regard sinistre ; cela restera en vous bien après votre sortie de salle. Il ne faudrait pas oublier Mia Wasikowska dont le rôle est loin de la cantonner à la pauvre blonde sans défense ballotée dans l’intrigue comme une enfant sans caractère dans un train fantôme. Il sera pour une fois plutôt évident de s’identifier à un personnage principal de film d’horreur.
          Fourmillant d’idées sorti d’un cerveau un peu dérangé tout de même (de l’argile rouge, une vision singulière des papillons…Entre autre !) ce film frappe surtout par son immense qualité esthétique. Des fantômes au manoir en passant par les costumes et l’environnement alentour, tout est fait pour que ce film devienne un cas d’école pour les jeunes réalisateurs, et au vu de nombreux plans de caméras, pour les peintres et les photographes.

 

      Allez le voir pour vivre une expérience visuelle avant tout mais certainement pas pour l’originalité du thème ou la peur qu’il puisse créer. Les amateurs du scénario d’« Inception » en prendront pour leurs frais, les surprises ne sont pas au rendez-vous. Mais vous garderez cette image d’un vieux manoir hanté par les ombres du passé, consumé par la neige au-dessus et l’argile pourpre d’en-dessous. Vous serez témoin d’un domaine taché irrémédiablement par un crime odieux que vous auriez pu vous épargner de vivre si vous réfléchissiez davantage aux avertissements que des êtres chers vous ont laissés… « Beware of Crimson Peak !»
Jessica Chastain, comme vous ne l’avez jamais imaginé
Antoine Lezat